dimanche 29 novembre 2015

Centre des congrès : des nouvelles de notre recours

Vous savez que Claire Lepan et moi-même, en tant que conseillers communautaires, nous avions engagé un double recours contre les délibérations du conseil d'agglomération du mois d'avril concernant le potentiel nouveau centre des congrès à Albigny.

Le premier recours concernait la délibération permettant au président de saisir le Préfet pour lancer la DUP (Déclaration d'Utilité Publique) nécessaire aux expropriations des propriétaires "récalcitrants".  Il avait été rejeté au motif que le tribunal laissait d'abord le Préfet juger de la pertinence de cette procédure de DUP. On sait depuis quelques jours ce qu'il en est : le Préfet a publié les dates de l'enquête publique préalable à cette DUP.

Mais notre second recours, qui portait lui sur le fond du dossier c'est-à-dire sur les grandes orientations d'aménagement contenues dans l'Avant Projet Définitif (APD), est toujours devant le tribunal "En cours d'instruction". 


Alors que nous n'avions eu que 2 mois pour rédiger notre recours, avec toutes les difficultés liées à l'opacité de ce dossier, cela fait maintenant près de 5 mois que le tribunal a notifié notre recours (et nos arguments !) à la C2A (représentée par un grand cabinet d'avocats parisiens "Squadra associés" payé par nos sous !). Depuis lors : aucune nouvelle ! La C2A fait le mort et essaye de gagner du temps... à moins qu'ils aient les plus grandes difficultés à répondre à nos arguments...

En tous cas, nous avons saisi le tribunal par lettre pour qu'il rappelle à la C2A que nous ne saurions attendre plus longtemps son dossier en défense, car cette stratégie de "gagner du temps" montre bien à la fois le cynisme et l'embarras de la C2A sur ce dossier.

Le tribunal vient donc de notifier à la C2A, en date du 24 novembre, une mise en demeure de répondre sous 30 jours et de lui faire parvenir son dossier en défense afin que le tribunal puisse l’étudier et fixer une date d'audience.

Vous voyez donc que loin d'être débarrassé de nos recours comme certains avaient tenté de le faire croire à un moment, la C2A se voit aujourd'hui rappelé à ses obligations et à affronter ses responsabilités (même si tout cela est bien pratique pour eux : ils auront eu 5 mois et demi pour préparer leurs arguments ; et ce sont les contribuables qui payent l'addition... Evidemment ce n'est pas le cas de notre recours payé sur deniers personnels et devant être déposé avant 2 mois...).

Nous attendons donc avec détermination et optimisme le 24 décembre, non pas pour rencontrer le Père Noël mais pour avoir enfin en mains le mémoire en défense de la C2A...

samedi 28 novembre 2015

Et si on essayait de revaloriser la culture arabe ?

A force de barbares, de fous furieux qui assassinent et font parler d'eux à coup de bombes, depuis 2001, on en a presque oublié la beauté de la culture arabe.

Qui a déjà voyagé au Maghreb ou en Espagne est nécessairement émerveillé par la beauté esthétique de ces palais, de ces œuvres d'arts qui sont le fruit d'une culture arabo-musulmane riche, rayonnante (qui d'ailleurs, n'en déplaise à certains, appartient aussi à l'histoire de l'Europe) et d'une profondeur métaphysique extrême.

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Ces fanatiques veulent-ils nous faire oublier que, si l'on peut lire Aristote aujourd'hui en Europe (ce grand penseur grec) c'est d'abord parce qu'Averroes (ce grand penseur arabe) nous a laissé ses "Commentaires" ? Doit-on oublier Avicenne ? Et tant d'autres penseurs, poètes (Gibran) ou scientifiques arabes ? Non, le monde arabo-musulman n'est pas synonyme d'archaïsme, de décadence ou de barbarie. Il a été des siècles durant le phare culturel, scientifique et philosophique du monde. Il reste, quand on pense à tant d'hommes de culture actuels, un foyer de lumière.

Je sais qu'en disant cela je vais avoir droit à un procès en angélisme tant il est devenu facile de tout mélanger, de faire des amalgames. Mais j'assume, car je crois que cette culture arabo-musulmane si brillante est malheureusement trop peu connue. Essayer juste pour voir de taper "arabe" sur Google et de regarder l'onglet "Images"...

Parce que je pense qu'elle mérite, comme d'autres cultures, notre attention et notre admiration, cette culture mérite d'être mieux transmise. Et d'abord la langue arabe elle-même qui n'est pas seulement celle du Coran mais aussi celle de tant d'ouvrages magnifiques. Je regrette que trop peu de lycées en France propose cette langue vivante comme choix (en langue vivante 2) pour tous les élèves. Ce serait un beau signe de reconnaissance et d'amitié. Sans compter que, pour les Français d'origine arabe, cela serait une vraie valorisation de leur culture et parfois langue d'origine. Je n'ai pas peur qu'en offrant cette possibilité d'apprendre la langue arabe, de lire des textes de culture arabe en arabe, nos élèves se convertissent à je en sais quelle religion ou qu'ils deviennent du jour au lendemain des aspirants je ne sais quoi. Je crois que nos compatriotes d'origine arabe doivent se sentir comme une richesse dans notre société et qu'offrir la possibilité pour tous d'apprendre cette très belle langue qu'est l'arabe serait un élément d'harmonie.

Tout comme je pense, en voyant les événements récents en Tunisie notamment, que nous devrions renforcer nos liens avec ces pays. Nous avons des "communautés" tunisiennes dans nos villes, elles peuvent devenir un pont par-dessus la Méditerranée. Alors pourquoi ne pas nouer des jumelages entre nos villes ? Ce serait un moyen d'apprendre à nous connaitre. Mais aussi, pour les jeunes générations, un moyen de passer l'éponge sur l'après-décolonisation.

Je sais bien que ce texte va surement surprendre sinon énerver tant la méfiance envers l'islam et tout ce qui se rapproche de près ou de loin à l'islam est aujourd'hui regardé avec méfiance. On va m'accuser de vouloir islamiser la France, moi le laïc convaincu. Quelle foutaise, comme si arabe et musulman étaient synonymes... Et islam et violence confondus... Non. Bien sûr que non. Je souhaite juste que les générations futures puissent vivre en harmonie et en paix en ayant des relations apaisées et enrichissantes des deux côtés de la Méditerranée. Et qu'on n'oublie pas que les racines judéo-chrétiennes de l'Europe sont certes un apport important, mais que pendant des siècles la culture arabo-musulmane était aux portes de Vienne (avec l'empire ottoman) et de l'autres côté des Pyrénées... Deux espaces aujourd'hui européens... Passer cet héritage sous silence c'est aussi réécrire l'Histoire...

jeudi 26 novembre 2015

Centre des congrès : dates de l'enquête publique publiées

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La préfecture de la Haute Savoie vient de publier ce 23 novembre un arrêté fixant les dates de la future enquête publique (où tout le monde pourra s'exprimer) concernant l'éventuel nouveau centre des congrès à Albigny.

http://www.haute-savoie.gouv.fr/content/download/19025/117163/file/centre2avisarrete.pdf

Cette enquête publique se tiendra du lundi 11 janvier 2016 au mercredi 24 février 2016. Dans l'arrêté, il est précisé les 4 possibilités de pouvoir s'exprimer pour les habitants:
- par courrier adressé directement au président de la commission d'enquête publique (article 4)
- par observations rédigées sur le registre qui sera mis à disposition au siège de la C2A, et aux mairies d'Annecy et d'Annecy-le-Vieux (voir horaires dans l'arrêté)
- par rencontre directe avec le commissaire enquêteur aux dates et heures indiquées dans l'arrêté
- par courriel à l'adresse : cesc-enquete-publique@agglo-annecy.fr

Pour vous aider dans ces démarches, pour ceux qui le souhaitent, nous avons déjà travaillé. Des argumentaires seront prochainement publiés sur ce blog notamment. D'autres actions d'aide pourront être envisagées (rendez-vous groupés, assistance personnalisée...).

Nous devons dire que ce projet n'est pas bon. Il n'est pas d'utilité publique.
Notre objectif est simple : obtenir un avis DEFAVORABLE de la commission d'enquête publique (Je rappelle que le commissaire enquêteur doit répondre à chaque observation et justifier en conséquence le projet soumis à enquête publique...).

Voici le communiqué de presse que nous avons publié lundi soir :

Groupe "Avec vous, Annecy pour tous"
Denis Duperthuy, conseiller municipal et communautaire d'Annecy
Claire Lepan, conseillère municipale et communautaire d'Annecy
Evelyne Marteau, conseillère municipale d'Annecy

Annecy le 23/11/2015



Communiqué de presse :
Avec le lancement de la DUP, le combat continue


Après avoir visiblement longuement hésité (la délibération de l'agglomération datant d'avril), le préfet a donc décidé de lancer la procédure d'enquête publique préalable à la déclaration d'utilité publique en vue de la construction d'un nouveau centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny.

Nous regrettons vivement cette décision même si elle était attendue, car elle précipite ce dossier dans un chemin qui sera long et difficile pour les promoteurs de ce projet. Il eut été plus raisonnable d'acter l'hostilité croissante de la population face à ce projet, qui lui retire de fait toute notion d'utilité publique. Cette opposition majoritaire repose sur toute une série d'arguments (violation de la loi Littoral, cout financier de la construction en bord d'eau et cout de fonctionnement, questionnement sur l'utilité d'avoir deux centres des congrès, éloignement par rapport au cœur commerçant d'Annecy et risques d'urbanisation galopante dans ce quartier...) que nous aurons l'occasion de rappeler au commissaire enquêteur.

En effet, une enquête publique va être lancée du 11 janvier au 26 février.  Nous invitons l'ensemble de la population à se saisir de cette opportunité pour redire son opposition au choix de la presqu'île pour implanter ce projet. Plus les remarques adressées au commissaire enquêteur seront nombreuses et argumentées, plus nous pourrons le convaincre de l'ineptie de ce projet. Bien entendu, l'objectif est clair : que l'enquête publique rende un avis négatif sur ce projet.

Il faut tous se mobiliser. Pour notre part, nous continuons le combat plus convaincus que jamais que ce projet ne peut se faire à cet endroit. Pour aider les habitants à se prononcer nous publierons prochainement un exemple de remarques qui pourra être remis au commissaire enquêteur.

C'est tous ensemble, très nombreux que nous pourrons arrêter ce projet ! Il est temps de se mobiliser pour participer largement à l'enquête publique !


mardi 24 novembre 2015

Attentats : Eugène Sue, comme une évidence

Comme de nombreux Français, après une semaine sous le choc des attentats, j'ai ressenti le besoin de me recueillir, de prendre le temps d'un instant de silence pour envoyer une pensée aux victimes de la barbarie et à leurs familles.



Comme beaucoup, j'avais déjà dépose une fleur devant la mairie, mais un instant de recueillement et le dépôt d'un brin de chrysanthème sur la tombe d'Eugène Sue (inhumé au cimetière de Loverchy à Annecy) m'est vite apparu comme une évidence.

En effet, Eugène Sue, ami de Victor Hugo, est un symbole de tout ce que ces barbares n'aiment pas. C'est un grand romancier, un homme de lettres et de culture qui, dans son roman "Les mystères de Paris", a si bien décrit ce Paris populaire, festif et joyeux que les terroristes ont cherché à atteindre en son cœur en frappant les 10e et 11e arrondissement de la capitale ainsi que le Bataclan et le stade de France. C'est aussi un homme qui a toujours rejeté le fanatisme et l'intolérance religieuse comme en témoigne son autre grand roman "Le juif errant". Cette aversion à l'intolérance et cet amour viscéral pour la possibilité de chacun de croire ou de ne pas croire lui valurent un accueil glacial de la part du clergé savoyard au moment de son arrivée en exil chez nous (La Savoie n'était alors pas française).

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En effet, et c'est là encore un très beau symbole, Eugène Sue, élu député de Seine (donc de Paris) en 1850, dû s'exiler en 1851 au moment du coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte (qui deviendra Napoléon III). Il resta en effet attaché jusqu'au bout aux valeurs de la République et à sa défense.

Par son oeuvre littéraire et son action politique, Eugène Sue a été un homme engagé contre l'intolérance, pour le respect de tous et l'amour de la République. En ces temps troublés, son oeuvre constitue pour moi un repère et un phare. Il est aujourd'hui le plus parisien des Annéciens, inhumé chez nous pour l'éternité. Il mérite largement d'être relu et redécouvert.

dimanche 22 novembre 2015

Non cumul des mandats : les promesses et la réalité

Je termine actuellement la lecture de l'excellent livre de Pierre Rosanvallon (professeur d'histoire au collège de France) "Le bon gouvernement" dans lequel il décrit le changement profond de notre système institutionnel.

Le constat est finalement assez simple : dans tout système politique, il existe un rapport conflictuel entre le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Alors que la Révolution avait institué le règne du pouvoir législatif et de la délibération collégiale pour aboutir à la loi comme expression de l’intérêt général, la Ve République en France (mais ce constat est vrai presque partout : Russie, Turquie, Amérique du Sud, Afrique, etc...) et la popularisation des médias a donné l'ascendant au pouvoir exécutif.

Dans une époque où règne l'immédiateté, seule la prise de décision, l'impression de "bouger", de faire "des réformes"(même si elles ne sont que des réformettes) compte. La loi n'est plus vue comme l'expression de l’intérêt général, mais comme l'expression d'un intérêt partisan (exacerbé par la lutte des personnes pour le pouvoir... exécutif). Le pouvoir législatif est relégué au second rôle (il n'est rien qu'à voir le vote de la prolongation de l'état d'urgence pour s'en rendre compte). Il garde le pouvoir du contrôle, de demander des comptes, rarement avant, généralement après les prises de décision. Dans ce cadre, le pouvoir judiciaire prend une importance tout autre, celle du contrôle par les citoyens de l'action du pouvoir exécutif (ex. : recours contre les projets locaux).

Sauf que, pour maintenir un pouvoir exécutif fort, il faut des contre-pouvoirs, surtout dans un système politique où les présidents sont élus directement au suffrage universel (c'est-à-dire en passant outre les partis politiques et donc la majorité au parlement). Le pouvoir législatif est atrophié. Il faut donc instaurer une nouvelle manière de rendre des comptes pour légitimer le pouvoir. Si l'élection est un vote d'autorisation (à exercer un pouvoir) elle n'est plus, pour Rosanvallon, une forme de légitimité suffisante. Pour cela, l'élection doit s'accompagner d'un rapport direct entre les citoyens (et non pas seulement les électeurs) et leurs gouvernants.

L'élection ne fait plus la légitimité des élus. Celle-ci doit se construire dans une relation d'échange et de confiance qui demande du temps, de la pédagogie, de la disponibilité... toute chose bien entendu qui va à l'encontre même du cumul des mandats (notamment exécutifs). 

Le cumul des mandats est le signe d'élus qui n'ont pas compris les changements en cours depuis des années. Si certes les citoyens aspirent à plus de pouvoir exécutif, de prises de décisions et donc de responsabilité individuelle de leurs élus, leur donnant ainsi des possibilités d'action plus grandes (qu'on pense au pouvoir d'un Président de la République ou d'un maire), ils exigent en contre-partie de pouvoir contrôler leur travail non pas seulement tous les 5 ou 6 ans au moment des élections, mais tout au long de leurs mandats. La légitimité ne se donne plus, elle s'acquière !

Sans cette contre-partie de contrôle citoyen, le pouvoir exécutif se décrédibilise et rentre potentiellement dans un domaine oligarchique, voire dictatorial. Oligarchique quand il s'accompagne d'une coupure avec les réalités des citoyens (et le cumul des mandats y participe largement), dictatorial quand les élus croient, parce qu'ils ont gagné une élection, qu'ils sont légitimes à prendre les décisions qu'ils veulent sans écouter la population (toute ressemblance avec des situations locales est totalement fortuites... centre des congrès, conseil des jeunes, Capucins, ancien hôpital...).

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En ce qui concerne le cumul des mandats, je vais prendre un exemple. Lors d'une réunion publique organisée le 14 mars dernier par Humanismes et Société avec les candidats aux élections départementales, j'avais posé la question suivante aux candidats : en cas d'élection au conseil départemental, quelle sera votre attitude en matière de cumul des mandats ?

Pour la canton Annecy 1, les candidats (depuis élus) LR/UDI avaient répondu : pour Valérie Gonzo-Massol, elle ne changerait rien (maire-adjointe + conseillère départementale). Dont acte. Pour François Daviet (maire de la Balme de Sillingy et président de la Communauté de Commune Fier et Usses), il avait promis de laisser un de ces deux mandats dans le cas où il serait élu au conseil départemental. Nous sommes 10 mois après... et la promesse n'est pas tenue... Comment peut-on bien faire son "travail" de maire + président d'agglo + conseiller départemental ? Vous me direz que notre maire avait montré l'exemple avant... mais ce n'est pas une raison.

Le combat contre le cumul des mandats est un combat pour la démocratie, tout comme le respect de ses promesses est un combat pour la crédibilité de la parole politique. Pensez-y aussi au moment de voter pour les élections régionales...

vendredi 20 novembre 2015

Soirée sur le thème des transports en commun

L'association "Annecy citoyenne" qui s'est créée pour mobiliser des habitants de l'agglomération qui souhaitent faire changer les choses sur notre ville et notre agglomération, sur tous les thèmes touchant la politique locale, (et dont je suis vice-président) a décidé d'ouvrir un vaste débat sur la question des transports en commun à Annecy. 

Pour cela, depuis plusieurs jours, nous collectons l'avis des habitants grâce à un questionnaire disponible en ligne à l'adresse suivante http://goo.gl/forms/3cG1MxxQ49 et que je vous invite à remplir, que vous soyez usager ou non des transports en commun. Il est anonyme.

Nous savons que ce sondage n'aura pas de valeur scientifique, nous n'avons pas les moyens de mener une telle enquête. Mais ces résultats seront projetés lors d'une soirée spéciale organisée le vendredi 27 novembre à 20h au foyer du Vernay à Cran-Gevrier. Ils permettront de lancer le débat sur le ressenti des gens et leurs suggestions d'amélioration.



Tout le monde est le bienvenu à cette soirée pour débatte.

Elle sera aussi l'occasion de s'interroger sur la question de la création d'une association locale de défense des usagers et futurs usagers, dont le rôle serait, entre autre, de faire remonter les demandes d'amélioration des usagers ou futurs usagers...

On vous attend nombreux ! Mais avant pensez à remplir le questionnaire en ligne!

mercredi 18 novembre 2015

Pour un conseil municipal des jeunes

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Les 6 élus de notre groupe au conseil municipal avaient déposé un vœu (une motion avec vote) en vue de la création d'un Conseil Municipal des Jeunes à Annecy. Vous trouverez le texte ci-après.

Ce texte avait pour objet de voter le PRINCIPE de la création d'un conseil municipal des Jeunes, en mettant de côté les MODALITES (organisation, pouvoirs, etc...). Par ce texte, nous voulions que l'on prenne l'engagement de créer un tel conseil tout en laissant le champ libre à la discussion, aux débats, à la réflexion sur les meilleures modalités de mise en oeuvre.

Je regrette profondément que des élus de la majorité, n'ayant visiblement aucun argument sérieux à opposer à notre proposition, aient choisi de parler d'aspects techniques, de modalités d'organisation pour justifier leur rejet de ce conseil municipal des Jeunes alors que ce n'était pas l'objet de notre proposition.

Il faut rappeler qu'un conseil municipal des Jeunes (CMJ) est un conseil CONSULTATIF composé de collégiens et de lycéens élus par les jeunes. Le conseil municipal reste seul DECIDEUR et peut parfaitement rejeter les propositions faites par le CMJ. L'argument du pouvoir donné à ce CMJ brandi par certains élus de la majorité est donc de l'enfumage, de la poudre aux yeux (trop? pas assez ?) car il n'a que le pouvoir de débattre et de faire des propositions.

Je dirais ensuite que plus de 2000 villes en France ont un CMJ et plusieurs sur notre agglomération. Toutes ces villes selon la majorité seraient donc tombées "dans un piège" celui de dire que le CMJ fait que les élus ne s'occupent plus des autres jeunes. C'est une blague !!!

Pour revenir sur le fond, et bien comprendre pourquoi la majorité UDI-LR-MoDem, rejointe par l'ultra-droite de M. Bexon et le FN ont dit non à notre proposition, il faut redire les enjeux de la création d'un CMJ qui n'est certes pas la solution miracle mais qui aurait été un élément de démocratie en plus, toujours bon à prendre.

Les 3 enjeux sont les suivants :
- un enjeu démocratique : écouter notre jeunesse, lui faire confiance, lui donner la possibilité de s'exprimer, de faire des propositions pour le bien de tous les habitants. Mais évidemment cela ne plait pas à la majorité qui voit dans ce CMJ un contre-pouvoir potentiel (ce qui est une absurdité !). La majorité a peur de sa jeunesse. C'est dramatique. Elle refuse donc qu'elle s'organise pour faire valoir ses idées.
- un enjeu civique : un CMJ est un premier moyen de connaitre la vie citoyenne, d'y participer, de s'impliquer pour le bien de la collectivité, de faire vivre une certaine idée de la citoyenneté.
- un enjeu de vivre-ensemble : le CMJ d'Annecy aurait permis aux élus de 8 établissements scolaires (4 collèges et 4 lycées) de travailler ensemble, d'échanger, de se rencontrer pour discuter, s'écouter, se respecter et dégager des idées consensuelles.

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Oui, le CMJ aurait été un bel outil (certes toujours imparfait mais pourquoi s'en priver?) de démocratie, de citoyenneté et de vivre-ensemble. Il n'est ni un "piège" comme le dit la majorité (où est le piège à écouter nos jeunes ?) ni une "fausse bonne idée" (Bexon) et encore moins (mais venant de mouvement aussi peu démocratiques cela n'étonnera personne) "une mauvaise idée" (FN).

Oui, lundi soir deux visions de notre jeunesse se sont affrontées, oui lundi soir, deux visions de la vie citoyenne et de la place des jeunes se sont opposées, oui lundi soir la majorité a montré qu'elle était incapable d'écouter l'opposition et qu'elle avait décidé, par pur tactique politicienne, de nous dire non parce que cette idée venait de nous (je rappelle que plusieurs communes de droite ont des CMJ). Cette majorité a montré qu'elle faisait de la politique politicienne, se préoccupant bien peu du bien commun.

Oui, je suis en colère mais je suis aussi fier, fier d'avoir porté avec mes collègues, une autre idée d'Annecy, et une idée du vivre-ensemble entre toutes les générations !

Voici le texte du voeu :

Groupe "Avec vous, Annecy pour tous"
Denis Duperthuy
Claire Lepan
François Astorg
Evelyne Marteau
Alain Germani
Annette Perrier

Vœu pour la création d'un conseil municipal des Jeunes
présenté au conseil municipal du LUNDI 16 NOVEMBRE 2015

La ville d'Annecy compte sur son territoire quatre collèges (deux publics et deux privés) ainsi que quatre lycées (trois publics et un privé). Cette présence d'établissements scolaires du secondaire permet la scolarité de plusieurs centaines d'élèves âgés d'environ 11 ans à leur majorité.
Ces jeunes n'habitent pas nécessairement sur Annecy, mais par leur inscription dans un établissement de la ville, ils participent à son rayonnement et à ses activités. Tous sont souvent les principaux bénéficiaires d'actions conduites par la ville. Il nous semble intéressant qu'ils puissent s'exprimer sur la vie de notre commune et qu'ils puissent proposer des projets au conseil municipal.
Pour cela, il est possible de créer un conseil municipal des jeunes, composé d'élus représentant l'ensemble de la jeunesse inscrite dans les établissements scolaires secondaires de notre ville.
Les enjeux pour notre jeunesse sont très importants : éducation au civisme, participation à la vie de la cité, mise en place de projets, réflexions collectives, visites et conférences sur des sujets d'actualités, etc...
Les enjeux pour l'ensemble des Annéciens sont également primordiaux : propositions de projets et d'améliorations des politiques menées, retour d'expériences et d'idées de la part de la jeunesse, éducation au civisme et lutte contre l'abstention, apprentissage de la solidarité, éducation au respect, à la laïcité et au dialogue...
Le conseil municipal des jeunes est un conseil consultatif qui prépare des projets, soumet des idées, propose des évolutions, librement. Il fait part ensuite de ses propositions au conseil municipal qui décide de leur donner la suite qu'il juge nécessaire. Pour préparer ses délibérations, le conseil municipal des jeunes bénéficie de l'appui des services de la ville. Il peut également constituer des commissions ou groupes de travail thématiques. Les séances du conseil municipal des jeunes sont publiques.
Les modalités d'organisation du conseil municipal des jeunes seront traitées par une commission ad hoc pour permettre l'installation du premier conseil municipal des jeunes. Ensuite ces modalités pourront évoluer, sur proposition du conseil municipal des jeunes, par délibération du conseil municipal.

L'intérêt démocratique et civique d'un conseil municipal des jeunes ne fait aucun doute. C'est d'ailleurs pourquoi, d'après l'ANACEJ (Association Nationale des Conseils des Enfants et des Jeunes), il existe aujourd'hui plus de 2000 conseils municipaux de ce type en France. Ces conseils sont aussi des lieux d'échanges, d'innovations et d'amélioration sur nos politiques publiques. Ils sont en ce sens un lieu de démocratie directe intéressant. C'est enfin un lieu où s'apprend et se vit régulièrement le vivre-ensemble, le respect et la tolérance entre jeunes.
La ville d'Annecy aurait tout à gagner à se doter d'un tel outil de démocratie, de civisme et de tolérance. C'est pourquoi nous proposons :
- la création d'un conseil municipal des jeunes, élus parmi les élèves inscrits dans les établissements scolaires secondaires présents sur le territoire de la commune.

- la création d'une commission constituée d'élus et de représentants des établissements scolaires secondaires, ainsi que d'experts sur le sujet, pour fixer les modalités pratiques d'organisation et de  fonctionnement de ce CMJ.

lundi 16 novembre 2015

Attentats de Paris

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Que dire ? Il n'y a rien à dire face à l'horreur, à la barbarie absolue. Tuer des innocents non pour eux-mêmes mais ce qu'ils représentent, ce qu'ils sont : des individus qui vivent librement, s'amusent, vont à un concert, boivent un verre à la terrasse d'un café ; c'est la folie à l'état brut.

Je ne souhaite pas être long car nous avons tous ressentis la même chose, le même effroi. J'ai, comme tous les Français, une pensée chaleureuse et émue pour les victimes et leurs familles. Elles sont mortes parce qu'elles étaient nous : la France, sa devise (Liberté, Egalité, Fraternité), son mode de vie, sa démocratie.

Je veux aussi féliciter et remercier du fond du cœur le travail de nos forces de l'ordre qui se sont montrées une fois encore héroïques et d'une efficacité exceptionnelle. Je pense aussi aux services de secours, puis de santé qui ont montré tout leur professionnalisme.

Veut-on vivre avec cette peur de voir, tous les 10 mois, un ou des attentats viser la France ? En Janvier, en Novembre et puis quand encore ? Moi, je ne souhaite pas changer ce que nous sommes, avoir peur. Alors, oui, le mot est grave et les conséquences douloureuses mais des barbares, organisés, disposant de ressources économiques considérables nous ont déclaré la guerre. Non pas pour "agrandir" immédiatement leur territoire, ce n'est pas une guerre de conquête comme l'Histoire de France en a connu. Ce n'est pas non plus une guerre de succession monarchique, de querelle entre souverains, çà aussi on a connu. Non c'est une guerre contre nous tous, contre ce que nous sommes.

Personne n'aime la guerre. Personne, chez nous ne veut faire la guerre. Et pourtant... Pourtant elle est nécessaire car certains ont décidé de nous assassiner. Ils veulent faire tomber ce que nous sommes, petit à petit, nous rendre craintifs les uns des autres, nous diviser, nous amener à restreindre nos libertés... Si nous ne réagissons pas, ils ont déjà gagné car derrière les unités de façade le poison de la division, de la suspicion va se distiller inlassablement. Il ne faut pas être dupe et dans 20 ans ils auront fait de nous des étrangers à nos propres valeurs.

Il faut donc les combattre dès aujourd'hui, sans pitié, sans trembler. Cette guerre, pour rester ce que nous sommes avant qu'ils nous changent, elle doit se mener sur deux terrains.

D'abord le terrain extérieur, en Syrie et en Irak. Nous avons trop longtemps toléré l'horreur absolu des jeunes filles violées, vendues comme du bétail; des bébés exterminés, des populations égorgées et décapitées; des femmes lapidées, des hommes jetés du haut des immeubles... Ce sont nos frères, nos sœurs en Humanité que l'on a laissé tomber aux mains de la barbarie animale de ces fanatiques. Ces images hantent nos consciences depuis trop longtemps. Nous avons été trop longtemps tolérants et faibles, collectivement. Si nous sommes la Nation des Droits de l'Homme et en premier du droit de vivre, alors nous ne pouvons accepter cela. Tout le monde sait que de simples frappes aériennes ne suffisent pas. Alors, il faut avoir l'honnêteté de poser l'option d'une opération au sol pour aller débusquer et traquer ces assassins. C'est en reprenant ce territoire que nous couperons les vivres à ces fous et que nous arrêterons ces endoctrinements, ces formations, ces camps d'entrainement et surtout que l'on supprimera de la surface du monde cette espèce d'état barbare; une organisation publicitaire qui attire aujourd'hui tant de jeunes déboussolés du monde entier.
Certes, il faudra éviter les erreurs des Etats-Unis en Irak et d'abord agir sur mandat de l'ONU, en coalition, avec une solution de sortie de guerre pour offrir un avenir aux populations du Moyen-Orient. Mais on ne fera pas l'économie de cette guerre sur le terrain. 

Puis sur le terrain intérieur, il y a aussi du travail. Dans certaines prisons et dans ces pseudo-mosquées fanatiques où l'on radicalise des jeunes français, il faudra faire le ménage. Comment cela est-il encore possible que l'on apprenne que des prêches anti-républicains aient toujours lieu en France ? Oui il faudra criminaliser certains discours de haine, certaines pensées qui sont contre les valeurs de la République. Etre implacable contre les fanatiques.  En France; on aime le débat d'idées, c'est presque une spécialité. Qu'un communiste s'engueule avec un libéral, un athée avec un curé, cela fait partie de la vie, c'est normal. Mais avec ces barbares-là les idées tuent, l'idéologie devient potentiellement dangereuse pour nos vies. Il faut donc agir pour que la loi de la République passe et tranche sévèrement sur ses valeurs et en particulier en s'appuyant sur la laïcité. Et puis, il faut s'armer pour une guerre idéologique, redécouvrir nos fondamentaux : les Lumières, Hugo... pour se remettre bien en mémoire ce pour quoi nous nous battons : notre liberté. Elle faisait hier partie de notre quotidien sans que nous nous posions de questions. Elle est aujourd'hui mise en danger. Nous ne pouvons l'accepter, il faudra nous battre.

Personne n'aime la guerre mais j'aime encore moins l'idée de vivre demain dans un monde où ces attentats nous aurons contraints à tellement changer, par peur, par suspicion, par division, que nous ne serons plus nous-mêmes. C'est à nous de choisir ce que nous voulons pour l'avenir : changer sous la contrainte de ces barbares, au rythme de leurs attentats, ou bien changer (parce qu'il faut toujours changer) mais en accord avec nos valeurs et par volonté de devenir meilleurs ?

jeudi 12 novembre 2015

Fusion des 6 communes volontaires

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Lundi soir, en conseil municipal, nous serons appelés à voter le recrutement de deux cabinets de conseil pour conduire une réflexion sur la potentielle fusion d'Annecy, Annecy-le-Vieux, Cran-Gevrier, Meythet, Pringy et Seynod au 01 Janvier 2017.

Autant j'ai toujours émis des doutes sérieux (et même une opposition franche) à la fusion des 13 communes de l'agglo parce que je reste convaincu qu'elle était mal-menée et qu'elle mélangeait des communes trop différentes. Autant je dois dire que je suis partisan d'une fusion des communes volontaires, et notamment des communes urbaines. C'est pourquoi, une réflexion sur la fusion des 6 communes me semble pertinente (même si cette réflexion n'engage en rien notre choix final concernant ladite fusion, choix qui interviendra en mars prochain et qui devra comporter un volet "projet d'avenir" bon pour les habitants).

Une telle fusion est potentiellement pertinente car elle intégrerait des populations aux préoccupations relativement similaires et permettrait certaines économies d'échelle (à condition qu'elle conserve un lien démocratique entre élus et citoyens).

Néanmoins, elle ne peut se faire sans discussions notamment sur les niveaux de services publics, l'avenir des agents territoriaux, notre place dans notre territoire, le logement, les transports, les impôts... Lundi nous ne voterons pas un chèque en blanc, même si on a bien compris que les minorités seraient là juste pour regarder car ce sont les conseils municipaux qui décident, à la majorité simple. Donc il suffit que les majorités soient d'accord...

Suite à un entretien avec JL Rigaut, je lui ai tenu le discours suivant :
1) des groupes de travail vont être mis en place sur différentes thématiques pour préparer le fusion entre novembre et mars. Nous voulons que les minorités municipales puissent participer pour ne pas être mis devant le fait accompli en mars. Dans le projet de délibération qui sera proposé lundi, cette partie a été légèrement modifiée dans ce sens puisque tous les conseillers municipaux seront destinataires des comptes rendus des réunions qui se tiendront uniquement entre adjoints et pourront faire remonter leurs interrogations par la suite. J'avais demandé à ce que ces groupes de travail soient élargis aux groupes d'opposition, au moins une fois par mois...

2) La population doit être associée à cette réflexion. Nous demandons qu'un calendrier de consultation soit mis en place et annoncé. Sur ce point, si le fait d'informer la population est bien intégré dans la délibération, aucun programme précis n'est évoqué.

Enfin, j'ai demandé au maire ce qu'il avait "lâché" à M. Accoyer pour retrouver Annecy-le-Vieux dans cette réflexion, alors que M. Accoyer s'était toujours prononcé contre une fusion à quelques communes, allant même jusqu'à poser des conditions inentendables sur des privatisations de services publics annéciens par exemple (cuisine centrale et centre horticole). M. Rigaut m'a juré n'avoir rien cédé... mais je ne suis pas naïf : ces deux-là ont surement conclu un accord comme ils l'ont déjà fait par le passé... Espérons simplement qu'il ne se fera pas sur le dos des Annéciens une fois de plus... Nous le découvrirons le moment venu et c'est pourquoi il nous faut, nous aussi, peser de tout notre poids dans ces discussions. 

Vous pouvez compter sur nous. Même si les exécutifs des communes ont décidé de ne parler qu'entre eux, nous continuerons à mettre le pied dans la porte... La démocratie exige de la transparence et du dialogue entre tous les élus et avec la population. Nous en serons les garants.