dimanche 31 juillet 2016

"Grand Annecy" est née



L'agrandissement de la Communauté d'agglomération d'Annecy englobant ses voisines est acté. Le "Grand Annecy" (c'est son nom) verra donc le jour le 01 janvier prochain.

Ce regroupement des intercommunalités a été voulu (et votée !) par le législateur et mis en musique localement par le Préfet. J'ai déjà exprimé sur ce blog mon sentiment sur son périmètre : à mon sens il doit évoluer dès que possible pour regrouper l'ensemble des communes qui composent l'arrondissement d'Annecy. Mais c'est une première étape.

Bien sûr, j'entends et je comprends certaines inquiétudes d'élus, notamment ruraux, qui craignent ces regroupements et leur aspect technocratique. Il faut dire que l'exemple de mode de gouvernance mis en place depuis près de 10 ans à la C2A par le couple Rigaut/Accoyer (faite de politique politicienne, d'autocratie et d'absence de débat avec les élus et la population) a de quoi faire peur. Et je sais de quoi je parle...

De même l'usine à gaz pour gouverner ce futur "Grand Annecy", avec l'apparition d'une "conférence des maires" (instance non prévue par la loi) en plus du bureau et du conseil communautaire laisse augurer une dilution des prises de décision, des incompréhensions sur qui fait quoi, et donc au final la concentration des pouvoirs autour de quelques-uns.

Mais je continue de penser que cet élargissement sera bon pour la population à long terme. Les Transports, la gestion de l'eau, des déchets, des EHPAD, de l'aménagement du territoire (fait par Accoyer et Rigaut ca promet, lol !!), du soutien à l'économie, doivent être mis en place à la bonne échelle, une échelle plus large.

Je regrette que certaines compétences ne soient plus données au "Grand Annecy" car elles aussi ont un horizon et un rayonnement largement plus large que celui des communes. La culture, le sport mais aussi les infrastructures de petite enfance auraient dû être déléguées dès maintenant au "Grand Annecy". Bonlieu, le Brise Glace, les piscines, patinoires, etc... mais aussi les crèches, haltes-garderies ont des portées qui dépassent de beaucoup les frontières communales.

Je trouve assez révélateur que le "Grand Annecy" s'occupe du logement de nos aînés et délaisse celui de nos enfants... Ça en dit long sur l'avenir que certains nous promettent.

Élu en 2014 pour vous représenter avec Claire Lepan au sein du conseil communautaire nous aurons à cœur de porter nos valeurs, nos solutions, vos attentes, au sein de ce nouveau conseil du "Grand Annecy" dans l’intérêt de tout le territoire et de toute la diversité de ses populations (urbaines, semi-urbaines, rurales) pour une économie plus forte, des transports plus adaptés et un service à la population renforcé.

Bienvenue à nos nouveaux collègues du Pays de la Filière, de la Tournette, de la rive Gauche du lac et du Pays d'Alby !

vendredi 29 juillet 2016

La folie nous guette-t-elle ?


Ce que j'entends à la radio et la télé depuis quelques jours m'effraie beaucoup. D'abord il y a ces tueries et ces attentats effroyables qui nous glacent le sang par leur sauvagerie, leur "facilité" d'action et leur imprévisibilité. La société française est mise sous pression.

Puis il y a les discours politiques, qui m'ont laissé quelques jours sans voix tellement j'ai eu du mal à croire ce que j'entendais. Au nom de la sécurité de chacun qui est un droit de l'Homme évidemment non négociable et dont le rôle de l'Etat est de la garantir, certains politiques disent n'importe quoi. Vouloir emprisonner tous les fichés S (quels sont les critères pour être fichés S? près de la moitié des fichés S ne le seraient pas pour terrorisme, alors pourquoi ? Un indépendantiste pacifique corse est-il fiché S? Un activiste écolo? Un militant d’extrême gauche ?) par exemple, ou bien encore ôter aux juges la capacité d'appréciation des capacités de réintégration d'un jeune radicalisé, c'est sortir des valeurs de la République.

En démocratie, grâce à la liberté de conscience et d'expression, on ne peut heureusement pas emprisonner quelqu'un pour ses opinions politiques ou religieuses. L'Histoire nous a enseigné les dérives possibles quand on ouvre cette boite de Pandore. De même l'instauration d'un état policier avec peines de prisons automatiques est l'inverse de la démocratie. Alors oui, il peut y avoir des ratés. Un juge peut se tromper et remettre en liberté un individu qui, de toute évidence, n'avait rien à faire dehors. Ce juge devra rendre des comptes à sa hiérarchie et aux citoyens. Mais pour autant, doit-on remettre en cause la séparation des pouvoirs et la capacité d'appréciation des juges ? Je ne le crois pas.

De même si les services de renseignements font leur travail (et ils le font bien, il faut le saluer) en créant des fiches de signalement et de surveillance, celles-ci ne peuvent à elles seules entraîner une confiscation de liberté? En démocratie on ne condamne pas les pensées, on condamne des actes.

Le terrorisme est en train de faire vaciller la société française, de l'apeurer, créant ainsi les conditions à des solutions extrémistes et populistes, quitte à revenir sur les valeurs de la République et de la Démocratie (certains s'en prennent même à la Constitution). C'est exactement ce que cherchent les terroristes : nous faire peur, provoquer des réactions épidermiques, saper les bases de la République et nous diviser.

S'il nous faut, et c'est extrêmement nécessaire, aménager notre arsenal policier et juridique à cette nouvelle réalité qu'est le terrorisme, il faut le faire en ayant en tête, toujours, nos Valeurs et nos Principes républicains.

Je vous signale également cet article très intéressant de Courrier international sur ce que veut l'Etat islamique. http://www.courrierinternational.com/article/enquete-ce-que-veut-vraiment-letat-islamique?

Personnellement, n'étant pas un spécialiste, cet article m'a aidé à comprendre beaucoup de choses. Ce qui éviterait peut-être de tout miser sur les forces de sécurité (traitement à court terme éminemment nécessaire mais insuffisant) pour élaborer aussi des politiques de moyen terme pour éradiquer le terrorisme chez nous et ailleurs dans le monde.

lundi 25 juillet 2016

Centre des congrès : des vacances bien méritées

Nous sommes fin juillet et chacun peut enfin goûter aux joies des vacances (enfin pour ceux qui ont la chance d'en avoir !).



Pour ma part, je vais pouvoir souffler un peu après une première moitié d'année difficile (je pense la plus difficile depuis que je suis élu) entre le projet de fusions des communes qui a largement modifié le paysage politique local (et les alliances/amitiés politiques), le permis de construire des Capucins que je conteste, la révision du PLU, le centre des congrès, etc...

En ce qui concerne le centre des congrès, je remercie M. le Préfet qui visiblement n'est pas pressé de prendre un arrêté préfectoral de déclaration d'utilité publique. Alors qu'il y a un mois, MM. Rigaut et Accoyer rameutaient à coups de trompettes et tambours toute la presse locale pour annoncer que le projet irait (soit-disant) à son terme, qu'ils faisaient monter au front de la tribune communautaire le banc, l'arrière-banc et la réserve des femmes et hommes politiques qui pourtant d'habitude sont si silencieux... toujours pas d'arrêté préfectoral en vue. Pour commencer les expropriations avant la fin de l'année comme le proclame M. Rigaut, ça va être dur...

On voit là tous les naufrages de l'aveuglement, de l'orgueil et de la bêtise humaine.

Enfin, la réalité est bien différente des rêves mégalomaniaques de certains, et c'est tant mieux. Le préfet prend son temps (doutes sur le projet ? Effet de nos alertes ministérielles ? Volonté de donner du temps à l'analyse ? Etc... qui sait) et ne se soumet pas aux injonctions de précipitations des promoteurs de ce mauvais projet.

Et bien c'est tant mieux, cela nous permettra de flâner aux bords du lac en profitant de la plage et de l'eau (à bonne température) sans nous soucier de ce dossier. On attendra la rentrée pour se remettre au travail, plus en forme et motivés que jamais !

"Good job"

vendredi 22 juillet 2016

Capucins: nous agissons

Je veux remercier tous les Annéciens qui m'ont signalé que le 11 juillet dernier, les panneaux réglementaires informant le public de la délivrance d'un permis de construire de 117 logements (6 bâtiments) sur le domaine des Capucins, avaient été posés.

C'est vrai que nous avons été nombreux à nous interroger sur cette irrégularité réglementaire qui veut qu'un permis de construire qui a été accordé par le maire le 10 juin, ne soit pas signalé plus tôt. Certainement que les dévastateurs de ce parc centenaire attendaient l'été et l'absence des riverains partis en vacances, pour informer de leur forfait...

Mais nous ne sommes pas dupes de ces manipulations. Et nous agissons, dans un esprit collectif avec tous les Annéciens désireux de sauver ce parc et de l'ouvrir au public.
Ce combat est porté de manière très professionnelle par l'association des amis du domaine des Capucins, créée à cet effet.

Certains se demandent ce qu'il faut faire pour empêcher ce massacre. Depuis que le permis est affiché, tout Annécien peut consulter le permis de construire au service urbanisme de la ville. Il pourra ainsi se faire une idée de l'ampleur de ce projet et du saccage envisagé du parc. Il peut ensuite faire un recours gracieux auprès de M. le Maire. Ce recours vise à exposer des FAITS et des contradictions entre des lois ou règlements (par exemple le PLU) et le projet du promoteur. Et je peux vous dire qu'il y a des irrégularités... La forme de ce recours est au bon vouloir de chacun mais le plus simple est de rédiger une lettre. Vous avez deux mois pour le faire en commençant par dire que ce délai court depuis la date d'affichage du permis sur le terrain qui n'est pas le 10 juin !!!

Plus le nombre de recours gracieux est important, mieux c'est ! Alors n'hésitez pas.

De son côté, l'association des amis du domaine des Capucins a travaillé également à un recours avec l'aide de juriste et d'urbaniste. Pour ceux qui ne se sentent pas de rédiger un recours personnel mais qui veulent sauver le parc du béton, je ne peux que vous encourager à rejoindre l'association (cotisation annuelle de 10€, nous acceptons les dons). En effet, toutes ces démarches ne sont pas gratuites et nous avons besoin d'argent. Par exemple, le constat par un huissier de justice de l'absence des panneaux réglementaires sur le terrain nous coûte plusieurs centaines d'euros... On voit d'ailleurs la stratégie de la ville qui cherche ainsi à étouffer financièrement les contradicteurs sur ce projet....

Je suis plus déterminé que jamais sur ce dossier. Annecy a besoin d'espaces verts, y compris dans ses quartiers et pas seulement en centre-ville. L'urbanisme de la ville reproduit les mêmes erreurs que dans les années 1960 quand on créait des banlieues dortoirs sans verdure. On étouffe et cela a un impact sur la qualité de vie des habitants, la qualité de l'air et la halo de chaleur urbaine.

Toutes les villes créent actuellement des parcs, et d'autant plus depuis la COP 21. Ailleurs, on démolit des maisons ou des friches industrielles pour créer des parcs. A Annecy, nous avons la chance d'en avoir un, centenaire, de pleine terre, sauvons-le. Les intérêts financiers des promoteurs, la loge des bétonneurs, ne doivent pas prendre le pouvoir à Annecy.

Annecy est aux Annéciens, pas à l'argent-roi.

samedi 16 juillet 2016

Tuerie de Nice : Deuil national

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C'est avec une immense tristesse et une certaine colère que j'ai appris ce qui c'était passé à Nice le soir du 14 juillet. Encore une fois, un cinglé barbare avait décidé de semer la mort et la désolation derrière lui.

Je veux adresser toutes mes pensées et mon soutien aux victimes, à leurs familles et amis, aux blessés. Annecy est historiquement si proche de Nice que ce drame raisonne ici en Savoie avec un écho particulier. Oui, depuis ce funeste soir nous sommes tous Niçois.

Je veux saluer aussi les forces de l'ordre qui ont permis d'arrêter ce barbare dans son crime horrible. Ainsi que tous les policiers et gendarmes investis depuis dans l'enquête et la recherche de la vérité. Un mot d'affection aussi au corps médical qui a dû gérer un drame sans précédent avec un professionnalisme de tous les instants.

Choisir ses mots et attendre

Personnellement, dans l'attente des résultats de l'enquête, je préfère ne pas donner de qualificatif à cette tuerie. Peut-on parler d'attentat comme le font certains politiques depuis 2 jours, je n'en suis pas certain (pour quelle cause ?) ? De terrorisme ? Ce mot revêt un caractère si anxiogène qu'il vaut mieux l'utiliser avec parcimonie, dans l'attente des résultats de l'enquête.

Je trouve que depuis ces événements tragiques, horribles, nous connaissons un emballement politique et médiatique qui me font peur. Parce que cet individu était d'origine tunisienne, on a tout de suite pensé au terrorisme islamiste, sans plus de preuve que son nom, un mode de tuerie soit disant encouragé par Daech... On a hystérisé la population et renvoyé cet acte odieux au terrorisme islamiste.

Bien sûr, je ne connais pas plus d'informations que ce que la presse en dit. Je comprends que, pour trouver une logique à ce qui n'en a pas, on cherche à se raccrocher à des raisons qui nous paraissent évidentes : tuer par radicalisation islamiste, même si c'est une horreur monumentale, on peut le comprendre.

Mais s'il s'agissait d'un acte d'un déséquilibré isolé ? Faut-il, sans réfléchir plus avant, se jeter dans des fausses solutions (j'entends déjà parler les politiques d'état d'urgence, d'interdiction du voile islamique, de guerre contre le terrorisme...) alors qu'il s'agit peut-être d'autre chose ? Cette hypothèse nous fait encore plus peur, car on ne lui trouve aucune logique. C'est pourquoi collectivement on préfère la balayer d'un revers de main pour se convaincre qu'il s'agit de terrorisme islamiste...

Pourtant nous avons déjà eu au moins un précédent : le pilote de la German Wings qui s'est suicidé avec des dizaines de passagers en 2015. Là aussi au début on a tout entendu sur la piste terroriste... qui a fini par faire pschitt.

J'ai confiance en la justice de mon pays pour qu'elle trouve les "motivations" de ce monstre. En connaissant les origines du mal nous pourrons chercher un remède. Tout cela demande un peu de temps et de sang froid. Nous finirons par avoir sans aller plus vite que la musique. Et j'ai depuis hier un profond mépris pour tous ceux qui se sont engouffrés dans les formules faciles, les solutions sécuritaires, la stigmatisation.

Essayer de comprendre l'incompréhensible pour arrêter ces massacres

Au-delà de ces solutions qu'il faut absolument trouver pour mettre fin à ces carnages, il faut aussi relancer le travail sur la réflexion grâce à la raison (et non l'affect et l'hystérie). Il y a plus d'un siècle, Emile Durkheim avait publié un livre intitulé : "Le suicide" dans lequel il énonçait l'idée que le suicide est un acte social, révolutionnant totalement la vision collective de cet acte. Il nous faudrait aujourd'hui un grand penseur qui réfléchisse à ces suicides meurtriers recouverts d'une justification religieuse ou non. Pourquoi au moyen-age le suicide n'existait pas, puis est apparu le suicide individuel (seul dans son coin) et maintenant le suicide meurtrier (les bombes humaines, les déséquilibrés qui finissent toujours par se faire descendre) ?

L'Histoire nous montre que l'être humain évolue, même dans le pire, même dans le mal. On a vu apparaître les serial killers. On a vu les terroristes engagés (OLP, IRA...). On voit aujourd'hui des terroristes radicalisés en Syrie (Charlie Hebdo, Bataclan...). Et peut-être aussi des déséquilibrés qui ne veulent pas mourir tout seuls. Pourquoi ?

On peut se dire que ce sont des fous, qu'il faut sortir de la société des hommes (c'tait la logique de le déchéance de nationalité par exemple). On peut aussi se dire, sans rien enlever de leur barbarie, de leur inhumanité, qu'ils sont souvent le produit de nos sociétés, et que quelque chose s'est déréglé dans nos sociétés qui a libéré une nouvelle façon de créer le mal (quel rôle de la violence sur les écrans par exemple ? etc...). N'existe-t-il pas des liens, finalement, entre ces tueries sur les campus américains, et ces attentats ? Pourquoi ces jeunes veulent-ils mourir, et mourir avec d'autres ?

Poser ces questions ce n'est pas chercher des excuses à ces barbares. Loin de moi cette idée. C'est commencer, peut-être, à ouvrir la voie qui permettra : plus jamais çà ! Loin des slogans et des responsabilités toutes faites.

vendredi 15 juillet 2016

Le logement à Annecy de 2008 à 2013

Toujours d'après la même étude de l'INSEE comparant les données de 2008 et celles de 2013, voici ce que l'on peut apprendre sur le logement à Annecy.

1) De 2008 à 2013, il s'est construit 1600 logements supplémentaires sur Annecy (+5.5%) soit un rythme soutenu. Vu que l'on reconstruit la ville sur la ville, on voit que le nombre de maisons individuelles diminue (-50), achetées, puis rasées et remplacées par des immeubles. Le chiffre important : 1/3 des nouveaux logements construits à Annecy sont des résidences secondaires. C'est ce chiffre qui pose beaucoup de questions. Est-ce cela la ville que nous voulons alors que nos enfants ne peuvent pas se loger ? La réponse, on la connait : plus de logements sociaux, plus de logements à prix maitrisés et moins de logements au marché libre. 
Le nombre de logements vacants continue aussi à augmenter (+ 100) pour atteindre 7.6% de l'ensemble des logements. Là aussi une politique volontariste s'impose !


2) Un parc de logements vieillissant : 44% des logements d'Annecy ont été construits entre 1946 et 1970 au moment de l'envolée démographique d'Annecy. Cela pose l'inévitable question de la rénovation de ces bâtiments et notamment de l'accompagnement vers des rénovations thermiques. De ce point de vue, l'absence d'engagements financiers de l'agglo est réellement problématique.


3) 52% des Annéciens sont locataires, un chiffre en progression. 3784 logements sont des HLM (en hausse certes, mais ils ne représentent que 14.2% des logements*, encore largement insuffisant).

*Remarque : la ville communique beaucoup sur le fait qu'elle aurait atteint les 20% de logements sociaux. C'est un abus de langage car il s'agit des 20% au sens de la loi SRU qui compte aussi les résidences pour personnes âgées, les foyers, les résidences étudiantes...

4) 40% des Annéciens habitent Annecy depuis moins de 4 ans... La population annécienne est très polarisée : d'un côté des Annéciens de longue date, de l'autre des néo-Annéciens. Une grande difficulté pour les politiques que nous sommes d'arriver à faire comprendre les grands enjeux et les grands combats qui durent longtemps à une population qui bouge beaucoup... La mémoire s'efface vite. Reste à savoir si cela ne favorise pas l'oubli des erreurs de certains et donc leur réélection systématique...


5) Un nombre de voitures qui augmente (+ 600 ménages ont au moins une voiture) mais une part qui diminue légèrement (de 78.4% à 77.6%). Encore du travail en perspective...




mercredi 13 juillet 2016

L'emploi à Annecy de 2008 à 2013

L'insee a publié sur son site internet une étude comparative sur l'emploi à Annecy entre 2008 et 2013.

Voici les principaux faits marquants :

1) Une forte croissance (+ 2 points, 1000 personnes) de la part des cadres et professions intellectuelles supérieures (les CSP +) au détriment des CSP plus modestes (classes moyennes et populaires). La structure de l'emploi sur Annecy "monte en gamme". Annecy s'embourgeoise.
2) En 5 ans, l'économie sur Annecy a détruit 1200 emplois (-3.5%). Cette donnée est inquiétante.


3) Tous les secteurs d'activités ont détruits des emplois en valeur : - 300 emplois dans l'industrie, - 180 dans la construction, -20 dans le commerce, - 900 dans l'administration publique. Bien sûr la crise est passée par là. Mais on voit le fort impact des politiques sarkozistes de réduction des effectifs de la fonction publique...
On notera une forte feminisation de l'emploi : 53.2% des travailleurs sont des travailleuses !

4) Une forte hausse du chômage qui passe de 10.1% à 11.6% dans la moyenne nationale.

Conclusion : Si Annecy a un bassin économique dynamique et attrayant, on note tout de même (même dans cette période de crise) que les voyants ne sont pas tous au vert. L'économie annécienne a détruit des emplois entre 2008 et 2015 et on note une forte hausse du chômage et de la précarité dans l'emploi.

En parallèle, l'économie annécienne poursuit sa mutation, celle d'une ville centre : tertiarisation (de plus en plus une économie tournée vers les services) des activités au détriment du secteur secondaire (industrie et constructions) ; et en même temps élévation dans l'échelle des CSP avec de plus en plus de cadres et de moins en moins d'employés.

Certes la situation est loin d'être catastrophique. Notre économie a bien supporté la crise. Mais derrière la carte postale, on voit poindre des faiblesses qu'il nous faut analyser et corriger. D'abord accompagner la création d'emplois notamment dans nos secteurs stratégiques. Les pôles de compétitivité et nos filières d'excellence sont des outils qu'il faut encourager. Ensuite prêter une attention soutenue à ceux qui sont restés sur le carreau, les chômeurs.

Les risques potentiels sont : 1) avec l'arrivée importante de nouvelle population soit une hausse des inactifs (retraités principalement) et donc un "vieillissement" de notre population, soit une hausse du chômage, soit les deux. 2) une polarisation des situations sociales avec d'un côté des cadres plutôt aisés et de l'autre des chômeurs et autres CSP- avec des difficultés sociales et financières dans un département cher.

dimanche 10 juillet 2016

LR en Haute Savoie, le non-renouvellement


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Le parti "Les Républicains" de Haute Savoie a donc désigné ses candidats pour les élections législatives de juin 2017. Et là on n'a pas de surprises : on prend les mêmes et on recommence !

1ere circonscription : Bernard Accoyer, qui aura 72 ans (et finirait son mandat à 77 ans !!!) élu député depuis 1993 soit plus de 23 ans !! Je laisse de côté le cumul des mandats...

2e circonscription : Lionel Tardy, qui avait toujours promis ne faire que deux mandats consécutifs... Les promesse n'engagent... Bref, le "trublion" s'est rangé.

3e circonscription : Martial Saddier, roi du cumul des mandats qui vient de se faire élire vice-président à la Région mais visiblement il n'y a pas assez de travail à Lyon...

4e circonscription : Virginie Duby-Muller, je cumule, tu cumules,...

5e circonscription : Marc Francina, qui a aura 70 ans, toute la jeunesse du Chablais...

6e circonscription : Sophie Dion, alors là, bon rien à dire, ne cumule pas, 60 ans.

Toujours 4 hommes pour 2 femmes...Parité, parité chérie.

Le non-renouvellement de la classe politique haut-savoyarde est un problème. On ne peut pas construire l'avenir avec des gens qui siègent depuis des lustres. Cela ne favorise pas l'émergence de nouvelles idées, d'initiatives et encourage le clientélisme et les baronnies locales (favorisées par le cumul éhonté des mandats).

Je vais donc travailler, rapidement, à la construction d'une alternative pour donner de l'air et un nouveau souffle à notre Haute Savoie qui en a bien besoin. J'ai l'intention d'y associer tous les citoyens désirant faire bouger les choses.

vendredi 8 juillet 2016

Comité Annecy Jeunes

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Le 27 juin dernier, le conseil municipal a voté à l'unanimité la création d'un "Comité Annecy Jeunes". Ce vote faisait suite au vœu que notre groupe avait déposé en Novembre dernier pour demander la création d'un conseil municipal Jeunes. Depuis, un groupe d'élu s'est réuni plusieurs fois sous la direction de Mireille Brasier pour réfléchir au moyen de mieux associer nos jeunes aux prises de décisions.

Qui fera partie du Comité Annecy Jeunes ?

Ce comité sera divisé en 2 groupes : l'un sera composé des 11-14 ans (collégiens), l'autre des 15-18 ans (lycéens). 

Chaque collège présent sur la ville (Balmettes, Blanchard, Tilleuls et Saint Michel) pourra désigner (les modalités de cette désignation reste à la charge des établissements scolaires : élection, nomination...) 2 élèves (de préférence paritaire). Cela fait donc 8 jeunes auxquels il faudra rajouter des jeunes issus de MJC et d'autres organismes pour arriver à un groupe total d'une douzaine de membres (taille idéale pour travailler réellement)

Chaque lycée présent sur la ville (Fauré, Berthollet, Sommeiller, Saint Michel) pourra désigner 2 élèves. Il faudra aussi rajouter des jeunes issus des MJC, de Passages... pour arriver aussi à une douzaine de jeunes.

Chaque jeune sera désigné pour 1 an.

Le mélange entre jeunes scolarisés et jeunes non scolarisés, entre jeunes en filières générales et en filières pro, en établissements publics et en établissements privés, était une volonté forte des élus.

Quel sera le rôle du Comité Annecy Jeunes ?

Ces jeunes auront un  double rôle :
1) d'abord nous faire remonter leurs attentes, leurs envies, leurs idées afin d'améliorer la vie des jeunes qui vivent (et pas forcément qui habitent, ce qui est aussi important, on ne demande pas les cartes d'identité et les adresses !) sur Annecy. Ce comité sera le lieu privilégié pour faire  bouger Annecy et avancer de nouvelles idées pour nos jeunes et pour tous les autres. J'y vois personnellement un lieu de bouillonnement et de créativité intéressant pour tous les Annéciens.

2) ensuite nous faire leurs retours d'expériences sur des dispositifs municipaux existants. Que faut-il améliorer, changer ? Qu'est-ce qui marche, qui ne marche pas ? Pourquoi ? Ce comité se veut un interlocuteur privilégié pour les élus, pour contrôler et discuter des dispositifs mis en oeuvre et de leur efficacité.

Comment cela va-t-il se passer ?

Pour répondre au double rôle attribué au Comité, le "travail" des jeunes sera divisé en deux thèmes : l'un dit "sujet libre" permettra aux jeunes d'avoir une feuille blanche pour nous faire remonter une idée, un projet de leur choix ; le second dit "sujet imposé" sera un thème (un dispositif municipal) choisi par les élus et sur lequel nous attendons un retour des jeunes. 

Pour organiser ces échanges, 3 réunions plénières seront organisées, réunissant le comité des jeunes et les élus : l'une début octobre pour lancer l'année, le deuxième en milieu d'année pour faire un point d'étape et la troisième en fin d'année pour que le comité remette aux élus leurs travaux et leurs propositions. Entre temps, les jeunes auront les moyens de se réunir régulièrement pour travailler.

Un groupe d'élus volontaires sera chargé de suivre, avec un regard bienveillant et en prenant garde de ne pas être trop intrusif, les travaux du Comité Annecy Jeunes. Il sera son interlocuteur privilégié.

Bien entendu, les propositions faites pour le Comité Annecy Jeunes restent des propositions. Le comité n'est qu'un organe consultatif. C'est le conseil municipal qui, après la remise des travaux en fin d'année scolaire, aura le choix de suivre ou de ne pas donner suite aux propositions faites.

Je ne doute pas, que ce nouvel "outil" de démocratie participative va nous surprendre par ses propositions et la maturité de nos jeunes. Il offrira un air neuf et frais sur la vie locale. 

Ce vote est historique et l'organisation envisagée (bien que perfectible et devant être mise à) l'épreuve des faits) ouvre un véritable espace de dialogue et de créativité pour les Jeunes.

Mais il ne fonctionnera correctement qu'avec une réelle implication de tous et en premier lieu de nos Jeunes. Ce comité Annecy Jeunes est votre outil, à vous de vous en saisir et d'en faire un élément moteur en terme de propositions et de débats !

mercredi 6 juillet 2016

Le bling-bling à Annecy, c'est fini ?

Deux informations se télescopent dans l'actualité annécienne : d'abord l'annulation du festival de Musique classique qui avait lieu en Aout ; puis la rétrogradation (à titre conservatoire) de l'ETG en CFA.

Bien sûr ces deux situations sont très différentes. Mais elles illustrent néanmoins une réalité plus difficile à avouer pour la majorité : elles montrent toutes deux la fragilité du mandat de M. Rigaut, ou plutôt son gout pour le bling-bling. 

Car que nous disent-elles : voilà 2 situations, deux organisations qui ont grandi trop vite, brassé des centaines de milliers d'euros, et qui aujourd'hui s'avèrent être des feux de paille.
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On a bâtit sur du sable, des châteaux en Espagne. Et la marée est arrivée qui a tout emporté.

Ma collègue Evelyne Marteau a utilisé la fable de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le boeuf, elle a bien eu raison.

En 2008 se tenait la dernière édition d'un festival de musique classique initié à l'origine par une professionnelle locale et portée vaillamment par une association locale. Mais la mairie avait décidé que cet événement n'était plus adapté. Elle l'a donc laissé tomber (à tel point qu'à cette dernière édition aucune élu, à part moi, n'était présent pour soutenir le "Annecy Festival Estival et Académies"). Certes, tout festival a besoin de se régénérer, de se moderniser, d'évoluer, mais de là à couper les vivres...

En 2010 se tenait la première édition d'Annecy Classique Festival, dont seul subsistait le directeur artistique. L'arrivée d'un mécène russe avait redonné l'envie à la ville de soutenir la musique classique... Bien sûr, au-delà du nom, beaucoup de choses ont changé. Certains ont tout de suite voulu donner une dimension EXTRAordinaire, internationale à ce festival, pourtant encore bien fragile. Les roubles ont fait tourner les têtes. Annecy allait devenir Bayreuth. Il ne restait pas grand chose de l'esprit associatif des débuts. Certes, le professionnalisme et la qualité des concerts offerts ne souffrent aucune discussion. Mais tout cela allait trop vite, trop grand...

La ville était évidemment ravie de ces paillettes. Pourtant rapidement les signaux d'alerte ont été enclenchés. De 10 jours à ces débuts, le festival est descendu à 7 jours, puis 5 jours pour finir sur une édition 2016 qui aurait dû durer 3 soirs... Le mécène avait d'autres priorités, il s'est retiré progressivement. L'issue était prévisible si certains avaient préféré ne pas se cacher la réalité. Lorsque l'année dernière j'ai refusé d'assister au festival pour montrer mon opposition à la rallonge de 50 000 € accordé par la ville au festival sur injonction de celui-ci, c'est que je savais bien que ce ne serait que le début.

Oui, les annéciens ont pu profiter d'un festival exceptionnel pendant 6 ans. Il faut d'ailleurs remercier les employés du festival pour leur travail et leur souhaiter "tout de bon" pour l'avenir. Mais est-ce cela une politique culturelle ? Tout parier sur des événements bâtient sur du sable plutôt que d'accompagner la reconversion d'une association locale et l'aider à grandir petit à petit ?

De même pour l'ETG "Evian Thonon Gaillard" (où est Annecy?) dont l'épopée en ligue 1 nous a tous fait rêver. Mais dont la célébrité était basée sur des investisseurs financiers, venus de loin, qui eux aussi ont pris la poudre d'escampette quand la tempête est arrivée. Combien d'argent ont été engouffré dans la rénovation du stade d'Annecy ? Quand on se souvient même que le maire avait prêché la construction d'un nouveau stade à Seynod... Là encore les paillettes ont fait tourner les têtes. On était invité en tribune VIP, on buvait du champagne à la mi-temps, c'était la fête... Mais le bel édifice s'est écroulé car bâtit sur du sable.

Là encore personne ne regrette d'avoir vécu cette belle aventure. On a espéré, on a eu peur, on a vibré avec nos roses. Mais la même leçon doit être tirée de cette expérience : le plus sûr, le plus solide, c'est encore d'investir sur des "petits" clubs locaux, ceux qui créent le lien social, ceux qui batissent sur du dur, à force d'abnégation et de persévérance pendant des années, pour monter des équipes solides et durables. On ne batit pas une politique sportive sur du bling-bling, c'est pourquoi j'ai toujours refusé la construction d'un nouveau stade. On la construit en accompagnant pas à pas, année après années, des clubs locaux. Et dire que certains voulaient rénover le stade et lui retirer sa piste d'athlétisme...

Oui, il y a des choses en matière culturelle et sportive qui se sont faites à Annecy. Ces éléphants blancs, dopés à coups de milliers d'euros, ont fait tourner les têtes et nous ont éloigné de l'essentiel : la nécessité de garder le cap, celui de l’intérêt général qui doit être le guide des élus, parfois loin des paillettes et des cocktails, auprès des associations et des clubs locaux. Cela doit servir de leçons à tous pour l'avenir.

lundi 4 juillet 2016

Capucins : exposé historique de M. Touvier


Vous trouverez ci-dessous l'exposé que Louis Touvier, historien local, nous a fait le plaisir de nous présenter vendredi soir dans le cadre de la réunion publique organisée par "Les Amis du domaine des Capucins".

Cet exposé riche et passionnant (également ponctué d'humour et d’anecdotes) montre l'attachement profond des Annéciens à leurs capucins et à cette histoire. Merci à M. Touvier pour son travail et sa manière de nous transmettre son savoir. Merci aux adhérents de l'association et à sa présidente pour cette soirée passionnante. (ndlr : les surlignés en bleu sont de moi)


"Survol de l'histoire des capucins d'Ancône (1525) à Annecy (2016)

Annecy est une ville de cinéphiles. J’ai donc pensé présenter cette intervention sous forme d’un « zoom avant ». Un plan large sur l’Ordre des Capucins : leur histoire et leur particularité. Un plan américain sur leur présence et leur influence en France et surtout en Savoie. Un long gros plan sur l’histoire des Capucins à Annecy et la crise actuelle qui m’a amené à cette intervention.

L’Ordre des Capucins

Le XIII° siècle, apogée du Moyen-Age, assiste à une révolution religieuse dans la Chrétienté occidentale. Jusque- là, la vie des moines n’était possible que dans la solitude de la nature. Les couvents s’établissaient toujours dans des « déserts » comme celui de la Grande Chartreuse. Deux hommes bouleversèrent cet ordre établi : Dominique Guzman (1170-1221) avec ses « Frères prêcheurs » et François d’Assise (1182-1226) avec ses « Frères Mineurs ». Dominicains et Franciscains vont désormais vivre leurs vœux religieux dans les villes qui se développent de partout. Les Dominicains mettent l’accent sur la formation intellectuelle, les Franciscains sur la pratique d’une réelle pauvreté. Assez vite, cette pratique provoque chez les Franciscains une scission entre Conventuels, moins rigides, et Observants, plus fidèles à la pauvreté originelle. Cette fidélité s’amoindrit même chez les Observants au XV° siècle. De plus en plus au XVI° siècle, s’y fait sentir  la nécessité d’un retour à  la « Dame Pauvreté » de François d’Assise. C’est dans ce contexte que va naître, chez les Franciscains, un troisième Ordre de Frères Mineurs : les Capucins.

L’accouchement en fut long et douloureux. En 1525, dans la province d’Ancône, le frère Matteo da Baschi déclare qu’il a eu une vision de Saint François d’Assise habillé d’une bure avec capuche, symbole du retour aux origines de l’Ordre des Frères Mineurs. Avec quelques compagnons, il fonde « les Frères de la vie érémitique », voués à la contemplation solitaire et à la prédication populaire. Les Supérieurs franciscains ont peur d’une nouvelle affaire des « Spirituels » qui, aux alentours de l’an 1300, sous prétexte de retour aux origines, avaient versé dans l’hérésie et la révolte sociale (le roman et le film « le nom de la rose » y font longuement allusion). Les autorités mettent le réformateur en prison ecclésiastique. Il en est libéré par le pape Clément VII (attention : pas l’antipape annécien Clément VII, 1378-1374 !). Ce pape lui délivre une bulle (1528) qui donne ses premières Constitutions au nouvel Ordre. Mais un dénommé Luigi da Fossombrone (près d’Urbino) évince Matteo et prend le pouvoir qui devient vite dictatorial. Nouvelle crise résolue en 6 ans par Bernardino d’Asti. En 1552 enfin sont adoptées les Constitutions définitives des religieux que, depuis 1534, l’on appelle « les Capucins », du nom de la fameuse capuche, objet des quolibets des enfants de la région. D’une moquerie, ils ont fait leur symbole.

Quelles sont cependant les particularités de ce troisième grand rameau de la famille franciscaine ? D’abord les signes extérieurs de la fidélité à la pauvreté originelle. Leur bure de tissu grossier marron ou gris selon les pays, les pieds nus dans les sandales même dans la neige, la capuche déjà citée et le port de la barbe. Celle-ci n’est pas innocente. Comme chez les philosophes cynique grecs ou stoïques romains, elle manifeste le mépris pour les soins corporels… Leur pauvreté est non seulement personnelle mais elle est aussi collective, à la différence des autres ordres : les communautés  n’ont pas le droit de posséder des biens matériels. L’office des « heures » monacales est récité « recto tono » et non chanté, signe du refus de la recherche esthétique du chant grégorien. Les communautés ne peuvent dépasser 12 membres, ce qui permet une certaine vie érémitique et l’absence de ressources à long terme. Ils prêchent mais sans affectation ni grande recherche intellectuelle. Enfin leur organisation est à la fois plus démocratique grâce à des mandats de gouvernance écourtés et à  une participation effective aux décisions, et  plus centralisée par les « visites » (=inspections !) systématiques et rapprochées des Supérieurs. Les Capucins sont actuellement 10.500 dans le monde, répartis sur 100 pays. Il faut leur ajouter  les 2.500 religieuses clarisses « capucines » qui ont donné leur nom, plus avenant que « tropaeum majus », à une fleur très décorative et comestible.

Les Capucins en France et en Savoie

Pendant 20 ans, les Capucins respectèrent l’interdiction papale de franchir les Alpes. En 1574, Grégoire XIII les y autorise. Très vite, ils couvrent l’Europe de leurs fondations au point d’arriver à 35.000 membres en 1760... Présenter les Capucins en France serait trop long. On se contentera de quelques faits qui donnent une idée de leur influence à l’époque. Ils furent appelés à Paris dès 1574 par le Cardinal de Lorraine, frère du Duc de Guise, le chef du parti catholique en ce temps des guerres de religion.  Les Capucins s’y engagèrent à fond. Une estampe les représente défilant dans le Paris de la Ligue, casqués, cuirassés, le mousquet sur l’épaule….La paix revenue, Henri IV leur confie la lutte contre les incendies en ville. Et pendant 200 ans, les Capucins furent les sapeurs-pompiers de Paris !...Ils ne désarmèrent pas dans leur opposition au Protestantisme. L’un d’eux y acquit la célébrité : François Leclerc de Tremblay (1577-1638), plus connu sous son nom de religieux, « le Père Joseph". C’est lui « l’éminence grise » (couleur de sa bure), le conseiller spécial du Cardinal de Richelieu, y compris dans la lutte armée contre les Protestants. Avec les fondations capucines, il tissa un réseau de renseignement pour le Pouvoir, une sorte d’ancêtre de nos «  Renseignements Généraux ». Grand communicant, il prend, en 1624, la direction du « Mercure français », la première revue de l’actualité d’alors. Dans les controverses, les Réformés citaient la Bible en langue vulgaire. Pour leur répondre, les Capucins obtinrent en 1612 l’autorisation de faire imprimer la dite Bible en Français et de la confier à des laïcs pour faire face aux prédicants.

Sur le territoire de notre Savoie actuelle, les Capucins, venant de leur province de Lyon, débarquent à Chambéry dès 1575, mais attendent 17 ans pour pousser jusqu’à Annecy. Le Duc de Savoie a décidé de ramener à la foi catholique le Chablais passé à la Réforme depuis l’invasion bernoise de 1536. Cette mission est confiée à la fois aux Capucins et à François de Sales qui recommande une « douce violence ». On l’oppose par cette citation au terrible Père Chérubin, un capucin avec lequel François coopère et qui, lui, n’hésite pas à employer la manière forte et même brutale… A plus long terme, les Capucins eurent une influence durable sur l’art en Savoie. Le duché fut érigé en province religieuse capucine autonome, avec 17 fondations et plus de 300 membres actifs dans les vallées.  Pour le bon peuple illettré, les Capucins organisaient des fêtes grandioses (type « les 40 heures ») avec processions costumées, illuminations et effets sonores, décoration clinquante des églises, utilisation de l’effet de masse pour ranimer le sentiment religieux. Ils développèrent ainsi le goût du Baroque populaire qui fleurit dans les édifices religieux de nos montagnes et que l’on admire tant aujourd’hui…Mais voilà qu’en France, la Révolution dissout tous les ordres religieux. Lorsqu’elle atteint la Savoie, l’Assemblée des Allobroges réunie à Chambéry en 1792 en fait autant et « libère » les 169  capucins savoyards de l’époque. Quand elle apprit le rattachement de la Savoie à la France, elle fit célébrer un « Te Deum » à la cathédrale. A cette occasion, elle demande à  un capucin nommé Aubin Arnaud (délégué de Marlioz), de prêcher sur le verset du « Magnificat » : « Dieu renverse les puissants de leur trône mais Il élève les humbles ». Cet hommage à l’esprit  évangélique des Capucins  de Savoie  ne les empêcha pas de disparaître d’Annecy pendant plus de 80 ans, après 2 siècles de présence.

Les Capucins à Annecy

Charles-Emmanuel, duc de Nemours est à la tête de l'apanage du Genevois. Après une jeunesse dissolue, il se retire au château d’Annecy. Pour le salut de son âme, il fonde en 1592 un couvent de capucins. Ceux-ci y arrivent en 1594 pour occuper cette fondation. Elle servira de « base arrière » à leurs missionnaires du Chablais qui viendront s’y ressourcer entre 2 « missions ». Les religieux sont en effet répartis en 3 catégories : les prêtres au couvent, les prédicateurs en mission, les « lecteurs » (=maîtres) formateurs en particulier des novices. Ceux-ci sont admis seulement à 17 ans (dans les autres ordres, à partir de 12/14 ans !) et attendent 8 ans avant d’accéder au sacerdoce… Nos capucins s’installent sur un lieu  qui deviendra bientôt « les Marquisats ». Sur la butte qui domine le Lac, ils édifient une « maison » avec l’enclos d’un haut mur, à gauche de la montée actuelle appelée Avenue de Tresum. Un large escalier part du « port des Capucins » pour rejoindre la chapelle avec clocher. 

Pourquoi  si à l’écart de la ville ? Un accord entre Franciscains et Dominicains prévoyait une certaine distance entre leurs couvents respectifs (pour éviter la concurrence ?) Or le couvent dominicain fondé en 1422 par le Cardinal de Brogny avait pour chapelle l’actuelle église Saint Maurice : il fallait respecter la distance ! D’autre part, ils s’éloignaient des Franciscains de l’Observance, appelés en France « Cordeliers », qui les avaient fort mal reçus. En effet, ceux-ci sont alors en conflit avec les chanoines et l’évêque qui ont fui les protestants de Genève et se sont repliés sur la chapelle des Cordeliers pour en faire leur cathédrale « provisoire en exil ». Les Cordeliers constatent, dépités, que l’on dépossède les uns et que l’on accueille les autres qui ont même droit à un « port des Capucins » ! En 1624, les Capucins laissent les Visitandines construire leur second couvent qui fait une sorte de continuité avec la Ville (C’est aujourd’hui le couvent  des Sœurs de Saint Joseph). Mais en 1664, Mgr. D’Arenthon d’Alex veut édifier un Séminaire, devenu aujourd’hui le Conservatoire départemental  d’Art et d’Histoire. Ce voisinage qui les domine ne plaît pas aux Capucins de l’époque. Ils intentent un procès à l’évêque qui devra attendre plus de 20 ans avant d’inaugurer son séminaire. Détail plaisant du procès : les Capucins prétendent que les séminaristes, étant donné le relief, pourront plonger leurs regards dans les chambres des Visitandines (Sic !). Ces conflits n’empêchent pas la « maison » d’Annecy d’essaimer en Savoie du nord et d’y tisser un réseau de fondations : Thonon (1608), Rumilly (1612), Saint Julien (1613), La Roche (1617), Sallanches (1619), toutes dépendantes de la « custodie »  (= centre d’une circonscription capucine) d’Annecy qui en 1680 abrite 6 religieux et un « Père gardien ».

Dans l’hiver 1792-93,  le couvent est mis en vente comme « bien national ». Sous le « proconsulat » du représentant conventionnel Albitte, son clocher est rasé au nom de l’Egalité mais la bâtisse reste à peu près intacte. Bonaparte rétablit la paix religieuse par le Concordat de 1801. Mais il y  ajoute les Articles Organiques qui n’autorisent que 5 congrégations en France. Les Capucins de retour sont donc « sécularisés » comme simples prêtres diocésains. En 1815, Annecy est de nouveau sarde et les congrégations religieuses échappent donc à l’interdiction napoléonienne. L’un des capucins sécularisés, frère Eugène de Rumilly, demande aussitôt aux autorités civiles et religieuses le rétablissement de la province capucine de Savoie. Malgré les réticences de l’évêque de Chambéry, cette province est restaurée en 1818. Très vite Chambéry et Yenne ont de nouveau un «clos des Capucins ». Le tout nouveau diocèse d’Annecy (1822) en connaît lui aussi 2 : à Châtillon et à La Roche. Annecy voudrait bien avoir le sien en rachetant l’ancien couvent qui est mis  en vente par ses propriétaires. Pour cet achat, les Capucins quêtent et lancent une souscription. Mais les Hospices Civils d’Annecy eux aussi cherchent un terrain pour remplacer l’hôpital du Saint Sépulcre devenu insuffisant. Or il manque 2.000 francs aux Capucins pour atteindre la somme demandée. En 1822 ce sont donc les Hospices qui emportent le marché et confient la nouvelle construction à l’architecte Louis Ruphy qui répare les bâtiments et leur adjoint celui d’un nouvel  hôpital avec  une belle façade (conservée dans la nouvelle urbanisation du premier « clos des Capucins »). En 1861-66, pour agrandir et moderniser cet hôpital, on rase les anciens bâtiments conventuels. En est-ce fini non seulement de la présence mais aussi du souvenir des Capucins à Annecy ?

Eh bien non ! En 1871 un généreux bienfaiteur, monsieur Francis Frèrejean, achète, au nord de  la gare toute nouvelle, 3 parcelles de terrains vierges connus sous le nom de « clos de Chevesnes », dont  il offre la « location » aux Capucins. Ceux-ci y édifient leur couvent achevé en 1874 avec une chapelle consacrée en 1876. L’ensemble, en forme de pentagone, couvre 12.000 mètres carrés. Mais la Gauche arrive au pouvoir en France et Jules Ferry décide d’appliquer les lois de Napoléon, même en Savoie redevenue française depuis 20 ans. Les Capucins ne sont pas une congrégation autorisée ? Ils sont donc expulsés par la police le 5 novembre 1880, malgré une imposante manifestation de sympathie de la population qui porte en triomphe les expulsés jusqu’à la cure de N.D. de Liesse. Le Comte de Sales leur offre l’hospitalité dans son château de Tresum (aujourd’hui siège de l’évêché), et le Clos de Chevesne est confié  à l’enseignement religieux libre (les Frères des écoles chrétiennes ont trouvé grâce devant Napoléon). La tension  anticléricale s’apaise avec « l’esprit nouveau » du pape Léon XIII et, 3 ans plus tard, les Capucins peuvent revenir chez eux. Pas pour bien longtemps. Le 1° juillet  1901, est votée la « Loi sur les associations » appliquée très sévèrement par les décrets d’Emile Combes. Et voilà nos Capucins de nouveau sous le coup d’une expulsion. A La Roche, le 1°avril 1904, le préfet a dû envoyer 2 compagnies d’infanterie et un escadron de dragons pour protéger les commissaires. Car une foule de fidèles veut empêcher l’expulsion des 7 capucins du couvent rochois. Il y a eu des bousculades plus ou moins violentes, des arrestations spectaculaires, des emprisonnements…Mais Mgr. Campistron prône l’apaisement à ses ouailles et l’expulsion des Capucins d’Annecy se déroule sans incident. Ils partent alors au loin, au Brésil, où ils feront florès. 

Ce sont les soldats  qui occupent alors les locaux car leur caserne du château est en réparation. Encore des soldats, allemands ceux-ci, dans un centre de rapatriements des prisonniers en 1919. La Grande Guerre a fait évoluer les esprits. Les Congrégations sont de nouveau légales. Et voilà nos Capucins de retour, très discrètement,  dans leur Clos d’Annecy qu’il faut remettre en état. Francis Frèrejean est décédé en 1918. Ses héritiers, soucieux d’éviter de nouveaux accrochages avec l’administration française, « vendent » ce Clos en 1925 à une Société qu’ils ont constituée à Genève sous le nom de « Société des 2 lacs ». La même année, la Ville d’Annecy projette d’acheter le Clos pour y implanter une école professionnelle. La réaction populaire est très vive et le projet vite abandonné. De nouveau la guerre en 1939. La Défense Passive réquisitionne les parterres et les jardins du Clos pour y situer des abris souterrains de béton face à la menace aérienne.( Certains voudraient conserver ces abris au titre mémoriel). Le couvent n’a pas été touché, seulement ébranlé  par le bombardement d’une usine proche. 

Pour réparer les dégâts, les Capucins organisent en 1947 une kermesse qui connaît un succès considérable et qui deviendra pendant des décennies une véritable institution annécienne. Fidèles à l’esprit de leur saint patron, les Capucins ouvrent en 1952 le « Foyer Saint François » pour les Sans- abri, à l’exemple de l’abbé Pierre, capucin sécularisé pour raison de santé, qui vient de fonder Emmaüs (1949). 

Mais le nombre des vocations diminue vertigineusement. Les couvents ferment les uns après les autres. En 2012, c’est le tour de celui d’Annecy après une émouvante cérémonie d’adieu. Le «Clos » déserté est donc mis en vente. Un promoteur se présente mais provoque la crainte d’une urbanisation sauvage. La Municipalité préempte et l’achète... A présent, nous ne sommes plus dans l’histoire du passé. J'espère vous y avoir un peu intéressés. Nous voici dans l'histoire qui se fait au jour le jour d'aujourd'hui. N’en soyons pas les spectateurs mais des acteurs actifs et vigilants.

Louis Touvier, 1er juillet 2016"







samedi 2 juillet 2016

Révision du PLU d'Annecy

Depuis plusieurs mois, la ville est engagée dans une révision de son Plan Local d'Urbanisme (PLU), document qui fixe les règles pour l'urbanisation de notre ville pour environ les 10 ans qui viennent.

C'est donc un chantier important. Certes, à Annecy, les enjeux ne sont plus de savoir si tel ou tel terrain devient constructible ou non puisque notre ville (à moins de bétonner le Semnoz) est déjà totalement urbanisée.

Il n'empêche que ce nouveau PLU doit porter des enjeux forts en termes de développement durable, de mixité sociale, de mixité générationnelle, de mixité fonctionnelle (mêler commerces, habitats, services publics), d'innovations et d'expérimentations (avec des "nouveaux matériaux" écologiques, de nouvelles manières de faire de l'autopromotion, etc...), de mobilités (transports en commun, piétons, vélos...), en matière d'attractivité touristique et économique (possibilités d'implantation d'hôtels, de commerces...).

Dès lors, l'enjeu porte principalement sur la densification de la ville, la fluidité de sa traversée et la protection des espaces verts et naturels.

J'ai porté en commission "urbanisme" cette vision de la ville du XXIe siècle, respectueuse de son environnement, de son histoire mais aussi résolument tournée vers l'avenir et le bien vivre ensemble.
Il faut dire que l'écoute de la part de Mme Tarpin, maire-adjointe à l'urbanisme (qui a porté le projet), a été d'une grande qualité. Dans l'ensemble, le projet actuellement porté et voté au dernier conseil municipal va, sur bien des points, dans le bon sens.

Néanmoins 3 points ont attiré mon attention et ont motivé une abstention lors du vote. Nous espérons que ces points pourront être améliorés au moment de l'enquête publique qui aura lieu à l'automne afin de, peut-être, valider ce PLU définitivement en décembre prochain.

1) Le nouveau PLU imposera aux promoteurs immobiliers 30% de logements sociaux sur tout nouveau programme immobilier à partir de 4 logements. C'est une bonne chose. La règle, qui jusqu'alors n'était pas écrite et subissait trop d'exceptions, sera cette fois-ci claire. Néanmoins, nous savons que la loi imposera 25% de logements sociaux d'ici à 2025 pour notre ville (nous sommes actuellement à 20%). Pour atteindre cette obligation légale, un cabinet d'étude a calculé qu'il faudrait construire 60% de logements sociaux dans tous les programmes neufs d'ici à 2025. Le double ! Dans un esprit constructif de compromis nous avions avancé le chiffre de 40%. Je rappelle que plus de 70% des Annéciens sont éligibles au logement social, que leur rareté est un handicap( le principal !) pour notre économie. Faire du logement social, c'est assurer notre prospérité économique et garantir à nos enfants de pouvoir rester au pays. 

Nous regrettons cette vision très stigmatisante des logements sociaux encore porté par la majorité. A Novel-Teppes, 48% des logements sont sociaux. pour autant aucun habitant ne voudrait quitter ce quartier. Comme quoi, quand ils sont bien faits, les logements sociaux ne sont pas porteurs de troubles mais de bien-être et d'une vie de quartier dynamique.

Je renvoie d'ailleurs à cette vidéo crée par l'agglomération (on se demande bien comment on peut affirmer que la C2A finance 40% de logements sociaux quand aucune commune ne retient ce taux dans ses documents d'urbanisme... les paroles et les actes !)


2) Le passage de zone Uc en zone Ub (permettant une plus grande densification) d'une partie du bout de l'avenue de France, devant les actuels bureaux de l'ONF et sur Sainte Bernadette. Si l'on comprend la nécessité de mettre en adéquation le zonage de cette partie de l'avenue avec la réalité des bâtiments existants (des immeubles) on sait que le changement de zonage sur cette partie de la ville est porteuse d'interrogations. En effet, l'implantation d'un potentiel nouveau centre des congrès sur la presqu'île pose des problèmes de stationnement. Tout le monde le sait et les commissaires-enquêteurs ont d'ailleurs largement souligné ce point dans leur rapport. Seule l'agglomération nie cette évidence.

Or, il existe un plan B que M. le maire a confirmé lors du dernier conseil : construire un parking en ouvrage sur cette partie de la ville pour garer les congressistes. Soit un parking silo (aérien) devant les bureaux de l'ONF; soit un parking en ouvrage (enterré) sur l'actuel parking de l'église Sainte Bernadette. Seul problème : le coût de ce parking (qui se chiffrera en dizaines de millions d'euros) n'est évidemment pas compté dans le coût actuellement annoncé (54 millions d'euros disent-ils) du centre des congrès. Il y a tout lieu de penser que ce futur parking sera payé par les Annéciens EN PLUS du centre des congrès. Heureusement que celui-ci ne verra jamais le jour là-bas !

3) J'ai regretté que derrière les belles paroles, les faits soient parfois forts différents. Le parc des Capucins, véritable joyau de verdure et de sérénité en plein coeur du quartier dense des Romains-Courier, n'a pas bénéficié d'une protection (on sait que la ville veut bétonner). J'ai demandé que ce parc soit classé en zone Uv dans sa configuration actuelle pour le sauver et le protéger, tout comme le sera le parc des Soeurs de Saint Joseph par exemple. Il n'y a aucune raison de défavoriser les Annéciens des Romains par rapport à ceux du centre-ville.

Je vous tiendrai évidemment informé des dates de l'enquête publique à laquelle chaque habitant peut participer en faisant part de ses remarques.

Un PLU offre des perspectives. Il dessine la ville pour les 10 années à venir. C'est un moment important qu'il ne faut pas rater.