vendredi 30 juin 2017

Le tribunal de Grenoble annule la DUP sur le centre des congrès

Vous trouverez ci-dessous mon intervention d'hier soir en conseil d'agglomération concernant la décision du tribunal administratif de Grenoble annulant la DUP du centre des congrès. Je regrette que M. Rigaut ait décidé de s'entêter en faisant appel de cette décision devant la cour d'appel. Cela va encore couter cher au contribuable de l'agglomération !

Je rêve d'un jour où les élus, à l'instar des citoyens ou des entrepreneurs, seront redevables sur leurs deniers personnels de ce genre de décision. Il est bien facile de payer des cabinets d'avocats et des boites de communication avec l'argent des autres. En tous cas, je regrette que pendant ce temps, par la faute de l'agglomération, rien ne bouge pour aider le secteur touristique du tourisme d'affaire à Annecy, les cafetiers et hôteliers du bassin. Mais Rigaut a choisi l'affrontement jusqu'au bout. C'est son choix. Pour ma part je reste fidèle à mes convictions et nous continuerons donc à nous battre, plus forts demain qu'hier.

Lien vers la vidéo: cliquez ici

Chers collègues,

Le tribunal administratif de Grenoble , saisi par les Amis de la Terre, la Frapna et Lac d'Annecy Environnement, a rendu ce mardi son jugement concernant la DUP du projet de centre des congrès à Albigny. Son jugement est clair et limpide : le projet de centre des congrès n'est pas d'utilité publique car il ne respecte pas la loi littoral qui limite les extensions d'urbanisation dans les espaces proches du rivage.

Il annule donc la DUP qu'il avait déjà suspendu en référé, comme il avait déjà annulé une partie du PLU d'Annecy-le-Vieux pour ces mêmes motifs.

Vous comprendrez ma joie et celle de très nombreux annéciens à l'énoncé de ce verdict. Mardi, c'était la fête du lac avant l'heure !

Pour autant cette décision du tribunal n'est pas, pour ceux qui ont travaillé le dossier sérieusement, une surprise. Cela fait bientôt 7 ans depuis 2010, qu'à cette tribune j'explique que le projet porté par l'agglomération ne respecte pas la loi littoral. Cela fait 7 ans que ceux que vous qualifiez "d'opposants" vous disent, monsieur le Président, que ce projet ne pourra pas se faire car il contrevient à la notion d'extension limitée d'urbanisation contenue dans la loi littoral. Que de quolibets, de mépris, de  sermonage nous avons subi depuis tout ce temps.

Pourtant nous n'avons jamais cessé notre combat pour une certaine vision d'Annecy et du respect de son environnement, fidèle en cela à l'histoire d'Annecy et de ses maires précédents. Dans ce combat à armes inégales, nous n'avons cessé de tendre la main pour sortir de l'ornière car cette perte de temps, d'argent et d'énergie n'était bénéfique à personne. J'ai par exemple suggéré que l'on interroge le tribunal sur les possibilités de construction sur la presqu'île avant les travaux, refusé. J'ai proposé d'autres lieux d'implantations, tous refusés. J'ai demandé l'année dernière ici au conseil de la C2A suite aux conclusions de l'enquête publique que l'on arrête les frais et que cesse le mépris. Vous vous êtes entêtés avec la complicité d'un préfet qui voyait en vous les continuateurs d'un ancien monde politique fait d'arrangements entre copains, à l'aune croyait-il alors d'un basculement à droite du futur gouvernement et à la promotion qu'il pourrait en attendre.

Aujourd'hui il n'est plus temps de discuter, la justice est passée. Elle rejette votre projet. Il est temps d'en prendre acte et d'en tirer toutes les conclusions en renonçant définitivement à ce projet.

Quand on est élu, dans un état de droit comme l'est la France, on ne fait pas ce qu'on veut. On doit d'abord écouter la population au service de laquelle nous sommes tous ici réunis. Elle s'est largement exprimée lors de l'enquête publique et vous l'avez méprisée. On doit aussi respecter les lois de la République. Nous ne somme plus sous l'ancien régime où des barons, marquis et autres roitelets de province, faisaient selon "leur bon plaisir". La révolution de 1789 est passée par là et il semble que les Français aient dernièrement choisi de rappeler à leurs élus qui commandait en démocratie, en renvoyant toute une ancienne garde à sa chère retraite.

Il y a un an, suite à l'enquête publique j'avais parlé concernant MM. Accoyer et Rigaut d'incompétence. Cela avait paru à certains exagéré. Je laisse les mêmes observateurs se faire de nouveau une opinion sur cet adjectif, que je maintiens, à l'aune de ce jugement et surtout à l'aune des dizaines d'articles parus dans la presse ou sur les supports institutionnels aux frais du contribuable dans lesquels ces mêmes élus juraient que le projet était conforme à la loi littoral.

Nous avons tenus bon. Et je veux ce soir remercier du fond du cœur les associations, au collectif citoyen et leurs militants qui depuis tout ce temps ne se sont pas découragés. Ils ont tenu bon même quand certains, à la région notamment, leur coupe les vivres alors que l'on sait tous le cout de telles démarches juridiques. Je veux aussi rendre aux Annéciens et habitants de l'agglo ce qui leur revient : cette décision nous la leur devons. Ils se sont déplacés nombreux lors de l'enquête publique, ils ont toujours été au rendez-vous des actions de protection de leur lac. C'est grâce à eux, d'abord et avant tout que ce projet ne verra pas le jour car leur mobilisation a rendu possible ce que certains nous disaient impossible. Ils ont su, sinon renverser la montagne, tout au moins changer le cours de l'Histoire.

En cette soirée j'ai également une pensée émue pour Bernard Bosson. Il me disait toujours : "le lac c'est l'âme d'Annecy. Ne vous inquiétez pas les Annéciens seront toujours au rendez-vous quand certains voudront s'attaquer à leur lac". Il avait raison. Je sais que ce jugement il l'attendait avec sérénité et joie.

Il est à présent temps de tourner cette page. Deux points restent alors à discuter collectivement, en toute transparence. Premier point : l'avenir du tourisme d'affaire à Annecy. Faut-il oui ou non un nouveau centre des congrès alors que je rappelle que les études de 2006 montraient qu'il fallait simplement une salle d'exposition supplémentaire ? Ces études ont à présent plus de 10 ans. Depuis le marché des congrès a beaucoup changé. Il faut donc les actualiser et regarder leurs résultats avec objectivité et sans s'en emparer pour des desseins personnels de grandeur. Je demande à ce qu'on puisse actualiser les études à la lumière des dernières données en matière de tourisme d'affaire et ainsi que l'on puisse répondre collectivement à la nécessité ou pas de construire un nouveau centre des congrès quelque part à Annecy dans un lieu qui respecte la loi, et notre lac. Car comme vous le savez, notre combat contre l'implantation d'un centre des congrès à Albigny n'a jamais été, contrairement à ce que l'exécutif a voulu faire croire, un combat contre tout centre des congrès, contre l'économie, contre l'emploi et contre le tourisme d'affaire. C'était un combat pour la protection du lac et le respect du droit. C'était un combat pour qu'à Annecy, cadre de vie et économie continue à aller de paire.

Le second point a traité est celui du devenir de la presqu'île. Dans cette affaire, le contribuable de l'agglo aura dépensé plus de 15 millions d'euros. D'abord en études et frais divers qui sont malheureusement perdus et qui ont eu de cesse d'augmenter au fur et à mesure de l'entêtement de nos dirigeants. Ensuite en acquisitions foncières. Que vont-elles devenir ? Les Annéciens ont largement manifesté leur volonté de voir ces biens immobiliers détruits pour ceux qui n'ont aucune valeur patrimoniale et remplacé par un parc public en continuité du parc Charles Bosson. L'avenir de la maison "Le Sud" devra aussi être abordé en concertation avec la population et les associations pour lui trouver une destination digne de ce lieu.

En conclusion, il y a chez moi la volonté de tourner cette page sans aucun ressentiment. Les habitants de l'agglo auront, le moment venu à demander des comptes à leurs élus. Mais ce moment n'est pas venu. A mi-mandat, il est encore temps de nous tourner vers l'avenir. Et surtout de changer vos pratiques d'élus. Dorénavant il n'est plus possible de faire sans la société civile, les associations, les collectifs citoyens et les habitants. Cette leçon de démocratie ne doit plus nous quitter !

Une page peu glorieuse de notre histoire locale doit se tourner sans attendre pour que vive le lac !





mardi 27 juin 2017

Les freins à l'embauche pour les entreprises


A l'heure où l'on s'interroge beaucoup sur la simplification du code du travail et où beaucoup de politiciens et d'énarques (qui, pour beaucoup d'entre eux, n'ont jamais travaillé dans le privé) ont des idées toutes faites sur ce qu'il conviendrait de faire, l'INSEE vient de publier une note intitulée : Que nous disent les entreprises sur les barrières à l'embauche.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2871900?sommaire=2872027

En voici le résumé :

"Que nous disent les entreprises sur les barrières à l’embauche ?

Depuis de nombreuses années, l’Insee interroge les entreprises sur les évolutions passées et futures de leur effectif, l’existence de difficultés de recrutement et de contraintes de production dues à un personnel insuffisant. Depuis janvier 2017, ces informations sont complétées grâce à de nouvelles questions permettant de révéler la présence de barrières à l’embauche ressenties par les entreprises et de préciser leur type. Il s’avère que la moitié des entreprises sont confrontées à des barrières au moment d’embaucher des travailleurs en CDI ou CDD de longue durée, un tiers n’en rencontrent pas et les autres ne se sentent pas concernées, probablement parce qu’elles n’ont pas récemment recruté de nouveaux employés. Les embauches sont freinées par l’incertitude sur la situation économique (barrière citée par 28 % des entreprises), la difficulté à trouver de la main-d’œuvre compétente (27 % des entreprises), un coût de l’emploi jugé trop élevé (23 % des entreprises) et par la règlementation du marché de l’emploi (18 % des entreprises)."

Sans surprise, pour un économiste de la demande, keynésien comme moi, le premier frein à l'embauche c'est l'absence de carnet de commande bien rempli. C'est l'incertitude sur l'avenir. Car les chefs d'entreprise n'embauchent que s'ils ont du travail. Et puis, ils n'embauchent pas pour licencier derrière...

Pour lever ce frein à l'embauche, il faut que la conjoncture économique s'éclaircisse et que la croissance économique soit au rendez-vous. Ce facteur est bien entendu influencé, dans une économie mondialisée, par le dynamisme économique mondial. Mais la France doit tout faire pour tirer son épingle du jeu.

Le deuxième frein à l'embauche c'est l'absence de main d'oeuvre qualifiée. De nombreux secteurs (industrie, automobile, restauration, etc...) peinent à trouver des profils qui aient les compétences requises. Le remède est bien connu : c'est la formation tout au long de la vie pour permettre aux salariés de changer de métier et de se reconvertir. C'est un enjeu majeur pour faire baisser le chômage, à condition que ces reconversions ne soient pas "forcées" car un salarié non motivé n'est pas un atout pour une entreprise. Il s'agit aussi de revaloriser certains métiers.

Le troisième frein est le coût du travail. Le CICE et les allègements de charge liés au pacte de compétitivité ont largement permis de rétablir une compétitivité de l'économie française en matière de coûts de la main d'oeuvre. Nous sommes aujourd'hui moins chers que les allemands. Si la course au moins disant salarial ne peut être un objectif en soi (nous serons toujours trop cher par rapport à un ouvrier chinois), ce rééquilibrage était nécessaire. Il va produire ses effets. Faut-il aller plus loin ? J'en doute. Il faut aussi le temps que les stéréotypes des chefs d'entreprises changent et que l'idée du coût du travail trop cher en France (qui était vraie avant) finisse par s'éteindre aux vues des réalités actuelles.

Enfin, en quatrième position, vient la question de la réglementation du travail donc du code du travail. Si les économistes libéraux font de ce combat un totem, on voit que les chefs d'entreprises, ceux qui ont des mains dans le cambouis, ne font pas de ces réformes une priorité. Personnellement je suis convaincu qu'il y a des choses à simplifier dans le code du travail pour qu'il s'adapte mieux aux réalités actuelles et contrairement à certains conservateurs de gauche je ne fais pas de cette réflexion un épouvantail absolu. Sommes-nous finalement mieux protégés comme salariés en France qu'ailleurs en Europe ? Pas certain. Il y a donc des choses à changer c'est sûr. Mais je remarque aussi que les idéologues qui font de la casse du code du travail un préalable à tout et un remède au chômage se trompent largement.

L'économie est une science. Comme toute science elle a pour objectif d'expliquer et de comprendre le monde dans lequel nous vivons, le plus objectivement possible. Elle offre au politique dans éclairages pour leurs prises de décisions. Même si l'idéologie fait naturellement partie de la politique, c'est normal, l'économie peut parfois rétablir quelques vérités et orienter différemment certains discours.

Tout ce qui peut avoir un effet bénéfique sur la baisse du chômage doit être mis en oeuvre. Mais ne nous trompons pas de levier, au risque de passer à côté...

samedi 24 juin 2017

Publicité : une nouvelle taxation qui me va


Avec la fusion des communes, la TLPE (Taxe Locale sur le Publicité Extérieure) qui s'applique à tous les dispositifs publicitaires notamment des commerçants, va se mettre en place sur les 6 communes déléguées.

Elle était déjà en place à Annecy depuis de nombreuses années. L'objectif de cette taxe, dans l'esprit annécien, n'est pas tant de rapporter de l'argent. Il est surtout de limiter la pollution visuelle liée à une surcharge de publicités, enseignes, banderoles, kakemonos, etc... C'est un outil de "dissuasion" face à l'étalement trop important de messages publicitaires.

L'harmonisation des tarifs va conduire à une baisse des prix pour les commerces d'Annecy, notamment avec l'instauration d'une gratuité jusqu'à 7 m² (alors que jusqu'à présent la publicité était taxée dès le premier m²).

Nous sommes une ville touristique où l'information du public, des clients est importante. En même temps, il faut toujours garder à l'esprit que la pollution visuelle si elle augmentait de façon inconsidérée deviendrait un handicap pour notre attrait touristique. Les touristes viennent visiter un cadre exceptionnel qu'il ne faut pas défigurer avec un étalage disproportionné de publicité. Ne scions pas la branche sur laquelle nous sommes assis !

La vieille ville est, de part l'application d'une réglementation stricte (l'AVAP notamment), relativement protégée de ces potentielles dérives. Mais nous devons aussi penser à nos quartiers.

Je suis confiant en nos commerçants pour qu'il sache faire la part des choses. La gratuité des premiers mètres carrés n'est pas une incitation à l'augmentation des surfaces de publicité ! Ils doivent la prendre comme une mesure d'allègement fiscal. J'ai confiance.

Mais n'étant pas tout à fait naïf (dans chaque groupe humain quel qu'il soit il existe toujours des canards boiteux), nous avons demandé qu'un suivi des surfaces publicitaires soit mis en place, à la fois sur la base du déclaratif des commerçants, mais aussi avec des contrôles directs par nos services. Cela afin de contrôler qu'on n'assiste pas à une hausse des surfaces publicitaires.

Je souhaite que des moyens humains soient mis en place pour ce contrôle. 

Je crois au gagnant-gagnant dans cette opération. Je fais confiance au bon sens. Sinon il nous restera toujours la possibilité de rectifier le tir en réinstaurant une taxation dès le premier mètre carré...

mercredi 21 juin 2017

Hausse des tarifs du périscolaire


Dans le cadre de la fusion des 6 communes, une harmonisation des tarifs du périscolaire et de la cantine scolaire doit être mise en place pour la rentrée de septembre.

La proposition de nouveaux tarifs nous a été présentée lundi soir en conseil communal. Cette délibération a donné lieu à un échange riche et constructif (était-ce lié à l'absence de l'Empereur Rigaut ?). Il ressort des simulations que les familles modestes et moyennes vont voir le tarif de la cantine scolaire diminuer, ce qui est une bonne nouvelle. Par contre le périscolaire, pour les Annéciens historiques va augmenter, parfois de manière significative, comme je l'avais annoncé il y a plusieurs mois. Il est vrai que la politique tarifaire de la ville était avantageuse (15€/trimestre pour le 1er enfant, moitié prix pour le deuxième et gratuit à partir du troisième). C'était un choix politique. Là les choses vont être très différentes.

Voici dans les grandes lignes ce que j'ai dit lors de ce débat en mon nom et en celui d'Evelyne et Claire.

Quelques éléments de contexte.

1) A l'aune des discussions que j'ai pu avoir (souvent de manière informelle puisque nous n'avons pas été associés aux discussions officielles sur ce chantier), il ressort deux visions, de mon point de vue assez éloignées de ce que doit être le périscolaire.

Il y a les élus qui pensent que le périscolaire est d'abord un service municipal de garde d'enfants. Pour eux, c'est d'abord aux usagers (parents) à payer ce service qui les arrange bien.

D'un autre côté, il y a les élus, dont je suis et dont je crois l'ensemble des élus d'Annecy historique sont, qui pensent que le périscolaire est d'abord un service public d'éducation, complémentaire à l'école. Il est là, dans le droit fil de la réforme des rythmes scolaires, pour offrir des activités d'épanouissement, d'ouverture, de découverte (artistique, sportive, éducatives, récréatives...) aux enfants. Cette logique est inscrite dans notre PEDT (Plan Educatif de Territoire). Dans ce cas, le coût de ce service doit naturellement être pris en charge par la collectivité, le contribuable. Ainsi à Annecy historique, la règle a toujours été la gratuité pour ces activités. le forfait modique de 15€/trimestre était une obligation de la CAF pour toucher des subventions.
Dans ce cadre, ce qui importe vraiment de surveiller, ce n'est pas le coût, mais le taux de participation des enfants à ces activités. L'idée étant qu'une très grande majorité des enfants (sinon tous) participent à ces temps périscolaires qui doivent être de qualité et financièrement accessibles.
Cela ne nous choque pas, dans ce cadre, que 95% du coût réel du périscolaire soit pris en charge par la ville (donc le contribuable) et seulement 5% par les familles. C'est un choix politique comme l'armement de la police municipale (qui aura lui aussi un coût certain) est un choix politique. Faire communauté ensemble, c'est accepter pour ceux qui n'ont pas d'enfants, qui sont à la retraite, cette solidarité intergénérationnelle et entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n'en ont pas. C'est croire que nos enfants, s'ils sont bien éduqués sont une richesse pour tous.

2) La ville d'Annecy historique vient de boucler ses comtes pour 2016. Il ressort des chiffres que nous avons réalisé un excédent de fonctionnement de plus de 6 millions d'euros en 2016. Sur la commune nouvelle (agrégation des 6 communes) ce chiffre monte à 25 millions d'euros. Annecy est une ville riche qui, jusqu'à présent pouvait se payer une politique éducative ambitieuse. Pourquoi, alors qu'on nous promettait des jours meilleurs avec la fusion des communes, à partir de septembre cette politique devrait-elle être remise en cause ? Financièrement rien ne justifie ce changement de politique. C'est donc un choix politique. Je suis d'autant plus à l'aise sur cette question, qu'il y a quelques semaines, quand la question de l'harmonisation des taux de fiscalité avait été débattue (conduisant à une légère baisse des taxes foncières et d'habitation sur Annecy historique), j'avais voté contre la baisse des impôts.

Je crois à la vertu des impôts, raisonnables bien sûr, pour faire société ensemble. Je préfère, n'ayant pas d'enfants et donc potentiellement si je suis égoïste plutôt gagnant avec le nouveau système, payer des impôts en plus pour que les enfants d'Annecy ait un périscolaire accessible à tous et de qualité.

Notre vote

Face à cette proposition de nouveaux tarifs du périscolaire, nous avons voté contre. L'augmentation de 8.16€/mois pour les familles aux revenus les (vraiment) plus modestes, ainsi que les hausses pour les familles moyennes, n'est pas acceptable. Annecy a les moyens financiers d'une politique éducatives accessible à tous et de qualité. La politique, c'est faire des choix, mettre des priorités. Les politiques éducatives resteront toujours pour moi des politiques prioritaires, qu'il ne faut pas soumettre uniquement au regard des comptables et des calculatrices !

Les potentielles conséquences

En changeant ainsi de pied, après plus de 50 ans de politique éducative volontariste, la commune nouvelle prend un vrai virage d'inspiration libérale, droitière. Au moment où notre maire, s’appropriant honteusement une partie de la victoire d'>En Marche en Haute Savoie, proclame le retour du centrisme, c'est un bien curieux message qui est envoyé... Les actes, et les paroles...

On me dit que la baisse du prix des repas à la cantine compense en partie la hausse des tarifs du périscolaire et que dès lors peu de  familles seront impactées. C'est bien mal connaitre les familles modestes de notre ville qui en sont à compter chaque euro dépensé. Vont-elles continuer à mettre leurs enfants au périscolaire malgré les 8€ de plus par mois ? Cela fait sourire certains élus, mais je sais que pour certaines familles c'est une vraie question, un véritable dilemme. Plusieurs m'ont déjà fait remonter leur désarroi : je veux le meilleur pour mon enfant mais je n'ai plus les moyens.

Dès lors le risque est grand, quoiqu'en disent certains de voir la fréquentation du périscolaire diminuer créant ainsi deux catégories d'Annéciens : ceux qui peuvent se le payer et les autres. Le risque c'est que ces enfants, en fin d'après-midi plutôt que de s'éveiller à de nouvelles activités, se retrouvent devant la télé à la maison. Le risque c'est que certains, aux beaux jours, se retrouvent à errer dans nos quartiers. Certes, la politique d'intégration et de cohésion sociale ne repose par uniquement sur les tarifs du périscolaire, c'est une ensemble de mesures. Mais l'édifice est toujours fragile. Remettre en cause une des mesures peut fragiliser l'ensemble du dispositif. Le pragmatisme et la raison conduisent à conserver ce qui fonctionne plutôt que le remettre en cause pour des raisons idéologiques. Les conséquences peuvent être importantes (et coûteuses) à long terme...

L' "équité" inéquitable du taux d'effort

Pour calculer le prix à payer de la cantine et du périscolaire, il a été décidé par la majorité de mettre en place un "taux d'effort" unique. C'est le taux que l'on va appliquer à vos revenus fiscaux pour calculer le prix d'un repas à la cantine ou d'une présence (matin ou soir) ou périscolaire.

Le prix d'un repas sera ainsi égal à votre revenu fiscal par part fiscale multiplié par 0.35€. Le prix d'une présence au périscolaire (matin ou soir) sera égal à votre revenu fiscal par part fiscale multiplié par 0.05€.

On nous présente cela comme une mesure d'équité. Mais je ne dois pas avoir la même définition de l'équité.

Le taux d'effort proposé s'apparente à une taxe unique sur le revenu. (On appelle cela en économie une flat tax). La Russie par exemple a ce genre de taxe : l'impot sur le revenu est de 6% pour tous, quelque soit le revenu. En France on connait cela avec la TVA qui est le même taux pour tous. Tous ces impôts à taux unique sont par définition injustes puisque les pauvres sont taxés au même taux que les riches.

Certes, avec ce système, pas de seuils. Mais faire croire que c'est la même chose de vivre avec 1400€ de revenu par part fiscal (donc payer son repas 1.01€) ou avec 3000€ (soit 5€/repas)n'est pas vrai.
Avec 1400€/mois, après payement du loyer, de l'électricité, des impôts, etc... le reste à vivre est très faible. Or c'est bien sur ce reste à vivre qu'il faut discuter. Au contraire à 3000€/part fiscale, le reste à vivre permet de faire des choix.

Les taux progressifs impliquent certes des seuils qui ne sont jamais agréables. Mais ils permettent aussi une plus grande équité. En tous cas, c'est pour cela qu'en France l’impôt sur le revenu est progressif... Mais visiblement je n'ai pas la même définition de l'équité...

Au total cette délibération a été approuvée avec 19 POUR (majorité), 14 abstentions (majorité + FN + Bexon) et 6 CONTRE (divers gauche et écologistes).

lundi 19 juin 2017

Nouvelles députées d'Annecy


Les élections législatives sont maintenant terminées. Le Président de la République peut dorénavant compter sur une majorité à l'assemblée nationale, permettant ainsi de mener à bien les réformes qu'il avaient promises.

Sur Annecy, MMes Riotton et Lardet ont été élues sur les 1eres et 2e circonscriptions. Je les félicite pour leur élection et leur souhaite de réussir, pour l’intérêt du pays et de nos territoires, dans leurs missions.

Je ne peux passer sous silence le niveau record d'abstention, le nombre important de bulletins nuls et de bulletins blancs qui se sont exprimés. J'y vois majoritairement une forme d'attentisme bienveillant. 

Certains électeurs sont à la fois incrédules par rapport à la poussée de ces députés "champignons" encore inconnus il y a quelques semaines et dont on peut légitimement s'interroger sur certains aspects; mais en même temps ils ont décidé de leur laisser une chance et de laisser faire pour que le Président puisse agir. Mais cette majorité, pour ce que j'en ai vu et entendu hier dans les bureaux de vote, doit encore faire ses preuves. Elle est sous surveillance des Français.

Je souhaite pour ma part que l'on puisse travailler en bonne intelligence avec nos nouvelles députées pour l’intérêt des Annécien(ne)s. En tant qu'élu local, j'ai de nombreux sujets concernant notre territoire qui peuvent être appuyés par une députée : protection du lac, qualité de l'air, mobilité, économie touristique, agriculture, logement, santé... Je souhaite aussi que cela ouvre une nouvelle ère pour l'implication des citoyens. 

Je serai vigilant. Libre de mes paroles, car je reste non encarté, je continuerai à m'exprimer pour dire ce qui est bien et dénoncer ce qui est mauvais pour Annecy.

Un mot également à Lionel Tardy, l'homme, pour le remercier du temps et de l'énergie qu'il a accordé à notre territoire pendant 10 ans. Je l'avais affronté en 2012, j'avais alors recueilli 20297 voix (Mme Lardet recueille en 2017 : 20286 voix; en partie les mêmes mais aussi différentes), je regrette en particulier son implication aux côtés de la manif pour tous. Malgré nos très nombreuses divergences de fond, il s'est consacré sincèrement à son mandat. Je peux comprendre (pour l'avoir vécu notamment en 2014) l'amertume et le sentiment d'injustice qui doit être le sien aujourd'hui.

Bon courage et bonne chance à nos nouvelles députées.

Vive Annecy !

lundi 12 juin 2017

Faire ses cartons


Il y a 3 jours, je recevais une lettre de notre maire. Suite à la fusion des communes, celui-ci nous met dehors de la mairie d'Annecy.

En effet, M. Rigaut nous demande de faire nos cartons. Nous, élus minoritaires d'Annecy historique, devons plier bagage.

J'ai, 9 années durant, eu un bureau avec mes collègues élus dans lequel nous pouvions recevoir les Annéciens pour les écouter, échanger avec eux. Oh on ne demande pas un grand bureau, juste un lieu pour pouvoir exercer notre mandat d'élu correctement.

9 années durant, l'opposition avait quand même sa (petite) place dans les bâtiments de la mairie d'Annecy, aux côtés des agents territoriaux, dans la maison commune. Cela nous permettait de faire un amical "bonjour" aux personnes de l'accueil, de saluer les employés dans les couloirs, d'échanger sur les nouvelles de la famille, des enfants, etc...

Pendant 9 années, toutes les sensibilités politiques exprimées par les Annéciens étaient représentées à l'hôtel de ville.

Mais cela c'était avant. Avant que le fusion fasse disparaître les minorités, tue la démocratie. Depuis 6 mois, nous sommes dépossédés de notre pouvoir, confié par les Annéciens. Toutes les décisions sont prises en dehors de nous : élus divers gauche, écologistes, divers droite, front national. Le maire se comporte en despote qui décide de tout, tout seul avec sa petite majorité (45% des électeurs en 2014 !)/

Ne plus être associé aux prises de décision était déjà difficile à vivre. Mais aujourd'hui, se voir mis dehors de la mairie me donne un vrai coup de poing dans le coeur. 

Alors nous pouvons bien demander (comme le précise le maire) des locaux à Annecy-le-Vieux, Cran ou Seynod... Mais chacun pourra comprendre (à défaut d'être d'accord) que cela nous fasse mal. La maison commune va devenir la maison de quelques-uns. 

Ces méthodes ne m'inspirent que dégoût et colère. Ce sont des méthodes d'un autre temps. Peut-on gérer une ville comme Annecy avec à peine 45% des voix aux dernières élections municipales sans avoir un peu de respect pour les 55% d'Annéciens et leurs représentants ?

Voila la réalité du respect et du compromis de notre maire-despote: bien parler et faire croire qu'on est ouvert, mais mettre dehors les minorités sans jamais les associer aux prises de décision.


jeudi 8 juin 2017

Dimanche, je voterai blanc

Dimanche aura lieu le 1er tour des élections législatives. Je vote sur la 2e circonscription de Haute Savoie. Dans celle-ci 19 candidats se présentent... la majorité d'entre eux pour que leur micro-parti puisse toucher de l'argent public pendant 5 ans (chaque voix "rapporte" environ 1.42€/an).

J'ai voté et appelé à voter pour Emmanuel Macron au moment de l'élection présidentielle. J'ai fait campagne. Et depuis son élection, je ne le regrette pas.

Mais pour l'élection législative, je ne voterai pas pour la candidate de la République en Marche. Je ne la connais pas. L'absence de campagne, l'imbroglio sur son lieu de résidence (Paris ou Saint Jorioz ?), l'écartement des soutiens trop "marqués", le choix du suppléant et l'absence de prises de positions claires sur les sujets locaux me font douter de sa capacité à bien représenter notre territoire à l'assemblée.

Je considère que si le député est d'abord là pour voter les lois et contrôler le gouvernement, il a aussi un rôle à jouer localement. Ce rôle est de démontrer qu'il connait son territoire et qu'il en maîtrise les problématiques. A partir de ce constat qu'il aurait fait, il serait en capacité d'amender les lois voire de faire des propositions de lois pour apporter des réponses aux citoyens qu'il côtoie tous les jours.

Le député, surtout s'il est dans la majorité, n'est pas un robot qui appuie systématiquement sur le bouton "OUI". Si c'était le cas, il serait remplacé par des machines. Où serait d'ailleurs sa capacité à "contrôler le gouvernement" ? surtout s'il doit son élection à une étiquette politique. Je ne suis pas de ceux qui pensent que l'assemblée nationale doit se transformer en chambre d'enregistrement. Si, évidemment, je souhaite que le Président ait une majorité, je la souhaite travailleuse, sérieuse et attentive. Chaque pouvoir (législatif, exécutif et judiciaire) a son rôle à jouer et doit garder sa liberté d'actions.

Le député est une personne de convictions, qui est en capacité de dire OUI ou NON et qui répond clairement aux citoyens, y compris sur des sujets locaux tels que le centre des congrès ou le tunnel sous le Semnoz, deux sujets dont les enjeux nationaux (loi littoral, transition écologique...) sont évidents et dépassent le cadre strictement local.

Si je ne connais pas la candidate En marche, je connais par contre son suppléant qui est dans la vie politique locale depuis avant ma naissance... c'est vous dire le renouvellement ! Et j'avoue que le qualificatif de "progressiste" n'est pas celui qui me venait immédiatement en tête en pensant à lui. Je connais ses positions très tranchées en faveur du tunnel sous le Semnoz et du projet de centre des congrès à Albigny. Vous connaissez mes engagements sur ces deux sujets qui sont, pour moi, la pointe de l'iceberg d'un projet de société que l'on veut pour notre avenir et celui de nos enfants.

Je ne veux pas renier mes engagements en faveur du lac et de la qualité de l'air par une forme de suivisme béat qui voudrait qu'ayant soutenu un candidat à la présidence de la République, je soutienne à présent un duo à la législative qui ne partage pas mes idées et mon combat pour changer la manière de faire de la politique : transparence, clarté, courage. J'ai toujours été libre, libre de parler, libre de soutenir qui je veux. Je ne vais pas changer maintenant... (certains diront que je suis têtu, mais n'est-ce pas la plus beau compliment pour un savoyard ?)

Je m'attendais aussi, comme le candidat Macron s'y était engagé, à ce que les candidats En Marche! fassent des propositions pour une démocratie locale plus citoyenne, plus ouverte, plus vivante. Dans les documents de campagne qui me sont parvenus, on nous parle que de la loi de moralisation de la vie publique. Mais quid de la manière d'être "député", comment les citoyens seront-ils associés au travail du député ? Existera-t-il des comités de rédaction d'amendements ? Des jurys citoyens ? etc... Rien du tout. Aucun changement sur la manière de faire de la politique.

Il semble que, contrairement aux promesses, le renouveau démocratique ne soit encore pas pour demain...

On me dit : il faut absolument mettre un terme à l'hégémonie de LR sur le département. Et dans ce cas peu importe le candidat REM, il faut voter pour lui. Je ne suis pas de cet avis. Je pense que les citoyens en ont assez de ce jeu d'étiquettes politiques. Ils veulent voter pour un député qu'ils connaissent et qui leur a expliqué ce qu'il allait faire pour eux, et comment il le ferait. Certains citoyens veulent effectivement mettre un terme à cette hégémonie, mais avec des élus qui fassent la preuve qu'une autre voie est possible, qui s'engagent concrètement, clairement et sérieusement pour d'autres idées.

Et puis, si je ne partage pas les idées et les valeurs de M. Tardy, je sais qu'il a des idées et des convictions. Nous nous combattons souvent sur l'arène politique, même si humainement il est sympathique. J'ai toujours préféré les hommes politiques qui ont des idées à ceux qui ménagent toujours la chèvre et le choux et qui naviguent à vue, au gré des influences et du vent. J'ai aussi beaucoup de considération, là encore humaine, pour sa suppléante qui est à l'écoute et disponible; qui connait parfaitement le monde agricole qui est le mien.

La démocratie crève de l'absence de convictions.

J'ai le sentiment d'une campagne gâchée, inutile au territoire. Une occasion manquée de changer ici la politique et d'aborder les vrais sujets qui touchent à notre vie quotidienne.

N'ayant pas trouvé le renouvellement auquel j'aspirais, je voterai blanc dimanche.


mardi 6 juin 2017

Lutter contre les violences sexuelles sur enfants


Dans le monde, on estime que 20% des filles et près de 10% des garçons ont été victimes d'agressions sexuelles durant leur enfance.

On pourrait croire que ces chiffres sont liés majoritairement aux zones de conflits. Il n'en est malheureusement rien. Toutes les études montrent que ce sont tous les pays du monde, pauvres et riches, et donc y compris la France qui sont victimes de ce fléau.

Notre territoire annécien n'a aucune raison d'être épargné par cette réalité. Statistiquement, sur une classe de collège de 30 enfants, la probabilité est forte pour 4 ou 5 d'entre eux aient été victimes de violences sexuelles : attouchements, agressions, viols.

Cette réalité est trop souvent passées sous silence, malgré le travail remarquable fait par de nombreuses associations qu'il faut ici remercier. Mais les autorités publiques n'ont pas encore assez pris la mesure des conséquences dramatiques de ces chiffres, même si des progrès ont été faits.

Il reste encore beaucoup de travail pour libérer la parole des enfants et enrayer ce cancer qui détruit nos enfants et gangrène nos sociétés.

Les agressions sexuelles sur mineurs restent encore trop le tabou de nos sociétés. La raison en est malheureusement simple : la très grande majorité des faits sont commis dans le cadre de la famille. La réalité de la pédophilie est bien funeste : ce sont d'abord des proches qui abusent des enfants.

Le poids du silence vient alors recouvrir de sa pesanteur la dénonciation des faits. L'enfant s'enferme souvent dans le silence (sa parole n'étant pas prise au sérieux), le refoulement qui peuvent avoir des conséquences psychologiques, émotionnelles, sociales et affectives désastreuses.

La lutte contre les agressions faites aux enfants est une lutte que doivent mener les autorités avec une grande détermination, beaucoup plus que ce n'est le cas aujourd'hui. Mais c'est aussi un combat que toute la société doit mener pour extirper cette réalité de nos territoires.

Le poids des traditions, notre culture latine peu encline à écouter la parole des enfants, la minimisation des actes et de leurs conséquences par la société toute entière, tout cela doit changer !

Je souhaite m'y engager avec détermination et pugnacité. Les hommes politiques ont été trop longtemps frileux sur ce sujet, minimisant sa réalité et ses conséquences. Il est temps que cela change résolument. En d'autres temps (et sur un sujet fort différent) nous avons su collectivement réduire drastiquement la violence routière, il nous faut à présent lutter avec la même énergie contre les agressions faites aux enfants.

Dans les prochains jours, je prendrai contact avec les élus en charge de l'enfance, de la jeunesse, de la sécurité et de la vie scolaire pour que l'on réfléchisse ensemble aux moyens d'agir localement.

Il me semble cependant que quelques pistes peuvent déjà être évoquées (même si je suis conscient que, ça et là de telles initiatives existent déjà) :
- la mise en place dans nos écoles d'une information/formation pour nos enfants qui vise d'abord à libérer la parole des potentielles victimes. Il ne s'agit pas, comme je l'entends encore trop souvent d'apprendre aux enfants à dire "non". Un enfant ne peut pas dire non face à de tels agissements faits par des proches, souvent personnes de confiance. Il s'agit de libérer la parole.

- la mise en oeuvre d'un cycle de formation pour les personnels éducatifs en lien avec les acteurs habilités (psychiatres, associations spécialisées, policiers...) pour recueillir la parole des éventuelles victimes et faire les signalements nécessaires auprès des autorités.

- faciliter l'accueil et la reconnaissance des témoignages d'agressions en mettant en oeuvre un dispositif simple et connu de tous pour signaler les suspicions d'abus sexuels.

- enfin, mobiliser la société toute entière, en lien avec les associations d'aides aux victimes, grâce à des campagnes d'affichage, à des informations dans le bulletin municipal, des actions de terrain pour sensibiliser tous les citoyens à cette funeste réalité.

La lutte contre les violences faites aux enfants est trop longtemps restée un sujet tabou ou minoré. Des progrès ont été faits qu'il faut saluer, mais les chiffres montrent que ce n'est pas assez. Il faut faire plus, y compris localement.

C'est un véritable sujet de santé publique, car les victimes d'agressions sexuelles, si on ne libère pas cette parole, ont du mal à se construire. Nous savons que malheureusement chez les enfants qui n'ont pas parlé, le taux de suicide est très largement supérieur à la moyenne. Nous ne pouvons plus accepter cela. Nous devons agir avec détermination, sur des actions de long terme. C'est aussi un sujet sociétal majeur.

Des centaines d'enfants attendent de nous, citoyens, élus, que nous brisions le silence, que nous les libérions de leur chape de plomb. C'est un combat culturel majeur. Nous allons le mener ensemble pour réduire enfin ici puis ailleurs le nombre d'enfants victimes d'agressions sexuelles.