lundi 29 février 2016

Fusion de communes : doutes et interrogations

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J'ai assisté jeudi dernier à une réunion des 202 conseillers municipaux de la possible future commune nouvelle (Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy, Seynod). On nous a présenté les deux cabinets d'étude qui vont organiser les choses:
- le premier sur le fond, pour mettre en commun les politiques actuelles des différentes communes et chercher à les faire converger
- le second pour la communication et la relation avec la population.

Vous connaissez ma conviction sur ce dossier. Elle est plutôt favorable.

Mais plus les semaines passent et les mois s'écoulent plus je m'interroge et je doute. Je doute parce que, comme le reste de la population, l'élu que je suis est laissé sur le côté. Cette fusion est menée tambour battant par les 6 maires et leurs directeurs des services. Mais pour le reste... on nous laisse regarder de loin. C'est dommage.

Lors de cette réunion par exemple (c'est assez révélateur), on a 6 maires assis à la tribune et tous les conseillers face à eux qui les écoutent. On a assisté à un grand cours magistral où les maires sont venus nous débiter leurs certitudes. Nous n'étions visiblement pas dans un lieu d'échange et de dialogue. Le ton n'était pas celui-là, d'ailleurs peu de questions et de réactions (en regard de certaines prises de positions tranchées dans la presse) ce qui devrait interroger et alarmer nos maires, mais non ils sont contents. Il y avait d'un côté ceux qui savent, et de l'autre ceux qui viennent écouter. Bien sûr on peut toujours poser des questions et on nous répond avec certitudes. Quelqu'un a, par exemple, posé la question du ressenti des associations face à cette fusion. Je regrette que les maires aient répondu : "on les rencontre souvent, tout va très bien !". Moi, à leur place, j'aurais retourné la question à celui qui la posait : "Pourquoi, vous avez eu des remarques, des inquiétudes ? Que vous dit le terrain?"

Non, jamais ces maires qui savent ne s'appuient pas sur les conseillers de base. Ils font, dans leur coin, et ensuite nous font des grands discours sur la nécessaire proximité avec les habitants...

Oui, nous sommes spectateurs d'un projet qu'on nous confisque. Jamais associés, jamais écoutés. 
On reçoit, trois à quatre semaines après les réunions, des comptes-rendus très liminaires de réunions des élus majoritaires. On peut réagir, mais pour dire quoi, quand vous êtes mis hors jeu...

On a bien des conseils privés après les conseils municipaux pour aborder la question (pourquoi les faire de manière "privée", les citoyens n'ont-ils pas le droit d'entendre nos interrogations, nos doutes?) mais pareil : on écoute, on classe et cela se perd dans la poche de la veste de notre maire pour ne jamais ressortir. Une exemple ? Les maires ont semble-t-il acter une charte de gouvernance pour après 2020. J'ai dit ici et au cours d'une de ces réunions que j'y étais opposé. Aucune trace nulle part...

On ne reçoit même pas les compte-rendus des réunions du comité de pilotage (celui qui réunit les 6 maires et leurs DGS), là où se prennent les décisions...

Il parait que des réunions publiques avec ateliers participatifs auront bientôt lieu. L'expert en communication nous a dit que ce serait le moment pour les élus d'opposition de s'exprimer... avant de dire l'exact contraire en fin de réunion...

Enfin si au moins les habitants peuvent s'exprimer ce sera une très bonne chose... à condition que leurs remarques soient étudiées et prises en compte. Or d'après le timing fixé, on peut en douter.

On savait que l'organisation choisie visait à mettre de côté les élus d'opposition (qui à Annecy représentent la majorité de la population !) et dans une très large partie la population. Vous me direz que c'est de bonne guerre. Oui, si on regarde ce projet avec des yeux politiciens. Je pensais qu'il s'agissait d'un projet d'une autre ampleur, d'un autre niveau. Mais non.

Les maires "je-sais-tout" mènent la danse. Prenons-en acte et arrêtons de faire semblant. 

Vous voyez, mon enthousiasme du départ face à ce projet est en train de se transformer en un sentiment de malaise profond. On savait que les politiques locaux n'aiment pas beaucoup la démocratie participative, on en a une confirmation jour après jour.

Puisque c'est ce qu'ils veulent, nous allons nous taire et attendre gentillement comme des toutous le projet final. Je n'ai plus l'envie de me battre sur tous les fronts car j'en ai assez d'être méprisé alors que je crois avoir lancé suffisamment de perches pour participer avec bienveillance à ce projet.

Personnellement, j'ai donc décidé de céder parce que j'ai une vie de famille (et que la vie c'est pas cela, ces concours de mesquineries) et que j'en ai marre de ces manières de faire de la politique. Je ne mêle plus de cette question de fusion des communes (dont d'ailleurs personne ne veut que je me mêle... sauf peut-être mes électeurs). J'attendrai la fin quand tout sera décidé et je dirai oui ou non.

Comme çà ils seront contents. L'emmerdeur ferme sa gueule.

samedi 27 février 2016

Enquête publique du centre des congrès : Bravo et Merci à vous !

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Claire Lepan, conseillère communautaire
Denis Duperthuy, conseiller communautaire

Annecy, le 24 février 2016


Communiqué de presse

Enquête publique du centre des congrès : un franc succès contre le choix de la presqu’île


L'enquête publique concernant l'implantation d'un nouveau centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny touche à sa fin. Elle a été un véritable succès populaire puisque plusieurs centaines de citoyens (Annéciens, habitants de l'agglo et résidents d'autres territoires) ont pris la plume pour rédiger des contributions (plus de 15 cahiers, plus les mails, ont été remplis). Alors que les promoteurs du projet prédisaient que les enquêtes publiques ne mobilisent jamais beaucoup de monde, les habitants du bassin ont démontré le contraire. Ils ont pu enfin prendre la parole (puisque la loi oblige à cette enquête publique, nous rappelons que sans cela la parole a toujours été refusée à la population sur ce dossier) et ils se sont déplacés très nombreux.

C'est une victoire importante pour la démocratie qui montre combien les habitants sont soucieux d'être mieux associés et consultés pour tous ces grands projets. Cela devrait servir de leçon aux responsables de l'agglomération sur ce dossier comme sur tant d'autres.

Nous voulons remercier et féliciter tous les habitants qui se sont mobilisés, qui ont pris du temps pour s'exprimer. C'est très important. Grâce à eux, nous avons renversé le discours ambiant, fait de fatalité et de résignation de la part des habitants : "C'est déjà tout décidé".

Nous avions appelé à cette mobilisation et nous nous réjouissons de cet élan de démocratie locale.

A cette première victoire sur la fatalité, s'ajoute une victoire très nette (selon nos observations, plus de 80% des contributions vont dans ce sens) des opposants au choix de ce site. Malgré les appels (parfois agacés ou désespérés ?) des promoteurs du projet (M. Accoyer, Rigaut, des responsables de l'office du tourisme...) au soutien de ce projet, les habitants se sont largement exprimés pour dire NON au choix du site de la presqu'île. Cette expression dépasse largement les limites des militants associatifs ou politiques et émane de toute la population. Cette expression populaire doit être entendue et respectée. Il est grand temps d'abandonner le choix de ce site et de revenir à la table des négociations pour trouver une autre solution.

Cet engouement contre le choix de ce site nous conforte largement dans les positionnements que nous avons défendus depuis maintenant plus de 5 ans. Hostiles depuis la première heure au choix de ce site, nous demandons aux responsables de la C2A d'écouter l'opposition des habitants et d'en tirer les conséquences.

Enfin, troisième victoire :  les contributions déposées sont d'une qualité argumentative de très haut niveau. Les habitants ne se sont pas seulement déplacés pour dire NON, ils ont argumenté leurs positions montrant ainsi qu'ils connaissent largement le sujet et peuvent s'en faire une opinion. La diversité et la complémentarité des approches développées nous a surpris, en bien. Cela montre que lorsque l'on fait appel à la population on a souvent de bonnes surprises.

De nombreux citoyens ont pris du temps pour étudier leur dossier et préparer leur contribution. Nous tenons à les remercier et leur dire notre reconnaissance. Ces argumentaires sont une source d'inspiration et de connaissances importante pour nous.

Cette phase d'enquête publique a donc permis trois victoires pour les opposants au choix de la presqu'île :
1) Un véritable engouement populaire contredisant les pronostics de certains.
2) Une très large victoire des opposants au choix du site
3) Des contributions largement étayées et argumentées

Nous nous en réjouissons. Cela nous donne la force de poursuivre notre combat pour le respect de ce site, sa transformation en un parc public et un meilleur usage des deniers publics pour trouver une solution raisonnable et consensuelle aux difficultés (réelles) du secteur du tourisme d'affaires sur Annecy.

Nous attendons avec confiance et sérénité le rapport de la commission d'enquête et son avis. Nous poursuivrons nos actions (politiques et juridiques) pour faire obstacle à ce projet.

Merci à tous les citoyens qui se sont déplacés. Merci pour leurs contributions. Merci pour la qualité de leurs écrits.

jeudi 25 février 2016

Vallon du Fier : une continuité dans nos positionnements

Suite à notre positionnement publié sur ce blog sur le vallon du Fier et la vente des terrains Ceccon que la ville n'a pas souhaité acquérir, j'ai reçu plusieurs messages.

Programme de 2014 porté par la liste "Avec vous, Annecy pour tous" p. 17

Bien entendu des messages de l'industrie du BTP pour m'engueuler, mais çà je le savais. Des messages de soutiens aussi, heureusement. Parfois quelque incompréhension aux vues des chiffres avancés pour l'achat de ce terrain et de questionnements d'Annéciens contribuables.

Il est évident que la majorité a orienté le regard des citoyens sur cette question et qu'annoncer des coûts d'acquisition à plusieurs dizaines de millions d'euros fait peur. C'est fait pour. Bien entendu d'autres solutions existent et une négociation aurait largement fait baisser ce prix pour aboutir à un prix proche de celui avancé par France Domaine. Mais cela est passé sous silence.

Après tout est question de priorité politique. L'acquisition de ces terrains pour les transformer en parc public ouvert à tous les Annéciens est pour nous une priorité. Et cela depuis longtemps. D'ailleurs la majorité ne devrait pas être surprise de nos positionnements, ce sont ceux que nous avons défendus devant nos électeurs en 2014. Ce sont ceux qui nous donnent notre légitimité d'élus.

Oui, nous gardons une cohérence et nous essayons de tenir nos promesses électorales. Je peux comprendre que des listes qui se sont fait élire sans programme; ou bien d'autres qui ont fait des promesses qu'elles ont depuis rangé au placard s'étonnent de notre constance. Mais c'est ma manière de faire de la politique : Dire ce que l'on va faire et faire ce que l'on a dit.

Je ne m'aligne pas sur la position de tel ou tel, notamment de Bernard Bosson. J'aligne mes prises de position sur le programme que j'ai défendu devant les Annéciens et qui me valent d'être élu. C'est tout : cohérence, constance et courage. Voilà ce dont manque la politique et que j'essaie d'avoir comme ligne politique personnelle.

mardi 23 février 2016

Pour lutter contre les drogues : légalisons le cannabis

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La consommation de cannabis est un véritable fléau dans notre pays. 17 Millions de français seraient des consommateurs. 41% des français (contre 29% des hollandais) a déjà fumé du cannabis selon les études.

Le cannabis est un danger pour la santé publique de notre population. Sa consommation doit être combattue. Ses impacts nombreux et importants sur la santé doivent être dénoncés sans relâche : isolement social, problèmes pneumologiques, psychiques, etc...

Faire la promotion de cette drogue serait purement criminel et irresponsable.

Mais voila, la politique du "tout répressif" menée en France depuis des décennies ne fonctionne pas. La France est championne d'Europe de la consommation de cannabis. Ses impacts sur la santé publique sont nombreux et augmentés par le non-contrôle de la qualité des substances écoulées sur le marché (illégal par définition). Aucune prévention n'est possible, aucun contrôle des substances.

Il faut donc changer de stratégie, vite. L'Etat doit organiser les circuits d'approvisionnement et de distribution du cannabis pour en contrôler l'origine et la qualité, pour enrayer l'économie parallèle faite autour de l'argent du cannabis, pour mobiliser ses moyens non plus dans la répression mais dans la prévention. Il ne peut donc uniquement "dépénaliser" le cannabis (ce qui revient à laisser les réseaux d'approvisionnement aux mains des dealers), il doit le légaliser à l'instar d'une autre drogue : le tabac.

Ses règles doivent être à minima les mêmes que pour le tabac : interdiction de la publicité, encadrement des composants, paquets neutres, politiques tarifaire dissuasive...

Faisons sortir les consommateurs de cannabis de l'ombre pour mieux pouvoir les aider, les prévenir et les accompagner. La prohibition n'a jamais réglé aucun problème. Seuls l'encadrement et la régulation par l'Etat seront efficaces pour enrayer la montée de la consommation de cette drogue. Cela permettra aussi à la police de se concentrer sur d'autres formes de trafics et libérera nos cités de l'emprise de petits dealers-caïds.

Le bon sens, le pragmatisme et l'efficacité donnent à voir un échec de notre politique actuelle. Alors que d'autres pays ont réussi à enrayer la consommation de cette drogue en la légalisant. Alors, à quand en France ?

dimanche 21 février 2016

Réflexions sur une démocratie agonisante

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Alors que Mme El Khomri prépare l'achèvement même de l'idée de progrès social, après le braconnage du gouvernement sur les terres de droite avec l'idée de déchéance de nationalité, épisodes qui font eux-mêmes suite à tant de renoncements, où en est l'échiquier politique français ?

Les partis politiques sont agonisants et l'idée même de démocratie est aujourd'hui chancelante parce que les partis sensés l'animer ne représentent plus qu'eux-mêmes. Les partis populistes émergent partout en Europe, les Etats-Unis promeuvent un Donald Trump plus caricatural que jamais, en Russie Poutine installe son pouvoir autoritaire...

D'où vient ce mal? C'est en lisant le dernier livre de Pierre Rosanvallon "le bon gouvernent" que j'ai commencé à trouver quelques pistes (vous retrouvez ici ma lecture du livre).

Pour comprendre il faut faire un peu d'Histoire. Après des siècles de pouvoir absolu royal, les révolutionnaires français ont mis en place un régime centré sur le pouvoir législatif. Ce pouvoir de l'assemblée devait contrôler à la fois l'exécutif (le roi puis les différentes formes de gouvernement) qui n'était qu'un exécutant et à la fois le pouvoir judiciaire (avec les tribunaux révolutionnaires notamment). Ce règne de la loi, vue comme volonté générale, faisait des députés les acteurs centraux de la démocratie. Il fallait peu de lois, mais des lois "objectives", efficaces et agissantes (d'où le fait qu'on y touchait que d'une main tremblante comme le dira Montesquieu). Il fallait un pouvoir exécutif "sans tête" constitué d'un collectif. Les gouvernants révolutionnaires étaient désignés parmi les députés, "les meilleurs d'entre eux". C'était le règne de la méritocratie (qui a connu ses dérives, il ne s'agit pas de l'enjoliver).

La première guerre mondiale va provoquer un basculement dans l'ordre d'importance des pouvoirs. Face aux besoins de la guerre, il faut des chefs qui décident et agissent. Le pouvoir exécutif va alors prendre une importance renforcée. Le Président de la République et le Président du Conseil prennent un rôle majeur, éclipsant par là-même le pouvoir législatif jugé peu réactif avec ses débats sans fins et donc lent à prendre des décisions.

La crise 1929 va renforcer cette idée qu'il faut un pouvoir politique fort qui "pilote" les affaires de l'Etat. La tentation autoritaire prendra forme en Allemagne et en Italie avec les pouvoirs fascistes notamment, alors que la France, sous un régime davantage parlementaire connait les avancées sociales du Front Populaire. La seconde guerre mondiale aura ainsi un impact important, montant les peuples contre leurs systèmes politiques d'avant guerre. Alors que l'Italie et l'Allemagne de 1945 choisissent le parlementarisme (pour oublier les dérives autoritaires), la France du Général de Gaulle choisit un système semi-présidentiel faisant la part belle au pouvoir exécutif (en réaction au pouvoir parlementaire d'avant-guerre). Seule l'Angleterre avec sa royauté parlementaire restera dans une certaine continuité.

Depuis lors, à travers le monde, les pouvoirs exécutifs ont pris une place considérable, renvoyant les assemblées élus (le pouvoir parlementaire) à un rôle de second ordre. Russie, Etats-Unis, France, Turquie, Chine, Brésil... tous ces pays sont tombés dans le règne du présidentialisme. Ce présidentialisme va s'accompagner de l'idée d'une élection (quitte à ce qu'elle soit pipée dans certains pays) du Président au suffrage universel, coupant ainsi court aux vélléités de pouvoir des parlements. Les présidents sont élus par le peuple, ils sont donc légitimes.

Pour se faire élire, il faut deux choses:
- une personnalisation des candidatures et donc un passage d'un pouvoir collectif à un pouvoir personnalisé (le summum étant l'élection américaine). On élit le Président de tous les Français.
- des promesses, quitte à ce qu'elles ne soient jamais tenues. L'élection présidentielle, celle de l'homme (ou de la femme) providentiel, devient l'élection majeure. Il faut donc la remporter quitte à dire n'importe quoi ! Il faut séduire (pas convaincre!) et parfois manipuler. Le Président devient l'homme qui doit résoudre tous les problèmes et la loi change de nature.

La loi n'est plus l'expression de la volonté générale, un ensemble de quelques textes fait pour "encadrer" la vie des citoyens dans un Etat. Elle devient l'expression personnelle d'un Président (parfois fortement éloignée des valeurs politiques), ensemble de textes qui servent à répondre à tous les problèmes même les plus anecdotiques. c'est ainsi qu'on change la loi pour inscrire la déchéance de nationalité dans les texte, pour quelques individus isolés...

Par définition, ce système politique présidentialisé et personnalisé à outrance conduit à un cycle récurrent d'espoirs/ déception. Tous les 5 ans en France, il faut faire campagne et donc faire des promesses pour être élu Président. Ces campagnes galvanisent les foules (vues comme des ensembles de citoyens défendant leurs intérêts propres et non des collectifs organisés) et font naître un espoir immense pour chacun des camps politiques. Puis, une fois l'élection passée, c'est la désillusion, la déception, le temps des critiques.

Ce qu'il faut bien comprendre chez Rosanvallon, c'est que ce cycle n'est pas le fait des hommes politiques seulement. Il est d'abord le résultat d'un système politique hyper-présidentialisé. Il est aussi le résultat d'une attente des citoyens eux-mêmes qui ne rêvent que de cet affrontement au sommet à chaque élection présidentielle (et ont ensuite pendant 4 ans et demi la gueule de bois)!

On attend du Président qu'il soit efficace, réactif, omniprésent, lisible...qu'il répond à MES problèmes. Il est donc directement responsable, seul. Le temps politique est passé du temps long de rédaction de lois peu nombreuses mais travaillées, au temps court de lois de circonstances, répondant à des problèmes spécifiques, souvent peu travaillées.

Ce système a ses limites, que nous commençons à voir poindre.
D'abord les citoyens commencent à se lasser des promesses et réclament du "parler-vrai" de la part des politiques.
Ensuite, la légalité des élections n'est pas remise en cause, mais la légitimité des élus n'est plus  automatique. L'élection ne fait plus l'élu. Les élus doivent construire, après leur élection (ce qui est le changement majeur), leur légitimité en tissant des liens directs avec les citoyens, en faisant ce qu'ils ont promis, en impliquant les citoyens.

Personnellement, je pense que cette situation politique, institutionnelle, est instable. La machine politique actuelle ne produit que du ressenti négatif (quelque soit la réalité des actions mises en oeuvre). Elle est donc potentiellement explosive. Puisque les régimes politiques, en France, ne savent pas changer sans heurts, on peut penser que nous sommes dans une période pré-changement (historiquement cela a conduit à deux sorties possibles : révolutionnaire ou fasciste).

Pourtant, ayant conscience de ces manquements de notre système, il serait plus que temps de réfléchir à en sortir par le haut, par une 6e République. Celle-ci ne peut être la reproduction d'un système d'avant (on ne reviendra pas sur l'hyper-personnalisation des élections à l'heure où la télé nous a transformé en zappeurs) mais un nouveau régime encadrant le pouvoir personnel de certains par des contre-pouvoirs collectifs. Elle doit devenir plus participative et impliquant les citoyens. La centralisation du présidentialisme doit s'accompagner d'une décentralisation des débats politiques au niveau des citoyens. Il faut réussir la combinaison d'un temps politique long de la réflexion sur l'avenir (réflexion qui doit revenir aux citoyens) et un temps politique court de la réactivité et de l'impulsion du présent (qui doit revenir aux hommes politiques sous contrôle).

vendredi 19 février 2016

Il y a 600 ans, la Savoie devenait un Etat

C'était le 19 février 1416 à Chambéry. Il y a 600 ans jour pour jour, l'empereur du Saint Empire Romain Germanique Sigismond V élève Amédée VIII (comte de Savoie) au rang de duc.

Née aux alentours de l'an 1000 avec Humbert Ier "aux blanches main" auquel l'empereur Otton III confie le comté de Maurienne, la dynastie de Savoie acquière en 1416 un rang européen. Le passage du comté au duché confère à Amédée VIII une totale liberté de gestion de son Etat. Certes, il reste le vassal (militaire) de l'empereur du Saint Empire mais l'Histoire de la Maison de Savoie prend une nouvelle dimension.

En France voisine, le roi Charles VI vient de subir la catastrophique défaite d'Azincourt contre les Anglais (qui détiennent alors la ville de Calais). La Savoie s'élève alors que le roi de France vient de reconnaître comme successeur légitime Henri d'Angleterre... son avenir est incertain.

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Le duché de Savoie comprend alors les deux départements actuels (Genevois avec Annecy mais sans Genève, le Faucigny, le Chablais, la Maurienne berceau de la famille, la Tarentaise et la Savoie propre avec Chambéry) mais aussi la Bresse, le canton de Vaud, le comté de Nice, le vicomté d'Aoste et la vallée d'Ossola.

En 1418, la principauté du Piémont viendra s'ajouter à ces possessions, sous contrôle direct du duché de Savoie.

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Amédée VIII promulguera en 1430 les Statuta Sabaudiae, premier grand texte juridique à mi-chemin entre une constitution (et le rôle de chacun) et les codes civils et pénaux (avec malheureusement un statut particulier pour les Juifs). C'est un texte précurseur qui réglemente à la fois les pratiques de médecines, les pouvoirs religieux, les us et coutumes...

En 1440, Amédée VIII abdique au profit de son fils Louis Ier. Le premier duc de Savoie sera élu dernier anti-pape sous le nom de Félix V (qu'un duc savoyard soit élu antipape est assez comique car le grand schisme entre Rome et Avignon avait été résolu en 1417 par un certain cardinal de Brogny, né à Annecy-le-Vieux et savoyard...)

Amédée VIII aura fait prendre une dimension nouvelle à la Savoie qui comptera dorénavant parmi les nations européennes (avec l'une des dynasties régnantes les plus longues de l'histoire européenne). C'est son lointain descendant, Victor-Amédée II qui en 1713 reçoit la couronne royale de Sicile et l'échange en 1718 avec celle de Sardaigne (détenue alors par l'Espagne) qui fera passer à la Savoie une "étape" supplémentaire en devenant un royaume, "libéré" du Saint Empire Romain Germanique.

En 1860, par le traité de Turin, le roi de Savoie-Piémont-Sardaigne Victor-Emmanuel II  (lointain descendant d'Amédée VIII) reçoit le soutien militaire de la France pour réaliser l'unité italienne (contre l'Autriche présente au Nord-Est de l'Italie). En échange, il "donne" la Savoie actuelle et Nice à la France. Le royaume d'Italie est proclamé en 1861 (donc la Savoie n'a jamais été italienne!!!) et se terminera en 1946 par un référendum qui fera de l'Italie une République (par 54.26% des voix) et mettra fin à la monarchie.

Pour honorer ce grand homme historique que fut Amédée VIII, la place du palais de Justice d'Annecy porte son nom. L'Histoire de notre territoire est bien différente de celle que l'on apprend à l'école car notre Savoie n'était sous tutelle française que par intermittence au gré des batailles. Elle vivait politiquement en lien avec le Saint Empire Romain Germanique (c'est-à-dire l'Allemagne actuelle, l'Autriche, le Nord de l'Italie). Dommage que cette Histoire soit trop souvent passée sous silence car elle est aussi notre Histoire.

mercredi 17 février 2016

Asters au Manoir de Novel ?

Suite à une intervention de ma collègue Evelyne Marteau lors du dernier conseil municipal à propos de l'avenir des P'tiouts Jean de Vovray (notre groupe folklorique annécien), nous apprenions que le Manoir de Novel pourrait être loué à l'association Asters*, conservatoire des espaces naturels de Haute Savoie.

C'est une très bonne idée que je soutiens car cette association fait un travail exemplaire en matière de protection et de valorisation des espaces naturels, notamment (mais pas seulement) du lac.

Lors de la campagne électorale de 2014, avec mon équipe, j'avais porté le projet de la création d'une "Maison de l'eau et de l'énergie" (pas au même endroit mais cela allait dans un ensemble de propositions différentes de celle mise en oeuvre par la majorité depuis), pour valoriser nos savoir-faire locaux en matière de gestion de la ressource en eau (notamment tous les efforts menés après-guerre par le Syndicat du lac pour faire du lac d'Annecy "le lac le plus pur d'Europe"). Ces savoir-faire sont une "technicité" d'avenir qu'il s'agit valoriser auprès du grand public (Asters y contribuera effectivement) mais aussi économiquement. 

Programme "Avec vous, Annecy pour tous" p.11

En effet, notre projet de "Maison de l'eau et de l'énergie" allait plus loin que la seule installation du conservatoire départemental des espaces naturels sur Annecy. Nous souhaitions donner une dimension économique à notre projet en permettant l'éclosion localement d'une filière "eau et énergie" valorisable économiquement. En créant un espace propice à l'émergence de nouvelles entreprises sur cette thématique, nous pouvions imaginer créer de nombreux emplois, écologiques et économiquement attrayants. Un élu doit savoir analyser les atouts et les forces d'un territoire (c'est le cas, j'en suis convaincu, de plusieurs décennies sur la ressource en eau jadis utilisée comme énergie pour l'industrie avec le Thiou, aujourd'hui valorisée touristiquement et en production d'eau potable) et offrir des outils pour créer l'économie de demain.

Nous aurions également associés d'autres acteurs à ce projet : le monde économique mais aussi tout le monde associatif très vivant localement (associations de protection de la nature, pêcheurs...) pour faire émerger cette maison du lac.

Bien sûr, rien de cela n'était présent dans le programme du maire et il ne faut voir qu'une simple coïncidence à ce que le projet Asters sorte maintenant... des cartons de la mairie.

Par ailleurs, nous avions affiché clairement notre ambition de mettre à disposition le manoir au monde culturel. Asters répond parfaitement à cette volonté affichée et explicitée il y a 2 ans.

Programme "Avec vous, Annecy pour tous" p.19

En accord avec notre programme de 2014, sur lequel nous avons été élus et qui constitue les engagements pris devant vous et donc ma légitimité d'élu, je soutiendrai cette possible arrivée d'Asters au Manoir, en espérant que cela soit la première pierre d'une ambition plus grande : créer une filière locale (associative, recherche et développement, réseau d'entreprises, pépinières...) autour des questions de l'eau et de l'énergie (renouvelable), enjeux mondiaux du XXIe siècle.

Quant aux P'tiouts Jean de Vovray qui ont trouvé un local sur Cran, je leur souhaite de tout cœur une belle nouvelle tranche de vie. Qu'ils continuent à nous régaler et à faire vivre à Annecy et dans leurs diverses représentations notre culture savoyarde dans le même esprit qui est le leur : gaieté, bonne humeur, mais aussi très grande maîtrise. Bon nouveau vent à vous !

*Asters : http://www.asters.asso.fr/

lundi 15 février 2016

Centre des congrès à Albigny : les restaurateurs annéciens perdants

Depuis plus de 5 ans, je me bats contre l'installation de l'éventuel futur centre des congrès à Albigny. J'ai toujours défendu 3 "ensemble" d'arguments : - la loi littoral, - les coûts, - et l'éloignement du centre-ville d'Annecy.

Les promoteurs de ce projet nous disent qu'il va créer 900 emplois. Ce chiffre absurde ne correspond en rien à la réalité quand on sait (comme cela est noté dans la Dup) que sur toute la France le tourisme d'affaire génère 7000 emplois, on se demande bien comment, à Annecy tout seule, on pourrait en créer 900...

Je suis convaincu qu'un centre des congrès doit être un outil au service de l'économie locale. Il doit servir à booster les commerces DEJA existants (et s'il peut en créer d'autres tant mieux!). D'ailleurs, dès l'origine, le projet de nouveau centre des congrès était, pour les commerçants d'Annecy, une contrepartie aux autorisations d'ouvertures et d'extensions des centres commerciaux de Seynod (Arcaloz et Val Semnoz) et d'Epagny.

Un nouveau centre des congrès, pour créer des emplois durables et socialement intéressants (pas des CDD à temps partiels), doit venir renforcer l'existant et pour cela se situer à proximité du centre-ville d'Annecy. Oui, la localisation du lieu a son importance ! Car créer un centre des congrès à Albigny c'est ouvrir la création d'un ensemble commercial sur le Petit Port à Annecy-le-Vieux, CONCURRENT au centre-ville d'Annecy. C'est  faire perdre Annecy et ses commerces! Des alternatives existent et je les ai défendues comme la reconversion du parking actuel de la Préfecture par exemple.

Vous n'êtes pas convaincus ? Un ami qui va prochainement participer à un congrès à Annecy à l'Impérial, et qui suit mes combats, m'a fait parvenir la brochure suivante éditée par Annecy Congrès, accompagnée du commentaire suivant : "Nous vous prions de trouver ci-jointe une liste de restaurants situés non loin du Centre de Congrès de l'Impérial".



On découvre 3 zones:
- zone 1 : l'Impérial lui-même. Qui est-ce qui dénonce depuis des années le risque de création de monopole de l'Impérial ???? C'est bibi
- zone 2 : Annecy-le-Vieux, quartier d'Albigny
- zone 3 : Annecy-le-Vieux, quartier du petit port.

Les commerces d'Annecy ne sont signalés qu'à titre informatifs "à 15 minutes à pied". Sauf que, dans la tête d'un congressiste qui a 1 heure à midi pour manger, 15 minutes aller + 15 minutes retour cela le dissuade de tenter l'aventure annécienne... Les commerces d'Annecy perdent donc cette clientèle (qui leur était pourtant promise) de restauration, cafés du midi... au profit des commerces (appelés à se multiplier) d'Annecy-le-Vieux.

Il n'y a aucune raison pour que cela change avec le nouveau centre des congrès, bien au contraire...

Le choix d'Albigny, économiquement parlant, est un non sens. Il créera une concurrence nouvelle pour les commerçants d'Annecy, les affaiblissant encore davantage. Oui, le lieu d'implantation compte car du bon ou du mauvais choix dépend aussi l'impact économique local et la qualité des emplois créés, la pérennisation de nos commerces et plus généralement le fait que ce nouveau centre des congrès soit une locomotive ou un frein à notre économie touristique locale.

Amis commerçants, vous avez encore une semaine pour vous exprimer dans le cadre de l'enquête publique sur l'implantation du futur centre des congrès. Vous pouvez continuer à compter sur certaines institutions sensées s'exprimer au nom de l’intérêt du tourisme local pour soutenir ce projet (si mon regard s'égare du côté de certains responsables de l'office du tourisme, ce n'est pas un hasard), mais ils le font contre vos intérêts sous influence politique. Ou bien vous pouvez réfléchir et vous dire que vraiment tout cela n'est pas très sérieux et va nuire aux commerçants d'Annecy...

samedi 13 février 2016

Centre des congrès, tunnel : les hausses d’impôts, c'est maintenant

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Jeudi soir nous avions le Débat d'Orientations Budgétaires (DOB) de l'agglomération pour construire le budget 2016. Suite aux propositions de l'exécutif et du Président, voici l'intervention que j'ai faite:

"Chers collègues,

Pour l'agglomération, l'impact des décisions nationales (baisses de dotations et montée en puissance du Fonds de Péréquation Inter-Communale (FPIC) conduit à une ponction totale de 2.7 M€ (millions d'euros) de plus pour cette année 2016.

Il faut noter la bonne nouvelle venue du conseil départemental de réallouer 0.882 M€ des fonds genevois à notre agglomération. Au total, la ponction réduite du versement des fonds genevois est donc de 1.9 M€ de plus en 2016 par rapport à 2015.

Or, face à cette ponction nette de 1.9 M€, les propositions qui nous sont faites en termes de hausse de la fiscalité des ménages uniquement, les entreprises qui ont pourtant bénéficié des allègements de charges nationaux étant étonnamment "épargnées" de ces réévaluation de taux fiscaux, conduisent à un produit fiscal supplémentaire de 3.8 M€.

La présentation est habile qui vise à faire porter le chapeau à l'Etat de la future hausse des taux de fiscalité de:
- la Taxe d'Habitation qui, passant de 6.47% à 6.95%, augmente de 7.41 %
- la Taxe sur le Foncier Bati qui, passant de 0.40% à 1.65%, augmente de plus de 312% soit un facteur multiplicateur de 4
- la Taxe sur le Foncier Non Bati qui, passant de 1.78% à 3.15%, augmente de 76.7 %.

Mais les chiffres nous montrent une autre réalité. La moitié des hausses d'impôts qui nous sont proposées sont effectivement liées aux décisions nationales. Mais l'autre moitié est directement imputable à nos décisions locales. Personnellement, je considère que si l'on veut que les effets du pacte de compétitivité et de responsabilité soient positifs, et ils trainent à l'être, il faut aussi que l'on maintienne un pouvoir d'achat à nos populations en ne déplaçant pas les impôts qui baisseraient au niveau national pour être augmentés plus que proportionnellement au niveau local. Dans ce cadre, je considère pour ma part, qu'un scénario permettant une stabilité du produit  de la taxe d'habitation (prenant en compte la baisse du taux de la TEOM) ainsi qu'une moindre augmentation du taux de la TFB, pour assurer le maintien du niveau de service public, doit pouvoir être étudié et retenu.

Ou alors, l'agglomération doit assumer complètement ses choix. Car cette hausse importante d'impôts ne vise pas seulement à contrebalancer la baisse des dotations de l'Etat, elle vise aussi et de manière égale à permettre des investissements qui sinon ne sont pas finançables. Oui, la construction d'un nouveau centre des congrès dont les crédits pour cette année sont inscrits à hauteur de 6.6 M€ ainsi que le choix insensé de percer un tunnel sous le Semnoz (965 k€ cette année) pèsent lourdement sur nos finances. Oui, la hausse des impôts est rendue nécessaire par ces choix très largement contestés par la population. Oui, M. Rigaut il faut augmenter les impôts pour payer ces projets, contrairement à ce que vous affirmer aux habitants de l'agglomération.

Ces projets absurdes qui ne préparent en rien l'avenir sont hors de portée de nos finances actuelles et nécessitent donc des hausses d'impôts. Vous vous félicitez dans le rapport d'une bonne tenue des investissements en 2015 puisqu'ils ont été de 25 M€. Mais ces investissements ont été très largement financés par une augmentation de dette. En 2015 vous avez fait le choix de faire payer vos investissements inutiles par les générations futures, en 2016 vous décidez d'augmenter les impôts. C'est cela la réalité de votre vision en terme d'investissements. D'ailleurs la Chambre Régionale des Comptes, dans son rapport que nous verrons un peu plus loin, y fait explicitement référence lorsqu'elle écrit : "La situation financière de la C2A est fragile. Son endettement est conséquent" p.11 alors que vous ne cessez de claironner, généralement  pour tenter de contredire mes interventions budgétaires, que la situation de notre agglomération est saine.

Or ces choix, bien sûr, se font au détriment d'investissements plus utiles pour tous, populations ET entreprises locales. Dans la proposition qui nous est soumise, on peut par exemple noter les postes sur lesquels vous reniez pour boucler le budget :

- 100 k€ de renié sur les acquisitions foncières inscrites pour un budget de 420k€, poste pourtant éminemment important et stratégique pour l'avenir.

-100 k€ de nouveau sur l'enveloppe de minoration foncière

- 450 k€ sur le poste d'amélioration du parc de logements privés anciens, poste dont le budget s'élèvera donc à 0€ pour 2016, en contradiction totale avec les engagements pris ici et en total décalage avec les impulsions nationales et internationales nées de la COP 21

- 433 k€ de grappillé sur les crédits ADAP pour l'accessibilité de la ville et des services aux personnes handicapées, prévues à hauteur de seulement 500k€

- 150 k€ en moins pour la réalisation de pistes cyclables

- et 148 k€ de réduction sur le poste de la nature en ville qui passe ainsi de 150 k€ à 2000 €... juste de quoi payer un peu de pub pour se faire mousser.

- sans compter une enveloppe de seulement 2 millions d'euros pour le logement social largement insuffisante pour tenir les objectifs affichés dans notre PLH

Oui, monsieur le président vous faites des choix, même si vous avez du mal à les assumer et préférez vous cacher derrière une prétendue fatalité financière nationale. Ces choix sont ceux de porter des projets comme le Centre des congrès ou le tunnel sous le Semnoz hors de portée financière de notre agglomération. J'avais dit il y a 3 ans que nous devrions augmenter les impôts des ménages d'au moins 15 % pour se payer le Centre des congrès. Les citoyens peuvent aujourd'hui constater que je ne leur avais pas menti et que le budget 2016 tel qu'il ressort des orientations proposées ce soir fait déjà une bonne partie du chemin (7% sur la Taxe d'habitation par exemple et bien plus sur la Taxe foncière). Vous choisissez donc cette année d'augmenter lourdement les impôts après avoir massivement augmenté la dette en 2015.

En contrepartie, vous négligez totalement les investissements en terme de logements (construction ou rénovation) pourtant indispensables pour nos concitoyens et le dynamisme économique de notre bassin. De la même façon, les beaux discours concernant l'environnement se dégonflent ce soir. Entre tunnel sous le Semnoz et pistes cyclables, vous avez choisi la voiture et sa pollution plutôt que le vélo. Entre tunnel sous le Semnoz et transports en commun, vous choisissez de nouveau de laisser vivoter notre réseau de transports en commun en vous arc-boutant sur votre dogme irrationnel de ne pas toucher au versement transport pourtant l'un des plus faibles de France. Enfin, vous dépouiller l'ADAP des moyens nécessaires à la mise en œuvre d'un réel programme de mise en conformité de nos équipements pour les personnes handicapées, ce qui est proprement scandaleux.

Les orientations proposées doivent être totalement revues et corrigées avant le vote du budget car elles ne répondent pas aux attentes de nos concitoyens et du monde économique. Dans un contexte de redistribution des compétences Sports et culture entre future agglo et communes, elles engagent des projets qui, au 1er janvier, devront être supportés par d'autres, c'est-à-dire les communes.  Ces orientations alourdissent les impôts portant sur les ménages pour permettre le financement d'équipements inutile pour l'un, mal placé donc très cher pour l'autre. Elles sont en contradiction totale avec les engagements pris ici que ce soit dans notre PLH, notre ADAP ou bien encore notre plan climat-énergie. J'émets donc un avis très défavorable au rapport qui nous est présenté ce soir.

Je vous remercie pour votre attention."

jeudi 11 février 2016

Art contemporain aux Haras

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Tableau de Bosch

Je lis dans le Dauphiné d'aujourd'hui l'ampleur de la polémique initiée par les élus FN et de droite extrême lors du dernier conseil municipal qui se sont élevés contre le projet d'art contemporain qui va être projeté cet été dans le bâtiment du Manège aux Haras.

Je participe à la commission culture. J'ai donc assisté à cette séance qui a été effectivement très houleuse, et pas seulement sur les bancs des représentants des deux groupes cités ci-dessus. La majorité aussi est largement montée au créneau avant visiblement de revenir à la raison si j'en crois les propos de Mme Brasier.

Cette oeuvre, dont on nous a présenté uniquement 4 minutes sur 30, sans le son, est une oeuvre onirique qui interroge sur la société de consommation, sur le bien-être animal, notre rapport à la terre, aux autres...

J'ai d'ailleurs été très amusé, au moment où l'on voit effectivement un couple s'embrasser avant de voir apparaître, dans le même lit, un troisième personnage, un homme, de voir tous les regards se tourner vers moi... Bref, cette oeuvre fait réagir et c'est très bien !

Ce que j'ai dit:
1) La commission municipale n'est pas habilitée à juger des œuvres d'art et ne doit pas se transformer en commission de la censure.
2) Nous connaissons la fondation Salomon qui fait un merveilleux travail depuis des années et en qui j'ai toute confiance.
3) Le projet artistique est aujourd'hui aboutit, il ne peut être modifié ou changé au dernier moment sous l'impulsion de quelques élus obtus.
4) Par contre, on peut réfléchir:
- A revoir pour les années suivantes les conditions de mise à disposition du manège en demandant des œuvres peut-être plus orientées vers le grand public. C'est une discussion qui peut s'engager en confiance et sans a priori avec la fondation Salomon
- Pour cette exposition, qu'on ne peut aborder sans un minimum de mise en condition, j'ai demandé que des informations en amont soient mises à disposition du public (scolaire et grand public) pour avertir les parents (et les enseignants) et les préparer à accompagner les enfants dans la lecture et l'interprétation de cette oeuvre en faisant de la médiation culturelle (présence de médiateurs possibles, affiche à l'entrée du manège...).

Je regrette que l'action du FN et de la droite extrême conduise aujourd'hui à rendre payante (3€ !!!!!) une exposition qui était initialement gratuite. On voit comment ces élus agissent pour le bien des Annéciens ! Je félicite l'exécutif de la mairie d'avoir tenu bon pour la diffusion de cette oeuvre qui certes, va faire parler... Mais n'est-ce pas aussi une des vocations de l'art que de nous interroger sur nous-mêmes ?

mardi 9 février 2016

Drogue : Comment gagner 1 million d'euros par mois sur le bassin annécien ?

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http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/l-heroine-fait-son-retour-en-france-748915.html

Quand j'ai entendu ce chiffre, la semaine dernière à la télé, je n'en revenais pas : 1 million d'euros par mois ! De quoi s'agit-il ? Des recettes liées au trafic d'héroïne (la drogue) sur notre bassin annécien. 

Annecy en Une d'une chaîne d'info pour parler du "grand retour de l’héroïne en France", voilà qui a de quoi nous inquiéter. Alors que dans le reportage on reconnait aisément les bois autour de la Visitation et que l'on voit avec quelle abnégation et professionnalisme les policiers d’Annecy tentent d'enrayer le phénomène, on reste interloqué.

Annecy ne serait donc pas seulement la belle carte postale ? Une mafia visiblement d'origine albanaise aurait pris la main sur un vaste réseau de distribution. Annecy en serait la plaque tournante. On connait malheureusement les ingrédients d'un tel succès : proximité des frontières (suisses et italiennes) pour l'approvisionnement et niveau de vie assez élevé (pour les consommateurs) voilà qui fait d'Annecy un "marché" à fort potentiel et à risques limités.

Bien que la lutte contre les stupéfiants soit un long combat, déjà engagé depuis plusieurs mois par les policiers annéciens auxquels il faut rendre hommage, il est urgent de prendre ce problème à bras-le-corps pour stopper cette entreprise criminelle. 

On ne peut tourner les yeux sur cette réalité. Il faut agir vite et fort pour démanteler ces réseaux. De nouveau, j'invite le maire d'Annecy à demander des renforts de police pour aider nos policiers. Notre positionnement frontalier nous expose à des fléaux particuliers qui demandent des moyens particuliers et supplémentaires pour y faire face.

Oui, à Annecy aussi il y a des problèmes. Cela ne réjouit personne. Mais le cacher ou le nier serait une faute. Au contraire, il faut parfois savoir demander de l'aide pour lutter contre ces réseaux d'héroïne (drogue mortelle je le rappelle et dont on risque de voir rapidement, à l'hôpital, les effets pour la santé publique) au bien encore contre la vague de braquages qui touchent notre ville et notre agglomération depuis le début de l'année (au moins 10 faits criminels).

On ne peut laisser ainsi des espaces publics de notre ville tomber entre les mains des mafias et des malfaiteurs.

samedi 6 février 2016

Charte de gouvernance de la commune nouvelle

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Lundi soir, en conseil privé (sans presse ni habitants) portant sur le projet de fusion de communes, je suis intervenu pour m'interroger sur la rédaction d'une charte de gouvernance qui serait en cours (nous ne sommes pas associé par personne à cette réflexion qui visiblement s'appuie plus sur des logiques de défense d’intérêts communaux que de l’intérêt global) pour fixer certaines règles après le 01 janvier prochain.

Si je comprends et j'approuve l'idée de mettre en place un "modus vivendi" pour la période transitoire entre 2017 et 2020, je suis plus que réticent à l'instauration de règles ou de pratiques pour la suite (d'abord parce que ces règles pourront largement être changées par le futur conseil municipal).

En effet, pendant la période transitoire, il s'agit de faire vivre et travailler ensemble des élus qui n'ont jamais été élus avec pour projet de fusionner leurs communes. Il est donc important que chacun garde une certaine autonomie de décision pour mettre en place les projets pour lesquels il a été élu (le tout sous le "contrôle" du grand conseil municipal). Ainsi, dans cette phase transitoire, l'idée de créer des communes déléguées est intéressante. Tout comme la volonté (d'ailleurs inscrite dans la loi) de faire des maires actuels des maires délégués avec des "conseils municipaux" délégués.

Par contre, il est des moments où il faut savoir ce que l'on veut. Soit l'on souhaite fusionner et on en tire toutes les conséquences, notamment en terme de simplification administrative et d'organisation politique (une seule commune - un seul conseil - une majorité/une opposition). Soit on ne souhaite pas fusionner et alors on arrête tout, tout de suite mais on ne cherche pas à biaiser.

J'entends dire qu'une charte de gouvernance pourrait être signée qui instituerait pour après 2020 des communes déléguées avec maire délégué. A l'heure actuelle, je n'y suis pas favorable. Que l'on garde un élu, officier d'état civil pour chaque ancienne commune, pourquoi pas. Mais les conseils municipaux des anciennes communes, et les prérogatives des anciens maires doivent disparaitre après 2020. Les électeurs éliront un conseil municipal, avec une majorité et une opposition. C'est cela pour moi la démocratie et c'est le but d'une fusion.

La majorité doit pouvoir gérer la ville en fonction des projets qu'elle a présentée aux électeurs, et l'opposition doit faire son travail de contrôle, d'alerte et de propositions. Certains rêvent d'instituer des arrondissements dans la commune nouvelle et de faire élire le maire délégué parmi la liste arrivée en tête aux élections sur le territoire de l'ancienne commune. Je n'y suis pas favorable pour trois raisons :
- le maire délégué sera membre de l’exécutif de la future grande commune. Il doit donc être membre de la majorité. Sinon comment assurer la cohérence politique (à moins que l'on considère que gauche et droite c'est pareil...), comment se passera le vote des budgets ? Le maire délégué qui aura peut-être réussi à faire inscrire des projets pour son petit territoire dans le budget sera incité à le voter, même si officiellement il appartient à l'opposition... On va droit vers une gouvernance "merdique" de co-gestion entre majorité et opposition qui ne peut conduire qu'à un enlisement et un immobilisme, comme on le voit d'ailleurs à l'agglomération.
- en cas de rejet de la politique menée par la "grande majorité" arc-en-ciel (avec des maires délégués de gauche, de droite, du centre, d'extrêmes...) les électeurs n'auront plus d'alternative aux prochaines élections. Ils se tourneront vers les extrêmes, trop contentes de récupérer le bébé. Instituer des maires délégués de couleurs politiques différentes, c'est dérouler le tapis rouge au FN.
- c'est faire rentrer, au moment des élections, des stratégies clientélistes, territoire par territoire. Si la gauche se dit qu'elle en peut gagner la future grande mairie, elle concentrera ses promesses sur quelques anciennes communes pour essayer de décrocher un  poste de maire délégué... Franchement ce n'est pas ma vision d'une fusion et de la politique.

Je crois qu'il faut aussi revenir les pieds sur terre. La potentielle nouvelle grande commune de 120 000 habitants n'a pas besoin de "machins" technocratiques supplémentaires (on n'est pas à Lyon, Marseille ou Paris). Les futurs 59 élus du conseil municipal seront les élus de tous les habitants de la future commune. Je suis ouvert à la discussion sur le maintien de maires délégués (officiers d'état civil), mais je suis hostile aux communes déléguées et à tous les artifices qui visent à assurer des postes rémunérés à quelques élus. Oui aux mairies annexes, non aux mairies déléguées.

Au lieu de chercher à sauver des places, nous ferions mieux de nous concentrer sur : "comment mieux impliquer les habitants dans les décisions" en voyant comment, à quelle échelle, nous allons créer ces conseils d'habitants obligatoires selon la loi. Je ne crois pas que ce soit en multipliant les élus que l'on grandisse la démocratie. C'est au contraire en associant plus les habitants. De la même façon, je crois qu'une démocratie saine (même si, d'expérience, c'est difficile) fonctionne correctement quand on a une majorité qui met en place les projets pour lesquels elle a été élue, et une opposition qui fait son travail correctement. La co-gestion permanente (bien entendu nous sommes parfois, voire souvent d'accord entre opposition et majorité) est un piège dans lequel on sauve sa place, mais on perd son âme.

Voila mon point de vue, et puisque personne ne me le demande, n'étant pas associé à ces discussions (malgré que nous représentions la troisième force politique de la future commune en terme de voix), je vous donne directement mon avis quitte à agacer une fois de plus. Mais vous me connaissez...

jeudi 4 février 2016

Le maire s'attaque à présent au Fier



Depuis plus de 25 ans, les terrains de l'entreprise Ceccon et de M. Ceccon situés aux bords du Fier, sur le secteur des Iles, font l'objet d'un "emplacement réservé" dans notre PLU (et avant dans le POS).
Cela donnait donc la possibilité, pour la ville, de les racheter afin de réaliser enfin le projet porté depuis des générations et tous les maires avant l'actuel : réaliser un vaste parc public en bord de Fier !

Voilà ce que l'on peut lire dans notre Plan Local d'Urbanisme (PLU) actuel:
"Le Fier ne touche que sur une petite portion le territoire communal à son Nord-Ouest. Il constitue néanmoins le second plus grand ensemble naturel de l’agglomération d’Annecy en terme de superficie. Ses berges ont su conserver un aspect naturel bien que le profil du cours d’eau soit aujourd’hui loin de sa dynamique naturelle : son lit a aujourd’hui cinq fois moins d’espace de divagation qu’il y a un demi siècle. Il est protégé des apports d’eau résiduaires par un égout collecteur périphérique recueillant les réseaux secondaires. Son aménagement est pris en compte par la communauté d’agglomération dans le cadre d’un projet de réhabilitation du site avec des priorités vers une ouverture au public maîtrisée. Les rives du Fier et les espaces boisés situés dans son proche environnement constituent un site à potentiel fort de loisirs pour accueillir les habitants de l’agglomération et qui nécessitera la mise en place de liaisons qualitatives avec cet espace."

Plus loin :
"Afin de favoriser l’appropriation du fier par les Annéciens, l’ouverture au public des berges du Fier devrait être intégrée dans la trame urbaine en tant qu’élément de polarité. "

Enfin :
"Le Semnoz, le lac et les berges du Fier sont les trois grands ensembles naturels d’intérêt écologique sur la commune.
Les berges du Fier, sur la partie annécienne, ne sont pas aménagées pour l’accueil du public. Elles ont conservé un aspect « sauvage », bien que le profil du cours d’eau soit aujourd’hui loin de sa dynamique naturelle. Actuellement peu accessible et sans points de repères particuliers, le site situé près de zones d’habitation va probablement être davantage fréquenté suite à son aménagement. Les espaces naturels restants sur la commune étant très limités, l’intégration des berges aménagées du Fier dans le réseau des espaces verts et naturels annéciens constitue un enjeu fort pour la ville."

Ces quelques extraits, que je n'ai pas inventé puisqu'ils sont dans notre PLU voté en 2006 (M. Rigaut était alors 1er adjoint de M. Bosson), n'ont jamais été remis en cause. L'objectif est clairement affiché : créer un grand parc aménagé en bord de Fier pour tous les Annéciens.

Pour en avoir le cœur net, j'ai demandé à rencontrer notre maire honoraire, M. Bosson, pour me faire confirmer cette orientation générale sur l'avenir des rives du Fier. Et effectivement, depuis son père, la ville a, petit à petit, acquis tous les terrains en bord du Fier. Cela a nécessité constance et vision car les politiques d'urbanisme se construisent dans le temps, au fur et à mesure des opportunités de successions, de ventes...

La majorité municipale, en 2004 (alors que M. Rigaut était premier adjoint je le rappelle), avait émis une position unanime pour confirmer la nécessité de racheter les terrains Ceccon au moment où cette opportunité se présentera.

Pendant des décennies, ces terrains ont fait l'objet de tensions, parfois fortes, entre les propriétaires et la ville. D'un côté nous avions la famille Ceccon qui souhaitait valoriser son patrimoine (après avoir fait des affaires très florissantes notamment dans les Travaux publics grâce à son quasi-monopole sur le gravier et donc le béton) et de l'autre une ville et ses maires qui avaient une vision de l’intérêt général pour les Annéciens et de l’intérêt écologique de ce lieu, véritable corridor écologique situé dans une forêt plate de plus de 800 000 m² en plein coeur d'agglomération, UN VERITABLE TRESOR, ayant vocation à devenir ce "Central parc" de notre aire urbaine.

Ces tensions ont parfois été houleuses. Les intérêts financiers étant si importants... Mais la ville n'a jamais cédé, s'accrochant à son rêve et à l’intérêt général. 

Telle était la situation jusqu'à lundi soir. Car lundi soir, le maire actuel a décidé de ne pas poursuivre cette politique en refusant de préempter les terrains Ceccon comme le lui permettait l'emplacement réservé. Certes, le prix demandé (28 millions d'euros) par l'entreprise était trop élevé, mais le prix de France Domaine (9 à 11 millions d'euros) était raisonnable et un arbitrage juridique nous aurait été favorable. Mais le maire n'a pas voulu négocier. Il a donc laisser partir un espace de près de 6 hectares, qui va vraisemblablement faire l'objet à présent d'une vente avec (grosse) valorisation financière pour la famille Ceccon.

Lundi soir, le maire a donc tourné le dos au travail minutieux et de longue haleine mené par ses prédécesseurs. Il a poignardé dans le dos le projet d'un parc pour tous les Annéciens en bord de Fier. Il a trahi les valeurs d'Annecy, lui qui se présentait comme leur grand défenseur au moment des élections. 

Quand une majorité n'a plus de vision, plus de valeurs, à opposer à des intérêts privés, la tension cesse, par KO du politique et de l’intérêt général. M. Ceccon peut savourer sa victoire sur la ville (et sur ses anciens maires), il a gagné ! Bravo l'artiste.

M. Rigaut nous démontre de nouveau qu'il n'est pas le véritable maire d'Annecy. Il ressemble de plus en plus à une mauvaise marionnette aux mains des promoteurs et des bétonneurs. Annecy est devenue Ceccon-ville, Bouygues-Land, Vinci-city. En quelques années, M. Rigaut s'est attaqué aux rives du lac (avec son monstrueux projet de centre des congrès), au dernier parc naturel situé en cœur de ville en décidant la bétonisation du parc des Capucins et maintenant il dépose les armes devant ses amis bétonneurs et leur sert une belle valorisation financière et renonçant à ouvrir les rives du Fier aux Annéciens.  

En termes de protection des espaces naturels, M. Rigaut aura tout saccagé. Il ne reste que le Semnoz "comme grand espace naturel à intérêt écologique sur la commune " comme le dit le PLU. A quand un grand projet de bétonisation pour parachever le tableau noir d'un mandat qui restera dans les mémoires comme celui du Béton et du virage à 180° par rapport à ce qu'étaient les politiques menées jusque là à Annecy ? (J'oubliais presque les projets liés aux JO2018 sur le Semnoz...)

Oui, M. Rigaut laissera une trace dans le paysage annécien, la trace du "gris béton". Je ne suis pas sûr que ce soit pour l’intérêt des Annéciens...

Pour tout cela, pour défendre l’intérêt des Annéciens et une certaine vision de l'avenir, du vivre-ensemble et de ce que doit être un engagement politique au service du bien commun, avec mes collègues du groupe, j'ai voté CONTRE l'abandon des rives du Fier, contre la destruction de plusieurs décennies de travail minutieux pour ouvrir les rives du Fier au public, contre cette politique de petit comptable rabougri menée par la majorité actuelle qui n'a aucune vision pour l'avenir d'Annecy.

mardi 2 février 2016

La sécurité à Annecy

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Hier soir, en conseil municipal, je suis intervenu pour revenir sur les événements récents qui ont touché des commerces de notre ville. En effet, en janvier, au moins 8 braquages ont eu lieu dans notre ville. Ils ont touché des commerces de proximité, traumatisant des commerçants et des salariés, provoquant des fermetures de magasins et gênant ainsi très concrètement les Annéciens dans leurs activités quotidiennes.

Au nom du groupe, j'ai assuré les victimes de ces braquages de notre soutien et compassion la plus totale. J'ai condamné avec force et fermeté ces faits criminels. Je souhaite aujourd'hui assurer tous les commerçants de notre écoute et de notre détermination à mettre fin à ces actes criminels.

J'ai, par ailleurs, interrogé le maire sur les dispositifs mis en place pour assurer la sécurité de tous. Après m'avoir fait la leçon de morale (habituelle !) sur le fait qu'il ne faudrait pas parler de ces événements quand ils viennent d'avoir lieu (rebondir sur des faits divers, comme il dit), il m'a assuré être en contact permanent avec la police nationale et faire régulièrement remonter des demandes de renforcement des effectifs de police présents sur notre ville. Il a par ailleurs réexpliqué le rôle de chacun entre police nationale et police municipale (ce que nous connaissons par cœur !).

J'ai donc reprécisé ma demande : qu'une demande officielle, au moins le temps que les responsables de ces faits soient appréhendés, de mise à disposition de moyens humains supplémentaires soit envoyée aux autorités compétentes. Alors qu'il y a quelques jours, le Ministre de l'intérieur annonçait des renforts de gendarmerie sur le département, il me semble important de demander aussi des renforts de police pour les zones urbaines.

Après l'enfumage traditionnel, M. le maire m'a dit qu'il ferait remonter ma demande (pour de vrai ou pour me faire plaisir ? allez savoir). Voilà comment, par le truchement de visions politiciennes, une simple question qui visait à faire part de la solidarité du conseil avec les victimes de ces actes et à essayer de chercher ensemble des solutions, s'est transformée en une espèce de dialogues de sourds. Je le regrette mais c'est vrai que la demande venait de l'opposition et quand c'est l'opposition qui demande c'est d'abord NON.