samedi 18 novembre 2017

Centre des congrès à Albigny : vers la fin du projet ?


Jeudi soir, en conseil d'agglomération du grand Annecy, nous étions invité.e.s à voter le CAR (Contrat Ambition Région) c'est-à-dire un contrat visant à co-financer avec la Région les grands investissements de l'agglomération pour les 3 années à venir.

On sait que la Région a en commun avec l'agglomération les compétences Transports, Développement économique et Aménagement du territoire.

On trouve donc dans ce contrat des projets aussi divers que : - une pépinière à Saint Jorioz, - Restructuration de la médiathèque de Bonlieu, - Reconfiguration de l'accueil du musée chateau, - Transformation du Haras, - Réalisation de pistes cyclables, - Travaux pour le Brise Glace, - Rénovation d'équipements sportifs, - la création d'un espace scolaire et périscolaire à Fillière etc...

J'ai ainsi pu prendre connaissance de quelques-uns des investissements prévus par sa Majesté Rigaut sur le commune nouvelle d'Annecy (comme le Haras, l'accueil du Château ou encore les travaux à Bonlieu) car nous n'en avons jamais ni parlé ni débattu en conseil municipal ou en conseil communal. Comme quoi il faut être à l'agglo pour savoir ce que sa Majesté prévoit de faire sur notre commune...

Mais c'est surtout un autre élément qui m'a interrogé : normalement dans ce CAR on aurait dû voir apparaître le financement de la Région pour le futur-ex-supposé-centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny.

J'ai donc exprimé ma joie de ne pas voir cet équipement si décrié inscrit dans ce contrat qui court, je le rappelle, sur 3 ans (alors qu'il avait été inscrit au CDDRA précédent, sans financement de la région). Néanmoins je me suis aussi interrogé sur ce point. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées :
1) Finalement quelque soit la majorité régionale (on sait que la gauche avait refusé de subventionner cet équipement), c'est toujours non.
2) L'agglomération n'a pas présenté ce projet dans le contrat de ce contrat. Pourquoi ? N'y croit-elle plus ? Existe-t-il des tensions en interne ? Avec les nouveaux entrants ? Ou bien sait-elle que notre opiniâtreté et la constance des opposants à ce projet va lui faire subir encore de nombreuses années de décalage ?

La réponse de Rigaut a été assez énigmatique quand je lui ai posé la question : "Etant donné l'état d'avancement de ce projet, on a décidé de ne pas l'inscrire dans ce CAR".

Est-ce à dire que l'agglo deviendrait plus sérieuse et plus pragmatique ? En tous cas, après un soutien "a minima" de ce projet par le département (qui a refusé les rallonges demandées par Rigaut au-delà de l'engagement initial qui était de mémoire autour de 3 M€), c'est la région qui reste en retrait. Seule l'agglomération continue officiellement à porter ce projet, seule. A moins qu'au fond elle est déjà actée que ce projet serait abandonné car nos arguments (environnementaux, économiques, et financiers) sur la démesure de ce projet et le non-respect de la loi littoral ont fini par avoir raison des certitudes de MM. Rigaut et Accoyer ?

L'agglo continue-t-elle alors ses démarches juridiques pour sauver la face ? En tous cas, pour la première fois, je n'ai pas eu droit à la leçon du professeur Accoyer sur ce point... Signe d'une renonciation ? Avec ces élus-là il faut toujours se méfier. Wauquiez serait bien capable de nous sortir une ligne budgétaire particulière à la dernière minute.

En tous cas, chacun semble acter qu'on pourra encore profiter pendant au moins 3 ans de la maison Abeille, de la plage d'Albigny et de notre lac sans blockhaus de béton. C'est en soit déjà une très bonne nouvelle. 

Et je pense que sa Majesté Rigaut doit commencer à s'interroger. Quelle stratégie adopter ? Attendre un revers judiciaire à quelques mois de la prochaine élection municipale de 2020 (pas très bon pour sa candidature) ? Ou bien tenter de sortir de ce bourbier en 2018, début 2019 maximum en espérant avoir assez de temps pour le faire oublier d'ici aux élections ?

Personnellement je pense que, dans l’intérêt général, il est préférable d'ne sortir le plus vite possible, évitant ainsi de continuer à gaspiller inutilement l'argent public. Et je n'ai aucun doute que les Annécien.ne.s n'ont pas une mémoire de poisson rouge...

 La suite au prochain épisode ?

mercredi 15 novembre 2017

Terrasses à Annecy : un maire agressif et caricatural

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Lundi soir, en conseil municipal, j'ai pris la parole au moment des questions diverses pour dire ceci :

"La mise en oeuvre de façon asse abrupte du règlement des terrasses, notamment la règle du "1 place dehors pour 1 place dedans" sur la vieille ville d'Annecy, suscite des inquiétudes légitimes de la part des professionnels du secteur.

Les cafetiers et restaurateurs sont des acteurs essentiels pour le dynamisme et l'attractivité de notre ville. Les terrasses sont un outil de travail indispensable qui apporte un service demandé par les consommateurs et qui, s'il permet une augmentation du chiffre d'affaire (qui s'en plaindra d'ailleurs ?), permet également de créer de nombreux emplois. Je souhaite également souligner que les cafés sont aussi des lieux de sociabilité importants pour de nombreux concitoyens.

L'usage du domaine public doit être réglementé, bien sûr. La cohabitation avec les habitants, les passants ainsi que les nécessités d'accès des différents services publics (secours, sécurité, ramassage des ordures...) doivent évidemment être prises en compte. Personne ne le conteste.

Mais une règle aussi mathématique et rigide que celle du "1 pour 1" n'a aucun sens. Certaines rues permettent plus de terrasses à cause de leur configuration spatiale, d'autres moins. L'application de cette règle crispe légitimement les professionnels qui consacrent beaucoup d'énergies à leur activité. Et ce ne sont pas les bidouillages, d'ailleurs juridiquement contestables et économiquement sans aucun sens, comme l'application uniquement pour les nouveaux venus ou au moment des ventes, qui vont apaiser ces craintes.

Je pense plus constructif et pragmatique d'abandonner cette règle pour lui substituer un règle qui offre à chaque établissement  une zone, un espace délimité pour disposer sa terrasse (espace à déterminer en concertation). C'est d'ailleurs bien la surface qui sert de base au calcul du droit d'occupation du domaine public. Ce genre de règle est déjà en application dans certaines communes déléguées de la ville. Il s'agirait d'harmoniser les choses.

Cette démarche aurait pour avantage d'individualiser les solutions tout en ayant un cadre général pour tenir compte des particularités géographiques, physiques de chaque établissement et rue. Ceci permettrait de garantir le bon usage pour tous du domaine public sans pénaliser inutilement des établissements qui sont demandeurs d'une solution concertée et pérenne.

Monsieur le maire où en est ce dossier ? Une harmonisation de l'ensemble des pratiques de la commune nouvelle sur la base de cette proposition est-elle envisagée ?"

A cette question, M. Rigaut m'a répondu que je faisais de la démagogie... Chacun est libre de lire et relire mon intervention pour y déceler cette fameuse démagogie... et que je participais d'une polémique inutile... Chacun est libre de juger si aborder un sujet aussi important, être le porteur des inquiétudes de nos concitoyens sur un sujet comme celui-ci (ce qui est le boulot d'un élu, non?) c'est faire de la polémique...

Sur le fond, M. Rigaut a dit que cette règle permettait de "protéger les commerçants d'eux-mêmes"(sic) ! Que si l'on voulait faire de la vieille ville une énorme usine à bouffe (sympa pour le travail des restaurateurs!!!) et à sommeil, avec des appartements AirBnB, on pouvait supprimer toute règle. A quoi je réponds (mais vous pouvez relire) : 1) personne ne propose de ne pas mettre de règle, je propose une AUTRE règle. On voit qui est de mauvaise foi et qui crée des polémiques inutiles, irrespectueuses pour l'élu que je suis et les professionnels. 2) Sur AirBnB cela fait 3 ans que je propose des solutions à cette problématique et que M. Rigaut ne bouge pas. Si Annecy Vieille ville devient une usine à sommeil avec AirBnB M. Rigaut y est pour beaucoup en ne faisant rien... et il reproche à moi et ceux qui veulent une autre règle pour les terrasses de faciliter un Annecy Disneyland... Je vois pas trop le lien, par contre c'est franchement l’hôpital qui se fout de la charité.

Sinon on a droit au discours habituel du maire chevalier blanc sensé défendre les pauvres habitants contre la voracité des commerçants prêts à tout pour faire de l'argent... Après j'ai décroché parce que ces discours purement électoralistes ne m'intéressent pas. Et la caricature des professionnels comme de mes propositions n'a aucun intérêt. Désolé je ne suis donc pas en mesure de vous les rapporter.

mardi 14 novembre 2017

Orientations budgétaires pour la ville en 2018

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Hier soir avait lieu le conseil municipal de la commune nouvelle avec, au menu, le débat d'orientations budgétaires (DOB) pour 2018.

Je suis intervenu pour dire ceci :

D'abord sur la forme, à quoi sert un DOB ? Comme son nom l'indique il sert à l'exécutif et la majorité pour exposer les orientations qu'ils comptent donner au budget 2018. L'exécutif fait des propositions qui sont ensuite débattues AVANT la rédaction finale du budget. De son côté l'opposition apporte les orientations, les infléchissements, les propositions qu'elle entend soumettre et qu'elle espère voir être repris dans le budget.

Or, d'après le calendrier budgétaire, il se trouve que pour la partie "fonctionnement" du budget 2018, les 7 maires se sont réunis le 23 octobre dernier pour valider les derniers arbitrages en vue de la rédaction du budget 2018. Dit simplement sur cette partie, le budget est déjà défini avant que le DOB n'ait eu lieu... Bref, le DOB est un théâtre (d'ombres) qui ne sert à rien puisque les propositions que nous pourrions faire... ont déjà été arbitrées avant que nous les fassions...

Sur la partie "Investissements" du budget 2018, la réunion d'arbitrage entre les 7 maires aura lieu ce vendredi. On pouvait donc avoir l'illusion qu'on pouvait au moins débattre des investissements et des orientations données par l'exécutif. Sauf que, dans le DOB présenté, il n'y avait aucun investissement de détaillé. Donc on ne débat sur rien. "Trop tôt" a répondu Rigaut. Trop tôt le lundi pour présenter les choix de l'exécutif aux élus; mais dans les temps le vendredi pour les présenter entre soi, entre maires ? Franchement de qui se moque-t-on ?

J'ai donc fortement hésité à participer à cette mascarade. Mais je me suis dit que les citoyens avaient le droit d'entendre d'autres orientations budgétaires, une autre vision politique pour notre ville que cette bouillie insipide servie par cette majorité bleue-rose-verte.

Fonctionnement

La fusion a créé une des communes les plus riches de France et les moins endettées. On pouvait s'attendre à ce que cette bonne santé financière bénéficie aux Annécien.ne.s dans leur quotidien. Or, qu'est-il proposé ?

Après la fin de la quasi-gratuité du périscolaire, la fin des activités sportives municipales gratuites et la dégradation de l'encadrement de nos enfants dans les écoles par les ATSEM, sans compter la souffrance au travail que subissent nos agents et dont on ne parle pas assez, pour cette année on nous propose :
- un gel de la masse salariale (hors réévaluations réglementaires). Je rappelle que notre ville voit sa population augmenter chaque année de plusieurs milliers d'habitants. Les besoins sont croissants pour simplement maintenir un niveau de service public identique à celui qui est actuellement, notamment dans les domaines du social, de l'éducation, du logement ou encore de la sécurité.
Par ailleurs, la charge de travail pour les services supports (RH, marchés publics, finances...) devient intenable. Pour rappel, depuis le 01 janvier, la ville a repris les compétences "Sports" et "Culture" de l'agglo. Ce sont 300 agents qui nous ont rejoint, sans aucune embauche pour leur gestion par les services supports qui ont absorbé cette hausse d'activité sans soutien supplémentaire.
On ne peut pas réfléchir à la masse salariale de la ville d'Annecy, démographiquement dynamique, de la même façon que sur des villes en stagnation ou en déclin. C'est pourquoi j'espère que les négociations actuelles sur les contrats avec l'Etat concernant la maîtrise de la dette publique et les niveaux de dotations pour les années à venir tiendront compte de cette réalité. On accepte bien les nouveaux habitants pour leurs taxes et impots (qui augmente sensiblement dans les recettes de la ville) mais on refuse d'assumer leur prise en charge par un service public de qualité ?

On peut toujours trouver des gains de productivité et il faut les rechercher à chaque fois que c'est possible. Mais je rappelle que depuis 3 ans les communes historiques ont réduit leur masse salariale. Peut-on continuer encore avec des besoins croissants ? Je ne le crois pas.

- un gel à l'euro près des subventions aux associations, soit avec l'inflation anticipée à +1.2%, une baisse de pouvoir d'achat. Là encore quel intérêt d'être aussi riche si ce n'est pas pour permettre une dynamique de nos associations, porteuse de dynamique économique, sociale et démocratique ? Une porte est entrouverte pour les associations qui ont du personnel, c'est bien car elles voient leurs charges augmenter quasi-mécaniquement de 2.5% à 3% par an. Sauf qu'il est dit que l'on va regarder leurs fonds propres avant de les accompagner. Que veut-on pénaliser les dirigeants d'associations qui ont été prudents, qui ont bien géré ?

J'en ai profité pour poser la question sur l'état d'avancement de l'étude menée depuis des lustres sur l'avenir de nos structures socio-culturelles (MJC, centres sociaux). C'est une étude dont on n'entend plus parler...
De même, j'ai demandé quel était le montant du budget qui serait consacré aux futurs conseils de quartiers. Sur ce point JL Rigaut m'a répondu que leur création serait voté en décembre et qu'aucun budget n'était prévu pour leur fonctionnement... On voit déjà à quoi ca va servir...

Investissement

Sur l'investissement, je vous l'ai dit : rien sinon l'inscription d'une enveloppe de 50M€ présentée comme "extraordinaire" par l'exécutif.
Sauf que c'est très loin de l'effort que faisait Annecy historique quand elle était seule. Au DOB, à Annecy, on débattait sur 30 à 32 M€. Or Annecy historique représente 40% de la population de la commune nouvelle. Pour fournir le même effort d'investissement qu'avant il faudrait une enveloppe autour de 75 M€ à la commune nouvelle.
On me répond que l'on ne réalisait pas tout. C'est vrai, à Annecy historique on réalisait autour de 70% de l'enveloppe (20 à 22 M€/an). Mais c'est vrai dans toutes les collectivités. Il faut bien sûr toujours chercher à améliorer ce taux de réalisation. Mais cette logique sera aussi vraie, j'en suis convaincu, sur la commune nouvelle. Ce qui devrait vouloir dire qu'on réalisera au mieux 35 à 37 M€ en 2018... Un montant très loin des investissements des autres grandes villes de France...

Je ne peux rien vous dire sur le détail de cette enveloppe on ne l'a pas eu: quid des rénovations des écoles et de leurs équipements pédagogiques et informatiques ? Le Haras ? La réalisation de nouveaux parkings en ouvrage ? L'avenir de la chapelle des Capucins ? etc...

Pour moi, ces orientations budgétaires 2018 ne permettent pas de tenir la promesse du contrat de service public signé par les 6 ex-communes. Le niveau de service public va se dégrader. Le manque d'ambition en matière de subventions et d'investissements va peser également sur le secteur économique local, sur le lien social et sur nos politiques en faveur du cadre de vie.

Il ne s'agit pas d'ouvrir grand les cordons de la bourse. Mais il s'agit de prendre acte de la santé financière de notre commune nouvelle et de la mettre au service d'un territoire pour avancer, évoluer, innover. La gestion de "petit comptable" n'amène que dégradation, conservatisme et immobilisme.

J'ai, pour finir et sans grand espoir, fait une dernière proposition. Je souhaite que pour la rentrée de septembre 2018, en concertation avec les personnels concernés, une expérimentation pour ouvrir le dimanche une bibliothèque municipale puisse être mise en place. Il s'agit d'offrir, en ce jour de congés, la possibilité à une population qui travaille la semaine, d'avoir un accès facilité à ce lieu de culture. L'accès à la lecture, mais aussi aux activités culturelles seraient ainsi facilité créant un lien social pour des personnes qui parfois peuvent se retrouver isolé le dimanche. Cette expérimentation devrait être suivie d'un bilan pour voir si la démarche mérite d'être ensuite pérennisée. Cela fonctionne très bien dans de nombreuses villes (même s'il existe aussi des contre-exemples). Nous verrons bien si l'idée est reprise ou pas.


Il n'y a dans cet exposé de nos orientations budgétaires aucune volonté de polémique comme a tenté de le faire croire M. Rigaut. Au contraire, il y a une volonté de mener à bien son mandat d'élu avec sérieux et rigueur en profitant de ce temps qu'est le DOB pour exposer notre vision, notre politique. On fait juste de la politique pour les Annécien.ne.s comme c'est notre rôle en exposant calmement et sereinement nos priorités. Je regrette que M. Rigaut se complaise dans une caricature absurde de nos prises de parole. Certainement préfère-t-il les lèches-bottes qui n'interviennent que pour encenser sa politique sans faire aucune proposition ? Ou bien ceux qui critiqueront au moment du budget sans jamais avoir exposé leurs attentes avant ?

C'est difficile d'être systématiquement traité de démagogue ou de polémiste. Mais je n'ai pas à avoir honte d'exposer mes choix et visions politiques quand c'est le moment, même si ce ne sont pas les mêmes que M. Rigaut. Il parait que c'est aussi le signe qu'il commence à avoir peur... il cherche ainsi à décrédibiliser un adversaire menaçant... La rançon de la confiance que vous m'accordez de plus en plus nombreux. Merci

dimanche 12 novembre 2017

Centre Pompidou : Bravo à Ferney !

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Je lis dans le Dauphiné du jour une très belle nouvelle : le centre Georges Pompidou de Paris va ouvrir une antenne dans la nouvelle ZAC de Ferney Voltaire dans l'Ain. En plus, Universcience (structure publique regroupant le Grand Palais et la cité de la Science de la Villette à Paris) aura également ses locaux.

C'est pour l'ensemble de la région un formidable atout culturel, touristique et scientifique. Bravo aux élus et à tous ceux qui ont permis cette décision !

Je ne peux toutefois m'empêcher d'avoir quelques regrets concernant Annecy. Pour ceux qui me suivent depuis longtemps, vous savez que j'avais porté, en 2014, dans mon programme municipal, la réalisation d'un grand musée de l'Art contemporain en lien avec la MJC des Teppes et la fondation Salomon. J'aurais bien vu cet espace muséographique dans le quartier des Teppes, à la place de la nouvelle cuisine centrale inaugurée récemment, pour permettre une véritable ouverture aux quartiers populaires et une médiation culturelle vers nos concitoyens qui n'ont pas forcément l'habitude de ce genre de lieux.

Je ne peux m'empêcher de penser qu'avec un peu d'intelligence et de volonté, on aurait peut-être pu avoir cette antenne de Georges Pompidou... C'eut été un formidable atout pour la ville ! Au lieu de quoi, on roupille sur nos "lauriers". Le Haras tombe en ruines, on construit des usines à bouffe au milieu des immeubles populaires... mais tout va bien. Heureusement que d'autres territoires se bougent et obtiennent eux des résultats pour le dynamisme de leurs villes, l'économie locale et le tourisme. Sans compter la plus-value culturelle indéniable de ce genre de structure...

Enfin, à Annecy, on préfère les promotions immobilières et l'accaparement du pouvoir par et pour quelques-uns plutot que de se bouger pour obtenir des choses. On ne propose rien.

Je signalerais aussi au passage que le musée Pompidou a bien compris l’intérêt de se structurer en réseau (Ferney sera la 3e antenne délocalisée) pour faire tourner les œuvres et apporter au plus près des populations une médiation sur l'art. Depuis des années, je propose que l'on fasse de même sur les pays de Savoie en fusionnant nos musées de pays et de territoires pour former un outil capable de faire vivre la culture locale. En créant une véritable marque reconnue autour du musée savoisien de Chambéry et ses annexes (musée-chateau d'Annecy, musée de l'alpinisme à Chamonix, musée des costumes à Saint Jean de Maurienne, la nécropole royale de Hautecombe, etc...), fusionnant tous ces lieux, on pourrait redonner enfin un souffle à ces structures poussiéreuses...

Si Savoie Mont Blanc veut jouer la carte de la culture, il faut inventer de nouveaux modèles, de nouvelles organisations. De grands noms comme Georges Pompidou, Louvre, etc... l'ont bien compris. Et nous ? Chacun sa chapelle ?

Annecy regarde passer les trains... et se transforme en maison de retraite médicalisée pour riches en mal de villégiatures lacustres et montagnardes... D'ailleurs comme le soulignent à juste titre les Annécien.ne.s depuis plusieurs jours : Annecy s'est choisi un nouveau logo en adéquation avec cette voie "sénior" : un hôpital à ciel ouvert (avec sa croix blanche !). Le festival de cannes.

Oups, attention, j'entends les craquements du Haras qui tombe en ruines... A moins que les Annécien.ne.s se réveillent tant qu'il est encore temps ? Car il y a des élus qui voient loin, qui travaillent et qui proposent, à Annecy comme à Ferney-Voltaire.

Certes Annecy n'a pas vocation à avoir tout mais enfin... Ce projet rentre tellement en résonance avec le projet que j'ai porté et que je porte encore, que je n'ai pas résisté à l'envie de vous signaler qu'avec d'autres élus on pourrait peut-être obtenir d'autres résultats ! Et Annecy pourrait enfin se réveiller.

samedi 11 novembre 2017

Une histoire réécrite ?

Sur le site de l'agence de communication Graphéine qui a réalisé le nouveau logo de la commune d'Annecy on peut lire :

https://www.grapheine.com/portfolio/logo-ville-annecy

"Annecy, capitale de Haute-Savoie

Historiquement, Annecy est la capitale de la Province de Savoie de 1434 à 1659."

Je ne suis pas historien mais j'ai quelques connaissances en matière d'Histoire de notre territoire et notamment de la Savoie. Je regrette que l'on puisse écrire de telles bêtises pour justifier (maladroitement et trompeusement) les choix d'un logo. Mais je me souviens de plusieurs discours dans lesquels M. Rigaut expliquait qu'Annecy avait été italienne... (alors que la Savoie a été annexée à la France en 1860 et que l'Italie est née en 1861...). C'est dire le niveau de méconnaissance de l'histoire de notre pays.

"La province de Savoie" n'a jamais existé. La Savoie, comté puis duché avant de devenir royaume, était divisée en apanages et en comtés dont le comté du Genevois qui eut Annecy pour capitale (après l'installation de la réforme calviniste à Genève et le transfert de la capitale des bords du Léman vers les rives du lac d'Annecy). Le comté du Genevois fut intégré à la Savoie en 1401. Rapidement, sa gestion fut confié à la branche cadette de la famille de Savoie (les Savoie de Nemours) comme gage de leur haut rang au sein de la famille ducale.

Annecy a donc été la capitale du comté du Genevois dont le drapeau est la croix bleue sur fond jaune.


Il existera à partir de 1723 une "province de Savoie" (ex Etat de Savoie-propre) comprenant l'avant-pays savoyard actuel et une partie de la combe de Savoie (rien à voir avec Annecy!) ayant comme capitale Chambéry.

Bref, Annecy n'a jamais été la capitale d'une "province de Savoie", ce titre revenant s'il faut le donner, historiquement à Chambéry. Le seul titre historique dont peut se prévaloir Annecy est celle de capitale du Genevois mais dont les couleurs ne sont pas le rouge et blanc mais le jaune et bleu...

Dommage que cette agence de Lyon soit si peu informée de cette réalité historique... Mais c'est évident que si elle a pris ses renseignements auprès de M. Rigaut quelques erreurs historiques ont largement pu se glisser...

Amoureux de mon pays et de son histoire, j'aime bien quand les choses sont dites avec vérité pour ne pas travestir nos origines. La récupération par la seule ville d'Annecy du symbole de la croix de Savoie est un non sens historique (car si la croix de Savoie peut - doit- etre présente dans le logo de la ville, elle ne peut en être le seul attribut au risque de passer pour de la récupération). La croix de Savoie n'appartient pas plus à Annecy qu'à Chambéry, qu'à Novel ou à Etercy, ou à Bessans ou à Tignes, etc... Elle appartient à ce beau territoire qui a une histoire particulière regroupant les deux départements actuels de Savoie et Haute Savoie et qui historiquement constituaient le duché de Savoie...

Ne pas connaitre ses racines c'est ne pas savoir qui l'on est et où l'on va... C'est comme conduire sans rétroviseur. A moins que ce soit le révélateur d'être obligé de choisir un emblème de rassemblement aussi vague que la croix de Savoie car on a été incapable de trouver autre chose pour réunir Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod... C'est dire l'identité de notre commune nouvelle... sans spécificité propre ?

jeudi 9 novembre 2017

Notre lac disparait...


On va surement me traiter de vieux c... ou de nostalgique du passé mais j'assume.

Il faut un temps, pas si lointain mais que les moins de 10 ans ne peuvent pas connaitre, où l'obsession des maires d'Annecy était de redonner au lac ses lettres de noblesse.

Dans les années 1950/1960, Charles Bosson puis André Fumex ont eu à cœur de rendre le lac "propre". Chacun connait l'histoire et la volonté de ces hommes auxquels il faut ajouter la mémoire du Dr Servettaz pour détourner les eaux usées des habitations et éviter ainsi la pollution du lac par nos déchets. Chacun sait aujourd'hui l'attachement de tous à la pureté de son eau (qui est présente quotidiennement dans nos intérieurs) et la qualité de sa baignade.

Il y eut aussi le rachat et la démolition de la chocolaterie, puis du casino et j'en passe et des meilleurs... tout cela dans quel but ?
Dans le but de libérer les rives du lac et de remettre le lac "au centre" de la ville. Pendant des siècles, les Annéciens se sont détournés de leur lac, insalubre, pestilentiel. Puis, grâce à la volonté de quelques maires, ils se le sont réapproprié au point où aujourd'hui il constitue l'âme de tout Annécien.ne., notre boussole. 

Depuis le 01 janvier la commune d'Annecy a fusionné. Quel meilleur trait d'union, point commun, signe de ralliement de nos 6 communes que notre lac ? Quel autre emblème plus significatif que cette merveille de la nature, enviée partout ? Certes la croix de Savoie est un symbole fort que j'aime beaucoup et auquel je suis farouchement attaché, nécessaire à notre identité et qui doit être présent car porteur de notre culture locale. Mais la croix de Savoie, si elle doit être présente, ne peut être l'emblème privatisé par Annecy seule. Elle appartient à tous les Savoyards. Elle n'est pas un élément suffisant pour représenter Annecy.

Je sais que Jean-Luc Rigaut, notre maire, n'a jamais eu d'affection pour notre lac. En ce sens, je reste convaincu qu'il n'a jamais réussi à comprendre et à toucher l'âme d'Annecy. Le projet de construire 10 000 m² de béton  pour un centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny prouve ce désamour et cette indifférence à notre lac.

Aujourd'hui, en dévoilant le logo de la commune nouvelle, Jean-Luc Rigaut et ses 6 lieutenants ont décidé d'effacer de notre identité, notre lac. Ils ont gommé ce joyau, pourtant seul point commun entre tous.

Faute d'avoir su comprendre et saisir l'âme d'Annecy depuis 10 ans, Jean-Luc Rigaut, quand il décide de choisir un logo, tombe dans la coquille vide, l'identité sans âme.

L'absence d'une représentation du lac sur le nouveau logo d'Annecy, ou une simple évocation n'est pas seulement une faute, c'est un symptôme : celui du désintérêt de notre maire pour ce joyau et, plus profondément encore, le fait qu'il n'a rien compris à Annecy.

Après avoir tenté de noyer le lac sous le béton, Jean-Luc Rigaut s'en sépare purement et simplement au profit d'un logo sans âme, sans histoire, sans culture. Pour un logo qui ne porte pas tant l’intérêt d'Annecy que son intérêt personnel de créer une métropole savoyarde regroupant Annecy, Aix et Chambéry, dont Annecy deviendrait la capitale (elle en a déjà le drapeau !) et lui le seul chef incontesté.

A l'heure où l'on va dévoiler une nouvelle identité "lac et montagne" avec les stations des Aravis, quelle cohérence a ce logo d'Annecy ? Où est passé le lac ? Ou est passé Annecy ?

N'ayant pas les compétences graphiques pour juger de l'esthétique du logo (typographie, couleur, etc...) je garderai mon appréciation pour moi. Mais j'entends et je lis dans les remarques souvent négatives des Annécien.ne.s historiques, ceux notamment qui sont ici depuis plusieurs générations une sévérité qui, je le crois, porte certes sur le logo, mais en dit bien plus long sur leur sentiment d'abandon et de perte d'identité.

J'ai déjà exprimé ici mon incompréhension sur la manière dont ce logo a été choisi, sans concertation ni consultation des élus et des citoyens. Dommage, j'ai toujours cru en l'intelligence collective. j'ai toujours pensé qu'à 128 000 on était toujours plus intelligent qu'à 7.

mardi 7 novembre 2017

Allô, la population ???



Hier soir, la ville d'Annecy (commune nouvelle) a donc dévoilé son nouveau logo. On apprend dans le dauphiné du jour que ce sont les 6 maires délégués autour de JL Rigaut qui ont choisi parmi 5 projets concurrents.

Comme c'est devenu l'habitude, c'est donc toujours le M7 (traduisez les 7 maires) qui décident de tout, tous seuls... C'est pour ne pas cautionner cette manière de faire que j'étais absent de cette mascarade (qui coûte combien au contribuable ?)

Allô la population ? Tu existes encore ? Visiblement pas pour ces 7 monarques qui ont complètement oublié qu'il existe 128 000 citoyens annéciens.

Mais c'est malheureusement l'histoire de cette fusion de commune... et l'origine du fiasco qu'elle connait.
Tout a commencé avec une tambouille des maires qui, pour voir leur pouvoir grandir ont décidé entre eux de fusionner sans demander l'avis de la population... Je rappelle que notre demande de référendum avait été rejetée...

Depuis, plus aucune réunion publique n'est organisée... La population n'existe pas.

Et aujourd'hui les 7 manitous ont décidé, avec leurs superbes cerveaux tellement plus intelligents que les nôtres, le logo d'Annecy. Pourquoi ne pas avoir organisé, via internet ou tout autre support, un vote citoyen en présentant les 5 projets ? Pourquoi ne jamais demander l'avis de la population sur rien ?

En décembre, on nous promet (mais c'est simplement l'application de la loi !!!) des conseils d'habitants. Quels seront leurs contours territoriaux ? Leurs compétences ? Comment seront-ils composés ? Etc... toutes ces questions restent sans réponse !

Ah oui nos cerveaux super-géniaux du M7 doivent être en train du réfléchir au bien de tous, comme les petits pères du peuple qu'ils sont devenus.

La population n'a jamais été associée à quoi que ce soit dans cette fusion de communes. Les 7 maires, de toutes tendances politiques, se sont arrangés pour verrouiller le système, éloigner la population et ignorer leurs représentants élus. Ils font la pluie et le beau temps.

Pas étonnant que la population s'interroge de plus en plus sur le bien fondé de cette fusion. Pas étonnant que de plus en plus de citoyens la rejette : elle se fait sans eux.

Mais ne nous y trompons pas, en 2019/2020 ces mêmes élus, si intelligents, si beaux, si omniscients et donc omnipotents, viendront vous voir, sonneront à vos portes, iront dans les cafés et jureront TOUS vouloir plus associer la population, vouloir faire de la démocratie participative, croire en l'intelligence collective.

J'espère qu'à ce moment là vous leur claquerez la porte au nez comme aujourd'hui ils vous claquent la porte au nez en décidant de tout, tous seuls.

C'est une oligarchie qui a pris le pouvoir à Annecy. Gauche, droite et verts se sont mis d'accord pour exclure la population. J'ai toujours pensé que la réussite de cette fusion reposait sur un élément important : la capacité de "faire ville ensemble" et cela passe par les citoyens qui doivent s'approprier cette nouvelle commune. Le M7 fait tout le contraire, il fabrique un machin sans âme parce que sans les habitants. Certains diront que c'est le début, qu'après ca ira mieux. Je crois que c'est justement au début qu'on trace la voie, qu'on donne l'orientation. Une fois qu'on a tiré la flèche avec son arc, on ne modifie plus la trajectoire de la flèche. Et puis pourquoi ces mêmes élus changeraient après ?

Vous leur faites encore confiance pour changer vous ? Moi, non.

mardi 24 octobre 2017

La proposition indécente de la mairie


Pour calmer la grogne des commerçants (cafetiers et restaurateurs) suite à l'obligation de réduire leurs terrasses, la mairie a fait une proposition aux représentants de la profession.

Quand j'ai eu vent de cette proposition, j'avoue qu'au début j'ai eu du mal à y croire.

La mairie a proposé de maintenir le règlement actuel (1 place extérieure pour 1 place intérieure) mais de l'appliquer au cas par cas. Plus exactement elle a proposé qu'une liste d'une quinzaine de commerçants (les plus râleurs ? les plus anciens? les plus grands? les plus beaux? les moins ceci, les moins cela) soit mise en place (évidemment de manière informelle car tout cela n'est pas très légal). Ces commerçants-ci ne seraient pas tenus de respecter le règlement et pourraient garder leurs terrasses actuelles.

Par contre tous ceux qui ne seraient pas sur cette liste devraient respecter la règle.

Bref, la ville propose de classer les "bons" commerçants d'un côté et les "autres" d'un autre côté. C'est un système purement clientéliste, basé sur des critères subjectifs jamais définis. Par ce stratagème, la ville souhaite diviser le front uni des commerçants qui se battent tous pour une révision légitime du règlement. Elle souhaite ainsi que ceux qui sont sur la liste se désolidarisent des autres.

"Diviser pour mieux régner" l'adage n'est pas nouveau. Mais il est ici choquant car il institue un système à deux vitesses, à la tête du client.

Je suis convaincu que les commerçants ne peuvent pas accepter cela. La solidarité sera la plus forte entre ceux qui ont les moyens de peser et ceux qu'on veut faire taire. Si la mairie tente ces propositions c'est bien qu'elle sent un danger, une faiblesse. Renoncer maintenant à moderniser un règlement aussi absurde qu'inapplicable c'est plier au plus mauvais moment.

Je ne crois pas qu'être élu ce soit diviser les citoyens. Au contraire, c'est travailler pour le bien commun. Soit la ville (ce que je pense) a besoin de terrasses et de commerces pour ses habitants, son dynamisme et il faut moderniser ce règlement. Soit on considère, comme le fait et le fera encore la mairie, que la ville n'a pas besoin de terrasses car elles enlaidissent le centre-ville et alors on réduit pour tout le monde.

Je condamne ces propositions de petit maire. On attend des élus qu'ils portent une vision d'ensemble, une politique globale pour le commerce et l'attractivité de notre ville. On attend que les élus appliquent des règles claires et transparentes, pensées pour tous dans un esprit de confiance. Je crois que l'on peut travailler à une nouvelle version de ce règlement qui permettent de résoudre une fois pour toutes ces problématiques, plutôt que de repousser encore le débat.

mercredi 18 octobre 2017

Centre des congrès : les embûches n'arrêtent pas le randonneur



Suite à la délibération de 2015 du conseil d'agglomération approuvant l'APD (Avant-Projet Définitif) du centre des congrès à Albigny, Claire et moi, en tant que conseillers communautaires, avions décidé de déposer un recours pour contester :
- le fait que la Commission d'Appel d'Offre (CAO) n'ait pas été consultée en amont de la délibération
- l'envoi très tardif des convocations (nous avions reçu le dossier de plusieurs centaines de pages 2 jours avant)
- puis nous contestions évidemment le projet sur le fond, notamment en démontrant que ce projet (revu et agrandi) ne respectait toujours pas la loi Littoral.

L'agglomération (et le cabinet d'avocats parisiens mandatés pour la défendre) basait principalement sa défense sur le fait que nous n'aurions pas dû attaquer la décision du conseil d'agglomération mais la décision du bureau (constitué des vice-présidents) qui a suivi cette délibération. Elle a aussi fait valoir le fait que la CAO s'était réunie après le conseil d'agglomération mais avant le bureau.

Le rapporteur public a balayé cette défense rappelant qu'en démocratie c'est bien l'organe élu (c'est-à-dire le conseil d'agglomération) qui prend les décisions et le bureau ne fait qu'appliquer les décisions.

Le rapporteur public a rappelé une idée élémentaire de la démocratie qui a depuis bien longtemps échappé à MM. Rigaut et Accoyer.

Le tribunal administratif de Grenoble vient de rendre sa décision. Il rejette notre recours en développant un argumentaire de jurisprudence sur la forme et non sur le fond (argument que le cher cabinet d'avocats parisiens payé par nos impôts n'avait d'ailleurs pas soulevé).

Pour le tribunal, la délibération de 2015 ne constitue pas le lancement du projet (comme nous le pensons, sinon que signifie Avant Projet Définitif ?), mais un avenant (de près de 20% de financement supplémentaire !!!) à un contrat déjà passé. En effet, l'agglo, après un appel d'offre (qui semble aujourd'hui largement biaisé) avait retenu l'architecte Snohetta pour un montant de travaux préétabli (APS : Avant Projet Sommaire). L'APD ne faisait qu'enregistrer un dérapage de 20% par rapport au montant initial de l'APS.

Or, d'après la jurisprudence, seule une des parties au contrat (c'est-à-dire ici l'agglo ou Snohetta) peut contester un avenant à un contrat devant le tribunal (autant dire qu'ils n'allaient pas, ni les uns ni les autres, se tirer une balle dans le pied). Des personnes tiers (comme vos dévoués élus ou les associations et les citoyens) ne peuvent pas contester une hausse de 20% des coûts devant le tribunal...

Cependant, MM. Rigaut et Accoyer auraient bien tort de se réjouir trop vite de cette décision. En effet, le tribunal a également rejeté la demande de l'agglo de nous infliger une amende de 5000 € pour dommages et intérêts. Ce rejet montre, selon nous, que notre recours n'a pas été jugé abusif par le tribunal.

Il y a ceux qui verront le verre à moitié vide et qui s'empresseront de se servir de cette décision de justice pour décrédibiliser ceux qui luttent contre ce projet de centre des congrès à Albigny.

Pour ma part, je vois le verre à moitié plein :
- cet épisode judiciaire aura permis au tribunal de Grenoble de mieux se faire une idée sur ce dossier, lui qui sera amené à se prononcer certainement de nouveau sur lui, après avoir déjà annulé la DUP.
- On peut aussi toujours parler, faire des grandes phrases et se gausser d'être un opposant à ce projet... sans finalement ne jamais rien faire contre... Pour ma part, j'ai toujours préféré l'action et donc la prise de risques pour tout mettre en oeuvre pour protéger notre lac et son littoral. Je ne regrette pas une seconde d'avoir déposé ce recours. Au contraire, j'en suis fier même si les conclusions de la justice ne sont pas celles que nous attendions.

Mais il y aura d'autres batailles, juridiques, politiques et citoyennes. Cette décision ne porte pas sur le fond de nos arguments. La vision que nous portons pour protéger notre lac est bien plus grande que nous. C'est un devoir moral qui engage l'avenir de notre bassin de vie, celui des générations futures. 

Dans un esprit de sérieux et de professionnalisme, avec Claire et Evelyne, nous continuerons à nous battre, nous impliquant directement dès que c'est possible, prenant ainsi directement nos responsabilités ; ou en soutenant de toutes nos forces ceux qui agissent quand on ne peut pas agir directement (comme par exemple le recours contre la DUP) : associations, citoyens, milieux professionnels.

Je veux remercier tous ceux qui nous aidés dans cette étape : experts juridiques, avocats, citoyens, amis, etc... Le droit a parfois ses raisons qu'il faut savoir accepter. Mais je vous rassure, je n'ai pas fini de vous casser les pieds, d'autres combats nous attendent et nous finirons par gagner.

La route est longue et le chemin est parfois semé d’embûches. Mais pour voir les plus beaux paysages il faut parfois savoir prendre les sentiers les plus difficiles. Je préfère marcher que rester sur le chemin à regarder passer les trains.

lundi 16 octobre 2017

La tête de turc de la mairie


J'apprends ce soir, en rentrant du conseil communal, ce que les mots "brutalité bureaucratique" et "incompétence", mais aussi "irrespect" veulent dire quand ces actions proviennent d'une mairie aussi bête que méchante.

Dans les faits, dans les actes, pas dans les paroles.

On sait depuis longtemps que la mairie d'Annecy tient les commerçants pour des "égoïstes" uniquement intéressés par leur tiroir-caisse. Les discours officiels, bien sûr, font nécessairement l'éloge du commerce de proximité, mais les discussions de couloirs ont un tout autre contenu. Les commerçants, surtout s'ils sont cafetiers ou restaurateurs sont vus comme des profiteurs, des poseurs de problèmes, parfois des irresponsables (avec l'alcool), des "enlaidisseurs" de notre vieille ville.

C'est vrai qu'à Annecy, ville touristique, les commerçants n'ont aucune autre utilité que de s'en mettre plein les poches...

Pourtant, que serait notre ville sans ses terrasses animées, sans ses restaurants, sans son petit commerce qui certes, oblige parfois à des modifications de façades pour ici poser un store, la-bas créer une évacuation de cuisine. Mais croit-on vraiment qu'Annecy accueillerait autant de touristes, serait aussi dynamique économiquement sans ses commerçants ? Croit-on qu'il ferait si bon vivre à Annecy sans tous ces commerces ?

On le voit parfois en saison morte : quand chacun prend des vacances bien méritées, que les commerces ferment... la ville est morte, lugubre.

Oui, bien sûr, il ne s'agit pas d'être angélique. Certains commerçants abusent. Mais d'une ultra-minorité doit-on faire une majorité ? Oui, les commerçants à Annecy (du moins ceux qui sont installés depuis un certain temps) vivent bien et ont souvent des affaires prospères. Qui s'en plaindra sinon les jaloux ? Car un commerce qui prospère c'est une ville qui vit, des impôts qui rentrent, des jeunes qui trouvent un travail, et une vie qui s'anime.

Je regrette que les élus majoritaires, et en particulier notre maire qui ne connait rien à l'entrepreneuriat et au commerce, aient une vision caricaturale et totalement fausse de cette réalité, qu'ils nient les bienfaits sociaux (services de proximité, attractivité, emploi, convivialité, lien social, etc...) de ces activités en appliquant de manière bête et méchante des règlements d'un autre temps.

Il faut des règles pour vivre en communauté. Mais l'idéal serait que ces règles soient discutées et débattues collectivement, qu'elles aient un sens.

Personne ne souhaite dégrader Annecy car Annecy est notre bien commun, et pour les entrepreneurs et leurs salariés : leur gagne-pain (et par ricochet de leurs impôts, celui des élus). Croire le contraire c'est aussi dépassé que les récits de certains marxistes qui voyaient dans le commerce une classe de profiteurs prêts à tout pour faire de l'argent.

Pour voyager un peu, en France et en Europe, je sais la chance que nous avons à Annecy d'avoir un tissu commerçant aussi dynamique et, je le dis parce que c'est vrai, aussi impliqué et désireux de travailler au bien commun. Mais rien n'est jamais acquis, il faut sans cesse avancer, se remettre en question, évoluer car la concurrence est toujours à nos trousses. C'est à faire la course en tête que nous devrions tous consacrer notre énergie, élus et commerçants, main dans la main, pas les uns contre les autres. Non pas en disant oui à tout mais en prenant le temps d’échanger et de comprendre les contraintes des uns et des autres avant de prendre des décisions.

J'invite nos élus à aller faire un stage de quelques jours chez nos commerçants pour connaitre la réalité de leur travail avant de les juger et de leur envoyer des lettres de mise en demeure. Ils verront alors des femmes et des hommes qui se lèvent tôt et/ou se couchent tard, qui quand un employé est malade sont accroché(e)s à leur téléphone pour prendre des nouvelles, qui cherchent quelle vitrine sera la plus belle pour rendre leur magasin beau et attractif, mais aussi beau pour leur rue.

Je ne dis pas cela pour dire que d'autres professions ne sont pas aussi impliquées ou désireuses de bien faire. Au contraire. Je crois sincèrement que l' "esprit d'Annecy" habite chacun. Nous sommes tous fiers d'être Annéciens.

C'est juste dommage que les élus de la commune pour laquelle tous, nous nous battons, ne soient pas eux convaincus de cela. Ils pensent avoir la science infuse et imposent leurs décisions sans autre discussion que "la mise en demeure", la menace ou la sanction. Quitte à détruire une affaire, des personnes et parfois des familles.

Oui les élus devraient défendre l’intérêt général et fixer des règles comprises car acceptées, acceptées car justes. Oui les relations avec telle ou telle profession peuvent connaitre des périodes difficiles. Il ne faut pas être naïf. Mais faire d'une profession sa tête de turc n'a jamais conduit qu'à l'affrontement (légitime) et à un blocage. Ce n'est pas ma conception d'une démocratie moderne, vivante où je crois que chacun essaie du mieux qu'il peut d'être le meilleur ambassadeur possible de sa ville.

L’intérêt particulier n'est pas nécessairement contraire à l’intérêt général.

vendredi 13 octobre 2017

Malaise grandissant

Malaise, dédoublement de réalité ?

D'un côté les discours des élus majoritaires qui disent tout haut que la fusion des communes se passe bien (pour leur porte-monnaie ?).

De l'autre La réalité. Celle d'abord de la souffrance des agents municipaux, ballottés, baladés d'un lieu à l'autre, d'un service à l'autre. Et auxquels on retire des avantages acquis de longue date. Ils perdent Le sens de leur mission.
La réalité, ensuite de politiques sacrifiées injustement et indûment sur l'autel de la vision de "petits comptables" de cette majorité bleue/rose/verte comme par exemple La quasi-gratuite du périscolaire, la gratuité des activités municipales ou encore les taux d'encadrement par les atsem.
Celle enfin d'une démocratie agonisante qui enserre les associations, étouffe les élus minoritaires et refuse des mettre en place les comités des habitants pourtant prévus par la loi et promis pour cet automne.

Face à ces lacunes, ces errements, ces fautes, on pourrait espérer un maire qui donne un cap et fasse le job.
Mais notre maire a inventé le poste de "maire à temps partiel" préférant aller courber la tête devant les puissants au niveau national pour s'assurer leurs bienfaits. Il faut croire qu'il lui reste du temps et que fusionner 125000 habitants n'est pas si prenant.

Lorsque voici un an, avec mes collègues, nous refusions de prendre part à cette précipitation, à ce non-projet antidémocratique qu'était la fusion, on a entendu pire que pendre. Les élus de gauche et de droite nous ont vilipendé. Quand on prédisait la déception, La concentration des pouvoirs, Le malaise et La remise en cause des valeurs d'Annecy, on nous traitait de mauvais coucheurs.

Aujourd'hui chacun peut se faire son opinion entre l'optimisme beat des uns et La réticence pragmatique des autres sur un projet de fusionner 6 communes en 6 mois.

Avec mes amis nous allons reconstruire Annecy. Nous allons redonner souffle à la démocratie et redonner du sens aux services publics, aux politiques publiques et donc aux agents qui s'y dévouent avec tellement d'énergie pour si peu de reconnaissance.

Nous ne pouvons plus "divorcer", "defusionner". Mais pendant qu'eux usent leur énergie à se placer pour leur avenir personnel, ensemble nous allons penser un autre chemin, fidèle à Annecy et à ses valeurs. Nous ne sommes pas voués à subir M. Rigaut pendant encore des années. Croyez-moi après le malaise et la déception viendra l'espoir et le renouveau.

samedi 7 octobre 2017

Fin de la gratuité des activités sportives municipales pour les enfants

J'apprends par le Dauphiné (çà devient une habitude, franchement très désagréable d'être conseiller municipal et de tout apprendre par la presse) que le maire et la majorité ont décidé de supprimer la gratuité pour les activités municipales.

Après la fin de la quasi-gratuité du périscolaire, c'est un nouveau pan de la politique en faveur des enfants et des familles, instituée depuis des décennies à Annecy par Bernard Bosson, qui s'écroule.

Jean-Luc Rigaut, qui avait ironiquement intitulé sa liste "Portons haut les valeurs d'Annecy", dilapide l'héritage de son mentor. Il fait du Accoyer.

Quel était l’intérêt de ces activités sportives municipales et surtout de leur gratuité ?

1) Permettre à tous les enfants d'Annecy de pratiquer une activité pendant les vacances, plutôt que de trainer dans les rues (Prévention de la délinquance).

2) Favoriser la mixité sociale, et créer des liens, des copains.

3) Faire de la prévention en incitant au sport, et notamment l'obésité liée à nos vies sédentaires.

4) Inciter à l'inscription à une activité sportive régulière en club (et donc être un "vivier" pour nos associations).

5) Permettre aux parents d'avoir l'assurance que leur enfants ferait une activité bien encadrée et épanouissante pendant qu'eux étaient au travail.

Pendant des décennies, Annecy a eu les moyens financiers d'assumer une politique généreuse pour ses enfants. Toucher à cet héritage c'est oublier qu'une ville, sa cohésion, se travaille au jour le jour. Si à Annecy nous n'avons pas de "banlieue", de quartier chaud, malgré des inégalités énormes qui, selon les sociologues devraient conduire à des dérapages réguliers, c'est parce que les majorités précédentes avaient su comprendre qu'il faut créer une cohésion, une harmonie.

On va de nouveau nous rétorquer que le prix aura peu d'impact sur la fréquentation. C'est faux. Les familles les plus modestes vont encore trinquer.

Avec la fusion des communes, Annecy historique est en train de tout perdre. Pour gagner quoi ? L'argent il y en a mais les priorités ne sont plus là.

Jean-Luc Rigaut est un voyou qui vandalise l'héritage de notre ville. Il mène en réalité une politique bien différente de ses prédécesseurs : il est en train de faire d'Annecy un Disneyland pour riches retraités (qui votent à droite), en refoulant au loin les familles. Annecy s'endort, Annecy vieillit, Annecy s'émiette. Certains pensent qu'il n'y a pas de vision politique derrière tout cela, que ce ne serait qu'une vision comptable. Quand les faits s'accumulent autant, il ne s'agit plus d'actions isolées, mais bien d'un programme politique clair et limpide. Il faut simplement ouvrir les yeux pour le voir.

On va juste regarder si l'adjoint à la jeunesse, issu de la liste de gauche de Cran-Gevrier, conserve son poste et valide ces orientations...

lundi 25 septembre 2017

Sosh big air sur le Paquier : mon point de vue


Dans quelques jours, les 6-7-8 octobre, se tiendra la 8e édition du High Five Festival à Annecy. Dans le cadre de ce festival aura lieu sur le Pâquier un "Sosh Big Air" réunissant de nombreuses stars mondiales du ski freestyle.

L'année dernière, cet événement publicitaire sponsorisé par la marque d'Orange avait eu lieu sur la place des Romains. Si la ville n'avait dépensé aucun argent frais (le coût étant pris en charge par la marque), il faut rappeler que la mise à disposition de l'espace public pendant plusieurs semaines avait été accordé de manière gratuite ainsi que le déploiement de sécurité inhérent à cet événement.

Ce que je pense de cette future édition.

1) Les points positifs

- Cet événement mais surtout le High Five Festival met en lumière tout un pan de l'économie de la montagne qui a son importance, notamment dans le cadre du pôle d'excellence sur l'industrie du ski. Un événement qui mette en valeur cette industrie si importante pour notre économie ne me choque pas, bien au contraire. Annecy doit retrouver sa place dans le monde des grandes villes de montagne.

L'événement promotionnel pour cette filière d'excellence me semble important à conserver.

- Il ne faut pas nier l'engouement populaire et particulièrement chez les jeunes qu'a représenté l'édition de l'année dernière. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, trop souvent absentes ou "rejetées" de la bourgeoise Annecy ont pu, le temps de 2 soirées, s'emparer d'une partie de la ville dans une ambiance bon enfant. C'est aussi ce genre d'ambiance et de brassage social qu'Annecy doit pouvoir retrouver.

2) Les points négatifs

- la débauche de pollution que génère cet événement, situé début octobre dans une période de l'année où les températures sont encore largement positives, n'est pas acceptable à l'heure où les bouleversements climatiques font des milliers de morts à travers le monde. Pour produire de la neige artificielle, ce sont des tonnes d'azote liquide, polluant à fabriquer, qui ont été acheminées (avec des camions et leur pollution) jusqu'à Annecy. Alors que la ville fait des campagnes pour rénover les copro, pour plus utiliser les bus, cet événement est un non-sens à cette période. 
Je souhaite que, pour cette année, toutes les garanties soient prises et des associations indépendantes soient mandatées, pour contrôler que cette neige artificielle en fondant ne pollue pas notre lac. Le Pâquier est un espace vert proche du lac qui doit garder sa pureté. Cela est NON NEGOCIABLE.

Par ailleurs je n'ai jamais cru à la philosophie de la compensation carbone (on peut polluer puisqu'on plantera des arbres après) qui est un pansement sur une jambe de bois.

- l'utilisation du Pâquier à des fins de publicité est un autre aspect qui pose problème. Que la ville utilise le Pâquier pour ses événements publics est une chose. Qu'une entreprise privée l'utilise pour ses événements promotionnels en est une autre. De mon point de vue, ceci constitue un détournement des dernières volontés des donateurs de ces terrains. Certes, la gratuité amoindrit ce préjudice moral mais ne l'efface pas totalement.
Surtout, cela pose une question lourde de sens : demain comment interdire à d'autres entreprises privées d'utiliser ce merveilleux écrin qu'est notre Pâquier à des fins commerciales ? N'a-t-on pas mis le doigt dans un engrenage infernal ? Le précédent que constitue l'acceptation par la municipalité et son maire de privatiser le Pâquier à des fins commerciales (sans loyer !) n'est-il pas de nature à ouvrir la boite de Pandore et à attirer les convoitises (et potentiellement les procès) ?

Conclusion :

Il fut un temps où à Annecy on avait des couilles et des principes. Annecy ne se vendait pas comme une vulgaire putain au plus offrant (c'était avant l'ETG, le mécène russe et aujourd'hui Sosh). On considérait à cette époque que l'image d'Annecy était si forte qu'on pouvait choisir ce que l'on acceptait ou ce que l'on refusait, pour le bien de notre image, de nos habitants et de notre environnement.

Si j'avais été maire d'Annecy, j'aurais dit la chose suivante : oui je suis favorable à un événement qui mette en lumière l'industrie du ski, la jeunesse et la modernité de ces disciplines. Je souhaite qu'Annecy puisse accueillir ce genre d'événement car il s'insère parfaitement dans une stratégie globale de soutien à l'innovation et à l'industrie du sport outdoor d'un côté, et de l'autre à ma stratégie de replacer Annecy comme une des "capitales" de la montagne alpine.

L'enjeu populaire et l'événement que constitue le Sosh Big Air permet à la ville (contrairement à ce qu'elle dit tout en le faisant quand même) d'accompagner cet événement par la gratuité de la mise à disposition du domaine public et l'accompagnement de sa mise en place.

Mais cet événement, par bon sens et parce qu'Annecy est soucieuse de donner l'exemple en terme de respect de l'environnement, d'éducation de sa jeunesse et d'image de marque, ne peut pas être accueilli en dehors de période de gel naturel, c'est-à-dire entre mi-décembre et mi-mars en gros. C'est nous qui fixons nos limites. C'est à prendre ou à laisser. On va me rétorquer que le Sosh Big air a déjà une tournée des villes de programmer. je répondrais simplement : si vous voulez vraiment venir à Annecy et bénéficier de l'image de marque forte de notre ville, vous allez bien trouver une solution. Nous nous avons bien vécu jusque là sans cet événement.

Sur la localisation du Pâquier, j'aurais lancé un vaste débat car j'avoue ne pas être très certain de mon opinion. Naturellement, fidèle à l'histoire de notre ville et à l'héritage de la généreuse donatrice de ces terrains, je serais plutôt contre ce choix sachant qu'en plus des alternatives existent. Mais j'entends aussi ne pas passer pour un affreux conservateur et ne pas mettre en oeuvre une guerre des modernes contre les anciens, des jeunes contre les "vieux". L'époque depuis le leg a changé. On doit donc pouvoir s'adapter tout en restant fidèle. Mais pour cela il faut collectivement fixer des règles claires, transparentes et connues de tous, partagées par tous les Annéciens qui sont les véritables propriétaires de cet espace.
Ici, comme trop souvent avec M. Rigaut on fait des coups, du coup par coup sous influence de tel ou tel lobby. Ce n'est pas comme cela que l'on devrait gérer le Pâquier et notre lac.

Face à cette position,
1) j'ai décidé de ne pas signer la pétition (que je comprends) des opposants à la présence de cet événement car elle me semble trop extrême, ne prenant pas en compte les aspects positifs de cet événement.
2) de ne pas apporter mon soutien aux organisateurs de cet événement car ils me semblent bien trop angéliques et déconnectés des répercutions tant environnementales que d'image de leur événement, pris dans une euphorie qui ne m'a pas contaminée.

C'est pour moi une prise de position pragmatique et constructive.

Avoir des convictions et respecter notre histoire, celle du Pâquier; tout en comprenant aussi que le monde change et qu'il faut adapter nos règles à ces changements sans rien renier du fond, qu'il faut promouvoir une industrie qui pèse lourd sur Annecy et que je souhaite encore développer : voilà l'état d'esprit dans lequel j'aurais abordé ce sujet.
Ouvert à la discussion mais posant clairement les limites : voilà pour ma méthode.
Impliquer tous les acteurs, y compris la population dans une réflexion globale: voilà le chemin que j'aurai emprunté.

La mise en place de cet événement, au-delà des 3 jours, pose de nombreuses questions très intéressantes en terme d'évolution. Je préfère les regarder droit dans les yeux et les poser sur la table plutôt que de faire semblant de ne rien changer comme dit le maire tout en remodelant en profondeur ce qui jusque-là avait été la règle à Annecy.

samedi 23 septembre 2017

Préparer l'avenir, étape 1: à vos idées !


Beaucoup d'Annéciens se lamentent de ce mandat et de notre maire. Il a beaucoup déçu et certains veulent ouvertement que ce mandat soit son dernier mandat.

Je les rejoins largement tant le bilan de 10 ans de Rigaut comme maire est faible sinon à contre-temps des mandats précédents. La ville d'Annecy a largement perdu de sa splendeur et de son aura en 10 ans. Les conditions de vie des Annéciens se sont dégradées et leur qualité de vie a été sacrifiée.

Pourtant les Annéciens sont paradoxaux. En même temps, ils finissent souvent leurs critiques de M. Rigaut par cette phrase que j’exècre : "Oui mais qui d'autre ?"

Les Annéciens attendent-ils l'homme ou la femme providentiel-le?

Cela fait maintenant 9 ans qu'avec Evelyne Marteau, Claire Lepan et nos collègues nous menons la résistance. Cela fait bientôt 10 ans que nous nous engageons corps et âme au service des Annéciens pour la justice sociale, le dynamisme économique et la protection de notre environnement.

En 10 ans, nous n'avons jamais cédé à la facilité quand tant d'autres acceptaient des postes rémunérateurs contre leur silence. En 10 ans nous avons été présents partout pour informer et mobiliser la population et nous continuerons de le faire. Nous avons résisté à toutes les pressions, locales, départementales, régionales ou même nationales (chacun se souviendra de l'épisode des JO2018 et du soutien des socialistes de la région, ou bien encore du soutien de l'ancien Président de la République au projet de centre des congrès).

Ces actes nous les assumons car pour nous faire de la politique au service des citoyens c'est d'abord assumer des convictions et porter une vision d'ensemble pour un territoire.

Cette ligne claire, constante, nous a valu bon nombre d'inimitiés évidemment: le maire qui aurait préféré une opposition plus caricaturale à l'image de MM. Bexon ou Noel; mais aussi les élus de gauche qui nous en veulent de mettre en lumière leurs propres errements.

Certains voudraient faire croire que ces inimitiés nous ont isolé et que nous n'aurions plus aucune force pour représenter une quelconque alternative politique dans le futur. Je crois que ceux-là se trompent. A force de vivre dans leur microcosme, ils oublient qu'en démocratie le seul poids qui compte ce n'est pas l'appartenance à tel ou tel parti politique (qui garantit d'ailleurs quelle force militante ?), mais bien l'ancrage dans la population et l'écho de nos propositions auprès des citoyens.

Je laisse les "sachants" politiques nous mettre hors jeu, cela nous évite de subir des pressions inutiles et nous permet de préparer sereinement l'avenir.

Il est cependant temps pour les Annéciens de se poser une question. Oui, l'ère Rigaut prendra fin un jour. Je souhaite que ce jour soit le plus rapide possible pour le bien d'Annecy et de ses habitants. Vous pouvez continuer à rêver à des hommes ou femmes providentiel-les venus d'on ne sait où, qui feront on sait quoi, après avoir promis n'importe quoi.
Vous pouvez aussi vous dire qu'il existe déjà une alternative qui fait ses preuves depuis de nombreuses années, fidèle à son serment et à sa parole. Oui, on ne passe pas à la télé toutes les semaines. Oui on est libre et sans appartenance politique même si chacun peut connaitre nos valeurs qui sont au service d'un  avenir commun et non au service d'un groupe politique particulier.

Dans la résistance constructive que je mène au conseil municipal et au conseil d'agglomération, je puise, avec mes collègues, l'énergie et la connaissance pour un autre avenir. Dans les mois qui viennent je proposerai une feuille de route pour construire cette force collective, citoyenne capable de porter une autre voie pour Annecy. A chacun de ceux qui veulent le changement, de saisir cette opportunité de construire ensemble un autre avenir.

Rien n'est possible seul. Rien n'est possible si les Annéciens ne le veulent pas ou s'ils s'illusionnent en attendant un messie qui ne viendra jamais. Chacun de nous a ses qualités et ses défauts, les qualités s'améliorent avec la connaissance des dossiers, les défauts se corrigent à l'usage des prises de décisions. C'est l’intérêt de l'expérience.

Les messies venus de nul part cela n'apporte que la déception une fois passée l'euphorie des promesses. Annecy a besoin de travailleurs, de personnes qui connaissent leurs dossiers et qui les fassent avancer. Elle n'a besoin ni de messies, ni d'opportunistes, encore moins de lavettes sans convictions.

Oui Annecy a besoin de changer de voie. L'ère Rigaut doit s'arrêter. A vous de savoir si cela ne doit rester qu'un rêve ou bien si vous souhaitez participer de ce changement. Il n'y a jamais de fatalité. Tant de fois on m'a dit : "ce n'est pas possible". Et pourtant nous l'avons fait.

Alors rêver ou agir ? Je suis à votre écoute pour vos suggestions et propositions par mail de préférence (mon courrier étant systématiquement ouvert à la mairie, et donc potentiellement lu) : denisduperthuy@aol.com. Comment créer cette force citoyenne ? Quelle organisation ? Pour quel but ? Avec qui ?

Je souhaite que chacun s'investisse. J'assure que je vous lirai avec plaisir et que je tiendrai compte de vos idées. L'avenir commence aujourd'hui. Ceux qui préfèrent râler dans leur canapé je les laisse à leur aigreur qui n'amène à rien. Pour les autres, c'est maintenant que tout commence.

Ensemble, créons cette force citoyenne pour construire notre avenir.

mercredi 13 septembre 2017

Logement social : on régresse


A la lecture du Dauphiné du jour et de l'interview du président de la fédération des promoteurs immobiliers des Alpes, on apprend que les ventes immobilières aux bailleurs sociaux ont représenté 9% des transactions au premier semestre 2017.

Par ailleurs, les professionnels pointent une baisse d'activité dans la construction.

Depuis plusieurs années, et encore lors du dernier budget de l'agglomération, je me bats pour que l'enveloppe des subventions accordées aux bailleurs sociaux pour construire du logement social, abordable pour tous, augmente.

Depuis des années, cette enveloppe est gelée et souvent pas utilisée en totalité.

Cela démontre une volonté politique manifeste de ne pas faire de logement social, logement dont pourtant, 75% des Annéciens (de la commune historique, 64% des Annéciens de la commune nouvelle) ont droit. Plus de 5000 personnes sont sur liste d'attente. Car le logement social n'est pas un logement pour pauvres. C'est un logement dont le prix est adapté aux capacités financières de chacun, que l'on soit de la classe populaire ou de la classe moyenne.

Sur Annecy, la loi nous oblige (et c'est tant mieux) à avoir 25% de logements sociaux en 2025. Nous sommes actuellement à moins de 20%.
Le Plan Local de l'Habitat (PLH) voté l'année dernière (j'ai voté contre) prévoit qu'on atteigne un taux de 21% en 2025, c'est-à-dire que l'on se place dans l'illégalité et que l'on paye donc les amendes prévues par la loi (ce qui est une aberration quand on sait qu'on manque de logements abordables).

Mais, ce que nous apprend cette interview c'est qu'en ne faisant que 9% de logements sociaux sur les nouvelles construction, non seulement on ne rattrape pas notre retard, non seulement on  ne réalise pas les objectifs peu ambitieux fixés par les élus eux-mêmes dans le PLH, mais en plus on va réduire le pourcentage de logements sociaux... 

On régresse !

Il est plus que temps que cette politique idéologique anti-logement social menée à Annecy change et qu'enfin on mette les moyens nécessaires aux vrais problèmes rencontrés par les Annéciens.

Les moyens financiers existent, on le voit avec les millions d'euros qu'on gaspille avec un projet de centre des congrès ridicule. Plus de 6 millions d'euros budgétés l'année dernière contre moins de 2 millions pour le logement social. On voit où sont les priorités. J'avais proposé l'année dernière qu'on annule ces 6 millions d'euros et qu'on les répartisse pour moitié en subventions nouvelles pour le logement social (l'article du Dauphiné aurait été tout différent !) et à moitié pour la réduction de la dette.

Pourtant, pour ma part, j'ai souvent des chefs d'entreprise qui m'alertent sur la difficulté qui est la leur de se développer car ils ne peuvent loger leurs employés. Certains décident même de ne pas s'installer ici pour cela... J'ai encore jamais entendu un chef d'entreprise me dire que son problème numéro 1 c'était la présence d'un centre des congrès prétendument trop petit...

Voilà aussi un moyen, en ces temps de ralentissement de la construction neuve de soutenir un secteur économique, le bâtiment, essentiel dans notre bassin de vie !

mardi 12 septembre 2017

Lyon-Turin : un arrêt préjudiciable à notre bassin


Le gouvernement a décidé de mettre en pause un certain nombre de grands travaux, en particulier la liaison ferroviaire Lyon-Turin, en attendant une future loi d'orientation générale sur les transports...

Cette décision est insensée et porte un préjudice énorme aux deux Savoie et donc à notre bassin de vie.

Je rappelle que ce projet est co-financé par: l'Etat français (25%), l'Etat italien (35%) et l'Europe (40%). Les financements ont été trouvés. La France s'est engagée, a donné sa parole. Les travaux ont déjà largement commencé côté francais.

Arrêter ce projet serait une erreur à la fois économique, écologique et sociale. Perdre du temps est incohérent avec la volonté de relance économique et de lutte contre la pollution atmosphérique.

Pour notre économie locale, le Lyon-Turin c'est d'abord une amélioration de la voie ferrée entre Chambéry et Saint-Exupéry, donc une amélioration des temps de parcours pour Paris, Marseille, le Sud-Ouest de l'Europe et le Nord. C'est un désenclavement ferroviaire nécessaire pour rester connecté au monde.

C'est aussi la possibilité d'une plus grande ouverture économie, culturelle, touristique vers l'Italie et au-delà l'Europe de l'Est grâce à un tunnel à grande vitesse. Tout ce qui peut rapprocher les gens, et notamment les Européens en ces périodes de replis identitaires est, pour moi, une bonne idée. Pour une fois que l'Europe fait quelque chose au service des peuples !

Le Lyon-Turin représente aussi un barreau essentiel dans une grande liaison de fret Est-Ouest (Kiev/Lisbonne) pour enfin mettre des camions sur des trains et limiter ainsi l'impact environnemental des camions.

L'Europe doit connecter les peuples (des peuples qui se connaissent , qui se côtoient, qui se parlent ne se font pas la guerre). Elle doit aussi participer de la reprise économique en investissant, créant ainsi des milliers d'emplois.

J'ai vu passer, il y a quelques jours, une lettre ouverte de plusieurs grands élus (tous de droite malheureusement) pour rappeler leur soutien à ce projet. Notre maire, président d'agglomération, en était et c'est très bien. J'y joins ma voix. 

Face à cette mise en pause, j'aurais souhaité entendre un peu plus les députés En Marche du département, connaitre leur position à ce sujet.

Pour ma part, j'interviendrai donc au prochain conseil communautaire du Grand Annecy, qui avait voté il y a quelques années une résolution à l'unanimité pour dire son soutien à ce projet, pour que notre assemblée rappelle qu'elle souhaite fortement la réussite de ce projet et sa mise en oeuvre rapide pour le bien de nos échanges économiques mais aussi humains et touristiques.

lundi 4 septembre 2017

Réforme du code du travail


Avant de m'exprimer sur ce sujet, j'ai pris le temps de m'informer un peu même si j'avoue ne pas être spécialiste du droit du travail.

Franchement, l'ensemble du texte ne me heurte pas, il est conforme aux engagements pris par le candidat Macron pendant la campagne électorale, engagements que j'ai soutenus.

Initialement une chose m'inquiétait beaucoup : le renversement de la hiérarchie des normes qu'avait prôné le candidat Macron mais que l'on ne retrouve pas dans les ordonnances. C'est tant mieux ! J'étais farouchement opposé à ce qu'un accord d'entreprise puisse dérogé aux règles communes contenues dans la loi. J'en avais déjà fait état en réunions publiques, en prenant la parole sur ce sujet. Si cette inversion avait été contenue dans le texte, personnellement je ne l'aurais pas voté. Mais elle n'y est pas et j'aurais donc soutenu ce texte.

Oui, je vois bien l'emballement qui se fait sur le point du plafonnement (sans que jamais personne ne parle d'ailleurs des planchers institués) des indemnités de licenciement. Franchement, je connais le risque : celui de provisionner ces indemnités comptablement pour mieux pouvoir licencier. C'est déjà ce que faisaient certaines grosses entreprises qui en avaient les moyens. Au final, le risque prud’homal touchait principalement les PME (qui ne licencient pas pour des convenances personnelles). Ce barème me semble de nature à fluidifier les rapports et à simplifier la vie des entreprises sans pour autant porter une atteinte "extraordinaire" aux droits des salariés.

Sur la fusion des instances représentatives du personnel, c'est tout simplement le bon sens qui l'emporte.

Reste la question, que certains syndicats semblent découvrir (eux qui s'intéressent souvent d'abord aux salariés des grandes entreprises), de la négociation collective dans les petites entreprises puisque les ordonnances ouvriront la possibilité pour un chef d'entreprise de négocier directement avec ses salariés non syndiqués. Il existe là un risque, pour moi faible mais qui devra certainement être étudié, suivi et potentiellement corrigé dans les mois qui viennent s'il s'avérait : des abus de certains patrons qui, faisant du chantage au licenciement ou à la dégradation des conditions de travail, voudraient faire pression sur leurs salariés pour signer n'importe quoi (même si ce n'importe quoi reste encadré par la loi!). Le risque existe. Mais s'il était avéré cela serait plus l'expression d'un malaise déjà grand dans l'entreprise où le collectif de travail ne fonctionne déjà pas très bien. Bref des entreprises qui vont mal et où les salariés ne sont pas respectés. La réalité pour ces entreprises c'est que si le patron est con, il est con. Peu importe les ordonnances ou pas... les salariés y sont déjà malheureux.
Mais pour la très grande majorité des petites entreprises, cette possibilité de négocier directement sur certains points peut être très bénéfique pour mettre en place un dialogue social (qui existe souvent déjà de manière informelle) y compris pour améliorer l'existant, et parfois pour permettre, c'est vrai, dans un esprit constructif et compréhensif, de passer des périodes plus difficiles en négociant des accords temporaires.

Si ce point peut interroger et devra être surveillé (et potentiellement corrigé) je crois que certains font avec cette mesure plus de la philosophie et de la théorie que du pragmatisme et du réalisme.

Oui, c'est vrai j'entends que ces ordonnances mettent plutôt l'accent sur la libéralisation du marché du travail et pas suffisamment sur la protection des salariés. Je crois qu'on peut dire que c'est vrai. Mais ampute-t-on tant que ça, comme certains cherchent à le faire croire, les droits des salariés ? Je ne le crois pas. Et je suis convaincu que ces nouvelles mesures vont aussi permettre aux acteurs de s'adapter et finalement d'en tirer profit, y compris pour les salariés (dont par exemple les délais de traitement de leurs contentieux aux prud’hommes sont ramenés de 24 mois à 12).

Je pense aussi que la contrepartie "protection des salariés" n'est pas à chercher dans ces ordonnances mais viendra avec la réforme de la formation professionnelle et celle des indemnisations chômage ouvertes aux démissions et chefs d'entreprises.

Si l'on réforme correctement la formation professionnelle et l'indemnisation chômage dans le sens d'une sécurisation des parcours professionnels personnels (et non une sécurisation des emplois dans des postes parfois subis par les salariés) alors nous aurons le pendant à cette flexibilisation du marché du travail.

Sécuriser les personnes dans leur vie professionnelle plutôt que les postes dans les entreprises, c'est, je le crois, l'avenir qu'il faut suivre et qui est engagé avec cette réforme (comme la précédente contre laquelle je n'ai jamais manifesté).

Je regrette que certains aient des discours caricaturaux, allant jusqu'à appeler à manifester avant même de connaitre le contenu des ordonnances, ou à organiser des manifestations anti-Macron (s'attaquer aux personnes n'a jamais fait partie de mes principes politiques).

Oui, il y a des choses à critiquer sur ce début de mandat Macron : la baisse aveugle, bête et méchante des APL alors qu'on nous avait parlé d'une réforme globale des aides au logement ; la suppression brutale et sans concertation des emplois aidés jamais annoncée et mise en oeuvre en dépit du bon sens et des réalités du terrain ; la forte baisse des dotations aux collectivités là encore jamais annoncée durant la campagne électorale ; la modification de l'assiette de l'ISF qui elle fut bien annoncée mais que j'ai dénoncé dès le début y compris en réunion publique En marche...

Les sujets de mécontentement ne manquent pas, à commencer par l'exercice du pouvoir qu'on nous annonçait plus démocratique, plus transparent, plus à l'écoute et qui s'avère plus fermé et opaque que jamais. Les citoyens ne sont pas mieux considérés sous Macron que sous Hollande ou Sarkozy. L'assemblée nationale est godillotte et beaucoup de militants En marche sincères se sont transformés en militants traditionnels de partis politiques incapables de la moindre auto-critique.

Mais je ne crois pas que vouloir faire croire aux Français que les ordonnances sur le code du travail (largement expliquées et connues des Francais au moment de l'élection présidentielle) seraient l'apocalypse soit de nature à leur redonner confiance dans les corps intermédiaires.

La gauche devrait comprendre que la notion même de travail et la relation des citoyens/salariés au travail a beaucoup changé en 150 ans. Je ne suis pas un adepte des libéralisations dogmatiques. Mais l'adaptation aux réalités contemporaines doit passer par une réflexion plus poussée sur la protection des citoyens/salariés dans leur vie professionnelle plutôt que sur la protection des postes (parfois devenus obsolètes ou dangereux pour la santé des salariés) dans les entreprises.

mercredi 30 août 2017

Centre des congrès : la République en marche... arrière

J'apprends ce matin dans le Dauphiné que le gouvernement a décidé lui aussi de faire appel de la décision du tribunal administratif de Grenoble d'annuler la DUP du centre des congrès, s'alignant ainsi totalement sur la position de l'agglomération.

C'est une décision que je déplore mais qui n'entame en rien notre détermination à faire respecter la loi et à continuer le combat pour défendre notre lac (et notre argent de contribuables !).

Lors de la campagne des législatives en Juin dernier, les candidates de la République en Marche avaient refusé de prendre position sur ce dossier, préférant faire l'autruche sur un sujet aussi important.
Par derrière, chacune répondait selon l'interlocuteur auquel elle s'adressait tantôt qu'elle était pour, tantôt qu'elle était contre.

Cette absence de convictions m'avait amené à prendre publiquement mes distances avec ces candidates et à annoncer que je voterai blanc.

Aujourd'hui, à l'aune de cette décision du gouvernement (qui n'a pas pu se faire sans prise de contact local, ou alors c'est encore plus la dictature parisienne qu'avant...) je ne regrette pas mon choix.

Mme Lardet, députée de la 2e circonscription, avait promis deux choses :
- qu'elle organiserait une concertation, une grande table ronde pour écouter tous les points de vue avant de se prononcer... On voit le résultat : le gouvernement se prononce sans qu'aucune concertation n'ait été organisée. Ou alors uniquement une concertation avec le président de l'agglo ? De deux choses l'une, sur ce dossier, soit Mme Lardet ne sert à rien puisque son avis n'est pas entendu à Paris, soit elle s'est rangée du côté de l'UDI local qui a tant fait pour m'évincer et la mettre députée, sachant qu'elle serait facilement manipulable...

- qu'elle se rangerait à l'avis de la justice. Or la justice est passée : elle a annulé la DUP. Visiblement en moins de 3 mois, les promesses d'hier sont vites oubliées puisque aujourd'hui le gouvernement fait appel c'est-à-dire conteste la décision de la justice.

Finalement ce choix de la République en Marche et du gouvernement de soutenir un projet débile ne me surprend pas. Cela fait des années que M. Leconte, conseiller communautaire de Meythet, membre d'En marche depuis le début, soutient sans réserves ce projet.

Ce qui me surprend plus c'est le gouffre qui semble de plus en plus s'installer entre les électeurs du renouveau (dont je suis notamment pour la présidentielle) qui ont cru que les choses allaient changer et qu'on aurait enfin de la démocratie participative; et les actes des nouveaux élus qui semblent prendre un malin plaisir à honorer ceux qui, au premier tour de la Présidentielle ont soutenu Fillon, en oubliant ceux qui ont fait le succès d'Emmanuel Macron.


Il y a comme un sentiment de manipulation. Et tous cas, aujourd'hui les choses sont claires sur cette question du centre des congrès : les parisiens et autres lyonnais, y compris débarqués à Annecy n'ont rien compris au sujet. Ce qui les importe c'est de faire du fric et de pouvoir venir faire leurs gueuletons tranquilles sur les bords du lac.

Mais, coucou, on est là ! Nous c'est la population qui, quelque soit le nom de nos opposants,leurs habits vieux ou neufs, continuera à protéger son lac de projets pharaoniques.

lundi 28 août 2017

Interrogations estivales

Conseiller municipal, avec la fusion des communes, je ne suis plus au courant de rien.

M. le Maire a bien fini par évincer son opposition. Alors je lis la presse et j'apprends parfois des choses que j'ignore. Je m'interroge souvent.

Voici l'état de mes interrogations à la lecture du dernier "Essor savoyard".

Gratuité de la cour du chateau

On apprend que la ville aurait enfin décidé de rendre la cour du château gratuite. C'est une bonne nouvelle pour nous qui demandons cette gratuité depuis 2008... C'est une véritable aberration de devoir payer pour entrer dans cette cour. Je pense qu'il n'y a qu'à Annecy où on avait cela.
Cependant dans l'article il est écrit : "cet accès est lié à un projet de construction d'un lieu d'accueil des visiteurs assorti d'une boutique et situés, justement, dans cette cour".

Euh... moi pas bien comprendre... Le château n'est-il pas un monument historique classé avec sa cour ? Qu'est-ce que c'est que ce projet qui sort du chapeau et dont on n'a jamais entendu parlé de construction nouvelle DANS la cour ? Le bétonnage d'Annecy n'a-t-il aucune limite, quitte à massacrer un monument historique ? Pourrait-on, en tant qu'élus, mandataires des Annéciens, avoir un tout petit, mais tout petit peu d'informations sur ce genre de projet ?

On nous sort cela comme ça, dans la presse, sans discussion, sans présentation, sans rien. C'est hallucinant.

Nouvelles rues bientot payantes

Si l'idée d'étendre les zones de stationnement aérien payante ne me heurte pas, au contraire, la manière dont est mené ce chantier est là aussi abracadabrantesque. Ca tombe comme ca, entre juin et septembre, entre la poire et le dessert... La place des Romains va devenir payante : qui en a discuté ? (le maire jurait que ca n'arriverait jamais il y a encore quelques mois..) Quand cela a-t-il été abordé avec la population ?

Mais en plus que vont devenir les quartiers périphériques où le stationnement restera gratuit ? Où va-t-on se garer pour rentrer chez soi ?

Non, ces projets sont présentés comme des évidences, des choses acquises et personne ne s'interroge sur leurs conséquences et leurs bien-fondés.

Vague artificielle sur le Thiou

Comment aborder ce sujet? D'abord jamais entendu parlé et on nous dit : c'est en bonne voie ! Ah bon ? Qui décide ? On nous dit que c'est en bonne voie mais on ne sait pas qui va payer ? Quel est l'impact sur l'environnement ? Quel coût de fonctionnement ? Bref on nous dit rien mais ca fait bien, c'est fun et c'est branché de dire oui avant d'avoir étudié la question.

Si je ne suis pas fermé à ce genre d'idées, j'avoue que j'aimerais qu'on nous l'expose avant de dire oui. J'avoue que j'ai quelques questions à poser aux concepteurs de ce genre de projets (dont certains si mes informations sont exactes, sont quand même très proches du maire). Et puis j'avoue que je pensais aussi qu'Annecy avait d'autres problèmes bien plus important que de savoir si on allait faire une vague de surf pour quelques privilégiés alors que des milliers d'Annéciens n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois avec un coût de la vie exorbitant et des loyers pharaoniques...

Mais bon je crois que plus ca va, plus je décroche. Ou, plus exactement, plus je ne vis pas dans la même réalité que M. le maire...

Je suis, par exemple, abasourdi de voir que la commission de municipalité s'est octroyée 1 mois et demi de vacances cet été alors que nous sommes à peine à 6 mois d'une fusion, que les services sont à bout de nerfs et que des dizaines de questions restent à trancher... Même à Annecy historique, il me semble que la municipalité prenait que 3 semaines de vacances en été...

Enfin avec 10 000 euros par mois, on peut à la fois faire du surf sur le Thiou, partir en vacances pendant des semaines et se payer un parking privé pour garer son 4x4...