vendredi 29 avril 2016

Regroupement des interco : un conflit de générations

Hier soir se tenait une réunion (privée !!) des conseillers municipaux des 43 communes qui, au 01 janvier 2017, constitueront la grande agglomération d'Annecy.

Ces réunions souvent formelles et finalement sans grand intérêt, nous permettent néanmoins de grappiller quelques informations.

La première information est que des groupes de travail planche sur le sujet et des thématiques depuis plusieurs semaines. Première nouvelle ! Ou bien j'ai loupé quelque chose ou alors je ne sais pas comment les membres de ces commissions ont été nommés mais, vous vous en doutez, je n'en suis pas ! C'est certes anecdotique mais révélateur.

Les points les plus importants, de mon point de vue, et sur lesquels je suis intervenu sont :
1) le retour de certaines compétences jusque là intercommunale aux communes. C'est le cas pour la C2A des équipements sportifs (gymnases, piscines, patinoire...) et du secteur petite enfance (crèches...) pour les deux rives du lac et le pays d'Alby. Ce retour se ferait vers les communes qui, pour continuer à gérer cela en commun pourrait créer des syndicats intercommunaux ! Une aberration  totale ! On voulait simplifier les choses, on va les compliquer. De plus ce retour en arrière historique ne va pas du tout dans le sens de l'Histoire ni même de l’intérêt des habitants. Il contredit également tous les discours prononcés depuis des années sur Bonlieu ou le Brise Glace notamment, présentés à juste titre comme des équipements dont le rayonnement dépasse largement les frontières de la communes et même celles de l'agglo.
Je me suis exprimé pour regretter ce choix d'un retour en arrière plutôt que celui de l'audace et de la vision générale du territoire.

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2) "On a décidé du transfert de ces compétences aux communes" (dixit Jean-Luc Rigaut). Je suis donc intervenu pour demandé qui est le "on", qui décide ? En tant que conseiller d'agglo je n'ai évidemment pas eu mon mot à dire. En réalité la réponse est simple : ce sont quelques maires qui décident pour tout le monde. D'ailleurs ce processus de décision (déguisé habillement sous un discours  de "cohérence nécessaire entre les communes et l'agglo") va vraisemblablement être institué dans une charte de gouvernance de la nouvelle agglo. En effet, en plus du conseil communautaire qui regroupe tous les maires des 43 communes (plus des conseillers élus, soit un total de 90 membres), il est prévu de créer une "commission des maires, lieu de débats politiques et d'arbitrage". Je m'oppose de toutes mes forces à ce dispositif dont le seul but est de court-circuiter le conseil communautaire et ses représentants démocratiquement élus. Le lieu de débat et de choix ne peut être une telle instance opaque, mais bien le conseil communautaire lui-même. La démocratie ne se décide pas dans des bureaux fermés, à l'abri des habitants et de leurs représentants, mais en plein jour dans des conseils publics ! 
Le faux argument de la nécessaire articulation entre communes et agglo ne tient pas une seconde puisque toutes les communes seront au conseil communautaire. Et quand bien même ! Quand on siège à l'agglo on est conseiller communautaire, on vient pour parler de l'avenir de l'agglo, pas pour défendre son bout de gras, celui de sa commune ! 

Moi qui est siégé au mandat précédent au SILA, je sais parfaitement que cela est possible. Au SILA, toutes les communes ne sont pas représentées. Et pourtant, il n'a jamais été mené d'actions CONTRE les communes. On y travaille en bonne intelligence.

C'est en fin de compte un vrai conflit de générations d'élus. Les vieux qui ont connu le district ou les syndicats intercommunaux sont toujours dans cette logique : celle du clientélisme et du "je défends les intérêts de ma commune à l'agglo". Je crois que les plus jeunes, eux, ont bien compris qu'être conseillers communautaire ce n'est pas être représentant de sa commune au conseil communautaire, mais c'est venir pour parler au nom de tous les habitants de l'agglo. C'est une vision plus large, d'ailleurs encouragée par le fait que depuis 2014 les conseillers communautaires sont élus directement au suffrage universel et non plus désignés par leurs communes.

Mais cette génération en place n'a pas compris ce changement et continue à vouloir venir piquer dans la boite à sucre. D'où la nécessité de tous y être et de créer des instances opaques de "débat politique".

Il est temps de changer de génération, vraiment. C'est çà aussi la démocratie.

mardi 26 avril 2016

Centre des congrès : où en est-on ?

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Par arrêté du 23 novembre 2015, le Préfet de la Haute Savoie avait arrêté les modalités de l'enquête publique obligatoire avant une possible procédure d'utilité publique pour construire un éventuel nouveau centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny.

Cet arrêté n°PREF/DRCL/BAFU/2015-0046 fixait les modalités de restitution de cette enquête publique en son article 7 : "Clôture de l'enquête". Dans cet article il est spécifié : "La commission d'enquête dispose d'un délai de trente jours à compter de la clôture de l'enquête [soit le 24 février, ndlr] pour rendre : - un rapport unique, qui relate le déroulement de l'enquête et examine les observations recueillies; - et dans des documents séparés, ses conclusions motivées au titre de chacune des enquêtes publiques initialement requises. Elle précisera si ses conclusions sont favorables, favorables sous réserves ou défavorables au projet".

Ce délai est aujourd'hui largement dépassé. A ma connaissance aucun nouvel arrêté préfectoral correctif n'a été pris depuis pour prolonger ce délai, ce qui pourrait poser un problème juridique.

Donc ma question est simple : où en est ce rapport de la commission d'enquête ? A-t-il été remis aux autorités dans les délais prescrits (sans portée à connaissance du public) ? Ou bien la commission d'enquête continue-t-elle son travail et alors la préfecture a oublié de proroger son arrêté initial (ce qui interroge forcément d'un point de vue juridique) ?

Je me suis laissé dire, en off, que la commission d'enquête n'avait pas encore remis son rapport. Elle continue à travailler sur les plus de 2000 observations déposées par les habitants. Si tel est le cas, cela prouve au moins une chose: la commission d'enquête fait son travail et on ne peut que s'en réjouir. Je ne saurais que lui conseiller alors de prendre le temps nécessaire tant le sujet est d'importance. J'avais d'ailleurs dit dès le départ que j'étais convaincu du professionnalisme et de la compétence de cette commission (face parfois à des citoyens interrogatifs).

Par contre si tel est le cas, je m'interroge sur le professionnalisme de la préfecture... qui semble pourtant si affirmative dans ses appréciations urbanistiques sur ce projet (en témoigne la lettre que j'avais reçue du préfet lorsque je lui avais soumis l'idée d'interroger le tribunal administratif sur la constructibilité du terrain) mais oublie de suivre ses propres arrêtés...

dimanche 24 avril 2016

Fusion des communes : votation populaire ce samedi à Annecy

L'association "Annecy citoyenne", présidée par Claire Lepan et à laquelle j'appartiens, veut ouvrir un vrai débat avec toute la population sur le projet de fusion des 6 communes.

Nous pensons qu'une telle décision ne peut être prise sans consultation populaire. Cette consultation doit être menée avec sérieux et ne peut se résumer à quelques "ateliers participatifs " mal annoncés et dont l'expérience locale montre (par exemple ceux organisés pour le centre des congrès) qu'en réalité ils ne servent à rien sinon à endormir les gens.

J'ai toujours milité pour un recours au référendum car je considère que les élus (tous les élus) ne sont pas légitimes pour décider seuls car ils n'ont pas été élus sur ce programme. L'emballement qui consiste à dire qu'il faut absolument fusionner avant le 01 janvier est une mascarade (au sens propre comme figuré).

C'est pourquoi "Annecy citoyenne", dont l'objet est de donner une voix aux citoyens, organise ce samedi 30 avril une votation ouverte à tous les citoyens pour qu'ils puissent s'exprimer et donner leur avis. Elle aura lieu dans la salle municipale de la maison Aussedat (rue de la Providence, en face du commissariat des Marquisats) de 14h à 17h.

Comment cela va-t-il s'organiser ?

Dans la salle du rez-de-chaussée se tiendra un bureau de vote avec des bulletins de vote vous permettant de dire si vous êtes "pour" ou "contre" le projet de fusion. Une urne sera installée et vous devrez donner votre nom et prénom en présentant une pièce d'identité avant d'émarger.

Dans la salle du premier étage se tiendra un lieu d'"exposition et d'explication " pour ceux qui souhaitent s'informer sur le projet. Claire Lepan, Evelyne Marteau et moi-même (mais tout autre élu est le bienvenu) nous tiendront à disposition de ceux  qui souhaiteraient des informations complémentaires (dans la limite de ce que nous savons puisque je vous rappelle que nous ne sommes pas associés aux groupes de travail et encore moins aux décisions). Cette salle du premier étage pourra servir de lieu de débat.

Enfin la salle du second étage servira de cadre au verre de l'amitié.

À quoi va servir cette votation ?

D'abord à informer la population. Puis à l'associer directement à la prise de décision. Nous voulons créer le débat et si possible donner des idées aux maires d'organiser à "grande échelle " ce type de votation avant de prendre une décision finale.

Le bureau de vote fermera à 17h. Le dépouillement suivra et les résultats seront proclamés dans la foulée. Leur impact dépendra évidemment de la mobilisation et de la participation.

Ces résultats seront également un élément important que vos 3 élus prendront en compte pour leur vote en conseil municipal.

Nous voulons vous donner l'occasion de vous exprimer tant qu'il est encore temps (et puisqu'officiellement rien n'est prévu). Les 6 conseils municipaux se réuniront chacun dans sa commune en séance extraordinaire le lundi 20 juin à 18h pour prendre leur décision finale. Le temps de la concertation et de la mobilisation des citoyens est donc très court. "Annecy citoyenne " veut que ce temps ne passe pas à la trappe.

Venez nombreux samedi. Toutes les opinions, tous les arguments sont les bienvenus. Que vous passiez simplement pour glisser votre bulletin dans l'urne ou que vous souhaitiez prendre plus de temps, vous êtes toutes et tous les bienvenu(e)s !

À samedi et n'hésitez pas à faire passer l'information autour de vous.



vendredi 22 avril 2016

Macron : une autre voie ?

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Nous sommes maintenant à un an de l'élection présidentielle. Ma famille politique de cœur, la gauche, est bien mal embarquée. Les raisons chacun les connait : la politique menée depuis plusieurs mois par l'exécutif est contraire aux engagements de campagne, et elle est illisible (deux pas en avant, un en arrière...).

Je ne souhaite pas faire plus avant le procès du quinquennat Hollande, cet homme pour lequel j'ai passé des dizaines de soirées à tracter en 2011-2012, à informer. Mais je suis intimement convaincu qu'il ne peut être le candidat de la gauche en 2017, sinon ce sera la catastrophe. Son niveau d'impopularité est tel que je ne vois pas comment la courbe pourrait s'inverser d'ici à un an.

Cette absence de leadership incontesté (parce qu'incontestable) ouvre bien évidemment des appétits. Je viens de lire l'interview qu'à donner Emmanuel Macron au Dauphiné. Ce garçon est intelligent et, je le crois, sincère et honnête.

Au fond, Macron persiste et signe : c'est un libéral, un libéral de gauche. Pas seulement un libéral économique (qui croit mordicus  au marché et la régulation par la concurrence), mais un libéral tout court au sens anglo-saxon du terme. Là où un Valls est libéral économique mais autoritaire et conservateur sociétalement (sur les stupéfiants, la réforme des institutions et la 6e République, l'ordre, la sécurité, l'immigration...) Macron offre un visage plus aimable, celui de la liberté et de la responsabilité individuelle.

Vous savez que le libéralisme économique n'est pas ma tasse de thé. Je n'ai jamais cru à l'auto-régulation des marchés et surtout que celle-ci pouvait aboutir au bonheur maximum. Je crois au contraire que l'Etat a son rôle à jouer. Mais je ne suis pas non plus des Mélanchon et autre gauchistes dont le seul crédo est : ne rien changer. La société évolue et les technologies aussi. Vouloir rester à la machine à vapeur, ce n'est pas possible. Il faut s'adapter, être imaginatif (je pense notamment mais pas seulement au débat sur Uber par exemple). Les aspirations des gens aussi évoluent.

Mais le libéralisme autoritaire, actuellement incarné par Valls est encore moins ma tasse de thé. Ce pays a besoin de changement, d'une "mise à jour" (un peu comme en informatique) qui conserve et augmente les droits des personnes, mais qui sache aussi s'adapter aux réalités actuelles tout en cherchant à les infléchir. Je regrette que la gauche actuelle n'ait rien fait (ou si peu) sur des questions sociétales importantes comme : le suicide assisté, la procréation pour tous, la légalisation de certains stupéfiants, la place du travail dans la vie de chacun, etc... Oui, le véritable clivage a changé de nature. Il n'est plus entre gauche et droite, mais entre conservateurs et progressistes. Et on trouve de ceux-ci et de ceux-là à gauche comme à droite, j'en fais bien souvent l'amer constat au conseil d'agglomération... ou dans des discussions comme la fusion des communes où l'enjeu n'est pas le progrès que cela pourrait amener, mais la conservation des pouvoirs de quelques-uns.

Je continuerai à combattre les penchants ultra-libéraux de la politique économique de Macron, mais j'avoue que son interview au Dauphiné ouvre une voie libérale (au sens anglo-saxon) qui existe ailleurs (prenons l'exemple de Justin Trudeau actuel premier ministre canadien), mais pas en France, qui se rattache à une tradition philosophique ancienne et qui, par cette intelligence et la cohérence du débat, rend le personnage sympathique et... rafraîchissant.

Sa méthode : faire le constat de l'existant, proposer des solutions en transparence AVANT les élections puis appliquer ses solutions une fois au pouvoir est une bonne méthode. C'est celle que je me suis efforcée de mettre en place à Annecy en écoutant entre 2013 et 2014 les Annéciens, en allant à leur rencontre, puis en rédigeant un programme complet de nos propositions pour que les Annéciens sachent ce que nous allions faire, et enfin aller aux urnes. Ce qui tue la politique, ce sont ces campagnes pleines de promesses dans tous les sens, puis une fois au pouvoir de faire autre chose (Hollande, tout comme Rigaut sont des exemples de ce type de politiques).

A suivre donc avec un œil tout aussi critique sur certains aspects, mais peut-être avec une vision moins caricaturale qu'avant.

mardi 19 avril 2016

Le Haras : lieu d'excellence de la gastronomie haut-savoyarde


Vous vous souvenez certainement de notre proposition de créer au Haras (plus précisément dans le Manège) une halle des producteurs locaux. Ce marché couvert aurait permis d'offrir un lieu de rencontre entre producteurs et acheteurs dans une logique de circuits-courts. Il aurait été une formidable vitrine pour mettre en lumière, tout au long de l'année, le savoir-faire et l'excellence agricole et gastronomique locale, tout en offrant aux Annéciens un magasin accessible et pérenne.

Nous savons que la majorité, parce que c'est une idée de l'opposition, a balayé cette idée. Elle s’esclaffait pendant la campagne en fanfaronnant que nous n'avions rien compris à rien...

Pourtant... Pourtant depuis l'idée a visiblement fait son chemin. D'abord, il y aura un espace intitulé "Halle gourmande". On reprend les mots, mais ils changent l'idée... car il s'agira d'abord d'un restaurant (haut de gamme ??) avec possibilité d'acheter des produits locaux (tiens, tiens !!??).

Et puis le 01 Mai aura lieu "Le printemps du Reblochon" aux Haras. Cet événement de promotion organisé par les producteurs de Reblochon est une excellente chose. Il permettra de faire la promotion et la fête autour de ce produit qui véhicule l'image d'excellence de notre agriculture (qu'il faut toujours soutenir et mettre en valeur). Là encore, cela ne vous fait pas penser à notre idée de Halle des producteurs locaux, un lieu-vitrine pour nos produits du terroir ? Moi si...

Il faut se réjouir que derrière les postures politiciennes souvent brandies par le maire et sa majorité, finisse par poindre le bon sens. Je suis toujours très peiné de voir avec quel empressement le maire tente toujours de nous décrédibiliser, d'humilier nos propositions... pour mieux ensuite s'en saisir. Humainement c'est très dur (et je n'ai pas honte de le dire), surtout quand (par un tour de passe-passe que je n'ai pas encore compris) la presse ne relève jamais ces virages de la majorité et que, c'est toujours nous qui sommes accusés de faire de la politique politicienne.

J'avoue que ces manières de ridiculiser systématiquement les propositions de l'opposition, de nous faire passer pour des opposants à tout, des rêveurs, des incompétents... pour ensuite mieux s'approprier nos idées, me font mal.

Parfois j'ai envie de tout arrêter. De prendre le large quand nous n'avons ni le respect, ni la reconnaissance (de la part des Annéciens qui du coup mettent ces réalisations au crédit de la majorité) ni même la satisfaction de participer à ces réflexions.

Au passage si certains sont intéressés par ces halles des producteurs locaux, je leur conseille d'aller voir l'initiative que prend un entrepreneur d'en ouvrir une à Saint Jean de Maurienne, avec le soutien de la mairie (UDI) de cette ville savoyarde...

dimanche 17 avril 2016

Nuit debout

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Comme beaucoup, je suis avec intérêt la mobilisation citoyenne de "Nuit debout". Je trouve ces mouvements toujours enrichissants et très vivifiant dans nos démocraties un peu poussiéreuses. Vouloir faire de la politique autrement ? Moi je ne demande que çà (et je ne pratique que çà !).

Oui notre 5e République est à bout de souffle. Cela fait longtemps que de nombreux citoyens, souvent militants politiques ou associatifs, se battent pour une 6e République.

Oui, la répartition des richesses, le problème des inégalités, le rôle et l'importance des services publiques, la répartition des impôts, etc... doivent être au coeur de nos réflexions et de nos actions. Il s'agit de réinventer un monde plus juste, plus fraternel, plus solidaire.

Oui, le productivisme actuel et ses impacts très négatifs sur l'environnement sont une menace pour la planète et doivent être réorganisés pour un meilleur respect pour l'environnement et au final pour l'Humanité.

Oui, dans notre société, il existe encore des combats forts à mener pour plus d'Humanité et d'Amour : les réflexions sur la fin de vie et la dignité humaine, les questions autour des stupéfiants, le droit à chacun d'élever des enfants quelque soit sa sexualité, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme...

Oui, notre société doit réinventer un chemin commun, une vision commune. Cela passe aussi par un réveil de la culture (et la possibilité de voir émerger des cultures alternatives), par une mobilisation autour de l'art et de ses créateurs. La question de la rentabilité, de la possession, du partage, du temps qui passe...

Le mouvement "Nuit debout" brasse beaucoup d'idées qui sont très intéressantes. Ces personnes rêvent d'un monde meilleur. Jeunes, vieux, actifs, chômeurs, CDIsés, précarisés, Français, étrangers, parisiens ou provinciaux, ils forment un panel, une représentation de la France. Ce mouvement est un espoir.

Juste un regret et une réflexion personnels. Sur Annecy (car je n'ai ni les moyens financiers pour "monter" à Paris, ni un gout très prononcé pour la centralisation parisienne), dans l'appel à mobilisation, il était très clairement spécifié que les politiques n'étaient pas les bienvenus. Je suis peut-être bête, mais du coup je suis resté chez moi puisqu'on ne veut pas de nous (tous les élus étant visiblement mis dans le même bateau). Je regrette cette exclusion car je crois avoir, depuis des années, montré mon attachement à une autre vision de la politique. Je l'ai fait non pas seulement en parole, sur une place publique, mais dans les actes, vote après vote, décision après décision.

Je sais que malheureusement, bon nombre des citoyens qui sont aujourd'hui à "Nuit debout" ne suivent que de très loin la vie politique. C'est dommage mais c'est une question qui doit nous interroger. Ils ne peuvent donc pas savoir que d'autres, avant eux, depuis des générations, ont aussi rêvé un autre monde. Ils y ont contribué en y laissant souvent beaucoup, beaucoup de plumes, comme par exemple, une carrière professionnelle...

Suis-je déjà tombé dans le monde des politiciens ? N'ai-je plus ma place dans le mouvement citoyen ? Suis-je déjà si vieux que j'admire cette énergie mise à penser un avenir meilleur, mais en même temps que je trouve parfois dommage de voir que certains s'extasient de réinventer des discours que d'autres tiennent depuis des siècles ? Chaque génération est condamnée à réinventer le monde. Je l'ai fait et j'ai beaucoup appris. J'aurais aimé apporter au débat cette expérience. Mais peut-être est-ce aussi bien de laisser d'autres citoyens partir de leurs idéaux et de rester en retrait...
C'est là que je me dis que parfois être homme politique nous ferme des portes et cela, j'ai du mal à l'accepter.

Alors je vais continuer à faire ce que je crois juste et bon, comme élu (mais aussi comme citoyen). Je vais continuer à regarder d'un œil attendri et protecteur ce mouvement rafraîchissant, ces citoyens qui luttent. Je continuerai à laisser la porte ouverte à toute discussion et tout débat si certains le souhaitent. En espérant qu'un jour, l'Histoire ne se répétera plus...

vendredi 15 avril 2016

Quel avenir pour les kiosques de presse ?


photo : le Dauphiné

Le 30 septembre 2013 le conseil municipal votait l'autorisation d'implantation de deux kiosques de presse sur Annecy (l'un derrière Bonlieu, l'autre à proximité de Courier).

Lors de la commission Urbanisme qui avait précédé ce conseil, j'étais intervenu pour demander des explications sur le modèle économique de ce genre de commerces, quand on sait, malheureusement, que les ventes de journaux ne sont pas au beau fixe. J'avais alors interrogé : que se passera-t-il si ce n'est pas rentable ? J'avais déjà des doutes...

On m'avait répondu, à juste titre, que la société Mediakiosk serait propriétaire des bâtiments. C'est elle qui se charge de trouver un exploitant. En contre-partie, c'est elle qui a financé l'installation des kiosques. Elle paie à la ville une redevance annuelle de minimum 500€ + 5% du chiffre d'affaire des publicités.

J'avais émis des réserves sérieuses sur ces installations car en cas de fermeture ces installations serviraient uniquement de "présentoirs" à publicité. Je trouvais par ailleurs l'intégration urbaine assez peu qualitative.

Or, depuis plusieurs semaines, ces kiosques sont fermés faute d'exploitant. Seules les publicités (certes pour des magazines et des journaux, mais des publicités tout de même) sont régulièrement changées. Mais les kiosques restent désespérément fermés. Je m'en suis ouvert lors d'une commission "commerce".

A peine un an et demi après leur construction, ces espaces sont fermés offrant ce que personnellement je trouve une façade publicitaire peu attrayante et qui s'avère assez peu qualitative. Et me reviennent en tête les interrogations que j'avais eues à l'époque... que la majorité avait (à son habitue) balayée d'un revers de manche.

J'espère que rapidement ces kiosques (que personnellement je n'ai jamais trouvé très qualitatif et d'une intégration urbaine très moyenne) retrouveront un exploitant car en l'état ils constituent plus une verrue urbaine qu'un atout quelconque. Sinon ils devront être retirés. Mais peut-être (j'espère de tout cœur avoir tort) que ce dossier aurait pu être traité bien différemment, en prenant plus de précautions sur la viabilité de ces installations...

mercredi 13 avril 2016

Budget 2016 de la ville

Lundi soir, Claire a porté au conseil municipal notre position sur le budget 2016 de la ville (déjà bien engagée, et qui sera le dernier avant la fusion puisque celle-ci se fera sans plus aucun doute, le vote définitif étant fixé au 20 Mai prochain et "tous les points de blocage [entre les maires] ayant été levés" selon M. le maire).

Lors du débat sur les orientations budgétaires, nous avions réclamé des inflexions sur certaines décisions proposées. Nous avions en particulier demandé que les subventions aux associations (notamment celles ayant des salariés) soient revalorisées entre 0.5 et 1% (même si nous savons que les temps sont durs notamment à cause des baisses de dotations de l'Etat).
Nous avons été entendus puisque le budget prévoit une hausse de 0.6% de ces subventions. Nous nous en félicitons pour elles.

De même, du côté des investissements, nous avions demandé qu'une rallonge soit inscrite au niveau du programme d'éco-rénovation des copropriétés (J'éco-rénove ma copro). Là encore nous avons été entendus puisque l'enveloppe est passée de 100 000 € à 150 000 €.

Alors certes, ce n'est pas le budget que nous aurions présenté si nous avions été majoritaire. Certes, la politique d'investissement que j'avais pointé du doigt au moment des orientations budgétaires n'a pas fondamentalement changé.

Mais pour marquer notre satisfaction et notre volonté d'un dialogue constructif que nous réclamons depuis des années entre majorité et minorités, nous avons émis une abstention sur le budget 2016. Je ne crois pas qu'il faille systématiquement être contre tout parce qu'on est dans l'opposition. Cela n'a jamais été notre positionnement. La majorité a fait des gestes par rapport à ses orientations budgétaires du mois dernier, ces gestes vont dans le sens de nos demandes, alors il nous semble logique de marquer notre satisfaction dans l’intérêt des Annéciens en ne votant pas contre ce budget.

Quand la majorité fait des choix mauvais pour les Annéciens nous savons le dire (et je rappelle que nous avons été les seuls avec Claire à voter contre le budget de l'agglo). Il faut aussi savoir reconnaître quand elle sait faire preuve d'écoute et d'ouverture (c'est rare, mais çà arrive et nous nous en félicitons !)

jeudi 7 avril 2016

Premier Forum des associations LGBTQ+ des 2 Savoie

Le collectif OG bien présent depuis plusieurs années sur le bassin annécien qui oeuvre, par la convivialité, au respect des droits des personnes homosexuelles organise ce samedi 9 avril à 17h un premier forum des associations LGBTQ+ à Chavanod (Les Golières). Tout le programme sur http://collectif-og.com/


A ce forum seront présentes de nombreuses associations dont Contact Haute Savoie, Aides, Asso-Chab, le Thianty, Osez le Féminisme, Le Refuge, etc...

Ce forum s'adresse à tous puisqu'il s'agit de se rencontrer, de s'informer et (peut-être) de s'engager.

C'est une très belle initiative avec un événement qui manquait sur le bassin. Je suis convaincu qu'il sera le départ d'initiatives nouvelles favorisant le dialogue, le respect et la tolérance.

Je suis très ennuyé de ne pouvoir être présent à cet événement car je suis malheureusement absent d'Annecy ce week-end. Je souhaite un très bon forum à toutes et à tous et félicite encore les organisatrice(teur)s pour cette initiative.

Bon forum !

mardi 5 avril 2016

"Mais donc c'est une révolte ? Non Sire..."

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Le scandale de l'évasion fiscale au Panama fait vomir tant il montre le cynisme, l'immoralité de certains puissants. Alors que l'Europe plie sous le poids des plans d'austérité, de la rigueur budgétaire, certains des plus fortunés organisent leur évasion fiscale, échappant ainsi à leur devoir de solidarité.

L’écœurement quand tous ceux qui se lèvent tôt (ou pas), qui travaillent, qui cherchent un emploi, n'arrivent pas à s'en sortir et peinent dès le 10 du mois, alors que d'autres, par le jeu de la finance, des paradis fiscaux, gagnent de l'argent sans rien faire.

Dans notre monde, on ne s'enrichit plus (ou si peu car il ne s'agit pas de jeter l’opprobre sur tous les riches) par le travail. On s'enrichit par le jeu des pouvoirs et de l'argent-roi. Le travail est devenu un objet d'occupation des masses et de contrôle social.

La révolution de 1789 est née sur un terreau de délégitimation de l'impôt. Le Tiers-Etat et la Bourgeoisie en ayant largement assez de payer pour un Clergé et une Aristocratie corrompus, exemptés d'impôts et vivant en total décalage avec la réalité du pays.

Aujourd'hui, de nouveau, le discrédit est porté sur l'impôt. Les gens en ont assez de payer des impôts, alors que visiblement ceux qui en auraient les moyens s'en exonèrent. Ils en ont assez de payer des impôts pour des dépenses inutiles votés par une classe politique déconnectée. Ils en ont assez de payer des impôts pour renflouer des banques qui jouent au casino, marre de voir des élus s'auto-augmenter leurs indemnités, marre de la gabegie, marre des projets pharaoniques, des égos...

Ce qui ruine l'acceptation de l'impôt aujourd'hui en France ce sont deux choses :
- le sentiment que notre argent ne sert pas l’intérêt général mais des projets, des décisions personnels. L'absence de transparence et de contrôle est ici largement responsable.
- les faits qui montrent que les plus riches s’organisent toujours pour fuir l’impôt et que ce sont finalement les classes moyennes et populaires qui trinquent.

Pourtant, l'impôt est une chose noble et nécessaire. Il est comme le sang qui irrigue le corps social, transportant les richesse des poumons vers les muscles, des riches vers les travailleurs. Malgré ce que certains veulent nous faire croire, on n'a jamais vu un poumons survivre seul ! Un corps social, c'est une harmonie qu'il faut savoir entretenir dans laquelle le poumon joue son rôle et respecte le travail du muscle. L'impôt c'est d'abord la solidarité, le vivre-ensemble. C'est une belle idée !

Mais voilà, l'opacité sur le devenir de l'argent, l'évasion fiscale et les décisions aberrantes de certains élus rendent aujourd'hui l’impôt de plus en plus insupportable aux Français. Ils ne le voit plus comme un instrument de vivre ensemble, un bien commun nécessaire. Ils le voient comme un des éléments de leur asservissement, de leur appauvrissement. 

Pendant des années, certains puissants ont cru qu'ils pourraient détourner le regard des classes moyennes et populaires en le braquant sur quelques lampistes qu'ils soient immigrés, chômeurs ou bien encore Roms les accusant de "ruiner la France". Pendant ce temps ces malhonnêtes organisaient l'évanouissement de leur propre impôt, de leur participation au vivre ensemble. On voit aujourd'hui qui ruine la France. 

Quand un entrepreneur "oublie" de remplir tout ou tel papier administratif, on sait ce qu'il lui en coûte. L'administration est intraitable. J'attends avec beaucoup d’intérêt de voir ce qu'il va en coûter à ces voyous.

"Mais donc c'est une révolte [dixit Louis XVI]? Non Sire, c'est [peut-etre bien] une Révolution [dixit La Rochefoucauld]"

dimanche 3 avril 2016

Terrasses : une méthode claire et juste

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Depuis quelques mois, je siège dans la commission "Terrasses" mise en place par M. Mugnier, maire-adjoint en charge du commerce. Nous étudions les demandes de changement de mobilier, d'aménagements de terrasses... C'est un exercice qui n'est pas toujours facile, qui demande rigueur et justesse.

C'est l'occasion, pour moi, de vous expliquer dans quel état d'esprit je siège et quelles sont mes prises de position.

Chacun connait l'importance des terrasses des bistrots et restaurants en ville. Elles offrent d'abord de la vie en ville, une ambiance, un dynamisme largement recherché par les Annéciens et nos visiteurs. Les lâches attentats de Paris montrent combien ces lieux sont devenus des références de nos modes de vie. C'est un enjeu important en termes économiques et d'emploi. Une terrasse, c'est du chiffre d'affaire en plus et donc des emplois. C'est aussi un avantage indéniable pour le tourisme.

Pour autant, il est légitime pour une ville de réglementer l'usage de ce qui reste du domaine public (que la ville loue contre rémunération) afin d'arbitrer entre les différentes demandes des différents usagers. Pour cela elle édite un arrêté municipal réglementant les terrasses.

Cet arrêté doit être le fruit d'une coopération, d'une concertation et d'une écoute entre la ville et les représentants des commerçants. Une fois approuvé, cet arrêté doit s'appliquer.

Pour autant, parfois de mauvaises habitudes ont été prises (souvent avec l'assentiment des élus). Il est alors difficile de faire rentrer les choses dans les clous. Il faut savoir laisser un peu de temps d'adaptation. Mais attention à ne pas non plus laisser des choses perdurer "ad vitam eternam", au risque de créer un réel et justifié sentiment d'incompréhension voire d'inégalité entre les commerçants. Le moment des changements de propriétaires est, de ce point de vue, un moment propice pour revenir aux règles édités par l'arrêté.

Et puis, parfois, à l'épreuve de la réalité, certaines règles de l'arrêté s'avèrent inappropriées. Il faut savoir rester dynamique et permettre des ajustements. Ceux-ci doivent de nouveau se construire dans la négociation et la concertation avec les représentants légitimes de la profession. Dans ce laps de temps de la négociation, des autorisations temporaires peuvent permettre de donner un peu de souplesse. Mais il n'est pas question de recréer des exceptions au règlement (c'est ma ligne rouge), car alors celui-ci perd toute sa raison d'être. On ouvre alors la voie aux négociations entre amis, au clientélisme, à l'inégalité.

Construire ensemble un cadre réglementaire, le faire appliquer avec compréhension (en laissant un peu de temps) mais fermeté, et toujours laisser la possibilité de modifier les règles car un règlement n'est qu'un outil au service du bon usage de l'espace public. Et cette notion de "bon usage" de l'espace public peut parfois changer au fil du temps. Voilà ma manière de penser. Mais toujours éliminer toute forme d'inégalité de traitement. J'espère avec cette vision être juste et équitable lorsqu'un dossier m'est présenté.


vendredi 1 avril 2016

Nous n'aurons pas de référendum

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Il y a quelques jours, nous lancions une pétition pour demander un référendum sur la fusion des 6 communes. Après quelques jours de vie, il faut reconnaître que c'est un échec. Trop peu de personnes se sont saisies de cet outil.

Malgré tout ce que nous avions pu entendre (et que je continue à entendre), il faut croire que les habitants se foutent de la question et se moquent de donner leur avis. C'est ainsi. J'en suis désolé car je ne pense pas comme cela, mais il faut savoir parfois reconnaître que nous n'avons pas bien entendu le message populaire. Or, le rôle d'un élu est d'être un relais.

Face à cette indifférence populaire, il n'y aura pas de référendum. Avec Claire et Evelyne, nous avons renoncé à déposer une motion le demandant pour le prochain conseil municipal. C'était pourtant l'étape nécessaire pour lancer le processus.

Cette décision, nous l'avons prise après avoir tenté de convaincre d'autres élus de nous rejoindre car il ne s'agissait pas de porter cette revendication seuls. Malgré de nombreux échanges fructueux, chacun avait visiblement une bonne raison de ne pas s'engager. Chacun assumera ses responsabilités, y compris devant l'Histoire. J'entends beaucoup de critiques contre la méthode de ce projet, mais visiblement (à part moi) personne n'est prêt à l'union. Pourtant, à tous nous aurions pu peser...

En ne déposant pas de vœu pour le conseil du 11 avril, nous prenons acte de cette situation. Or, pour organiser un référendum avant la fin Juin, il fallait un vote en avril (la loi imposant un délai de 2 mois entre le vote en conseil et la tenue du référendum).

Je suis intimement convaincu que nous avions besoin de ce levier pour exiger une réelle concertation avec la population. Mais vous me direz : puisque celle-ci n'en veut pas... Dont acte.

Oh, j'imagine déjà certains élus opportunistes qui cet automne viendront à leur tour demander un référendum. On devrait voir le FN faire cette demande en gros titre d'ici quelque temps... Le pire c'est qu'il passera alors pour la seule force politique démocratique ! Et alors (parce que les gens sont comme cela et ont la mémoire courte) tout le monde aura oublié de dire que c'est trop tard, qu'ils ont raté le coche. Que la bonne date pour demander un référendum c'était avril 2016, et que ceux qui ont essayé, ce n'était pas eux...

Mesdames, messieurs les maires, finalement vous aviez raison. La presse, les gens, les associations, les élus, tout le monde (à part moi et quelques élus de Pringy) se fout de cette fusion et semble d'accord sur votre méthode opaque et non démocratique. Si je peux vous donner un conseil, face à cette réalité : arrêter les pseudo-réunions et foncez, sans plus vous soucier de personne ! Et que personne ne vienne se plaindre ensuite !