mercredi 29 juin 2016

Réunion publique concernant les Capucins

L'association des Amis du Domaine des Capucins, qui se bat pour sauver le parc du domaine et l'ouvrir aux Annéciens, organise une réunion publique,

Vendredi 1er Juillet 2016 à 20h salle Yvette Martinet. 

Ce sera notamment l'occasion de redécouvrir l'histoire et la beauté de ce domaine grâce à un rapide exposé d'un historien et à une exposition-photos participative et collaborative des habitants du quartier.

Nous vous attendons nombreux !


dimanche 26 juin 2016

Une politique de transports du siècle dernier

Résultat de recherche d'images pour "pollution de l'air voiture"

Jeudi soir en conseil d'agglomération, l'exécutif nous a présenté la convention de financement des futurs aménagements de transports sur l'actuelle agglomération pour les 10 ans qui viennent.

Parmi ces futurs aménagements, on trouve : le doublement de la rocade extérieure, la déviation de Pringy, le tunnel sous le Semnoz et ses accès, le BHNS rive ouest, etc...

Au total, il y en a pour 432 millions d'euros dont 155 millions pour l'agglomération. 

Cela pose déjà deux questions :

 - la voirie n'est pas de la compétence de l'agglomération et reste de compétence unique du conseil départemental. On a du mal à voir pourquoi l'agglomération participe financièrement...

- 155 millions sur 10 ans cela fait plus de 15.5 millions d'euros par an pour l'agglo... quand on sait que la capacité d'investissement de l'agglomération est de 12 à 15 millions d'euros par an on voit déjà qu'il y a un problème ! On ne peut pas payer. Car au-delà des routes (qui ne sont pas de notre compétence) il faut aussi faire des investissements sur nos compétences propres et là nous n'en avons plus les moyens.
Résultat de recherche d'images pour "plus d'argent"
Sur ce qui est des équipements financés et des 432 millions d'euros, ils se décomposent comme suit :

- 379 millions d'euros pour des aménagements de voirie pour la voiture

- et seulement 53 millions d'euros pour les transports en commun (le BHNS qui n'en est pas un de la rive ouest).

On mettre donc 7 fois plus d'argent sur les transports en voiture individuelle, polluante que sur les transports collectifs ! Voilà dans les faits, l'équilibre dont nous rabâche les oreilles l'agglo ("il ne faut pas opposer les modes de déplacements ! " n’arrête pas de dire M. Rigaut. Ok, sauf que là c'est lui qui oppose clairement les voitures et les transports en commun et fait un choix clair).

Le tunnel sous le Semnoz et ses accès vont coûter 220 millions d'euros dont 146 millions pour le conseil départemental et 74.4 Millions d’euros à l'agglo pour les voies d'accès. Au passage il y a quelques mois, M. Puthod sur injonction de M. Rigaut était intervenu au conseil départemental pour dire qu'à près de 80 millions d'euros, l'agglo ne pourrait pas payer. Force est de constater que le conseil départemental n'a rien changé et est resté droit dans ses bottes. MM. Rigaut et Puthod n'ont rien obtenu, aucune réduction. Mais bizarrement  ce qui hier n'était pas soutenable financièrement, l'est devenu aujourd'hui... Quand je vous parle d'incompétences, en voici une nouvelle illustration. Au passage, personne ne s'en émeut. On peut dire une chose puis son contraire sans que personne n'en garde la mémoire?

Le choix fait du tout voiture (87.5% des investissements contre 12.5% pour les transports en commun) n'est malheureusement pas une surprise. Il était inscrit dans le projet d'agglo 2030 repris depuis dans le Scot. Il s'appuie sur le scénario tout routier (le plus cher, le plus polluant et le moins efficace) de l'étude du cabinet TTK. Au moment du vote de ce projet "Agglo 2030" j'avais voté contre pour ces raisons notamment. J'étais alors seul comme souvent.

Mais aujourd'hui on voit le résultat de cette politique : pollution grandissante, embouteillages énormes, temps de vie gâchés dans les transports plutôt qu'en famille, stress, etc... Construire de nouvelles routes n'a jamais réduit le nombre de voitures, bien au contraire.Toutes les études le montrent. Mais c'est beaucoup plus facile de porter des arguments populistes du type : avec de nouvelles routes on réduira les embouteillages. Ce qui est faux.

J'ai bien évidemment, en constance depuis des années, voté contre cette délibération et les orientations qu'elle contient. Nous sommes très loin d'un équilibre souhaitable entre voiture et transports en commun.

samedi 25 juin 2016

Centre des congrès : flou juridique

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Voici la déclaration que j'ai effectuée jeudi soir en conseil d'agglomération au moment du vote concernant la déclaration du projet de centre des congrès "d’intérêt général".

Cette intervention reflète le doute juridique qui, de mon point de vue, pèse sur cette délibération. Je suis convaincu que le vote de jeudi ne permet pas de poursuivre la procédure d'utilité publique engagée, car l'agglo n'a pas formellement réitéré sa demande. Le préfet peut-il émettre un arrêté d'utilité publique sur cette base ? C'est à étudier. 

En changeant les mots "utilité publique" par "intérêt général", l'agglomération n'est-elle pas en train, sans le dire, de basculer sur une autre procédure administrative, différent de la DUP, celle des PIG (Projets d’intérêt général) ? Si tel est le cas, ne peut-on s'attendre plutôt à un arrêté préfectoral mettant en place un PIG ?

Toutes ces questions, certes complexes parce que juridiques, ont une importance capitale pour l'avenir de nos actions contre ce projet et son lieu d'implantation. J'ai évidemment saisi les juristes de ces questions afin de préparer l'étape suivante, celle des recours juridiques (puisque politiquement c'est le blocage) au cas où le préfet suive l'avis de seulement 41 élus contre les 2000 dépositions faites par les citoyens au moment de l'enquête publique.

"M. le Président,

Sur votre projet j'ai déjà dit souvent, depuis 7 ans, qu'il était mal étudié , mal monté , bâti sur des prévisions chiffrées indéfendables et que sa localisation constitue une violation des lois protégeant l’environnement.

Depuis 7 ans je vous ai fait des propositions, je vous ai tendu la main pour enclencher un échange positif et constructif, toujours rejeté. J'avais par exemple proposé de saisir le tribunal administratif en amont du projet pour qu'il nous éclaire sur la constructibilité possible par rapport à la loi littoral. J'avais déposé 42 questions écrites et orales pour demander des précisions concernant le business plan et les couts induits pour le contribuable. Sans réponses. J'ai même fait des propositions alternatives de lieu d'implantation comme le parking actuel de la Préfecture.

Vous avez, néanmoins, fait voter le 09 avril 2015 une demande de Déclaration d’Utilité Publique. Dans le cadre de cette procédure 3 commissaires-enquêteurs ont été nommés. Au cours de leur enquête, ils vous ont posé un  grand nombre de questions auxquelles vous avez pu répondre. Suite à quoi,  ils  ont déposé un rapport d’une grande sévérité, confirmant  tout ce que nous avions dit  depuis des années et ont conclu en émettant un avis défavorable à votre demande de Déclaration d’ Utilité Publique.

Avec un total mépris pour leurs analyses et leurs conclusions, vous vous entêtez. Vous confirmez, purement et simplement ce soir, votre projet. C’est consternant car ce projet n’est pas bon, a très peu de chances d’aboutir notamment au regard des contentieux à venir et repousse encore, après 7 années déjà perdues, la possibilité de réaliser un projet de centre de congrès adapté aux demandes des acteurs économiques et respectant la  loi Littoral.

Curieusement , alors que la loi en pareil cas ( art. L 123-16 du code de l’ environnement ) vous fait obligation dans les 3 mois des conclusions rendues par les  commissaires enquêteurs, de délibérer en réitérant votre demande de Déclaration d’ Utilité Publique, vous nous demandez ce soir, non pas une réitération de DUP, mais « de déclarer le Projet d’ Intérêt Général ».

        Je demande, monsieur le Président, solennellement une clarification sur ce qui est ce soir soumis au vote étant donné le caractère ambigu de la dernière phrase de la délibération :

1 -  Oui ou non  le vote de ce soir porte-t-il sur une réitération de la demande de Déclaration d’ Utilité Publique ou l’abandonnez vous  ? Si c'est un abandon que vous nous proposez, cela signifie que malgré les dizaines de pages de réponses aux conclusions des commissaires enquêteurs, vous reconnaissez que ce projet n'est pas d'utilité publique. Vous attaquez les commissaires enquêteurs, mais vous rendez les armes, sans le dire clairement.

2 - Oui ou non le vote de ce soir porte-t-il sur une demande de déclaration de Projet d’  Intérêt  Général ,  procédure  jamais évoquée jusqu’à ce jour, qui constituerait un véritable détournement (contournement?) de procédure  ?

Cette clarification sur ce que vous nous demandez  de voter  ce soir , la démocratie exige  qu’ elle nous soit apportée avant le vote ."

La réponse de M. Rigaut a été de dire que l'agglomération poursuivait bien la procédure de la DUP et n'engageait pas de procédure de PIG. Mais nous savons tous ce que valent les propos et les promesses de M. Rigaut... C'est pourquoi, malgré tout, je vais continuer à creuser la question. Si vous avez des éléments, je suis preneur !

jeudi 23 juin 2016

Le permis de construire des Capucins validé par le maire

Vous trouverez ci-joint le communiqué de presse de l'association des Amis du Domaine des Capucins.
Le maire d'Annecy reste donc sur sa ligne : bétonner et privatiser ce magnifique parc des Capucins. Cette position est en totale contradiction avec tous les engagements pris par la ville : Schéma Nature en ville, Agenda 21, Biodiversité... Partout il est mentionné qu'il faut préserver les arbres, les voies vertes et garder au maximum les espaces verts naturels existants.

Voici le compte-rendu exhaustif du conseil municipal du 26 septembre 2011. A l'époque nous nous étions mobilisés pour sauver le domaine des Capucins que la congrégation voulait vendre à un promoteur immobilier. Voici ce que disait à l'époque le maire et sa première-adjointe (les passages surlignés sont suffisamment explicites):

Depuis nous avions gagné le fait que la ville préempte le domaine des capucins, pour le sauvegarder et l'ouvrir au public pensions-nous (après de telles déclarations nous ne pouvions être que rassurés).

Je dois remercier la personne qui m'a fait parvenir ce texte qu'elle avait elle-même reçue en réponse en 2011 d'une lettre au maire dans laquelle elle s'alarmait d'un bétonnage du parc. Le maire répond dans sa lettre : "Plus que de longs discours, je vous transmets ci-joint un extrait du Procès-verbal de la séance publique du Conseil Municipal du 26 septembre 2011 qui détaille l’intérêt et la volonté de la ville sur ce projet".

Cinq ans plus tard, il y a un plan masse et même un permis de construire qui bétonne complètement le parc. Le maire a donc trahit sa parole. Il s'est fait plus vorace que la congrégation. Il a abandonné toutes ses promesses.

Et bien nous, qui nous battons depuis tout ce temps, nous n'allons pas abandonner. Ce parc doit rester ce qu'il est et être ouvert au public.

C'est maintenant que nous avons besoin de vous : rdv le vendredi 1 juillet à 20h, salle Y. Martinet pour échanger autour de tout cela. L'association des Amis du Domaine des Capucins compte fortement sur votre présence.



mardi 21 juin 2016

Fusion des communes : explication de non vote

"Nos régimes sont considérés comme démocratiques au sens où le pouvoir sort des urnes à l’issue d’une compétition ouverte et où nous vivons dans un État de droit qui reconnaît et protège les libertés individuelles. Démocraties certes largement inachevées. Les représentés se sentent ainsi souvent abandonnés par leurs représentants statutaires, et le peuple, passé le moment électoral, se trouve bien peu souverain." P. Rosanvallon, Le bon gouvernement


Hier soir, le conseil municipal était réuni pour valider la fusion des 6 communes (Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy, Seynod) au 01 janvier 2017.

Je suis intervenu au nom d'Evelyne, Claire et moi-même pour rappeler ceci.

Pour nous, un élu est quelqu'un qui a reçu un mandat des électeurs pour mener une politique et des projets. Un élu ne fait pas ce qu'il veut une fois élu. Or, au cours de la campagne des élections municipales de 2014 aucune liste n'avait prévu dans son programme électoral une fusion des communes (même si je reste convaincu que les discussions avaient déjà commencé). Nous n'avons pas reçu de mandat pour cela.

Alors certes, tout ne se décide pas au moment des élections. 6 ans c'est long et les choses peuvent changer. Mais pour changer les règles du jeu et décider d'une telle fusion, aucun élu n'a de légitimité pour cela. Seul un retour aux citoyens, par le biais d'une réelle consultation et même d'un référendum aurait été à même de légitimer cette union.

Surtout que ce n'est pas le processus de (non) concertation mis en place qui a permis d'acquérir une quelconque légitimité démocratique. Je rappelle simplement que les conseils où l'on parlait de cette fusion se sont tous tenus à huis clos, que la population n'a eu qu'un questionnaire (sans aucune réunion publique à Annecy !) pour s'exprimer sachant que les jeux étaient déjà fait (d'ailleurs hier soir aucune allusion aux résultats de ce questionnaire n'a été faite, ce qui montre bien combien le maire était intéressé par cette concertation. Il n'a même pas remercié les personnes qui avaient pris le temps de répondre !), et que les élus minoritaires ont été tenus à distance (après on nous parlera de "travailler tous ensemble"!).

Cette réflexion aboutit à un "contrat de service public" dont j'ai déjà dit qu'il était loin d'être clair et qu'il comportait de nombreuses menaces pour les Annéciens. Il repose sur une pierre angulaire qui est "un bon niveau de service public" mais personnellement je m'interroge quand de T. Noel (FN) à J. Boutry (PS) en passant par B. Accoyer (LR) et JL Rigaut (UDI) chacun semble trouver son compte et avoir la même définition de ce que serait "un bon niveau de service public". Comment mieux tuer la politique ?
Quant à la "charte de gouvernance", elle laisse pantois tant elle organise une usine à gaz qui risque bien, finalement de concentrer les pouvoirs aux mains de quelques-uns.

Evelyne, Claire et moi-même avons considéré que nous n'avions pas la légitimité pour décider de cette fusion à la place des citoyens. Nous avons donc pris la position courageuse de ne pas participer au vote et de demander son renvoi devant les électeurs.

Etre élu, ce n'est pas faire ce que l'on veut. C'est gérer la collectivité en fonction d'une ligne que l'on a exposé dans un programme et si des événements extérieurs surgissent d'une ampleur telle qu'ils modifient à jamais le cours de l'histoire, alors la seule légitimité pour trancher ces questions revient aux citoyens.

Pour finir, en tant que président de groupe, je regrette profondément l'attitude des 3 élus écologistes au conseil municipal qui, sans nous en parler avant, ont fait connaitre leur choix de vote par voix de presse avant le conseil (avant même de connaitre les résultats du questionnaire adressé à la population). Nous avons donc appris par la presse leur décision. Cette méthode n'est pas de nature à entretenir de bonnes relations. Elle était certainement motivée par une double erreur : celle de faire le buzz médiatique, et celle de porter une vision partisane, celle d'Europe Ecologie Les Verts, sur un sujet qui n'avait rien de partisan. Nous aurions préféré le dialogue et l'échange plutôt que la politique des partis et du fait accompli. "Faire de la politique autrement" qu'ils disaient.

samedi 18 juin 2016

Centre des congrès : Pardonnez-leur leurs offenses

Au prochain conseil d'agglomération, MM. Rigaut et Accoyer ont décidé de s'entêter dans leur projet mégalomaniaque de centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny. Contre l'avis des rapporteurs de l'enquête publique extrêmement négatif, ils décident de passer en force.

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Eux ont raison, et tous les autres sont des cons qui n'ont rien compris, menés par une poignée d'activistes (!!) dont je dois vraisemblablement faire partie.

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/annecy-le-projet-de-centre-des-congres-sur-la-presqu-ile-d-albigny-relance-par-jean-luc-rigaut-et-beranrd-accoyer-1466180533

Aller chercher la fleur d'or d'Annecy pour justifier que notre ville serait écologique, fallait le faire !!! Il le fait.

Supposer que les commissaires enquêteurs ne sont pas des spécialistes de la question, et qu'ils ont fait un copier-coller de nos arguments c'est méprisant et insultant pour ces personnes qui ont travaillé pendant plus d'un mois sur ce dossier, ont interrogé les responsables de l'agglo... avant de faire leur rapport.

J'ai également reçu les résultats d'un sondage fait par l'éco des pays de Savoie (dont on sait que son président du directoire et par ailleurs directeur de publication est un soutien virulent du projet) auprès des décideurs économiques du bassin. D'après ce sondage seuls 54% des répondants pensent que le projet de centre des congrès serait un "atout pour l'économie locale" (la CCI devrait peut-etre revoir sa position !). Il semble donc que la poignée d'activiste ait réussi à faire s'interroger, sinon convaincre jusque dans les cercles économiques de notre bassin de vie. C'est dire si la poignée ne tient visiblement pas dans une seule main !

Donc la stratégie est claire de la part de MM. Rigaut et Accoyer :
- insulter les opposants au projet
- mépriser et dénigrer les commissaires enquêteurs et leur travail
- se foutre des 2000 citoyens qui ont déposé des remarques lors de l'enquête publique
- passer en force en comptant sur la caste politique locale pour les soutenir contre l'avis de la population
- faire croire que l'opposition ne porte QUE sur l'aspect environnemental et ainsi passer sous silence les aspects économiques et financiers (coûts pour la collectivité et retombées économiques inexistantes pour les commerces actuels)
- faire vivre une illusion qu'ils ont des soutiens alors que nombre d'acteurs présents autour de la table pour cette conférence de presse sont directement subventionnés par des fonds publics (l'office du tourisme et CITIA sont directement dépendant des subventions de la C2A... et donc du bon vouloir de MM. Accoyer et Rigaut)...
- jouer sur les mots pour cacher la vérité (le projet de centre des congrès serait "d’intérêt général" alors que les commissaires enquêteurs ne le jugent pas "d’intérêt public", vous voyez l'arnaque)

Madame, messieurs les commissaires enquêteurs, vous qui avez fait avec sérieux votre travail, je suis sincèrement désolé du spectacle que nous prodiguent MM. Accoyer et Rigaut. Au nom de  très nombreux habitants de l'agglomération je vous prie de bien vouloir accepter nos excuses d'avoir porté au pouvoir des individus aussi méprisants envers vous. Vous aurez remarqué que nous ne vivons pas dans une démocratie normale sur le bassin annécien. Ici c'est le duché de messires Rigaut et Accoyer qui, pour seule défense face à leur projet pourri, n'ont trouvé que l'insulte, le mépris et l'invective.

Au nom de tous les Annéciens qui sont aussi affligés que vous par ce spectacle grotesque, je vous en prie : pardonnez-leur leurs offenses !

jeudi 16 juin 2016

Cinéma d'animation, où en est le musée international ?

Toute cette semaine, Annecy vit au rythme du festival du cinéma d'animation. Les séances de films succèdent aux rencontres, débats, rdv professionnels, etc... Le temps d'une semaine, Annecy devient le cœur d'une douce agitation à la fois culturelle et économique.

Si notre ville et son bassin économique ont su se hisser au premier niveau mondial de cette industrie, je continue de regretter que ce fleuron économique ne soit pas plus visible en dehors de cette semaine formidable.

Nous avons là un atout considérable qu'il faut mieux valoriser.

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Projet du musée de la romanité de Nimes (C. de Portzamparc) en cours de construction

En premier de cordée de cette industrie et de tous ses acteurs, il faut un élément phare, fédérateur qui fasse le lien entre les acteurs économiques, culturels et la population (locale et visiteurs).

C'est pourquoi depuis de nombreuses années je soutiens et porte le projet de créer un musée international du film d'animation. Je n'entends pas ce musée comme un lieu du passé (même s'il doit retracer l'épopée du cinéma d'animation) mais aussi et surtout comme un lieu du présent et du futur. Pour cela, il doit être partenarial et impliquer à la fois les acteurs économiques et culturels pour présenter au public les innovations et les avancées actuelles et futures.

Je regrette que ce projet soit devenu, de fait, une espèce de serpent de mer, qui ressort épisodiquement.

Avec mon équipe, nous avions porté le projet de l'implanter sur le terrain Balleydier, face à l'ancien hôpital (avec des parkings en sous-sol). Ce terrain, propriété de la ville, était idéalement situé, proche de la vieille ville et de ses commerces, mais aussi de Bonlieu, de Pathé (dans le cadre de l'organisation du festival). Au lieu de quoi, la majorité actuelle a préféré faire une promotion immobilière... C'est une absence totale de vision qui me peine.

Alors certes, depuis deux ans, 1 million d'euros sont inscrits au contrat-plan Etat-Région pour réaliser un musée du cinéma d'animation dans une partie (une partie de bâtiment) du Haras. Je crains que nous ne voyons naitre là un semblant de musée, un lieu à minima, vu uniquement comme un lieu figé présentant le passé de cette industrie, dans un espace confiné. Très franchement, la filière du cinéma d'animation mérite un grand et beau musée adapté aux muséographies modernes, résolument tourné vers l'avenir. Nous n'avons pas besoin d'un musée en fond de cour, dans une cave miteuse.

Ce musée doit devenir la locomotive visible et active de la filière tout au long de l'année, la vitrine de l'excellence annécienne. Présentant des expositions renouvelées, les techniques anciennes et modernes, il doit devenir un lieu pédagogique et culturel majeur (notamment pour nos enfants dans les écoles) et une attraction touristique de premier ordre.

Arrêtons de dormir sur nos acquis ! Voyons loin pour porter une filière économique d'avenir et un secteur touristique majeur. Et puis si on avait un peu réfléchi, peut-être que l'agencement de ce musée aurait pu intégrer l'organisation d'une partie du MIFA... plutôt que de prendre ce prétexte pour justifier la construction d'un nouveau centre des congrès...

Voir loin, pour préparer l'avenir c'est réaliser que ce n'est pas en ne faisant rien que nous resterons numéro un. Au contraire, il est plus que temps de reprendre la route de l'innovation (mais j'ai bien peur que les 3 prochaines années ne nous enfoncent encore un peu plus dans l'attentisme et les combines entre amis, avec la fusion des communes). Qui vivra verra !

mardi 14 juin 2016

Fusion de communes : la mise au placard

Ainsi donc c'est lundi soir que nous voterons pour ou contre la fusion des 6 communes. Nous attendons avec une certaine impatience les résultats du questionnaire envoyé à la population.

Avec Evelyne et Claire, notre choix commence petit à petit à se dessiner, même si nous attendons (après l'avoir tant demandé) les résultats de la pseudo-concertation populaire. 

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Ces 8-10 derniers mois ont été très éprouvant. Alors que des groupes de travail se tenaient entre élus majoritaires uniquement, nous n'avons eu de cesse de demander à être associés, avec la population. Sans succès. Toutes les tendances politiques ont accepté cette manière de faire.

Pour dire simplement les choses, depuis 8-10 mois, nous avons été mis au placard, ostracisés. C'est en tous cas, pour en avoir discuté hier soir en marge du festival du film d'animation, notre sentiment partagé.

Lorsque dans une entreprise on veut que quelqu'un démissionne, il arrive que des patrons pervers mettent leurs employés au placard, c'est-à-dire leur ôte tous les dossiers, les laisse dans un coin, seuls sans pouvoir participer à la vie de l'entreprise. On appelle cela de l'ostracisme : "Action de tenir quelqu'un qui ne plaît pas à l'écart d'un groupe, d'une société, d'une manière discriminatoire et injuste".


Eh bien c'est exactement ce que nous vivons depuis tout ce temps, une mise au placard. On nous a enlevé tous les dossiers (puisqu'à chaque fois il faut attendre la "commune nouvelle") jusqu'à la réflexion sur l'avenir de notre commune lui-même.

Certains psychologues ont étudié les effets de ces phénomènes d'ostracisme sur les individus. Voilà ce qu'ils en disent : "Car l’ostracisation entraîne des sentiments de honte, de culpabilité et d’incompréhension. «Toutes les personnes placardisées se demandent ce qu’elles ont fait pour mériter ça», note Sophie Aubard. Leur con­fiance en soi étant abîmée, elles ont tendance à se faire toutes petites. En fait, assumer au grand jour sa traversée du désert reste le meilleur moyen de s’ouvrir de nouveaux horizons." 

Je ne pensais pas subir cela en politique, de cette manière là. J'en veux évidemment énormément à tous ceux qui ont mis en place ce système de discrimination : notre maire et ses élus majoritaires, mais aussi ceux qui auraient sensé être plus ouverts, plus démocrates, nos "ex-amis" de gauche.

Cet épisode m'a abîmé, profondément. La perversion va jusqu'à la demande par nos bourreaux d'un vote d'adhésion ce lundi en conseil public: le bourreau demande à la victime (qu'elle a ostracisé pendant des mois, parce qu'il considérait que nous n'avions rien à faire dans ces discussions) de valider sa démarche, d'expier toute la barbarie de sa méthode en un vote unanime et favorable. Il voudrait que nous disions que nous avons aimé çà, pour repartir sur une page blanche... Toutes les victimes connaissent ce sentiment ambivalent de raz-le-bol (qui ferait plutôt dire : "aller basta on tire un trait") et celui de révolte ("jamais je ne donnerai mon aval à cette oubli de la souffrance").

Et si je me livre à vous en ce jour, ce n'est pas pour me plaindre, c'est peut-être pour expliquer ma moindre présence sur ce blog depuis quelques semaines. La flamme s'étouffe. Cela aura conduit à une large période de doutes, de réflexions, de remise en cause. J'y ai perdu des amis (enfin ce que je croyais être des amis). J'y ai laissé un peu de mon enthousiasme et de mon énergie, beaucoup. Mais j'ai aussi pu compter sur l'appui sans faille de mes véritables amis et de beaucoup d'Annéciens qui nous soutiennent.

Ce jeu politique local broie ceux qui veulent agir et qui ont des idées. Il les ostracise pour ne garder que les mauvais. Dans le monde de l'entreprise il existe des mots, à mettre sur cette souffrance, il existe des tribunaux pour condamner ces pratiques. En politique, il parait que cela fait partie du jeu (comme si on jouait en préparant l'avenir de nos concitoyens !) et que se plaindre c'est jouer les chochottes et que seuls les électeurs sont juges (si certains joueurs n'ont pas quitté le jeu avant).

Je laisse ceux qui penseraient qu'écrire cela c'est faire preuve de fragilité et de faiblesse à leurs appréciations. En suivant le conseil des psy j'ai voulu l'écrire pour mettre des mots sur cette situation. J'ai surtout voulu l'écrire pour m'excuser auprès de vous, mes lecteurs, de moins vous tenir informés de la vie politique locale. Il y a d'abord moins de choses (puisque tout attend la fusion de communes), il y a aussi le fait qu'étant tenu à l'écart je ne pourrais écrire que du négatif sur ce projet qui nous est confisqué. Il y a enfin la réalité d'une motivation en berne et d'une envie naissante de tout laisser tomber.

J'aime Annecy et les Annéciens amoureusement. Je leur consacre depuis 8 ans des soirées entières, et une grande partie de ma vie. Et voila comment on est récompensé... comment une tambouille politicienne, avec une grande marmite (126 000 habitants) attire tant de convoitises et tant de compromissions. La seule limite que je me fixe : que tout cela ne m'affecte pas trop sinon il faudra arrêter. Et je dois avouer que pour la première fois je sens que je me rapproche de cette limite. D'où mon besoin de prendre du recul et d'être moins présent sur ce blog. J'espère que vous le comprendrez.

mercredi 8 juin 2016

"Râleur, donneur de leçons, opposé à tout" : Duperthuy a vraiment tous les défauts

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Si vous lisez, comme moi, parfois les mots de la majorité contre moi vous aurez nécessairement déjà croisé ces qualificatifs à mon encontre. Pour les uns je suis "donneur de leçons", pour les autres un "râleur" impénitent, etc... et je passe sur ceux qui me trouvent carrément emmerdant.

Il parait que c'est le jeu politique. Discréditer son adversaire plutôt que de dialoguer avec lui.

Le rôle de membre de l'opposition n'est pas un rôle facile. Il s'agit, dans mon esprit et dans celui de mes collègues Evelyne Marteau et Claire Lepan, de travailler au bien commun. Pour cela, nous faisons très régulièrement des propositions, nous apportons des idées et même parfois nous soutenons les projets de la majorité (si si !!).

Notre présence très régulière au conseil municipal (même si certains se plaisent à relever LE jour où je suis absent pour raisons professionnelles) ainsi qu'aux commissions, sans compter les rdv et réunions en dehors, nos rencontres avec les Annéciens, le prouvent.

Alors oui, nous avons été élus sur le programme et nous le défendons. Ce programme prévoyait, par exemple, de ne pas construire un centre des congrès sur la presqu'ile, d'ouvrir le parc des capucins aux Annéciens, de créer une halle des producteurs locaux, une maison des associations , une école du cirque aux Haras, d'ouvrir un musée du cinéma d'animation à Balleydier, de promouvoir l'art contemporain notamment par une structure dans le quartier des Teppes, de mutualiser la cuisine centrale et le centre horticole, de faire plus de logements sociaux, etc... Il y en avait 24 pages, c'est dire !

Pour nous, c'est notre feuille de route pour 6 ans, donnée par les Annéciens qui ont voté pour nous. Dès lors, nous nous opposons à tout ce qui est contraire à cette feuille de route. C'est bien normal non ? Faudrait-il que l'on tienne un discours pendant les campagnes électorales puis que l'on dise oui à tout ce qui est contraire ? Ce n'est pas ma vision de la politique.

Nous ne nous opposons jamais par plaisir, ni par calcul. Nous nous opposons par conviction. Et cela ne devrait pas étonner la majorité qui a déjà tous les éléments en main dans notre programme.

Cette stratégie de discrédit de l'opposition nous use, il faut l'avouer. Surtout quand, en off (c'est-à-dire dans les couloirs) cette même majorité reconnait notre importance pour mettre des garde-fous et stimuler ses élus en faisant des propositions comme nous le faisons.

C'est le jeu politique me disent certains. Mais ce jeu m'énerve. Je regrette que ces mêmes élus, mais aussi parfois la presse, ne relèvent jamais les points sur lesquels nous sommes d'accord. Par exemple, au dernier budget nous n'avons pas voter contre les propositions de la majorité, car celle-ci avait lâché du lest sur certaine de nos demandes. Nous en avons pris acte. Pas un mot. Pourquoi ? Parce que çà ne colle pas dans le scénario : les gentils de la majorité contre les méchants de l'opposition. 

De même, nos actions répétées et finalement fructueuses pour la réforme du  forum des associations qui, selon nos préconisations qui datent de Mathusalem, aura dorénavant lieu en septembre et à Bonlieu... Pas un mot. Ça ne colle pas dans le scénario. Et des exemples j'en ai encore des dizaines.

J'aimerais parfois que la réalité de notre action au service des Annéciens soit plus considérée et moins caricaturée. Je ne suis pas, en doctrine et dans les faits, opposé à tout. Je ne donne aucune leçon, mais je rappelle que parfois j'ai eu raison contre beaucoup (on ne peut tout de même pas me reprocher cela notamment sur le centre des congrès). J'ai le droit de m'en réjouir. Pour qui me connait, je suis tout sauf un râleur, mais c'est le rôle que l'on m'a donné.

Je me demande si les mêmes qui m'affublent de tous ces défauts seraient plus contents si un jour j'avais la tentation de Venise... Si je laissais l'opposition au FN. Parfois j'y réfléchis car je n'ai aucune ambition de "faire carrière en politique" pour gagner 8 500 €/mois comme M. Rigaut. Ce n'est pas ma vision du rôle des élus, pas ma vision d'une vie réussie. 

Après tout, la vie ne se limite pas à la politique.

J'ai envie de devenir maire parce que je crois que la politique menée actuellement n'apporte rien de nouveau aux Annéciens, qu'elle ne fait que reposer sur les avantages déjà anciens de notre ville (avantages construits par nos prédécesseurs) et que nous gâchons ces avantages. Je propose une autre voie avec des projets innovants au service des Annéciens, de l'économie locale et de la protection de l'environnement. Mais ce sont aux électeurs de trancher entre ces deux voies qui ne sont pas les mêmes et ce n'est pas pour cela que, moi, je dis que la voie proposée par la majorité est "donneuse de leçons" ou opposée à "tout" ce que je propose...



dimanche 5 juin 2016

Centre des congrès : ils continuent de s'entêter

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Voici ce que l'on peut lire dans le compte-rendu de la réunion du bureau de l'agglomération qui  s'est tenu le 13 mai.

"7. QUESTIONS DIVERSES 

Centre d'Expositions, de Séminaires et de Congrès 

Concernant le futur Centre d'Expositions, de Séminaires et de Congrès, M. le Président indique qu'il proposera au Conseil de Communauté de délibérer en répondant point par point aux objections et réserves émises par le commissaire enquêteur, de manière à ce que le Préfet dispose de l'ensemble des éléments d'appréciation. 

M. le Président redit sa conviction sur l'existence, sans grande incertitude pour qui connaît suffisamment l'activité de congrès, d'une viabilité économique du projet. 

Plusieurs membres du Bureau expriment leur attente pour que la C2A fasse œuvre de pédagogie en informant les habitants sur ce qu'est une DUP et, en l’occurrence, sur ce qui a motivé le lancement de l'enquête."

Plusieurs informations à en tirer:
- d'abord, comme on pouvait s'y attendre, M. Rigaut s'entête dans un projet qui n'est pas d'utilité publique et qui fait peser de lourdes conséquences à la fois sur la protection des littoraux, sur les finances de l'agglomération (et donc les impôts des contribuables), tout en n'apportant pas le surplus d'activité promis aux commerçants d'Annecy. Je regrette profondément cette attitude irresponsable, cet aveuglement insensé.

- on se demande sur quoi va répondre l'agglo "point par point" puisque je rappelle simplement que les commissaires enquêteurs ont déjà eu ces débats avec la C2A juste après l'enquête publique. L'agglo n'a pas réussi à convaincre la commission d'enquête avec ses réponses. En quoi consiste ce "jeu" qui vise à redire la même chose au Préfet ? Pense-t-on que les mêmes réponses (qui n'ont pas convaincu les commissaires) produiront des effets différents auprès du Préfet en la convaincant de signer la DUP ? Qui prend-on pour des imbéciles : les commissaires enquêteurs ou le Préfet ?

- cela nous renseigne sur l'avenir proche du dossier et son calendrier. On se demandait si le Préfet allait signer rapidement ou non, la réponse est claire : au mieux le conseil de l'agglo en débattra le 23 juin prochain et transmettra ces éléments (qui n'ont rien de nouveau) au Préfet ensuite pour une décision sur la DUP. Cela nous indique déjà que le Préfet n'a vraisemblablement pas souhaité signer en l'état (ce qu'il aurait pu faire). Pour moi, c'est bon signe ! La machine à "aller vite" a été grippée par la mobilisation citoyenne. Alors peut-être que le Préfet décidera de signer, mais il aura d'abord fallu enrober cette décision avec quelques explications de la C2A.

- On passera sur la leçon de morale : "M. le Président redit sa conviction sur l'existence, sans grande incertitude pour qui connait suffisamment l'activité des congrès, d'une viabilité économique du projet." C'est exactement le contraire qui est dit dans le rapport des commissaires enquêteurs. Mais visiblement M. le Président sait tout mieux que tout le monde (et après il dit que c'est moi qui fait des leçons... c'est vraiment l’hôpital qui se fout de la charité). Il faut croire que ni les opposants (méprisés de nouveau dans ce compte-rendu, car ils ne peuvent pas s’empêcher de nous mépriser et d'essayer de nous faire passer pour des incompétents et des cons) ni les commissaires enquêteurs, ni les dizaines de citoyens qui ont souligné ce risque ne "connaissent suffisamment l'activité de congrès".

-Dernière information, il semble que la seule chose que les autres membres du bureau, de gauche comme de droite, trouvent à redire aux propos de M. le Président c'est de faire plus de pédagogie. Visiblement, à la lecture de ce compte-rendu, aucune objection, aucune contradiction. Dont acte. Le bureau suit docilement leur chef sans opposer aucune résistance et donc en apportant collectivement et individuellement leur soutien à ce projet. On s'en souviendra.

jeudi 2 juin 2016

Formule magique

Pour argumenter la création d'une commune nouvelle à 6, nos maires ont trouvé une belle formule : "c'est pour maintenir un bon niveau de service public".

Quand j'étais petit on ne disait pas : "pour maintenir un bon niveau de service public" quand on voulait transformer un crapaud en princesse. On disait "abracadabra". C'était plus simple et finalement plus fun.

Car au fond, cette formule est aussi vide de sens et creuse que le projet qui nous est présenté. Qu'est-ce qu'un bon niveau de service public ? Est-ce que çà se croise dans la rue ? Ca se visite au musée ? Peut-être... Trêve de plaisanterie. J'ai posé, lors de notre dernière réunion des 202 conseillers municipaux, cette question. Aucune réponse.

Et pour cause : est-on certain que MM. Accoyer et Boutry ont la même définition d'un bon niveau de service public ? Et Mme Laydevant et Camusso ? Alors c'est vrai que chacun y est allé de son couplet sur les "très grande proximité des politique menées par les 6 communes", allant jusqu'à dire que finalement tout le monde est logé à la même enseigne. Ce à quoi j'ai répondu : si c'est vrai, si les 6 communes offrent le même niveau de service public à leurs populations, il faudra quand même expliqué aux citoyens pourquoi à Annecy-le-Vieux (par exemple) c'est 30% moins cher...

En réalité cet argument est de la poudre de perlinpimpin. Et pourtant, cette question de niveau de service public, donc des choix faits est la seule question POLITIQUE qui compte, avant de s'engager. En tant qu'élus, nous ne sommes pas des GESTIONNAIRES qui mégotent sur tel ou tel chiffre, comme le projet de fusion est trop souvent présenté ("on va être les premiers en ceci, les seconds en cela, etc...). Notre mission est de fixer des orientations, des priorités, faire des choix et définir finalement le "bon niveau de service public". Je ne doute pas ensuite que les services municipaux (si je prends l'exemple de ceux d’Annecy) trouvent ensuite la meilleure adéquation possible entre objectifs et moyens d'y arriver.

Or cette discussion n'a jamais eu lieu. Ce qui est bien pratique car chaque maire continue de fantasmer sur la définition qu'il donne à cette expression. Certains y voient le (presque) nirvana ("on va tous avoir le niveau de services d'Annecy"), ils se trompent et dupent leurs populations. D'autres y voient le moyen d'imposer leur modèle de service public minimal, et leur vision politique non plus à 20 000 habitants mais à 120 000...

La réalité pour Annecy est malheureusement bien plus simple que cela. Faute d'élus attachés à leurs concitoyens (et plutôt attachés à leurs postes et à leur pouvoir), les Annéciens, au 01 janvier, vont payer plus cher (avec la suppression de l'abattement général à la base) pour moins de services publics. Il faut que quelqu'un le dise !

Je crois qu'il est honnête de le dire et de ne pas se cacher derrière des formules vides telles que "maintenir un bon niveau de service public". Cette fusion s'apparente plus à la réduction générale des services publics à Annecy, tels que ceux-ci ont été construits (apr les majorités et les oppositions) depuis la fin de la guerre par nos élus, pied à pied, négociation après négociation, débats après débats ; qu'à un gain éventuel.

Pour devenir plus gros, Annecy fait le sacrifice d'une certaine vision du service public. Est-ce un prix juste ou est-ce un prix trop élevé ? Je crois que nous aurions été nombreux à aimer en débattre sereinement, librement, courtoisement autour d'une table. Mais à Annecy, ce n'est pas possible.

Depuis le début de ces débats sur les fusions (à 13, à 6), la seule commune qui n'a pas organisé de réunion publique, c'est Annecy ! Depuis ce début de semaine j'ai lu dans la presse que de telles réunions avaient été organisées à Pringy, Seynod, Cran-Gevrier. Mais à Annecy toujours rien...

Je sais bien que notre maire choit les personnes âgées et leur a déjà garanti un service public de qualité ++ (c'est la seule compétence non obligatoire qui sera maintenu dans la nouvelle agglo...). Il achète ainsi leur assentiment. Mais les autres : quand est-ce que vous allez enfin regarder ce dossier pour de vrai et comprendre que derrière les mots on parle de vos enfants (écoles, restauration, accueil périscolaire, activités extramunicipales...), de vos associations (sports, culture, loisirs...), de l'organisation de notre ville (urbanisme, déchets...) etc ?

Tout est redébattu dans l'indifférence générale. Des décennies de politiques publiques sont détricoquées sans vague, sans débat. Cela nous promet des lendemains qui déchantent... et des tensions récurrentes jusqu'en 2020.

 "Garantir un bon niveau service public"... ou "Bonne nuit les petits".

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