jeudi 30 mars 2017

Budget 2017


Lundi, en conseil municipal de la commune nouvelle, Claire, Evelyne et moi-même avons voté contre le budget de la commune pour 2017. Nous avons ainsi voulu montrer nos divergences avec le projet porté par la majorité bleue-rose-verte de l'assemblée.

En ce qui concerne la partie fonctionnement, sur 2016, le total des 6 communes ont dégagé un excédent extrêmement élevé de 25 millions d'euros !!! Largement de quoi financer les investissements et de voir venir.

Le budget 2017 est certes un premier budget de la commune fusionné mais ce n'est pas pour cela qu'il n'est pas politique. Par exemple.

Alors qu'à Annecy "historique" les dépenses de personnels représentaient environ 62% des dépenses de fonctionnement, elles ne représentent plus que 57% dans la commune nouvelle. Cette contraction de la masse salariale, qui suit deux années de baisse des effectifs dans les communes historiques, est vertigineuse et conduira à une dégradation très sensible du service public rendu à la population.

Il faut le dire clairement, c'est une politique de réduction drastique de la masse salariale qui est appliquée sous influence de M. Accoyer qui transforme ainsi Annecy en laboratoire filloniste.

Certes, les services peuvent faire des efforts de productivité. Mais ceux-ci ont déjà été réalisés. Aujourd'hui baisser la masse salariale c'est réduire le service à la population.

Un exemple de pression mise sur les services ? Depuis le 01 janvier, la ville a récupéré 300 agents de l'ex-C2A, ceux qui travaillaient dans les domaines de la culture et des sports. En parallèle, l'agglo reverse en plus 600 000 euros par an à la ville pour compenser les frais d' "encadrement" de ces agents. Or,  personnel supplémentaire n'a été embauché pour encadrer ces agents. Les services RH, comptabilité, gestion, etc... ont donc vu leur charge de travail augmenter sans hausse du personnel.

L'absence d'embauches a une signification claire : l'abaissement de la qualité de service sur Annecy historique. Si on n'embauche pas d'Atsem (par exemple) pour les écoles, et étant donné la règle d'égalité du citoyen devant les services publics, cela signifie un redéploiement des effectifs au détriment des mieux lotis, donc d'Annecy historique.

De même, ce budget d'assemblage ressemble à un budget de frilosité politique. Aucun choix politique n'est fait entre gestion de certains services en direct par la commune via ses employés ou par des entreprises extérieures. Le poste d'achat de prestations extérieures s'élève à 5.1 millions d'euros (il était ridicule à Annecy historique). C'est qu'on continuera à faire coexister deux systèmes par exemple pour l'entretien des bâtiments : à Annecy historique ce sont des agents municipaux qui le font, à Annecy-le-Vieux, une  entreprise privée.
Cela multiplie les frais : d'un côté du personnel d'encadrement et dans les services supports (paies, RH...), de l'autre le coût des appels d'offre, du contrôle... Donc on perd sur les deux côtés... On gaspille l'argent public.

Nous avons demandé une hausse des subventions aux associations. Avec une inflation prévue de 0,8 à 1%, il nous semble légitime, sur un territoire démographiquement dynamique, d'aider nos associations en compensant la hausse des coûts (personnel, fournitures...). Le budget prévoit une stricte stagnation. Une première sur Annecy historique car jusque-là, l'opposition avait toujours réussi à arracher une petite hausse...

Enfin sur les tarifs, on nous propose de voter une recette globale alors que les modalités de fixation des tarifs (scolaire, périscolaire, culture, sports...) ne sont pas connues et qu'elles nous inquiètent beaucoup.

En matière de vie quotidienne, ce budget n'a rien d'un progrès. C'est un budget idéologique qui ouvre un abîme de casse du service public et de notre tissu associatif, sans raisons puisque nous avons vu les excédents réalisés.

La majorité bleue-rose-verte a les yeux rivés sur la masse salariale qu'elle souhaite réduire drastiquement, remettant directement en cause le contrat social historique d'Annecy faits d'impôts modérés (Annecy était dans la moyenne basse des villes de sa strate) pour un service public de qualité, réalisé principalement par des employés dévoués et attentifs au bien-être des Annéciens. Un tel consensus met des décennies à se stabiliser. Il repose sur un équilibre subtil entre prix (impots) et qualité du service, tout en garantissant des capacités d'investissement élevées. Annecy avait, sous les mandats de MM. Bosson, trouvé cet équilibre.

J'ai bien peur que l'UMP se soit emparé de la ville et change radicalement cet équilibre...

dimanche 19 mars 2017

Le jour où j'ai failli arrêter la politique

Parce que ce blog s'appelle : "entre nous soit dit", que vous avez le droit de savoir et pour certains qui s'interrogent, cela peut, peut-être, apporter quelques explications...

Vous connaissez mon engagement et ma détermination au service de mes idées et de nos convictions. Vous savez combien de coups j'ai déjà reçu et combien d'obstacles il m'a fallu surmonter en 9 années de combat politique.

Pourtant, je dois avouer que j'ai bien failli craquer cette fois-ci. J'ai failli démissionner. Ma lettre au Préfet était prête et puis j'ai décidé que "ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort".

Cela s'est passé en début d'année, à la fin de la deuxième semaine de janvier pour être précis.

Vous connaissez le contexte de la fusion des communes et l'humiliation que les minorités subissent depuis que ce projet a été décidé sans la population et sans la diversité politique. Inutile d'y revenir, pourtant cela pèse lourd pour expliquer le contexte.

Le 2 janvier, au premier conseil municipal, je dépose ma candidature au poste de maire. Et là je fais 7 voix, 7 petites voix (car oui je n'ai pas honte de le dire, je veux remercier celles et ceux qui ont voté pour moi, m'évitant ainsi l'humiliation d'être derrière le FN). Le PS et les Verts avaient décidé de faire élire JL Rigaut et de ne pas soutenir une candidature de gauche.

Pour eux, il valait mieux Rigaut élu maire que Duperthuy élu maire... Ca a été un choc, c'est vrai, même si je m'y attendais. Car on peut avoir des divergences mais là c'était une mise à mort pour préférer la droite.

C'est vrai que cette gauche avait décidé de rejoindre la majorité et de prendre les postes de maires-adjoints (avec les indemnités) proposés par Rigaut. J'aurais dû le savoir, mais j'en suis quand même tombé sur les fesses...

Le deuxième coup est venu de la politique sectaire et d'empêchement mise en place par MM. Pasquier, Astorg et Boutry pour empêcher l'émergence d'un groupe d'opposition de gauche au conseil municipal. Nous avons alors tenté de rallier des élus d'autres sensibilités, mais la loi de la politique politicienne a toujours repris le dessus. Il en a découlé l'obligation pour Evelyne, Claire et moi de nous inscrire dans le "groupe des "non-inscrits", sans aucune voix au chapitre, ni aucune représentation dans les commissions dédiées.

Enfin le coup de grâce est venu du rejet de Claire de la commission du CIAS. Claire s'était beaucoup investie au CIAS depuis 3 ans, dans un organisme social où la technicité, les sigles, les démarches sont complexes. Elle avait donné sans compter. Et elle s'est fait virer par la majorité, sans aucun soutien de la gauche locale.

J'ai alors beaucoup douté. Douté des valeurs portées par la Gauche (ce qui était ma famille politique) quand j'ai vu la manière dont ses élus locaux se sont comportés, et j'en ai tiré la conclusion que, malheureusement, Gauche et droite n'étaient devenus que des mots, même si de part et d'autre je sais qu'il y a des militants sincèrement convaincus qui se battent pour leurs idées. Douté de mon propre engagement, de ma légitimité d'élu quand autour de soi chacun ne pense plus qu'indemnités, postes et oublie les citoyens et les objectifs de cette fusion. La fusion n'est pas l'objectif, c'est le moyen pour atteindre des objectifs. Et l'on voit depuis, où elle conduit en matière de services aux citoyens vers un nivellement par le bas... Douté de la politique et de la démocratie, de la capacité qu'elle "aurait" de porter aux pouvoirs "les meilleurs d'entre nous", quand on élimine systématiquement ceux qui travaillent pour favoriser les copains.

J'aime la politique et je reste convaincu que le changement passe par elle. Mais je sais aussi que nul n'est irremplaçable et qu'il y a une autre vie à part la Politique. J'ai senti le besoin d'arrêter de me faire du mal, de me triturer la tête avec ces conneries, d'essayer de comprendre ce que j'avais pu faire de mal pour "mériter cela".


J'hésitais : continuer ou arrêter. Et puis, par quelque hasard, j'ai eu deux discussions (hormis celles de mes colistières qui m'ont toujours soutenues) qui m'ont décidé à rester. D'abord celle d'un père de famille annécien qui m'a contacté. Il habite un appartement HLM trop petit pour ses deux enfants qui sont obligés de dormir dans la même chambre. Le premier ne peut pas faire ses devoirs en silence le soir à cause de son petit frère qui joue, et ses parents craignent l'échec scolaire. Leur dossier est bloqué : "pas de logement disponible" depuis plus de 3 ans. Ce père était désemparé. Il veut que ses enfants réussissent, qu'ils fassent des études pour réussir mieux que lui dans la vie. Il voulait savoir comment faire. Je lui ai avoué mon incapacité à faire quoi que ce soit parce que je ne possède aucun pouvoir. Le manque de logements sociaux sur notre territoire prend alors une autre dimension loin des polémiques et de la vision comptable de certains élus. Il a fini en me disant : "Vous, vous agissez pour nous. On sait que vous faites ce que vous pouvez pour nous. Alors continuer, pour nous". Bien sûr, il ne savait rien des questionnements qui me hantaient alors. Avec ce "nous", il venait de balayer en quelques secondes mes hésitations et mes interrogations. 

Une amie à qui j'avais confié mes troubles m'a quant à elle dit la phrase suivante : "quand tous les dégoûtés s'en vont, il ne reste que les dégoûtants".

Alors j'ai déchiré ma lettre de démission. J'ai décidé de me battre malgré l'adversité.  Non pas par devoir moral. Non par goût du pouvoir. Mais parce qu'il existe sur Annecy des personnes qui comptent sur moi et que je n'ai pas le droit de les décevoir.

Je peux aujourd'hui, plus de 2 mois après ces événements, vous les relater parce que j'ai retrouvé la pêche, l'envie. Je sais que depuis quelques mois je me suis fait plus rare, moins incisif diront certains. J'ai laissé le devant de la scène aux donneurs de leçons, aux diviseurs.

Je me suis reconnecté avec le sens profond de mon engagement. J'ai aussi retrouver des amis en Politique, des citoyens engagés à En Marche!

Le divorce avec la Gauche était déjà consommé. Il est aujourd'hui digéré. Je ne vous en parlerai plus, cela appartient à une page que je viens de définitivement tourner. Cela me permet notamment de m'opposer frontalement aux choix fait par cette gauche sur la non-augmentation des subventions aux associations, ou bien sur la politique d'abattements fiscaux qu'ils ont soutenu, et encore sur les pistes de hausse invraisemblable des prix du périscolaire qu'ils semblent soutenir.

J'étais libre. Je suis aujourd'hui libéré, libéré du poids des convenances, du devoir de solidarité avec ces gens. Libéré de toute rancœur.

Prêt à retourner au front plus fort, parce que, malgré les tentatives : "pas mort".

vendredi 17 mars 2017

Tarifs du périscolaire : les feux passent à l'orange vif


Plusieurs informations nous parviennent concernant le chantier d'harmonisation des tarifs du périscolaire au sein de la commune nouvelle.

Vous savez qu'à la rentrée scolaire prochaine, la loi impose, depuis la fusion des communes, une harmonisation de ces tarifs. Or, nous partons de 6 situations, héritées des 6 communes historiques, très, très, très, différentes.
A Pringy (commune la plus chère sur ces tarifs), pour la tarif minimum, les familles les plus défavorisées payent environ 60€/mois.
A Annecy, le tarif est unique. Il est de 17.25€/enfant et par TRIMESTRE (50% pour le 2e enfant et gratuit pour les suivants).

Les informations qui me parviennent (faut-il encore préciser que, comme c'est devenu l'habitude sur ce chantier de la fusion des communes, les oppositions ne siègent pas au sein du groupe de réflexion chargé de ces questions) ne sont vraiment pas bonnes pour les Annéciens historiques.
Il semble bien qu'ils vont passer à la casserole.

Alors vont-ils payer beaucoup plus ou pas trop ? Telle semble être la question qui anime les élus actuellement. Le fait qu'ils doivent payer plus semble déjà entériné...

Je m'oppose farouchement à toute augmentation, qui pénalisera les familles. Je rappelle l'esprit dans lequel ce tarif faible d'Annecy avait été voté (avec d'ailleurs de nombreux amendements déposé par l'opposition et validés, comme quoi une opposition forte ça sert !). Il s'agissait de faire du temps périscolaire un temps de découverte, d'initiation, d'ouvertures (culturelles, sportives...). L'objectif était que la presque totalité des enfants d'Annecy aillent au périscolaire, vu comme un temps après l'école d'épanouissement pour TOUS les enfants. L'objectif n'était donc pas financier mais de taux d'inscription (avec un oeil très vigilant sur la qualité des prestations données).

Il y avait eu, avec le premier PEDT (projet éducatif de territoire) de la Haute Savoie, une vraie dynamique d'éducation populaire. L'enfant était au centre des préoccupations.

Bien sûr cela coute cher. Mais Annecy historique avait largement les moyens de se payer cette politique ambitieuse. Elle l'a fait pendant plusieurs années ! Et cela en continuant à investir et sans s'endetter, sans augmenter les impôts.

Avec la fusion, cette politique ne serait plus financable ? Annecy devrait revoir ses politiques, et pénaliser les familles, et SURTOUT les enfants ? Ce n'est pas sérieux.

Ou alors, fallait-il réellement faire cette fusion ? A-t-elle un intérêt pour les Annéciens historiques si c'est pour payer plus, pour avoir moins de services ?

Les Annéciens historiques qui avaient fait le choix depuis des générations d'un service public de qualité, d'un accompagnement de TOUS les enfants (car on sait qu'une augmentation du prix du périscolaire a un impact immédiat sur les familles les plus modestes, notamment les personnes au chômage, aux minima sociaux, les mères au foyer qui préfèrent venir chercher leurs enfants pour les garder à la maison plutôt que de leur payer un temps périscolaire trop cher), doivent-ils tout sacrifier à la fusion des communes ?

Je réponds clairement NON. La majorité nous rebat les oreilles de son maintien d' "un bon niveau de servie public", ce n'est pas pour sacrifier les politiques sociales, éducatives, culturelles et sportives.

Je souhaite que chacun garde en tête l’intérêt des enfants, de tous les enfants, avant tout ! Le nez dans les chiffres c'est bien, mais cela n'a jamais fait une politique juste. Je ne parle pas de faire la révolution, de raser gratis. Je demande simplement que ce qui existait à Annecy perdure, dans l’intérêt des Annéciens qui payent assez cher de taxes locales pour garantir un périscolaire de qualité à tous les enfants d'Annecy.

Oui, ici, à Annecy historique, nous avons fait le choix de financer le périscolaire par l’impôt, très largement. C'est un choix de solidarité en faveur des familles. D'autres ont fait le choix de faire payer les familles, c'est-à-dire les usagers.

Je n'ai pas d'enfants. Je pourrais me réjouir que ce soit les parents qui payent et pas moi. Mais voyez-vous, je suis content et fier quand je reçois ma taxe d'habitation ou ma taxe foncière de me dire que grâce à cet argent, les enfants d'Annecy pourront s'ouvrir sur la danse, les sports, les loisirs créatifs, l'éveil, etc... Je suis fier d'être l'héritier des lignées Bosson et Provent qui ont sur prendre d'abord l’intérêt de l'enfant en compte, avant les petits calculs d'apothicaire.

Oui, les 3 ans qui s'ouvrent sont des années de grands choix politiques (contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire) car c'est bien ici la politique éducative, la politique sociale et la politique de la famille qui sont en train d'être détricotées.

Nous ne laisserons pas faire. La fusion doit être du PLUS pas du MOINS !

mardi 14 mars 2017

Nos orientations budgétaires pour 2017


Hier soir, lundi, le conseil municipal a été amené à débattre des orientations budgétaires pour 2017.

Sur la forme, cela n'avait rien d'un débat puisque les remarques des conseillers municipaux ont été prises les unes à la suite des autres avant une réponse globale de la part du maire. On est loin d'une ambiance d'échanges et de discussions... Sans compter que certains (comme M. Accoyer) ont bien évidemment les yeux rivés sur la montre pour couper la parole à ses opposants (en vertu de la limite fixée à 2 min. de temps de parole inscrite dans le règlement intérieur que j'avais d'ailleurs été le seul à critiquer et à en demander la suppression).

Sur le fond, les orientations proposées nous interrogent. La majorité bleue-rose-verte souhaite contenir d'ici à la fin du mandat les dépenses de fonctionnement à leur niveau de 2016. Cela signifie que les dépenses de fonctionnement (dont celles de personnels) de 2020 devront être égales à celles de 2016.

Avec mes collègues Evelyne et Claire nous ne partageons pas cette vision. Pour deux raisons au moins.
1) D'abord un montant "absolu" en euros n'a aucune signification. Nous savons que chaque année la population de la ville augmente. C'est une chance. Mais cette réalité nous oblige à accompagner ces évolutions en termes de services publics. La règle du maintien des dépenses publiques, dans ce cadre de croissance démographique, signifie une dégradation du service public apporté aux citoyens. Ne soyons pas sur des slogans démagogiques ! Et arrêtons les grands écarts entre les paroles ("la fusion doit permettre le maintien d'un bon niveau de services publics") et les actes (les orientations pour le budget 2017 proposées).

2) Pour contraindre les dépenses de fonctionnement, il faut s'attaquer aux dépenses de personnels (qui représentent environ 60% du budget de fonctionnement). La majorité a choisi la voie, là encore, de la compression de la masses salariale. Aucun recrutement (hormis les postes inscrits mais non pourvus) n'est programmé. Cela signifie deux choses:
a) Dans certains services, les communes historiques qui étaient les mieux dotées et qui avaient (sans être gauchistes !) un niveau de service public intéressant qu'elles pouvaient se payer, vont voir leur niveau de services diminuer (on est loin du maintien d'un "bon niveau de services publics"). Je pense notamment aux ATSEM dans nos écoles et aux taux d'encadrement des élèves annéciens. Annecy (historique) avait le meilleur taux d'encadrement. Si on ne recrute pas de nouvelles ATSEM, cela signifie que l'on va répartir un nombre donné d'agents sur tout le territoire de la nouvelle commune et donc Annecy historique va en pâtir.

Nous demandons que la fusion serve à un alignement du service public d'encadrement de nos enfants sur le mieux disant et non pas sur une vision comptable démagogique.

b) Certaines communes historiques, pour certains de leurs services, ont fait le choix d'avoir recours à des entreprises extérieures. Alors que d'autres ont fait le choix (toujours sans être dirigées par des bolchéviques !) de se doter des ressources humaines nécessaires pour assurer ce service public. Sur des services comme les espaces verts, la propreté urbaine, la restauration municipale, l'entretien des locaux, etc... la commune historique d'Annecy avait des services internes dédiés. Cela a l'avantage d'être moins cher (n'en déplaise à certains), plus efficaces et plus réactifs. D'ailleurs le maire, à chaque vœux aux personnels, se targe bien d'être leur défenseur, il déclame son amour des agents territoriaux pauvres victimes des discours de certains hommes politiques nationaux qui leur veulent du mal (pense-t-il à son candidat Fillon en disant cela???).
On aurait pu s'attendre à une harmonisation des pratiques. Pas du tout. Le maire a décidé de maintenir ces systèmes en place à l'identique : ici des services faits par des agents publics, là par des entreprises privées... Cela aura pour conséquences directes : 1) une inefficacité du travail en combinant les inconvénients des deux systèmes, 2) d'augmenter encore la pression sur les agents déjà en poste en leur demandant de faire plus avec autant de moyens (j'ai pris l'exemple des maçons de la ville historique d'Annecy, qui faisaient donc leurs 35 h rien que sur le territoire d'Annecy car à ma connaissance on ne payait pas des gens à rien faire !; et qui aujourd'hui, à effectifs constants, doivent travailler sur un territoire 5 fois plus grand !)

Nous avons donc demandé que le choix de la municipalisation de ces services soit acté. Pour cela, il s'agit de recruter les agents nécessaires (tout en diminuant les frais pour services extérieurs) et de mettre fin aux contrats avec les entreprises privées. Cela prendra du temps mais c'est la voie à suivre.

Vous voyez que, insidieusement, les choix politiques (qui sont d'ailleurs présentés comme des non-choix : "c'est un budget d'assemblage") qui nous sont annoncés, loin d'être dans la continuité des choix faits par MM. Bosson sont une rupture nette. C'est le service public "à l'annécienne" qui est menacé sur l'autel de l'idéologie. 

Avec mes deux collègues nous tenions à alerter les Annéciens de ces choix et à nous élever contre eux.

samedi 11 mars 2017

Ma vision de la société et de la politique

Au cours de la rédaction de ma thèse de doctorat, j'ai acquis la conviction que la société humaine formait un système clos, fermé. C'est-à-dire un ensemble cohérent regroupant tous les individus, y compris ceux qui se disent et/ou se pensent hors système. Nous sommes tous les fruits du système, mais aussi les acteurs de son évolution permanente.

Pour comprendre, on peut prendre l'image d'un ballon de baudruche que l'on remplirait pas totalement d'eau avant de le refermer. La forme globale du ballon est ce que l'on appelle la société. Les milliards de gouttelettes d'eau à l'intérieur ce sont les individus. L'eau ne peut pas sortir du ballon. Les individus ne peuvent pas sortir de la société.

L'eau dans le ballon peut émettre des pressions sur les parois et modifier la forme de la société. Par exemple si vous mettez votre doigt sur le ballon, cela fait un creux et des plis apparaissent à la surface du ballon. L'espace où le ballon était avant présent a été libéré et il y a maintenant de l'air. Mais ailleurs autour du ballon qui s'est déformé l'eau, le ballon a trouvé un autre espace à conquérir.

La société est ainsi faite : parfois ce qu'elle tolérait hier (esclavage, maltraitance animale, fessées) n'est plus toléré aujourd'hui. La zone de tolérance a changé. La société a changé. Réciproquement ce qui hier n'était pas toléré (homosexualité, liberté de la presse...) est aujourd'hui devenu la norme.

A la surface du ballon, il existe, nous expliquent les physiciens, des minuscule différences de densité de matière qui font que, l'on pourrait en théorie prédire les endroits où le ballon va se déformer. Avec la société humaine c'est pareil : les normes sociales changent et si on connait suffisamment bien la société on peut agir sur les endroits où on peut modifier ses normes (soit parce que la pression sociale y est plus forte, soit parce que les convictions sociales y sont moins ancrées).


Faire de la politique c'est faire l'analyse de la société. On comprendre les tensions, les points de rupture, les déformations, les dynamiques d'évolution. C'est faire l'analyse du réel.

Mais c'est aussi être en capacité d'offrir une perspective, un idéal. Veut-on que le ballon qui est informe, devienne rond ou carré ?

Enfin et surtout !!! c'est tracer un chemin entre la réalité et l'idéal. Comment passer d'un ballon informe à un ballon rond ? Par où commencer à "modeler" la société ?

Il y a les politiciens qui vous promettent de passer de l'informe au rond du jour au lendemain, oubliant au passage que tout changement entraine une (ou des) réaction (déforme le ballon ailleurs) parfois prévisible, mais souvent imprévisible. L'apparition d'internet a entrainé une baisse des envois postaux (réaction prévisible) mais aussi une virtualisation des rencontres amoureuses par exemple (réaction imprévisible). Les chantres du grand soir ou de la société parfaite commettent pour moi deux erreurs :
- imposer à la société un idéal immanent, parfait pour eux, auquel je ne crois pas (ex; l'homme nouveau soviétique). Un idéal parfait et absolu, par nature fixe et définitif. Refuser la critique de cet idéal.
- ils ignorent la nature "vivante" d'une société et le fait que ses individus réagissent aux changements imposés, de manière parfois surprenante. Ils oublient la notion de "temps" nécessaire au changement, et donc l'absolue nécessité de créer un chemin pour y arriver qui soit réaliste et réalisable.

Je suis profondément réformiste. Je crois à un idéal de justice sociale, de respect de l'environnement, d'émancipation individuelle, de prospérité économique. J'ai une idée assez claire de la société dont je rêve. Mais j'accepte aussi parfois, de réviser mon idéal.

Mais je sais aussi que la société actuelle en est encore loin. Qu'il y a du chemin à faire pour y parvenir et que ce chemin s'il doit aboutir à une transformation radicale ne peut lui-même être radical, c'est-à-dire oublier le temps nécessaire au changement pour qu'il soit accepté et digéré. Je préfère la politique des "petits pas" au mythe des grands soirs.

Parfois la société est prête pour un changement plus grand, plus rapide, il faut alors l'encourager s'il va dans le sens de son idéal. Et parfois la société est plus frileuse, plus fermée à certains changements. Il faut alors le temps de la conviction pour "assouplir" les rigidités, permettre l'acceptation (ou le changement d'idéal).

Pour moi, Emmanuel Macron offre en 2017 un idéal, une vision. Il a aussi une vision claire et, je le pense, assez vraie, de notre société actuelle. Il offre un chemin pour relier l'un et l'autre. Pas une ligne droite, pas une autoroute qui de toute façon se heurterait au mur de la réalité. Non un chemin, fait de virages, de détours, parfois pour contourner les difficultés, parfois pour faire sauter des verrous. Un chemin certes plus difficile à comprendre que les autoroutes du revenu universel ou de la suppression de centaines de milliers de fonctionnaires (deux projets qui se prendront le mur de la réalité en pleine figure) mais un chemin que l'on peut parcourir pour arriver à bon port. Un chemin sur lequel on avance plutôt que de piétiner. 

Emmanuel Macron nous offre un chemin vers un idéal qui me parle. D'autres peut-être ont un idéal finalement pas si éloigné, mais leurs autoroutes ne mettront pas la société en marche. Ils offrent des chemins bouchés. Macron est le seul, de mon point de vue, à offrir un chemin qui certes doit parfois faire des détours par le libéralisme mais qui au final aboutit à une société plus juste, plus fraternelle et plus émancipatrice.

On a le droit de critiquer mon choix d'idéal. On a le droit de penser que le chemin proposé par Macron ne conduit pas à cet idéal. On a même le droit de penser que ce chemin est aussi un cul-de-sac. 

Mais si la Politique est bien affaire de raison, d'analyse, elle est aussi affaire de convictions, et de confiance. J'ai confiance en Emmanuel Macron et en son programme. Je suis intimement convaincu qu'il nous mettra en marche tous, la France entière, sur un chemin d'avenir. C'est pourquoi je suis dans ce mouvement, celui de ceux qui veulent marcher (d'autres collectifs sont aussi le fruit de cette irrésistible envie de la société française de bouger) et en ont assez de lire des cartes et des plans qui depuis des siècles nous disent qu'il faut aller au paradis sans jamais être capables de nous offrir un vrai chemin pour y parvenir et qui, au final, nous laissent sur place.

mardi 7 mars 2017

Maison des associations à Annecy

Hier soir en conseil communal d'Annecy, ma collègue Evelyne est revenue sur notre demande de la réalisation d'une maison des associations à Annecy. Cette demande est d'autant plus criante depuis la fusion des communes.

Une maison des associations peut être un bâtiment, mais ce n'est franchement pas l'essentiel (même si nos associations manquent de locaux).



Alors une maison des associations, c'est quoi ?

C'est un lieu (réel et/ou virtuel en partie) de rencontres pour échanger :
1) entre bénévoles de différentes associations pour discuter, donner des conseils, s'aider et préparer des projets communs entre associations qui ont parfois des domaines d'intervention très différents.
2) entre dirigeants d'associations pour discuter, partager ses interrogations, ses problèmes, ses solutions, faire part de ses doutes et angoisses. C'est aussi un lieu potentiel de formation.
3) entre encadrants pour échanger sur les bonnes pratiques, les difficultés.
4) entre les associations et le public

C'est aussi un lieu d'information et de formation pour le public et pour les associations, intégrant les partenaires (en termes de financements, d'assurances, de formation) qui pourraient y tenir des permanences et organiser des sessions de formation. Donc un lieu de mutualisation des moyens.

C'est enfin un lieu de ressources avec quelques salles de réunions et de travail, la possibilité de faire des photocopies, d'avoir accès à de l'informatique, d'avoir un standard téléphonique généralisé et potentiellement un réceptionniste qui aiguille et prenne les messages, d'avoir une boite aux lettres, un  présentoir où déposer un flyer présentant l'association au public, etc...

Bref, une maison des associations n'est pas un but en soi. C'est un outil au service des associations pour leur permettre de sortir de l'isolement. C'est une manière moderne, participative et collaborative de dynamiser notre tissu associatif tout en offrant une réelle lisibilité auprès du public. 
C'est enfin la possibilité de créer des passerelles entre bénévoles, entre associations pouvant conduire à des projets communs, riches et variés.

Nous avions rêvé d'une telle maison des associations dans une partie du Haras pour qu'il vive toute l'année. La carrière aurait pu offrir un espace d'expression, d’événements pour ces projets associatifs. Au lieu de quoi le Haras reste désespérément vide et sans vie.

Certains nous rétorquent que c'est cher. Non ce n'est pas si cher que cela. Quelques moyens techniques (photocopieurs, standardiste, salles...) c'est tout. L'animation serait organisée par les associations elles-mêmes. Mais au regard de ce que cela apporterait de dynamisme, d'échanges et de monter en compétences (que l'on pense à la gestion financière des associations par exemple), l'investissement semble bien dérisoire.

Dommage que la majorité fasse un blocage psychologique sur cette idée. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faut renoncer et se décourager. Comptez sur nous pour continuer à défendre cette idée et à réclamer la création d'une telle "maison des associations".


dimanche 5 mars 2017

"Tous pourris"

Le climat politique actuel est nauséabond. On a envie de vomir, de crier ou de s'exiler tant la corruption de certains élus, les passe-droits du système nous écœurent.

M. Fillon et ses affaires, Mme Le Pen et la justice, la presse huée, les juges pris à parti... Le débat national de cette présidentielle a de quoi dégoûter les citoyens. Même les représentants des partis dits "Républicains" s'en prennent aux institutions de notre République. Le populisme s'invite partout.

Ce sentiment d'impunité de certains élus, de corruption généralisée trouve en plus un écho localement. Quand on paye des maires-adjoints des communes déléguées à ne plus rien faire (les commissions communales d’Annecy ne se réuniront plus d'ici la fin du mandat), quand un maire s'augmente de 2000 euros par mois pour compenser la perte d'un mandat, qu'un maire-adjoint fraîchement élu préfère quitter le conseil municipal pour aller chanter...

J'avoue ne plus trouver beaucoup de sources d'inspiration pour rédiger des billets sur ce blog tant la fronde légitime des citoyens tend à emporter tout ce qui, de près ou de loin, s'apparente à de la Politique. "Tous pourris" crient les citoyens légitimement courroucés. Et les sites internet de désinformation s'en donnent à cœur joie, sur ce fond de suspicion généralisée vis-à-vis des élus, pour faire prospérer toute sorte de rumeurs, de mensonges pour finir de décrédibiliser les femmes et hommes politiques.

Pourtant, il faut toujours rappeler que la Politique, c'est-à-dire la gestion de la cité, est nécessaire et pour tout dire inhérente à la vie humaine. Il y a toujours eu et il y aura toujours de la politique, et donc des femmes et des hommes pour faire de la Politique. Méfiez-vous de ceux qui veulent tuer la Politique, ils préparent souvent des lendemains sinistres. Il ne faut donc pas se passer de Politique mais changer les mauvais acteurs politiques.

Il faut aussi rappeler qu'en la France compte près de  500 000 élus qui pour une très large majorité d'entre eux font du bon travail, honnêtement, souvent bénévolement, sans compter ni leur temps ni leur énergie. Ces élus méritent le respect des citoyens et méritent que l'on torde le cou à ce "tous pourris". J'aimerais un peu plus de finesse et de retenue dans certains commentaires, notamment sur les réseaux sociaux quand il s'agit de taper sur certains politiques (qui le méritent bien), inutile de parler DES politiques...

C'est vrai que la corruption, en tant qu'élu, nous y sommes confrontés régulièrement. Non pas la corruption par l'argent. La corruption des idées, le chantage au pouvoir, à la parole. "Tu es pour la fusion des communes sinon on fera tout pour que tu n'existes plus" (phrase prononcée devant moi), c'est déjà de la corruption. Il faut savoir rester droit, confiant dans ses convictions, et sûr de sa légitimité que l'on ne doit qu'aux électeurs et non pas à des réseaux formels ou informels de politiciens adversaires sur la scène et amis dans la vie.

Pour ne pas tomber dans le piège j'ai, pour ma part, deux réflexes : 1) le terrain et 2) le recul et l'analyse. Quand la pression est trop forte, que les doutes m'assaillent, je vais à la source, devant les électeurs pour échanger et discuter. Reprendre pied avec la réalité et voir si ma mission politique reste en accord avec mes engagements. Je prends aussi le temps de réfléchir et de respirer. Le monde politique est un microcosme où des contre-vérités peuvent finir, à force d'être ressassées, par être prises pour des évidences.

Et puis je vois aussi une société civile qui se lève et qui veut faire de la Politique. Le mouvement "En marche !" en est un exemple flagrant. Loin de rejeter la Politique, le dégoût du spectacle actuel donné ici et à Paris incite de nombreux citoyens à s'engager et à porter une autre manière de faire de la politique. Cet élan citoyen est salvateur et nous permettra de sortir par le haut.

J'appelle tous ceux qui en ont marre de cette manière de faire de la politique, à s'engager pour changer, eux directement, les pratiques. On ne peut rester dans un constat de dégoût et d'échec. Il faut agir. La démocratie donne aux citoyens un pouvoir dont ils n'ont pas idée. Les citoyens se sont trop longtemps laissés déposséder de leur pouvoir par le monde politique. En changeant de personnel politique, en sortant du carcan des partis politiques, les citoyens peuvent faire émerger de nouvelles têtes et de nouvelles pratiques. N'attendons pas les hommes ou femmes providentiel-le-s, saisissons les opportunités qui émergent pour en faire des instrument du changement.

La démocratie a besoin aujourd'hui que les citoyens se réveillent. Elle besoin de sentir que les citoyens la chérissent. La démocratie (c'est-à-dire la séparation des pouvoirs, le respect de la presse, des juges, la protection des minorités, l'égalité des chances...) est fragile tant que les citoyens n'auront pas sifflé la fin de la partie et renvoyé les mauvais joueur dans les vestiaires.

Je crois aux pulsions démocratiques de notre peuple. Je crois au respect des institutions (même si on devrait en changer certaines). Je crois en l'exemplarité des élus. Reprenons le chemin de la politique, des idées, des programmes en nous engageant auprès de ceux qui proposent des idées et des actions pour améliorer notre futur. Auprès de ceux qui donneront demain une place aux citoyens dans le processus de décisions politiques.

vendredi 3 mars 2017

Une agriculture de qualité

Depuis quelques jours, le monde agricole fait, comme chaque année, la Une des journaux grâce au Salon International qui se tient à Paris.


Il y a deux jours, les pays de Savoie ont été mis à l'honneur. Sans les déboires judiciaires de M. Fillon, cette journée aurait pu raisonner plus fortement dans les oreilles des Français. Car les agriculteurs de nos deux départements méritent qu'on les honore et qu'on les félicite.

Leur savoir-faire, leurs compétences, la qualité de leurs produits sont un atout indéniable pour notre territoire, ses paysages, son image et son économie.

Grâce à la politique de valorisation de nos fromages (Reblochon, Tomme, Raclette, Abondance, Beaufort...) et aux labels associés l'agriculture savoyarde se porte plutôt bien. Cela n'est pas le fruit du hasard. Mais le résultat d'un travail et d'une vision transmise de génération en génération. C'est aussi la nécessité d'un territoire contraint par son relief qui ne permet pas le développement d'une agriculture trop intensive avec des fermes-usines sans morale.

Pour s'en sortir l'agriculture haut-savoyarde a su unir ses efforts, diversifier son offre et monter en qualité. C'est de mon point de vue l'exemple à suivre.

Alors bien sûr tout n'est pas rose et je n'oublie pas les dizaines de fermeture d'exploitations, les suicides beaucoup trop nombreux. Il faut agir, c'est nécessaire. De nouvelles solutions d'aides au financement d'investissements, de trésorerie, des relations rediscutées avec la grande distribution, une stabilisation des normes sanitaires, une protection des terres agricoles contre la spéculation immobilière, la création de nouveaux circuits locaux de distribution... 

La profession agricole, que je côtoie de près depuis plusieurs mois dans ma nouvelle activité, a beaucoup changé en quelques décennies. Localement, elle aspire à une reconnaissance et une valorisation de son travail. Elle demande pas seulement des discours de la part des politiques mais aussi et surtout des actions.

L'agriculture haut-savoyarde fait peu de bruit, signe qu'elle préfère le travail à la gesticulation médiatique. Mais jour après jour, traite après traite, récolte après récolte, vendange après vendange, elle participe à la prospérité économique de notre territoire et à sa beauté.

Je crois que les politiques doivent accompagner le monde agricole dans sa restructuration en marche. Il ne s'agit pas de tout casser, de mettre une profession à l'index comme le font certains politiques en totale méconnaissance du sujet. Il s'agit d'expérimenter AVEC les agriculteurs : l'agro-foresterie, le passage à des formes coopératives de transformation et distribution, la mise en place de lieux de vente directe en circuits-courts, la potentielle rémunération forfaitaire du travail d'entretien des paysages plutôt que les subventions à la production, la mise en place de cultures raisonnées et potentiellement biologiques, etc...
Les collectivités locales ont un rôle à jouer. 

En politique, il faut bien sûr corriger les faiblesses d'une société. Mais il ne faut jamais oublier d'accompagner nos succès, ce qui marche bien. L'agriculture fait partie de nos joyaux. Localement, elle fait peu de bruit mais ce n'est pas pour cela qu'elle doit être absente de nos politiques concrètes, y compris au Grand Annecy.