jeudi 13 juillet 2017

Petit retour sur ma nouvelle vie profesionnelle

Chers amis, il y a un an, je vous annonçais que je m'étais lancé dans un nouveau défi professionnel en créant les Jardins de Lornay (www.jardins-lornay.com). Je voulais produire des plantes (bambous et graminées) à vendre aux particuliers et aux professionnels, tout en créant un jardin à visiter.

Depuis maintenant 1 an, l'activité de pépinière fonctionne et je suis très heureux car de nombreux haut-savoyards sont déjà venus acheter leurs plantes chez moi. J'y vois une reconnaissance pour le travail et les choix que j'ai fait, notamment de cultiver des plantes adaptées à nos climats, d'être spécialisé sur quelques plantes pour apporter le meilleur conseil, et de n'utiliser aucun produit chimique.

Ce contact avec la clientèle me plait beaucoup. C'est un contact simple, sympathique.

Le 3 juin dernier, en présence de Madame la Maire et de membres du conseil municipal de Lornay, ainsi que Madame et Monsieur les conseillers départementaux, de représentants des Offices du tourisme et de nombreuses personnes,  nous avons inauguré le parc et lancé la saison des visites. Dorénavant je me transforme régulièrement en guide pour expliquer la beauté des bambous... C'est une facette du métier qui me plait aussi beaucoup.

J'avoue ne jamais m'ennuyer et l'été s'annonce très prometteur ! Cette semaine j'ai accueilli des enfants d'un centre de loisirs, je vais accueillir prochainement des personnes âgées d'EHPAD, des associations... et bien sûr touristes et habitants locaux qui souhaitent venir déambuler dans les jardins.

J'ai aussi créé une saison culturelle aux jardins pour cet été, avec au programme : veillées contées, pièce de théâtre, peinture. Des choses simples et vraies.

Je voulais partager cette joie avec vous car certains s'étonnent de me voir un peu moins souvent à certaines réceptions en mairie (même si je continue à être très présent). Mais il est vrai que toujours jouer les potiches, les "opposants" comme dit M. le Maire, ne m'intéresse plus beaucoup. J'aime créer et relever des défis. Je pensais pouvoir mettre cette énergie au profit de notre ville mais le maire verrouille tout et ne prends jamais le temps de nous écouter. Alors je crée dans mon entreprise.

Parti de rien ou presque, sur une friche horticole de 3 ans, nous avons créé un espace de convivialité, de culture et de beauté. Oh, tout n'est pas fini, il reste encore beaucoup de travail. Mais j'ai la satisfaction des cris des enfants, des remerciements de nos visiteurs, et du retour de nos acheteurs.

Pouvoir vivre dans le positif, dans les projets pour demain, procure une satisfaction immense, à mille lieux des désillusions de la politique. Ici chacun reconnait le travail qui a été fait. Ici chacun voit l'énergie et la passion qui est mise à transmettre à tous un peu de bonheur, un peu de savoir. Ici personne ne s'invente des titres, des ambitions ou des légitimités. La seule réalité c'est celle des saisons qui passent.

Je ne regrette pas un instant mon choix d'avoir quitté l'enseignement (que j'aimais beaucoup) car mes visites guidées, l'accueil de groupes, les conseils aux potentiels acheteurs mobilisent mes compétences de pédagogie et d'empathie.

J'ai aussi trouvé en Albanais un territoire où chacun réfléchit à s'aider mutuellement, à grandir ensemble, à progresser sans rien renier. Dans le monde agricole, j'ai trouvé un milieu humainement très riche.

Aux jardins de Lornay, l'écologie ce n'est pas qu'un mot, l'entraide pas qu'un slogan. Ici, par exemple, on sue ensemble, on cherche des solutions naturelles pour moins désherber, on écoute et on conseille.

Je reste attaché à la politique et à mon mandat que je mène de front comme depuis toujours car je sais qu'Annecy a de grands potentiels sous-employés. J'aime cette ville et ses habitants. Mais le recul m'a fait comprendre que face à un mur, il vaut mieux utiliser son énergie à autre chose. Continuer à représenter dignement les gens qui ont voté pour moi, voire préparer l'alternance. Mais ne plus s'évertuer à vouloir être de la partie quand la majorité vous rejette. Et croire, un peu fièrement c'est vrai, qu'au regard de ce que j'arrive à faire ailleurs, il est bien dommage qu'on nous écoute pas ici. Se dire enfin que l'on n'est pas responsable de la gestion calamiteuse de la ville. Après tout, les Annéciens ont voulu Rigaut, ils l'ont... Peut-être le début de la sagesse ? Allez savoir...

La politique est ingrate. Elle se réinvente chaque jour pour mieux ne rien changer. C'est désespérant. Avec la nature, il n'est jamais possible de tricher. Et cela apporte une sérénité et une harmonie indescriptibles.





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