mercredi 30 novembre 2016

Les conseils


Je suis très heureux d'avoir régulièrement des "amis" réels ou virtuels qui s'adressent à moi directement pour parler politique. C'est la magie d'internet et c'est, je crois, l'honneur d'un homme politique de savoir rester au contact de ses administrés.

Souvent ils me donnent des conseils, on m'invite à être plus ceci, moins cela. "Tu ne devrais pas parler de ta vie privée", "tu devrais te concentrer sur la politique locale", "tu écris trop", "tu parles pas assez de cela", etc... C'est très plaisant et je dois dire que cela me donne à chaque fois à réfléchir et me permet d'évoluer.

Oh je me doute bien que je ne fais pas "tout comme il faut". Je fais des erreurs. Et j'aime à ce que certains essaient de corriger "le jeune" politique que je suis par des conseils avisés et toujours bienveillants.

Je veux cependant apporter une légère explication. J'ai décidé de créer ce blog pour m'y exprimer librement et sans tabous. Je ne fais pas de la politique comme un passe-temps, un hobby. Moi, j'y crois. Je suis passionné de politique car j'ai la conviction que c'est par la politique que beaucoup de choses passent : notre avenir, notre bonheur (en tous cas les conditions de sa réalisation) notamment. Je m'y engage à fond avec toute mon âme. J'y mets ce que je suis, entièrement, sans retenue. Car être élu du peuple est un mandat qui m'honore tous les jours au plus haut point. Vous avez le droit de savoir à qui vous faites confiance, qui vous représente.

Il y a forcément des combats qui, de part mon histoire, me tiennent particulièrement à cœur et en premier lieu la lutte contre toutes les discriminations ; la notion de justice et d'équité des citoyens, des quartiers ; l'efficacité économique et la perspective de prospérité ; l'engagement en faveur de la nature et de l'environnement...

J'accepte avec bienveillance et gratitude tous les conseils car j'ai beaucoup à progresser. Je dis simplement que je n'appliquerai jamais les conseils qui visent à me changer au fond, à me faire changer. Je fais de la politique comme je suis. J'ai déjà payé assez cher pour cela et j'ai depuis bien longtemps franchi le Rubicon du "politiquement correct". J'assume et je revendique qui je suis. Merci à vous tous de vous préoccuper de mon avenir politique et de me prodiguer des conseils pour que "je réussisse". Cela démontre que vous avez assez de sympathie pour moi pour me prêter des destinées plus hautes encore. J'en suis sincèrement touché. Mais si je dois mettre mes convictions et ma manière d'être de côté pour "réussir", alors je dis "Non, sans moi".

La politique est affaire de sincérité. J'essaie d'avoir l'honnêteté de vous informer et, au passage, de vous dire qui je suis. Je ne demande pas que cela plaise à tout le monde et nul doute que ma manière de  m'exprimer est perfectible, que mes prises de positions sont améliorables. Mais sur le fond, j'ai fait, avant de me lancer en politique, ma propre introspection et je sais qui je suis et où je veux aller pour moi et mon territoire. Je n'en changerai pas. Je n'ai pas à en être fier ou à m'en excuser. Je suis qui je suis parfois ça plait, parfois ça déplaît. C'est la vie, l'essentiel étant de ne jamais rendre les autres indifférents.

Je n'ai pas peur de perdre, de "retomber dans l'anonymat", de ne plus être élu. Je ne suis pas attaché à tout prix à mon mandat. Non, j'ai juste peur de ne pas avoir eu l'énergie d'essayer. Si le chemin de l'avancée du pays et de ses territoires passe nécessairement par des compromis, il ne passe pas par des compromissions.

Avec toutes mes amitiés et mes remerciements.

lundi 28 novembre 2016

Fillon, Hollande, Le Pen...

Hier, les électeurs de la droite et du centre (???) ont désigné leur candidat pour l'élection présidentielle dans un exercice de démocratie particulièrement réussi. Bravo ! Il faut saluer la victoire de M. Fillon qui portera donc les valeurs d'une droite réactionnaire et ultralibérale.

Le fait qu'il existe une droite réactionnaire et conservatrice d'un point de vue social et sociétal n'est pas une découverte même si, sous les mandats de Chirac, celle-ci avait été d'une certaine façon muselée.
Le fait qu'il existe une droite ultralibérale, au service d’intérêts particuliers (compagnie d'assurance maladie privées, lobby nucléaire, Medef, grandes fortunes contre l'ISF...) qui prône le retour à une économie de la jungle du chacun pour soi, n'est pas non plus une surprise. Même si cette tendance à droite, grâce au Général de Gaulle, a toujours été minoritaire.

Non, ce qui constitue une surprise c'est que l'alliance du conservatisme et de l'ultralibéralisme, testé en Angleterre et aux Etats-Unis dans les années 1980, apparaisse en France aujourd'hui avec 35 ans de retard...

En réalité, j'ai bien peur que ce programme de casse sociale soit porté par une sociologie très étriquée : celle d'une bourgeoisie de province catholique fervente ; en total décalage avec les aspirations profondes du pays.
D'ailleurs les analyses des votes le montrent : les ouvriers, salariés, fonctionnaires, ne votent pas Fillon. Ils votent pour une candidate qui incarne la protection (vis-à-vis de toutes les peurs y compris les plus irrationnelles et manipulées) : Marine Le Pen.

S'il devait y avoir un second tour de la Présidentielle Fillon/ Le Pen, j'ai vraiment peur que la majorité vote pour l'extrême droite qui n'a qu'à faire campagne sur la protection du modèle social français.

Et la gauche dans tout çà ? Qu'en dire ? Aucune remise en cause des erreurs du quinquennat, la chasse aux sorcières pour ceux qui ne pensent pas comme les chefs, des divisions mortifères... Je n'ai pas beaucoup d'illusions. Hollande, à juste titre ou pas, est largement rejeté par les électeurs. Mon cœur balancerait plutôt vers Montebourg mais je trouve que sa campagne ne décolle pas. Elle n'est pas organisée sur les territoires. Il y a aussi Macron qui apporte des idées nouvelles souvent intéressantes mais dont le programme économique me laisse sceptique. Et puis si Bayrou se présente aussi, quel espace politique ? Mélenchon fait son cinéma de son côté. Les verts jouent à la belote et le PRG se réunit dans sa cabine téléphonique...

Bref, il va falloir attendre que tout cela se décante un peu avant de pouvoir y voir clair sur l'avenir. Et prendre les décisions utiles pour notre territoire et son avenir.

jeudi 24 novembre 2016

Taxe de séjour et concertation

En écho aux réactions de nombreux hôteliers qui m'interpellent à ce sujet, comme ils l'ont fait récemment lors d'une réunion de l'office du tourisme d'Annecy, je retranscris ici l'échange qui a eu lieu lors du vote de la modification de cette taxe de séjour au conseil d'agglomération de septembre dernier (enregistré au PV de la séance)

Oui, il existe des élus qui s'intéressent à l’hôtellerie... et pas forcément des élus de droite ! Mais j'ai été rassuré, Mme Allantaz ayant assuré qu'il y avait eu concertation...

Conseil d'agglo : "

M. DUPERTHUY.- (Annecy) 

Concernant la période de perception, jusqu’alors nous étions sur 6 mois, du 1er avril au 31 octobre. Nous passons à une période de 12 mois, nous avons potentiellement un gain qui peut être jusqu'à deux fois supérieur en termes de montant de taxe de séjour collecté. 

Je voulais savoir si c’était bien la décision qui avait été prise et s'il n'y avait pas eu une erreur dans la délibération, j'imagine que non. Et en tout cas, quelle a été la concertation menée avec les professionnels du secteur car on double la période de perception ?

En outre, dans le mode de calcul retenu, on avait un abattement de 50 % qui est supprimé, donc à nouveau un doublement potentiel. Les hôteliers notamment vont très certainement manifester leur mécontentement face à ces changements. La concertation a-t-elle été suffisante ? 

Enfin, je ne vois plus les prix de taxe de séjour pour les chambres d'hôte et les camping-cars, qui avaient été rajoutés l'année dernière, 75 centimes par nuit pour ces modes d'hébergement qui n'apparaissent plus dans la délibération d'aujourd'hui. Je voulais savoir si c'était un oubli.

Mme ALLANTAZ.- (Annecy-le-Vieux) 

Dans le tableau il y a les camping-cars.
Pour ce qui concerne la concertation, il y a eu des réunions, je rappelle cependant que la taxe de séjour est payée par les touristes qui viennent dans notre région. Les hébergeurs ne font que collecter cette taxe et la reverser, ce n'est pas une taxe qui est payée par les hébergeurs.

L'objectif est bien de pouvoir développer des actions en faveur du tourisme dans notre région et les hébergeurs ne sont que des intermédiaires.

M. LE PRESIDENT.- 

Dans l'évolution il y avait une perception au forfait,on revient au réel parce que c'est aussi de l'équité sur l'ensemble des territoires autour du lac d'Annecy, le périmètre de l'Office du Tourisme.

Il y a également une équité nouvelle à laquelle nous devons être attentifs, et nous sommes souvent interpellés, c’est l'arrivée d'autres moyens d'hébergement, notamment Airbnb. Nous étions attentifs à ce qu'ils déclarent les différentes locations et donc qu’ils soient soumis à cette taxe. Il n'y a pas de forfait avec eux, nous sommes bien dans un nouveau paysage qui conduit à ce système de taxation réelle, qui est la plus proche de la réalité, de l'équilibre et de l'équité des uns et des autres.

D'autres questions ? Ce n'est pas le cas. On passe au vote."

mardi 22 novembre 2016

Les boucs-émissaires

Pourquoi la politique ne peut-elle pas, à un moment, élever le débat plutôt que de toujours chercher des boucs-émissaires, des responsables innocents aux maux de la société ?

Vous me direz que c'est l’Histoire de l'Homme qui veut çà... Il y a eu les Juifs, les Tziganes, les Handicapés (surtout mentaux), les Noirs, les Arabes, et les Homosexuels. L'amusement préféré d'une certaine frange de la population ultra-minoritaire mais puissamment relayée politiquement semble de taper sur tout ce qui ressemble à un gay ou une lesbienne. Pour cela, ils trouvent toute sorte de faux arguments plus débiles les uns que les autres.

Voir des affiches avec des hommes enlacés, symboles du bonheur et peut-être de l'amour, en décoiffent certains. La belle affaire ! Quand d'autres cherchent à casser les liens d'adoption, faible avancée sociétale obtenue, dans l’intérêt de l'enfant, avec le mariage pour tous par ce gouvernement de gauche, qui lui aussi aura été bien frileux sur les droits des homosexuels.

Il faut croire que la France n'a pas de problèmes pour s'en prendre toujours aux mêmes... Et dire qu'on risque d'avoir au second tour de l'élection présidentielle le choix entre une candidate qui ne peut pas voir les Arabes et un candidat qui déteste, avec ses amis du Sens Commun, les Homos...

La belle France que voilà!  Celle non des débats sur le fond, sur la pauvreté, les difficultés d'accès aux soins, le chômage, le changement climatique, etc... Non, celle du rejet de l'Autre parce qu'il est différent, parce qu'il veut vivre heureux. La frustration individuelle est certainement le moteur de ces rejets. Voir des hommes et des femmes heureux renvoie ceux qui critiquent à leur propre malaise personnel, leur vie sans saveur. Ce bonheur là leur est insupportable. 

Vous qui vivez heureux en couples homosexuels ne vous laissez pas assaillir par la haine homophobe. Vous qui vivez heureux avec votre couleur de peau différente, ne vous laissez pas assaillir par la haine raciste.

Ce qu'ils rejettent en nous, sous de faux arguments, est aussi vieux que le monde : c'est le droit à la différence et au bonheur. Le bouc-émissaire a cela de pratique que ce qu'on lui reproche n'est pas de sa responsabilité mais une projection de celui qui est l'auteur de la critique. Pour certains, ils préféreraient nous voir mourir (par exemple du SIDA en empêchant des campagnes d'informations). Mais je les rassure, nous serons toujours là et après nous, il en viendra encore d'autres. Car c'est la Nature qui choisit et non pas les dogmes.

Pour tous ceux que vos campagnes homophobes et racistes blessent, nos jeunes notamment, je ne cesserai jamais de me battre pour notre droit de vivre et d'être heureux, dans une République qui unit et qui protège tous ses enfants. Etre différents mais vivre tous ensemble, c'est plus que possible, c'est hautement souhaitable et c'est ce que chacun d'entre nous s'emploie jour après jour à faire, dans un Etat qui garantisse les mêmes droits pour tous.

dimanche 20 novembre 2016

Des canons à neige sur le Semnoz

Le SIPAS (Syndicat Intercommunal pour la Protection et l'Aménagement du Semnoz), présidé par Mme Camusso et dont M. Herisson est vice-président (quand je disais en 2013 que cela ne serait pas sans conséquence....), a présenté au cours de son comité du mois d'octobre un projet de "Modernisation du stade de neige hiver/été". Il y en aurait pour 7 800 000 €

Ce projet consiste :

- Implantation d'un télésiège débrayable 6 places (5 200 000 €) en remplacement du 4 places BELVEDERE
- Ouverture d'un nouveau secteur côté ANNECY (donc nouvelles pistes) en réutilisant le télésiège 4 places BELVEDERE (1 000 000 €)
- Des aménagements sur les équipements existants ( 500 000 €)
- Création de nouvelles activités été ( 500 000€) avec notamment une tyrolienne
- L'installation de canons à neige sur le bas des pistes ( 600 000€) à gros débit : 18 à 40 m3 de neige/heure (jusqu'à une température max. de 2 °C)

Le SIPAS s'attend à des subventions de la Région et du Département pour un total de 1 920 000 €. Il resterait donc en autofinancement (par emprunt) à payer 5 800 000 €.

Cela alourdirait l'annuité de l'emprunt total du SIPAS (hypothèse d'un emprunt sur 25 ans à 1.64%) de près de 300 000€, et la porterait globalement à 622 000 €. Or les cotisations annuelles des communes membres du SIPAS s'élèvent à 623 000€.

Dit autrement, financièrement, le SIPAS aura les moyens de mettre en oeuvre ce plan d'aménagement et d'installation de canons à neige.

Le compte-rendu du SIPAS se termine ainsi : "Le comité donne son accord à ce projet par 22 voix POUR et 2 ABSTENTIONS".

Le SIPAS a été crée par Charles Bosson en 1969 pour protéger le Semnoz. Les maires d'Annecy, et cela faisait consensus, se sont toujours opposés à tout projet d'implantation de canons à neige sur le Semnoz, qui manque d'eau. Leur vision a toujours été de faire de cet espace un lieu familial, protégé, le poumon vert de la ville. D'ailleurs en 2000 le SIPAS a adhéré au Parc Naturel Régional des Bauges.

Si la nécessité de maintenir à niveau les matériels n'est pas discutable, la décision de créer de nouvelles pistes (dont on ignore le tracé et donc l'impact environnemental) mérite un vrai débat. De même, l'implantation de canons à neige est, pour moi, une faute grave qui va à l'encontre de l'objectif "nature" de ce site. En effet, nous mettons là le doigt dans un engrenage qui va nous échapper. Je suis convaincu qu'une fois quelques canons à neige implantés, d'autres suivront et dans quelques années c'est tout le domaine qui en sera couvert. C'est un cercle infernal à la rentabilité.

Avec les canons, viendront les demandes d'urbanisation (hotels, restaurants, magasins...) et les propriétaires fonciers ne vont pas se priver de cette future plus-value de leurs terrains.

Mettre en place des canons à neige au Semnoz a toujours été une ligne rouge pour les Annéciens. Je considère qu'elle doit le rester au risque de voir fleurir une station de ski nouvelle écologiquement très impactante.

Je demande officiellement :
- au Maire d'Annecy, Président d'Agglomération de nous donner son point de vue sur ce projet.
- au SIPAS d'ouvrir un débat avec les citoyens, les associations et tous les acteurs, sur le tracé des futures pistes envisagées avant de poursuivre. 
- un grand débat, plus globalement, sur l'utilité de dépenser plusieurs millions d'euros sur un domaine skiable de moyenne montagne situé entre 1500 et 1700 m d'altitude, alors que toutes prévisions scientifiques liée au changement climatique font craindre un niveau d'enneigement allant en diminuant.

Je regrette que ce genre de décision soit pris en catimini sans débat préalable, y compris à l'agglomération où on s'est bien garder de nous en parler jeudi soir. S'il faut ouvrir un nouveau combat pour la protection de notre environnement, j'y suis prêt. Est-ce cela "Porter haut les valeurs d'Annecy" ? On se croirait revenu au cauchemar de la candidature des JO2018...

vendredi 18 novembre 2016

Conseil d'agglomération d'hier soir


Vous trouvez l'image prétentieuse ? Moi aussi mais faut bien de temps en temps s'envoyer des fleurs !

Le conseil d'agglomération d'hier soir était l'avant dernier de la C2A. A partir de Janvier nous siégerons au conseil du grand Annecy. Voici les quelques points qui ont retenu mon attention:

1) Le transfert des compétences "Sports et Culture" de l'agglo vers les communes. Comme lundi au conseil municipal, j'ai redit mon hostilité à ce transfert qui constitue un retour en arrière. Nous avons été seulement deux (avec Claire Lepan) à défendre cette idée d'une intercommunalité qui va de l'avant, pour le progrès de tous. J'ai du mal à comprendre l’intérêt des petites communes à avoir voté cette délibération. Elles en sont les grandes perdantes. De même, je ne comprends pas la position de la gauche de gouvernement sur ce point. Cela va totalement à l'encontre de l'esprit de la loi NOTRe issue du gouvernement. J'ai voté contre.

2) L'extension du périmètre d'action du SILA (qui s'occupe notamment du traitement des déchets et des eaux usées) à la communauté de communes du canton de Rumilly est une bonne chose. J'ai donc voté pour.

3) La zone d'activité économique Montagny/Seynod qui s'étendra sur 44 hectares le long de la plaine du Treige (sortie autoroute Seynod Sud) en deux poches. J'ai toujours été défavorable à l'organisation de cette future zone sur deux poches et en particulier je suis contre la création d'une poche au nord qui viendra détruire des terres agricoles encore cultivées, parmi les plus fertiles et faciles à exploiter de l'agglo. De même, l'autorité environnementale avait pointé du doigt la logique d'accès de ces zones uniquement orientées vers le tout voiture (le bus viendront après nous ont assuré les responsables de l'agglo). J'étais pour une concentration sur la poche sud avec, y compris, l'intégration du terrain de la Pilleuse (pour autre chose que pour y mettre un "village moto" comme ce sera le cas, une nouvelle aberration écologique à l'heure de la Cop 21). J'ai donc voté contre ce projet qui relève d'une logique d'aménagement du siècle dernier. Quand on regarde ce qui se fait ailleurs, on voit qu'aujourd'hui on sait densifier les zones d'activités économiques pour qu'elles soient moins impactantes sur l'environnement (bâtiments à plusieurs étages, parking sous ou sur les bâtiments, voies de transports en commun, etc...). De même, et comme je l'avais dit avec d'autres au dernier conseil d'octobre, j'ai voté contre les routes de desserte de cette zone car j'avais annoncé que dorénavant je voterai contre toute nouvelle infrastructure routière tant qu'elle ne serait pas accompagnée d'une infrastructure de transports en commun. Pour ma part, fidèle et constant, j'essaie de faire que mes discours d'octobre soient aussi ceux de novembre.

4) Le schéma régional de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Ce schéma renforce de mon point de vue la place de l'Université Savoie Mont Blanc. Il reconnait son niveau d'expertise, de professionnalisme, ses résultats et ses intérêts immense pour nos filières d'excellence et d'avenir, ainsi que son utilité au maintien d'une jeunesse localement qui puisse trouver une offre diversifiée d'enseignement supérieur. J'ai voté pour cette délibération qui sert notre université et indirectement notre bassin d'emploi.

5) L'agglo, comme elle le fait depuis des années, a voté pour l'ouverture des commerces sur 7 dimanches de 2017. J'ai demandé quelles seront les mesures d'accompagnement de cette décision, notamment en terme de transports en commun. Car on ne peut avoir deux discours : l'un sur la nécessité d'inciter les gens à prendre le bus notamment pour se rendre au travail ou faire ses courses, l'autre de dire que faire circuler des bus les dimanches où les magasins sont ouverts serait trop coûteux. Si l'activité économique trouve bénéfice à ces ouvertures dominicales, il serait légitime qu'elle participe alors un peu plus au fonctionnement des transports en commun pour permettre aux clients de venir aux magasins en bus (en augmentant par exemple le Versement Transports, l'un des plus bas de France...)

6) Comme je l'avais fait au conseil municipal, et pour les mêmes raisons, j'ai voté contre le changement de régime indemnitaire des agents de l'agglo.

7) J'ai été heureux de voter la délibération d'adhésion de l'agglo à l'Etablissement Public Foncier (EPF) de Haute Savoie. Cette structure est spécialisée dans l'achat pour le compte des collectivités de biens immobiliers, le montage de projets à destination d'habitat, économique ou mixte. Il offrira à l'agglo un outil supplémentaire pour acquérir du foncier et monter des projets utiles pour le logement et l'économie. L'EPF a une expertise reconnue et appréciée. L'agglo, jusque là, avait toujours refusé d'y adhérer. Mais la loi a changé et oblige dorénavant toute intercommunalité à adhérer à un EPF Local ou à la structure nationale. Il vaut mieux rester un acteur local : c'est moins cher et plus efficace. Alors oui, il y aura un impact pour les contribuables, c'est vrai. Et j'ai toujours eu ce discours de vérité. Les impôts locaux devraient augmenter avec cette adhésion de 6-7 €/an/foyer. C'est beaucoup me direz-vous. C'est vrai. Mais je préfère voir mes impôts augmenter pour faire du logement et répondre aux vraies attentes des entreprises locales, plutôt que, comme c'est le cas actuellement, financer un éventuel futur centre des congrès sur la presqu'ile d'Albigny.


mercredi 16 novembre 2016

Transfert des compétences "Culture et sports"

Lundi la majorité du conseil municipal a voté le retour des équipements culturels et sportifs de la C2A aux communes (ex.: piscines, patinoires, Bonlieu, Brise Glace...). Ces structures seront à partir du 01 janvier gérées de nouveau par les communes.

C'est un retour en arrière auquel je suis résolument opposé. On a mis des années à avoir un début de politique de gestion de ces équipements commune et aujourd'hui tout est remis en cause par égoïsme communal.

Pourquoi ce retour en arrière ?

Souvenez-vous ! Lorsque les "petites communes" de l'agglomération ont refusé de fusionner avec Annecy... Or un projet de création d'une nouvelle piscine était évoqué, du côté d'Epagny-Metz-Tessy... La réaction d'élus et de maires parmi ceux qui vont fusionner a été directe : Ils ne veulent pas fusionner, on va leur faire payer ! Résultat : retour des équipements sportifs aux communes comme cela s'ils veulent une nouvelle piscine, ils devront se la payer tout seul ! Ce ne sera pas l'agglo qui payera.

Voilà le niveau du débat politique sur notre bassin de vie ! Ou est l'intéret général ? Celui de nos enfants, de nos concitoyens qui ont du mal à obtenir des créneaux pour les cours de natation ? La construction d'une nouvelle piscine sur cette rive du Fier est une nécessité. Mais non, "on va les faire payer !"

Rigaut nous dit que la nouvelle agglo se concentrera sur les compétences obligatoires (économie, aménagement du territoire, environnement). C'est faux, elle gérera aussi les équipements et la politique des personnes âgées. Pourquoi ? Par électoralisme et clientélisme. Sinon pourquoi refuser l'intégration des équipements de la petite enfance, communautaire sur d'autres communautés de communes qui vont nous rejoindre ?

Rigaut nous dit que les politiques culturelles et sportives doivent être "de proximité" et donc être aux communes. C'est vrai, mais c'est déjà le cas ! Ce sont les communes qui définissent leurs politiques culturelles et sportives depuis toujours. L'agglo ne gérait que les EQUIPEMENTS culturels et sportifs. Ceci avait un sens, celui de la coopération (des équipements utilisés par des habitants de plusieurs communes), de la coordination (pour planifier les constructions de manière cohérentes), et de la solidarité (les communes riches participaient aux financements d'équipements sur le territoire de communes plus pauvres). Maintenir les équipements dans la nouvelle agglo ne changeait rien sur leur gestion mais présentait de nombreux intérêts. Au lieu de quoi on se recroqueville sur les égoïsmes communaux (appelés "nationalisme" quand il s'agit de pays).

Rigaut nous dit que l'esprit de la loi ce n'est plus l'intégration (la mise en commun de compétences) au niveau intercommunal, mais au contraire, la désintégration. C'est faux. Dans ce cas, l'agglo deviendrait un "machin" qui dicterait les orientations globales et les communes seraient là pour les mettre en oeuvre. On a connu historiquement, dans de nombreux pays, cette division entre ceux qui pensent et ceux qui agissent. Ca n'a jamais fonctionné. Car il arrive toujours un jour où ceux qui sont sensés agir n'ont plus les moyens de le faire et alors la belle mécanique s'enraye. Cela revient à dire que l'agglo n'a plus qu'un rôle consultatif. Elle se désarme pour agir et mener ses propres politiques.
Cette vision est totalement absurde et fausse. Ce n'est pas l'esprit de la loi NOTRe contrairement à ce que dit M. Rigaut. Au contraire, la loi pousse à l'intégration pour faire ensemble, au niveau intercommunal, ce qu'il est plus efficace de faire à ce niveau. Construire et gérer des équipements culturels et sportifs a un impact sur tout un bassin de vie et pas seulement sur le territoire d'une commune. Ces compétences doivent rester de compétence intercommunale.
M. Rigaut fait croire qu'un nouveau modèle est impulsé, notamment à Annecy, qu'un nouvel esprit plane sur la répartition des compétences. Ce nouvel esprit, bizarrement ne soufflerait qu'à Annecy nulle part ailleurs, où les intercommunalités continuent de s'intégrer. La baronnie d'Annecy est en bonne voie.

M. Rigaut porte une vision passéiste et rétrograde de ce qu'est une agglomération. Fer de lance d'une vision technocratique et égoiste des instituions, il rejette ainsi toute forme de solidarité territoriale.

Je porte une autre vision : celle non des représailles et des coups rendus, mais celle du pragmatisme et de l’intérêt général. Je m'oppose sur le fond au choix fait par ceux qui portent ce retour en arrière du temps d'avant le district, des années 1980. Les gens vivent, travaillent et ont des loisirs sur un territoire plus global. Ils doivent, fraternellement et en solidarité, participer collectivement de la réalisation des grands équipements culturels et sportifs. Ils ont pour cela des élus, élus au suffrage universel qui siège en conseils communautaires non pour délivrer des feuilles de route, mais pour agir dans l’intérêt collectif.

vendredi 11 novembre 2016

Le 13e mois des agents d'Annecy

Lundi soir, en conseil municipal, la majorité nous propose de faire évoluer le régime indemnitaire des agents d'Annecy en vue de la fusion de communes.

Derrière cette délibération d'apparence technique, se cache en réalité un nouveau coup de canif dans le dos de nos agents, particulièrement de catégorie C (c'est-à-dire les moins bien payés).

En effet, il est proposé de supprimer le 13e mois, acquis social obtenu de haute lutte depuis la mandature de Charles Bosson. Ce 13e mois n'est pas un avantage social pour une catégorie privilégiée, mais une manière pour des agents qui gagnent souvent moins de 1500€/mois de boucler les fins de mois. 

Il est proposé de le remplacer par une prime. C'est une régression inacceptable car la prime est toujours à la tête du client. Elle peut être accordée ou supprimée. De plus, elle est par définition individualisée, alors que le 13e mois est collectif.

Claire Lepan, Evelyne Marteau et moi-même soutenons les agents de la ville d'Annecy qui luttent pour leur 13e mois. Nous ne voterons pas ce changement de régime indemnitaire dans ces conditions. 

La fusion de communes ne peut pas être un prétexte pour ce genre de régressions sociales. On sait déjà que les taux d'encadrements des ATSEM dans les écoles vont baisser, que le prix du périscolaire va augmenter.

La fusion de communes est en train de se transformer en une vaste entreprise de casse sociale. Derrière les discours convenus, ce sont des décennies de luttes politiques, syndicales et associatives qui sont passées à la moulinette des "économies" en commençant par les plus faibles. 60 ans d'actions collectives sont remises en cause par quelques maires en 6 mois...

mercredi 9 novembre 2016

Victoire de Trump

Donald Trump sera le prochain président  des Etats-Unis d'Amérique.

Je crois qu'il n'est pas inutile de dire ma sidération et une certaine angoisse face à cette nouvelle. Chacun a pu, au fil des mois de campagne, comprendre et voir qui était Trump: quelqu'un de violent qui n'aime pas les femmes et les minorités et qui a beaucoup divisé son propre pays.

Pourtant pour moi, cette victoire n'est pas une surprise. Hier encore au petit déjeuner, je disais à mon mari : c'est Trump qui va gagner même si évidemment je ne le souhaite pas.

Pourquoi ? Principalement parce que Clinton n'était plus dans son temps. Clinton, candidate de l'establishment, de Wall Street et du parti démocrate n'a pas compris que les électeurs en ont assez des partis politiques. Ils en ont assez de cette caste politique coupée du monde réel qui fricote avec le showbiz, avec les milieux d'affaires et qui ne s'intéresse aux citoyens qu'au moment des élections.

Aux Etats-Unis, comme en France et ailleurs dans le monde démocratique, les citoyens ont perdu confiance dans les corps intermédiaires (syndicats, partis politiques, etc...) et dans leurs politiques. Il n'est qu'à voir le mouvement des policiers si réticent aux syndicats.

Ici aussi nous connaissons la montée d'une caste politique isolée, qui tourne en rond sans parler avec les gens. On connait les compromissions des partis politiques, plus intéressés à leurs intérets propres, à la défense de leur petit pouvoir. Plus actifs pour virer ceux qui travaillent et font de l'ombre à ceux qui, sans rien faire, voudraient des places si possibles bien rémunérées. On connait ces élus qui courent après les places et les indemnités. On connait les collusions d'intérets entre certaines industries, notamment du BTP et certains politiques.

Quand on voit comment se passe la fusion des communes, avec les partis qui s'entendent entre eux pour conserver le pouvoir, qui excluent la population et les agents municipaux. Quand on voit comment la voix populaire est bafouée, même après enquête publique. Quand on voit comment certains organisent la captation du pouvoir au détriment des petites communes, et des petits élus. On se dit que ceux-là aussi sont responsables de ce sentiment d'exaspération de la population qui ici, comme aux Etats-Unis en a assez de ces politiques professionnels qui ne pensent qu'à eux, à conserver leur pouvoir et qui ont, depuis bien longtemps oublié leurs valeurs et leurs idées.

Ils incarnent un système politique dont les citoyens ne veulent plus. Sarkozy avait joué là-dessus en 2007 en tapant sur les corps intermédiaires. Hollande avait tapé sur la finance (en discours !). Le Pen prendra le flambeau en 2017. Trump a joué cette carte du candidat qui n'est pas du sérail, qui s'est fait tout seul y compris contre son parti. Et c'est ça qui a plu aux électeurs, le Frankenstein qui détruira par ses outrances l'ancien monde.

La victoire de Trump n'est pas un accident de l'Histoire mais la conséquence logique, malheureusement, d'une "élite" politique qui ici comme là-bas, a construit les barreaux un à un qui ont permis à Trump de gravir l'échelle.  Par leur manque de courage et leur manque d'audace uniquement intéressés aux bidouillages institutionnels et électoraux (redécoupage de circonscription, agrandissement de communes...) pour sauver leurs postes (maires délégués, maires adjoints, sous adjoints, conseillers délégués...) ces politiques ont rompu le lien avec les électeurs et ouverts grand la porte à Trump et à Le Pen.

Le malheur de la démocratie actuelle, ce sont les partis politiques incapables de se remettre en cause et d'évoluer. Continuez vos conciliabules d'arrières boutiques, vos exclusions de ceux qui ne pensent pas tout à fait comme vous et vos discours sans valeurs, de toute façon, je suis malheureusement convaincu que le peuple a déjà choisi sa voie pour l'avenir. 

Cette voie lui retombera dessus ? Elle est logiquement irrationnelle ? Voir des pauvres voter Trump c'est con ? Peut-être... Mais ils ne veulent plus voter pour l'establishment parce que cet establishment les a trop trahi de niveau le plus local au niveau national. Ils préfèrent, dans un rêve chimérique, construire la créature affreuse, horrible, qui détruira l'ancien monde pour permettre au nouveau monde de voir un jour le jour, plutôt que de conserver la prison dorée que leur proposent les politiques des partis. La destruction créatrice si bien étudiée par J. Schumpeter fait son entrée en politique...


Nous entrons dans l'inconnu. Il va falloir être forts sur nos valeurs. Mais j'ai confiance dans les jeunes générations pour construire après la tempête qui se lève et que nous allons devoir traverser ensemble, solidaires et fraternels.

lundi 7 novembre 2016

Avenir des Haras


Un groupe de travail des élus a été mis en place, à notre demande, sur l'avenir du Haras.

Ce qu'il en ressort actuellement c'est que ce lieu sera découpé en 3 parties dont la cohérence reste très incertaine (quand je pense que cette même équipe municipale critiquait notre projet car elle le considérait comme trop décousu...):

- une partie commerciale, avec placette, côté rue de la Paix (grâce au nouveau portail ouvert à cet effet). L'écurie face à cette entrée comprendrait une "Halle gourmande", c'est-à-dire un restaurant (haut de gamme?) avec un espace de vente directe d'épicerie fine. Le bâtiment qui fait l'angle avec la rue Jean Jaures ainsi que la maison du directeur accueilleraient des commerces classiques.

- une partie "Culture et formation" prenant les 3 bâtiment dont la façade donne rue Jean Jaures avec à y mettre : la fondation Salomon (1 étage d'un des bâtiments et 1 second étage en partage avec le CITIA) et le CITIA (dont un pôle "Formation", les bureaux et un musée)

- une partie "Evenements" avec le Manège transformé en grande salle polyvalente et le petit bâtiment qui donne sur le rond-point Berthollet transformé en salle municipale.

On voit très clairement, par rapport au projet de départ, que la majorité a tenté de copier notre projet, défendu au moment des élections de 2014 qui développait l'idée :
- d'un musée d'Art contemporain en collaboration avec la Fondation Salomon et l'Arteppes que nous aurions implanté aux Teppes à la place du chantier de la cuisine centrale pour ouvrir ce quartier sur la ville et créer la synergie nécessaire avec la Maison de l'Enfance (permettant au passage la création de parkings souterrains). M. Rigaut, alors candidat avait déclaré qu'Annecy n'avait pas besoin d'un nouvel espace d'art contemporain car il en existait déjà un à l'école d'Arts. Résultat: il en crée un aux Haras !

- d'une halle des producteurs locaux dans le manège du Haras. Véritable marché couvert ouvert tous les jours, cet espace vivant et dynamique aurait permis de faire vivre ce lieu toute la journée, tout en mettant en valeur les produits et producteurs locaux, en lien avec le magasin actuel des producteurs de la Maison de l'Agriculture. Au lieu de quoi, on va créer une salle polyvalente désespérément vide dans le Manège (vue la grandeur de la salle qui voudra la louer ?) et une halle gourmande où certes, à force de convictions, nous avons réussi à intégrer un espace de vente directe, mais à quel prix ? Cette halle gourmande sera-t-elle réservée aux bobos ? On est très loin de l'espace populaire, touristique et gastronomique, qui aurait apporté un vrai service aux Annéciens, que nous défendions.

- d'un grand musée du cinéma d'animation (avec bureaux et lieux de formationpour CITIA), que nous aurions implanté sur le terrain Balleydier et non pas aux Haras. Car le Haras n'est pas adapté, en termes de construction, à l'accueil d'un vrai musée moderne de l'image en mouvement. C'est trop petit et mal conçu. Or, comme l'a bien dit l'expert mandaté par la ville, s'il s'agit de faire un bout de musée dans un coin, ce n'est pas la peine. Il faut un vrai grand musée et on lit entre les lignes de ce rapport, que le Haras n'est pas le lieu idéal. C'est exactement ce que nous disions depuis des années... De même pour les locaux de Citia et des formations prévues. Un nouveau bâtiment moderne et spacieux, lumineux entre la vieille ville et le projet de Portzamparc aurait été l'idéal, plutôt que de  donner aux Soeurs de Saint Joseph...

- d'une maison des associations, qui n'existe pas à Annecy pour fédérer les associations et créer une dynamique grâce à un lieu commun de rencontres, d'animations et d'informations. L'espace extérieur de la carrière offrait un lieu d'expression des activités associatives idéal. Au lieu de quoi, on s'oriente vers un jardin, sans vie, sans rien, vide la moitié de l'année...

- d'un espace pour les arts du cirque car l'école du cirque du Parmelan est trop petite. Les hauteurs sous plafonds de certains bâtiments aurait permis cette réalisation à la fois pour l'école du cirque et pour accueillir des spectacles (de cirque et d'autres culturels) en lien avec Bonlieu (pas loin) et avec les écoles du quartier (pour le périscolaire). Au lieu de quoi, on laisse s'installer un cirque commercial au milieu de la carrière... et l'école du cirque continue à suffoquer dans des locaux trop petits.

Derrière les mots et la récupération manifeste de certaines de nos idées se cache en réalité un projet bien différent. Le projet actuel de la mairie risque fort de créer un espace disparate finalement peu vivant au cours de l'année en son cœur et ne répondant que de manière très anecdotique aux besoins des Annéciens (salle des fêtes relayée à un carrefour, espace de vente directe de produits tenant dans un mouchoir de poche, pas de vie associative, pas d'école du cirque pour la culture et nos enfants).

Au fond le projet de la majorité rate l'objectif essentiel de la transformation du Haras : faire de ce lieu un trait d'union entre les quartiers, entre les habitants. Il crée des espaces divers, déconnectés les uns des autres, tous tournés vers les rues adjacentes mais aucun ne créant le lien, la traversée.

Tout cela en continuant de faire croire aux Annéciens qu'ils peuvent donner leurs idées et qu'elles seront étudiées alors que tout est déjà décidé. Mieux, on fait tout pour inscrire ce projet dans le marbre rapidement, avant la fusion des communes au 01 janvier, pour etre sûr que les autres ne pourront plus rien dire... C'est beau les mariages d'amour et de confiance...

vendredi 4 novembre 2016

Capucins : Vers un recours contentieux


Vous vous souvenez certainement que plusieurs riverains ainsi que l' "Association des Amis du domaine des Capucins" avaient décidé de faire un recours gracieux auprès du maire pour qu'il modifie son projet immobilier sur le clos des Capucins.

Cette démarche avait une vocation de dialogue, de main tendue pour nouer un échange constructif. Le maire l'a violemment rejeté en écrivant une lettre lapidaire qui ne répond en rien aux arguments de fond pourtant évoqués. Pire, cette lettre est menaçante et intimidante. Plusieurs signataires ont été choqués de ce manque de courtoisie et de respect pour une démarche d'abord d'ouverture et parfaitement légitime en démocratie. Certains apprennent à leur dépend la vraie nature autoritaire et hautaine de notre maire... En ce qui me concerne cela n'a rien d'étonnant pour quelqu'un qui s'est toujours moqué de la population et de son avis.

Ce jeudi soir, le maire organisait une réunion de présentation du projet, accompagné des promoteurs. Je me suis invité à cette réunion, puisque, contrairement à d'habitude, je n'avais pas été invité officiellement... Si la présentation du projet est habile et la posture des promoteurs est plus humble, il n'en reste pas moins qu'une très grande partie du parc va être bétonnée privant ainsi les Annéciens (et d'abord les habitants de ce quartier) d'un espace de respiration. Vous connaissez mes arguments pour préserver ce parc centenaire, jamais construit, situé dans un quartier très dense. Vous savez aussi combien la problématique de la qualité de l'air sur notre ville est prégnante et combien le maintien d'espaces naturels est fondamental pour lutter contre la pollution et contre les bulles de chaleur. (lire cet article daté d'hier : http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/03/les-arbres-rafraichissent-l-air-des-villes-tout-en-reduisant-leur-pollution_5024971_3244.html et pour ceux qlisent l'anglais ce rapport qui préconise la plantation d'arbres : https://thought-leadership-production.s3.amazonaws.com/2016/10/28/17/17/50/0615788b-8eaf-4b4f-a02a-8819c68278ef/20160825_PHA_Report_FINAL.pdf)

Oui, nous avons besoin de logements sur Annecy. Mais non, il ne faut pas tout construire n'importe comment. Sinon, construisons dans le parc des Soeurs de Saint Joseph, et aussi sur le Pâquier !!! Pourquoi garder ces espaces verts ? Ah oui, parce que nous sommes au centre-ville et que les Capucins c'est déjà la banlieue...

D'ailleurs, nous ne sommes pas hostiles à quelques constructions aux Capucins. Les deux bâtiments (celui de l'angle avenue de Cran/ Bd Replat et celui à la place du Foyer Saint François) peuvent parfaitement être construits. Mais pas les autres qui viennent sacrifier le parc. Et puis, au risque de me répéter, ce ne sont pas quelques logements de plus ou de moins aux Capucins qui changeront fondamentalement la donne sur la rareté du logement à Annecy. Pour mettre fin à cette pénurie, il n'y a qu'une seule solution réaliste : supprimer l'aéroport de Meythet pour y construire un nouveau cœur d'agglo et de commune nouvelle avec les logements, les parcs, les commerces, etc... nécessaires, plutôt que de subventionner un équipement pour jets privés qui nuisent aux riverains. Mais dire cela c'est tabou avec M. Rigaut, il vaut mieux continuer à faire croire que la crise du logement sera contenue en détruisant des parcs centenaires.

Le projet présenté reste, de mon point de vue, contraire aux règlements, au PLU et à la loi. L'association des Amis du domaine des Capucins est également de cet avis. Elle va donc déposer un recours contentieux contre ce projet. Ce sera alors aux tribunaux de trancher, puisque M. Rigaut refuse de dialoguer avec les riverains. Nous sommes partis sur une procédure longue et malheureusement coûteuse. Mais ce très beau parc mérite notre engagement et notre résistance. Si on prend comme point de comparaison le projet sur l'ancien hôpital, les procédures ont duré presque 10 ans (avec des plaignants qui ont perdu à chaque fois, ce qui ne sera pas le cas ici).

Le Savoyard est têtu, surtout quand il s'agit de son environnement et de sa qualité de vie. Offrir un parc pour des milliers d'Annéciens a toujours primé dans mon esprit à quelques terrasses sur le toit pour bobos fortunés.