vendredi 31 juillet 2015

100% de hausse de la subvention au Festival de Musique Classique

Du 24 au 30 Aout aura lieu la 6e édition de Annecy Classic Festival. Vous pouvez retrouver la programmation de cet événement culturel important et de très haut niveau sur le site internet http://www.annecyclassicfestival.com/

Je suis certain d'avoir été l'un des rares, il y a 6 ans au moment de la fin de l'ancienne formule, à redire mon attachement à un festival de musique classique en fin d'été. Un festival de haut niveau, mais selon nos moyens.

Jusqu'à présent, ce festival vivait grâce au mécénat et à des subventions publiques (en plus des recettes de billetterie) dont 50 000€ de la ville d'Annecy. Les concerts avaient lieu majoritairement à l'église Sainte Bernadette.

Avec la rénovation de Bonlieu, le festival se sent pousser des ailes et souhaite grandir en s'installant dans la grande salle de Bonlieu pour donner des représentations. Ce dynamisme et cette volonté de croissance sont à saluer.


Sauf que... sauf que pour assumer cette croissance, l'organisation du festival exige des collectivités qu'elles prennent à leur charge les frais supplémentaires de cette croissance, en particulier les 50 000 euros de location de la grande salle.

Cette demande a d'abord été adressée à la C2A sous un intitulé un peu flou et avec des explications brouillonnes. En commission des finances, j'ai été de ceux qui se sont opposés à cette subvention nouvelle. Pour les raisons suivantes:
- les baisses de dotation d'Etat obligent à faire plus attention aux dépenses. En particulier nous avons imposé à nos associations 0% de hausse de subventions (à la ville comme à l'agglo). Cette politique ne peut souffrir d'exceptions, au risque de provoquer des jalousies bien légitimes.
- l'impact du festival de musique classique, son public, sa mixité, ses retombées, etc... n'a jamais été présenté aux élus. Avant de soutenir plus un festival, il faut se poser la question de savoir ce qu'il apporte à la population (à quelle population?), faire un vrai bilan des années passées.
- la volonté de croissance du festival est certes louable, mais en avons-nous encore les moyens financiers ? Je trouve la manière de faire un peu "cavalière" : décider de délocaliser les concerts à Bonlieu puis "imposer" aux collectivités de payer...

La commission des Finances de la C2A avait rejeté cette demande de subvention supplémentaire. Le conseil d'agglo en a fait autant. L'organisation du festival vient de déposer cette demande à la ville qui, en commission de municipalité du 20 juillet, vient de donner son accord au versement d'une subvention supplémentaire de 50 000€ (de façon pérenne) à Annecy Classic Festival.

J'ai toujours suivi cette ligne de cohérence : on ne peut pas dire à toutes nos associations "les subventions sont gelées, car on n'a plus d'argent", et en même temps augmenter de 100% les subventions à un festival. Cela n'est pas cohérent, et vient de nouveau jeter le trouble sur les manières de faire de nos élus, sur les associations et événements qui sont soutenus et ceux qui ne le sont pas.

Dans l'absolu, je souhaiterais pouvoir doubler les subventions de tous nos clubs sportifs, de toutes nos associations, en particulier culturelles et sociales. Mais la réalité (en tous cas, le maire nous en rebat suffisamment les oreilles) c'est que l'Etat baisse ses dotations et qu'on ne peut plus distribuer de l'argent comme cela, sur un coup de tête. Il faut faire des choix appuyés sur des chiffres, des bilans, des études d'impact.

En l'absence de ces données et de ce débat (le vote formel de la subvention en conseil municipal aura lieu en septembre, après l'événement de fin août), je ne suis pas favorable à cette politique d'exception et à cette augmentation de subvention.

mercredi 29 juillet 2015

Centre des congrès : la justice n'a pas encore tranché


Que les défenseurs du projet de centre des congrès sur la presqu'île s’emparent d'une ordonnance de rejet du tribunal administratif sur une partie des recours que nous avions déposés contre les deux délibérations de l'agglomération du 9 avril, c'est assez classique et normal. Il faut bien qu'ils se rassurent comme ils peuvent...

Que la presse s'en fasse l'écho dans ses pages départementales, c'est normal. Le projet de centre des congrès est un sujet tellement sensible...

Ce sont des sujets juridiques difficiles, sur lesquels il convient d'être précis. Et M. Rigaut aurait bien tort de crier victoire trop vite et d'alerter la presse à chaque battement d'aile...

Claire et moi (pour ce qui concerne notre recours) avions déposé un recours global contre les délibérations n°16 (approbation de l'avant projet définitif) et n°17 (saisie du préfet pour lancer la DUP). Le tribunal nous a demandé de scinder ce recours en deux et de faire un recours contre chaque délibération.

Ce que le tribunal vient de rejeter c'est notre recours contre la délibération n°17 UNIQUEMENT.

Le recours contre la délibération n°16 (définissant sur le fond le projet) court toujours et sera bien jugé par le tribunal. C'est ce point qui porte sur l'essentiel car il comporte toutes nos critiques contre le coût du projet, l'emplacement, la violation de la loi littoral, les places de parkings, etc... D'ailleurs, la C2A a mandaté un cabinet d'avocats parisiens (!) pour se défendre. Nous avons donc l'occasion de défendre nos arguments devant le tribunal.

Sur le point 17, le tribunal l'a rejeté sur la forme ("pour irrecevabilité"). Le tribunal semble considérer que demander au préfet de lancer une DUP ne constitue qu' "un acte préparatoire à l'intervention éventuelle d'un arrêté". Autrement dit, c'est en tous cas comme cela que nous le comprenons, le tribunal laisse le préfet faire son travail de contrôle de légalité et d’intérêt de la demande qui lui est soumise (puisque le tribunal dit bien "intervention EVENTUELLE d'un arrêté") et ne souhaite pas statuer avant le préfet. Mais l'arrêté de DUP préfectoral, s'il est signé, pourra être contesté par la suite devant les tribunaux.

Nous ne ferons pas appel de cette ordonnance de rejet de notre recours contre le point 17. Il ne s'agit là que de respect des prérogatives de chacun (tribunal/préfet). Notre recours initial était global. Pour des questions de droit, le tribunal les a scindé en deux et rejette aujourd'hui, sur la forme, le recours contre la saisie du préfet. Mais il continue à statuer (et nous attendons avec sérénité et confiance ses conclusions) sur le fond, c'est-à-dire sur le projet validé par la C2A lors de la délibération n°16. 


lundi 27 juillet 2015

François, le pape révolutionnaire ?

Mes amis, catho de gauche comme on dit, ouvriers aux papeteries en retraite, m'ont fait connaitre, au cours d'une discussion, ce texte du Pape François. Je ne résiste pas au plaisir de vous le communiquer, il est tiré de l'Exhortation Apostolique du 24 Novembre 2013.

Cette citation d'un extrait d'un texte écrit par une autorité religieuse va, je le sais car j'en ai l'habitude, m'attirer les foudres de certains d'entre vous (dans un Etat laïc les politiques n'auraient pas à citer des autorités religieuses...). Je leur signale par avance que cette citation ne vaut ni allégeance, ni quitus, ni sympathie à l'ensemble des discours tenus par l'Eglise catholique. Bien au contraire... Et que j'aurais pu, si j'en avais la connaissance, citer d'autres autorités religieuses, d'autres religions.

Mais dans une ville et un département où la tradition catholique reste fortement ancrée, j'espère que ce texte aura au moins le mérite de faire réfléchir. En tous cas, je le cite parce que j'aurai été bien incapable de mieux écrire. Les gras et couleurs sont de moi.
(à retrouver:  http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations.index.html )


53. De même que le commandement de “ne pas tuer” pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd’hui, nous devons dire “non à une économie de l’exclusion et de la disparité sociale”. Une telle économie tue. Il n’est pas possible que le fait qu’une personne âgée réduite à vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voilà l’exclusion. On ne peut plus tolérer le fait que la nourriture se jette, quand il y a des personnes qui souffrent de la faim. C’est la disparité sociale. Aujourd’hui, tout entre dans le jeu de la compétitivité et de la loi du plus fort, où le puissant mange le plus faible. Comme conséquence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalisées : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. 

On considère l’être humain en lui-même comme un bien de consommation, qu’on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route la culture du “déchet” qui est même promue. Il ne s’agit plus simplement du phénomène de l’exploitation et de l’oppression, mais de quelque chose de nouveau : avec l’exclusion reste touchée, dans sa racine même, l’appartenance à la société dans laquelle on vit, du moment qu’en elle on ne se situe plus dans les bas-fonds, dans la périphérie, ou sans pouvoir, mais on est dehors. Les exclus ne sont pas des ‘exploités’, mais des déchets, ‘des restes’.

54. Dans ce contexte, certains défendent encore les théories de la “rechute favorable”, qui supposent que chaque croissance économique, favorisée par le libre marché, réussit à produire en soi une plus grande équité et inclusion sociale dans le monde. Cette opinion, qui n’a jamais été confirmée par les faits, exprime une confiance grossière et naïve dans la bonté de ceux qui détiennent le pouvoir économique et dans les mécanismes sacralisés du système économique dominant. En même temps, les exclus continuent à attendre. Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s’enthousiasmer avec cet idéal égoïste, on a développé une mondialisation de l’indifférence

Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d’éprouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur prêter attention ne nous intéresse pas, comme si tout nous était une responsabilité étrangère qui n’est pas de notre ressort. La culture du bien-être nous anesthésie et nous perdons notre calme si le marché offre quelque chose que nous n’avons pas encore acheté, tandis que toutes ces vies brisées par manque de possibilités nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune façon.


55. Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons établie avec l’argent, puisque nous acceptons paisiblement sa prédominance sur nous et sur nos sociétés. La crise financière que nous traversons nous fait oublier qu’elle a à son origine une crise anthropologique profonde : la négation du primat de l’être humain ! Nous avons créé de nouvelles idoles. L’adoration de l’antique veau d’or (cf. Ex 32, 1-35) a trouvé une nouvelle et impitoyable version dans le fétichisme de l’argent et dans la dictature de l’économie sans visage et sans un but véritablement humain. La crise mondiale qui investit la finance et l’économie manifeste ses propres déséquilibres et, par-dessus tout, l’absence grave d’une orientation anthropologique qui réduit l’être humain à un seul de ses besoins : la consommation.

56. Alors que les gains d’un petit nombre s’accroissent exponentiellement, ceux de la majorité se situent d’une façon toujours plus éloignée du bien-être de cette heureuse minorité. Ce déséquilibre procède d’idéologies qui défendent l’autonomie absolue des marchés et la spéculation financière. Par conséquent, ils nient le droit de contrôle des États chargés de veiller à la préservation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s’instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses règles, de façon unilatérale et implacable. De plus, la dette et ses intérêts éloignent les pays des possibilités praticables par leur économie et les citoyens de leur pouvoir d’achat réel. 

S’ajoutent à tout cela une corruption ramifiée et une évasion fiscale égoïste qui ont atteint des dimensions mondiales. L’appétit du pouvoir et de l’avoir ne connaît pas de limites. Dans ce système, qui tend à tout phagocyter dans le but d’accroître les bénéfices, tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue.


57. Derrière ce comportement se cachent le refus de l’éthique et le refus de Dieu. Habituellement, on regarde l’éthique avec un certain mépris narquois. On la considère contreproductive, trop humaine, parce qu’elle relativise l’argent et le pouvoir. On la perçoit comme une menace, puisqu’elle condamne la manipulation et la dégradation de la personne. En définitive, l’éthique renvoie à un Dieu qui attend une réponse exigeante, qui se situe hors des catégories du marché. Pour celles-ci, si elles sont absolutisées, Dieu est incontrôlable, non-manipulable, voire dangereux, parce qu’il appelle l’être humain à sa pleine réalisation et à l’indépendance de toute sorte d’esclavage. 

L’éthique – une éthique non idéologisée – permet de créer un équilibre et un ordre social plus humain. En ce sens, j’exhorte les experts financiers et les gouvernants des différents pays à considérer les paroles d’un sage de l’antiquité : « Ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs ».[55]

58. Une réforme financière qui n’ignore pas l’éthique demanderait un changement vigoureux d’attitude de la part des dirigeants politiques, que j’exhorte à affronter ce défi avec détermination et avec clairvoyance, sans ignorer, naturellement, la spécificité de chaque contexte. L’argent doit servir et non pas gouverner ! Le Pape aime tout le monde, riches et pauvres, mais il a le devoir, au nom du Christ, de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter et les promouvoir. Je vous exhorte à la solidarité désintéressée et à un retour de l’économie et de la finance à une éthique en faveur de l’être humain.


59. De nos jours, de toutes parts on demande une plus grande sécurité. Mais, tant que ne s’éliminent pas l’exclusion sociale et la disparité sociale, dans la société et entre les divers peuples, il sera impossible d’éradiquer la violence. On accuse les pauvres et les populations les plus pauvres de la violence, mais, sans égalité de chances, les différentes formes d’agression et de guerre trouveront un terrain fertile qui tôt ou tard provoquera l’explosion. 

Quand la société – locale, nationale ou mondiale – abandonne dans la périphérie une partie d’elle-même, il n’y a ni programmes politiques, ni forces de l’ordre ou d’intelligence qui puissent assurer sans fin la tranquillité. Cela n’arrive pas seulement parce que la disparité sociale provoque la réaction violente de ceux qui sont exclus du système, mais parce que le système social et économique est injuste à sa racine. De même que le bien tend à se communiquer, de même le mal auquel on consent, c’est-à-dire l’injustice, tend à répandre sa force nuisible et à démolir silencieusement les bases de tout système politique et social, quelle que soit sa solidité. 

Si toute action a des conséquences, un mal niché dans les structures d’une société comporte toujours un potentiel de dissolution et de mort. C’est le mal cristallisé dans les structures sociales injustes, dont on ne peut pas attendre un avenir meilleur. Nous sommes loin de ce qu’on appelle la “fin de l’histoire”, puisque les conditions d’un développement durable et pacifique ne sont pas encore adéquatement implantées et réalisées.

60. Les mécanismes de l’économie actuelle promeuvent une exagération de la consommation, mais il résulte que l’esprit de consommation effréné, uni à la disparité sociale, dégrade doublement le tissu social. De cette manière, la disparité sociale engendre tôt ou tard une violence que la course aux armements ne résout ni résoudra jamais. Elle sert seulement à chercher à tromper ceux qui réclament une plus grande sécurité, comme si aujourd’hui nous ne savions pas que les armes et la répression violente, au lieu d’apporter des solutions, créent des conflits nouveaux et pires. 

Certains se satisfont simplement en accusant les pauvres et les pays pauvres de leurs maux, avec des généralisations indues, et prétendent trouver la solution dans une “éducation” qui les rassure et les transforme en êtres apprivoisés et inoffensifs. Cela devient encore plus irritant si ceux qui sont exclus voient croître ce cancer social qui est la corruption profondément enracinée dans de nombreux pays – dans les gouvernements, dans l’entreprise et dans les institutions – quelle que soit l’idéologie politique des gouvernants."




samedi 25 juillet 2015

Merci M. le préfet pour votre réponse...

Je viens de lire dans la presse, la réponse apportée par M. le préfet de la Haute Savoie à ma seconde lettre le sollicitant pour demander l'avis du tribunal administratif au sujet de la constructibilité de la presqu'île d'Albigny (centre des congrès).

Centre des congrès à Albigny

Cette réponse a été publiée dans le journal "Le Faucigny" de cette semaine, actuellement en kiosque. Je remercie la presse de me permettre d'avoir enfin une réponse à cette lettre car M. le préfet n'a visiblement pas jugé bon de me répondre directement, mais par presse interposée.

Cette seconde lettre faisait suite à une première dont la réponse qui m'avait été apportée par M. le Préfet était, j'en suis désolé, "totalement à côté". Il m'importait donc de me faire mieux comprendre en précisant ma demande pour obtenir une réponse claire.

Mais M. le Préfet, visiblement très expert en urbanisme puisqu'il déclare : " Pour moi, le projet [de nouveau centre des congrès à Albigny] me parait [notez toutefois la précaution prise...] assez robuste en matière de conformité à la loi littoral, je n'ai donc aucune raison de déléguer mon pouvoir de contrôle de légalité au tribunal administratif", a certainement égaré mon courrier envoyé en recommandé avec accusé de réception.

Je prends acte  de cette réponse. Et je constate que M. le Préfet a des compétences urbanistiques que son prédécesseur M. Carenco n'avait pas puisque ce dernier avait jugé bon, face à la complexité du droit applicable au projet d'urbanisme prévu sur le terrain de l'ancien hôpital, de consulter le tribunal. Il faut croire que tous les préfets n'ont pas tous les mêmes compétences !

Je rappelle simplement que le Préfet est le représentant de l'Etat dans le département, pas l'ami de certains politiques. En ce sens, son rôle est de faire appliquer les lois et les orientations gouvernementales. Nous verrons, grâce à nos recours, si le tribunal administratif est aussi affirmatif sur la "robustesse" du projet. Cette conviction n'empêche toutefois pas la politesse d'une réponse écrite circonstanciée.

Fusion de communes

J'aimerais simplement être certain, quand je lis aussi dans le même journal la position du préfet sur le projet de fusion d'Epagny et de Metz-Tessy (fusion répondant totalement aux exigences de la loi donc valide sans aucune nécessité d'avoir des commentaires de la part du Préfet), que M. le Préfet reste bien dans son rôle et n'empiète pas sur le rôle des élus. Dit autrement, je souhaiterais être convaincu que M. le Préfet ne fasse pas de la politique et se contente d'appliquer les directives du gouvernement et de faire respecter la loi.

La position qu'il prend actuellement sur les fusions de communes, à l'agglo, ne me semble pas être en parfaite adéquation avec l'esprit de la loi qui vise d'abord la fusion des "petites communes" rurales et pas la protection des dotations d'Etat de certaines villes "riches" à tout prix. Le gouvernement fait des efforts pour réduire le déficit de la France, je trouve bizarre qu'un Préfet prenne des positions publiques pour échapper à cet effort.  Par contre, cette position s'aligne miraculeusement bien avec celle défendue par MM. Accoyer et Rigaut... que le Préfet "salue pour leur courage" de porter "un très beau projet auquel [il] apporte tout son soutien" !

Est-ce là le rôle d'un Préfet que de prendre à ce point parti pour les uns contre les autres ? On en vient à se demander si on a le droit d'être pas d'accord...

Les notions de respect et de politesse, mais aussi de neutralité, doivent être des valeurs fondamentales de l'administration publique et ce, jusqu'au plus haut de la hiérarchie.

jeudi 23 juillet 2015

Financer différemment nos associations et clubs


Les assises de la vie associative qui se sont tenues en juin ont permis de faire prendre conscience à la majorité de quelques réalités vécues par les associations et clubs d'Annecy.

3 pistes de réflexion ont été retenues par la majorité (nous verrons bien ce qu'il en sortira!).

J'ai personnellement insisté pour qu'une 4e piste soit ouverte rapidement : celle de la sécurisation des financements. C'est une préoccupation qui ressortait massivement des questionnaires envoyés aux associations et qui est présente à chaque fois que j'échange avec un(e) président(e) d'association ou de club sportif.

Actuellement, les subventions sont décidées année par année. Cette situation, si elle répond à une logique comptable, ne répond pas aux attentes des associations et clubs sportifs qui ont besoin de lisibilité dans le temps et de planification. Il faut donc passer à une autre logique : celle des financements pluriannuels (disons triennaux c'est-à-dire sur 3 ans).

Une association, comme un club sportif, est une "mini-entreprise", qui a besoin d'avoir une vision claire sur quelques années pour engager ses actions et ses investissements. Elle ne peut être suspendue année après année, aux décisions municipales.

Cette manière de repenser les subventions serait une véritable avancée et permettrait de faire retomber un peu la pression dans un climat anxiogène où on nous rabâche à longueur de temps que les baisses de dotations d'Etat vont avoir un impact sur les subventions. Ce climat paralyse les associations et clubs sportifs, dans une situation économique et sociale où, au contraire, il faut qu'ils continuent à agir et à investir, avec le soutien de la ville. 

Oui, on peut discuter et même acter collectivement que, pour faire face à ces baisses de dotations (en partie compensées par la hausse des fonds genevois !!! il ne faut pas tomber dans le catastrophisme), il faudra limiter les hausses des enveloppes de subventions. Mais l'annoncer, l'assumer tout en offrant une perspective à 3 ans, ce n'est pas la même chose que de laisser planer un doute année après année.

Les président(e)s d'associations et de clubs sportifs sont des gens raisonnables qui peuvent parfaitement comprendre la réalité financière qui est celle des villes. Mais de notre côté, nous devons aussi comprendre la réalité qui est celle des associations et des clubs sportifs, qui ont besoin de programmer leurs investissements et achats de matériels, qui ont besoin de lisibilité sur les financements pour maintenir un emploi, ou embaucher un apprenti, un contrat d'avenir, etc...

J'ai fait inscrire cette 4e piste lors de la dernière commission. J'ai abordé la question en conseil municipal. L'idée d'étudier une telle faisabilité (qui se pratique ailleurs) a été acceptée. Je sais que c'est un changement de manière de travailler, y compris pour nos services municipaux. Mais la capacité d'adaptation est une qualité indéniable que nos agents ont et je suis serein sur leur capacité à nous épauler dans cette (r)évolution.

samedi 18 juillet 2015

Pour un droit de préemption commercial

Annecy compte de très nombreux commerces (c'est une des densités par habitant les plus importantes de France) dans quasiment tous les domaines. Cette richesse est une chance. Les commerçants animent, souvent tout au long de l'année, par leur présence, les rues de notre ville.

Bien sûr cette présence nombreuse de commerces est un avantage concurrentiel très important pour notre image touristique. D'ailleurs, il n'est qu'à voir nos réflexes quand parfois nous partons en vacances dans des coins de France moins bien desservis : on est vite perdu. Chez nous, trouver des commerces ouverts régulièrement est devenu naturel.

C'est que les commerces sont aussi des services pour la population locale. Et c'est pourquoi, je n'ai jamais opposé "tourisme" et "Annéciens". Ce serait totalement absurde car le tourisme est notre deuxième source de richesse et d'emplois locaux. On ne peut s'en passer et j'ajouterais qu'une telle volonté serait totalement irresponsable.

A Annecy, tourisme et habitants ne doivent pas s'opposer mais se compléter. La manne touristique doit être mise au service des Annéciens, de leurs emplois, de leurs services publics, de leur qualité de vie. Les commerçants d'Annecy participent de cette dynamique profitable à tous.

Visuel de la loi ACTPE

Il se trouve que nous avons aussi des quartiers moins bien équipés en commerces du quotidien (boulangerie, boucherie, etc...). C'est un handicap pour les habitants de ces quartiers. Or, la ville pourrait agir. Comment ? En achetant des locaux commerciaux pour les louer ensuite à des commerçants dans un esprit de service au public. C'est ce qu'on appelle le droit de préemption commercial. 

Le droit de préemption existe déjà à Annecy sur les habitations. La ville est prioritaire pour racheter des logements en cas de vente. C'est le même principe que nous avions proposer d'instaurer dans notre programme pour les dernières élections municipales. Ceci afin de permettre l'installation dans certains quartiers d'une diversité de commerces plus importantes, nécessaire à la vie quotidienne. Nous savons tous que ce qui effraie les potentiels nouveaux commerçants, ce sont les prix de l'acquisition des locaux. En achetant puis louant des locaux, la ville pourrait satisfaire une demande des habitants de certains quartiers tout en créant de l'activité économique.

Ce droit de préemption commercial a été mis en oeuvre par des communes de notre agglomération. Nous avons les retours d'expérience et ils sont positifs. Alors à quand une telle évolution (pas Révolution !) sur Annecy ?

jeudi 16 juillet 2015

Projet Savoie Mont Blanc porté disparu ?

Souvenez-vous : avant les élections départementales (comme c'est le cas depuis des années et des années) plusieurs candidats (de droite) avaient fait campagne pour la création d'un seul département regroupant les deux départements savoyards (Savoie et Haute Savoie) appelé "Savoie Mont Blanc".


J'avais soutenu cette idée originale car je pense que dans une région élargie, la création d'une entité départementale plus forte (qui soit au sein d'Auvergne-Rhone-Alpes) est une question pertinente, d'autant que nos deux départements ont souvent des problématiques proches.

Ce projet avait l'avantage de maintenir une cohésion, et donc une solidarité, entre les différents territoires de nos départements. Il avait pour cela ma préférence face au projet de Sillon alpin qui vise à créer une strate supplémentaire dans le mille-feuille administratif en regroupant que les territoires de l'ouest des départements, urbains (et abandonnant ainsi les vallées de l'Est, plus rurales).

Comme chaque fois, les électeurs (et moi aussi) nous avons cru que les choses, cette fois-ci, bougeraient. MM. Monteil et Gaymard semblaient décidé. Or, depuis l'élection, plus rien. Le sujet a-t-il été rentré dans les cartons, pour mieux ressortir à la prochaine élection? Mieux, les deux conseils départementaux ont de nouveau installé, le 2 juillet, le conseil d'administration de l' "Assemblée des Pays de Savoie" comme si de rien n'était...

Ce projet, comme tant d'autres portés par les politiques en place dans nos départements, n'est-il qu'une arlésienne ? N'avait-il pour but que d'empocher des voix ? Nos départements souffrent de cette hégémonie d'une famille politique qui utilise toujours les mêmes recettes : promettre toujours les mêmes choses (tunnel sous le Semnoz, fusion des départements, désenclavement du Chablais...) et ne jamais rien faire. Pourtant nous méritons mieux que cela j'en suis persuadé.

lundi 13 juillet 2015

Fusion à 13 : c'est mort

J'ai déclaré dans l'essor savoyard de cette semaine que le projet de fusion des 13 communes de l'agglomération était "mort" (dixit).

Pour qu'une commune nouvelle à 13 (+ l'agglo) soit votée, il aurait fallu l'unanimité des 13 conseils municipaux ou bien un vote favorable d'au moins 2/3 des communes (représentant au moins 2/3 de la population de l'agglo) pour organiser un référendum.
Il est précisé aussi qu'il n'est pas possible d'obliger une commune dont les habitants auraient voté à plus de 2/3 des voix contre la fusion de l'intégrer "de force" à la commune nouvelle.

On oublie déjà l'unanimité des conseils municipaux puisque l'on apprend dans le Dauphiné du jour que les conseils municipaux d'Epagny et de Metz-Tessy ont rejeté "à l'unanimité" cette voie de fusion à 13. Ils suivent en cela logiquement les déclarations qu'ils ont eu lors du dernier conseil d'agglomération.

Reste donc la voie potentiellement référendaire si 2/3 (67%) des communes votaient OUI. Or, lors du conseil communautaire du 25 juin, 7 communes (54%) ont fait savoir qu'elles étaient opposées à cette fusion. Il faudrait donc que le Président arrive à "retourner" au moins 3 communes et ainsi obtenir au moins 9 votes favorables de conseils municipaux.

Je ne crois pas un instant à un tel scénario. Les élus sont des personnes responsables, notamment dans les petites communes. Leurs positions du conseil d'agglomération du 25 juin a été réfléchie en amont et je vois mal ces élus se dédire devant leurs conseils municipaux.

Il n'y aura donc pas de référendum. Pas de fusion à 13. Comme je l'ai déjà dit, je ne vais pas pleuré ce projet mal ficelé, avec une méthode à la hussarde, contre lequel j'ai voté en conseil d'agglomération. Dommage que certains (de tous bords politiques) continuent à s'entêter dans ce projet qui est mort-né. Inutile de raconter des sornettes aux citoyens, la parole politique est déjà assez détériorée comme cela sans avoir besoin d'en rajouter.


Il faut savoir tourner des pages. Passer à autre chose. Tout en prenant le temps de faire l'analyse critique de l'échec de ce projet porté par l'exécutif dont la responsabilité est première.

MM. Rigaut et Accoyer ont voulu prendre le problème à l'envers en fusionnant d'abord et en discutant ensuite d'un projet commun. Ils ont ainsi cru qu'ils pourraient dicter leurs volontés au maires des communes périurbaines. Dans un certain sens, cet épisode montre qu'au-delà de la vision très politicienne que l'exécutif a de ce dossier, malgré les pressions exercée, malgré le fait qu'ils pensaient pouvoir tordre le bras aux élus locaux, il existe encore des élus capables de réfléchir par eux-mêmes et de dire NON quand ils jugent que les projets proposés ne sont pas bons pour leurs populations.

Accepter ses défaites (JO2018, fusion à 13...), les analyser, c'est apprendre à grandir.

Comme je l'ai dit dans mon intervention à l'agglo, "la C2A restera toujours notre maison commune". Je souhaite que cet épisode ne laisse pas trop de séquelles entre nous. Je ne serai pas de ceux qui "se souviendront du vote" des maires et chercheront à "leur faire payer" leurs positionnements. Au contraire je souhaite maintenant de l'apaisement et le retour au travail.

samedi 11 juillet 2015

Détermination et pragmatisme


La proposition faite par le Premier Ministre grec Alexis Tsipras aux créanciers (validée par le parlement grec) ouvre la porte à une sortie de crise en Europe.

Parti d'un rapport de force très défavorable, Tsipras et le peuple grec auront réussi à rééquilibrer les forces en présence en obtenant un compromis plus intéressant pour tous. Pour les grecs, il y aura des sacrifices comme la hausse de la TVA, des impôts sur les sociétés, des modifications d'âge de la retraite... Ces modifications peuvent être vues comme des reculades sociales (ce que ne manqueront pas de faire certains) mais aussi comme des harmonisations fiscales. Qui peut comprendre que la Grèce ait un taux de TVA de 13% alors qu'il est de 20% en France par exemple? En remontant son taux à 23% nous assistons à une harmonisation. Idem pour les impôts sur les sociétés.

En contrepartie, la Grèce obtient une renégociation de sa dette. Cela ouvre enfin le débat sur les dettes européennes, c'est une excellente chose. Il obtient aussi une durée de financement plus longue (3 ans au lieu de 6 mois) et un montant plus important. Des conditions nécessaires à un redémarrage de l'économie grecque. Car le plus important est que l'économie grecque s'améliore pour relancer l'activité et pouvoir enfin rembourser les dettes.

Alexis Tsipras aura incarné la détermination des peuples à faire plier la finance. Il porte fièrement ses idées et les défends avec conviction. Cela montre que la politique a toujours son importance et qu'elle peut renverser des rapports de force. La détermination ne peut être efficace que si elle est sincère, ancrée sur des valeurs fortes.

Alexis Tsipras nous montre aussi que, dans un monde ouvert, mondialisé, les contingences extérieures, la réalité ne peuvent être négligées. Il faut aussi savoir être pragmatique et faire des concessions bonnes pour l'avenir. Cela risque de décevoir beaucoup de personnes de gauche radicale ou d'extrême gauche qui voyaient en Tsipras le nouveau Che Guevara. Non, la Grèce n'organisera pas le grand soir. Tsipras est un réformiste bien dans ses convictions, sûr de ses arguments, qui va au combat pour renverser des montagnes et changer le cours de l'Histoire. Une fois le rapport de force rééquilibré, il négocie.

Chez nous, ceux qui se proclament de gauche se regroupent généralement en 2 camps :
- ceux qui attendent le grand soir dans leur salon ou dans des discours sans lendemains et font la morale à tous ceux qui ne pensent pas comme eux, voire à ceux qui essaient de faire des choses, de gagner quelques points de ci de là.
- ceux qui se proclament de gauche et s'alignent systématiquement sur les propositions de leurs adversaires, de peur de perdre le peu qu'il leur reste encore. On fait semblant de ne pas être d'accord au moment des élections, et puis tout rentre dans le rang.

Et puis il y a ceux qui, bien dans leurs idées et leurs valeurs, les défendent et les assument mais qui savent aussi que le progrès se construit avec des successions de petites avancées, de petites victoires. Au final, ce sont les citoyens qui jugeront qui a amélioré leur quotidien à Annecy par exemple.

Bien connaitre la réalité, juger des marges de manœuvre possibles, pousser son avantages dès que possible, voilà la méthode qui est la mienne. Elle suppose rigueur et honnêteté. Elle est souvent moins facile à expliquer que les "ya qu'à" "faut qu'on", mais je reste convaincu qu'elle est la seule possible, et la plus efficace. C'est certes de la stratégie politique, mais c'est aussi tout simplement la stratégie de la vie. J'en ai acquis la conviction en rédigeant ma thèse de doctorat il y a maintenant quelques années.

C'est le chemin qui est le nôtre à Annecy : détermination et pragmatisme et qui nous permet de construire une alternative crédible et utile aux Annéciens pour l'avenir.

mercredi 8 juillet 2015

Capucins: dire la vérité et assumer


J'ai assisté lundi soir à la réunion publique du maire avec les riverains des Capucins. Je remercie les habitants qui m'ont fait part de cette réunion à laquelle aucun conseiller de la minorité n'avait été convié, marque d'une volonté forte de la part de la majorité d'associer tous les Annéciens à ce projet....

Habituellement, par respect pour les organisateurs, je m'abstiens d'intervenir oralement dans ce genre de réunion. J'estime que chacun a le droit de défendre ses idées même si ce ne sont pas les miennes. Pourtant lundi je n'ai pu m'empêcher de prendre la parole pour rétablir quelques vérités que je vous livre ici. Elles portent sur des remarques faites par les Annéciens présents qui savent tous, tout le mal que je pense de ce projet de bétonisation et de privatisation du parc des Capucins.

Modèle économique ou choix politique ?

M. le maire a commencé en évoquant la problématique financière du coût d'acquisition des Capucins (4.9 M€) et en disant qu'il fallait faire du logement pour récupérer ces sous. Il appelle cela un "modèle économique" (en tant qu'économiste ce n'est pas la définition que je donne à cette expression, mais passons). En gros il faudrait que la ville fasse au pire une opération financière blanche, voire gagne de l'argent.
J'ai simplement rappelé que la ville avait DEJA payé cet ensemble CASH (en 2014) sans aucun emprunt. Il ne s'agit donc pas, comme le prétendait M. Poles, de savoir comment on "allait se le payer" puisque c'est déjà fait, mais de savoir si on faisait le choix politique de sauvegarder ce parc.
Je ne supporte pas ce genre d'affirmation péremptoire (d'ailleurs reprise bien maladroitement par l'architecte qui sortait ainsi de son rôle) qui donne l'impression au citoyen que nous n'aurions pas le choix. On pouvait faire un autre choix, et d'ailleurs je l'avais proposé dans le programme que j'ai porté aux élections : conserver le parc et l'ouvrir au public. Cette négation des choix politiques, le fait de ne pas assumer ses choix, ont deux effets : ne pas dire la vérité aux citoyens en manquant de courage; et faire monter les extrêmes qui promettent aux citoyens que, eux, ils peuvent faire autrement.

D'ailleurs, nous avons bien acheté le parc Saint Joseph (oui dans l'échange de terrain, le prix d'achat du parc est bien soustrait au prix de vente de Balleydier. Prétendre qu'on l'aurait presque eu gratuitement relève là aussi de la manipulation. En vendant le terrain Balleydier à un promoteur privé, sans échange, nous aurions pu récupérer 3M€ de plus au moins) pour le conserver en l'état.

Il faut construire du logement

Oui il faut densifier les villes car nous avons besoin de logements. Ce n'est pas moi, qui me bat sur ce terrain depuis bien longtemps, qui dirait le contraire (mais quel type de logements ?). Cette densification doit aussi s'accompagner d'espace verts de respiration et de lieux de vivre ensemble. Mais alors pourquoi ne pas construire dans le parc Saint Joseph lui aussi constructible, alors que cette partie de la ville est déjà bien pourvue en parcs (Jardins de l'Europe, Paquier, Trésums, petit Paquier)? Pourquoi cette concentration des parcs en vieille ville ? Pour conforter la carte postale ?  Pourquoi ce "deux poids, deux mesures"? Les habitants de Courier/Romains n'ont-ils pas droit eux aussi à un parc ? Pourquoi ce double discours sur les logements ? Au passage, je ne suis pas un responsable politique aussi manipulable que certains semblent le penser. On n'achète pas mon silence en nous vendant quelques logements sociaux (même si cette problématique est très importante). Certains pensent encore que parce qu'on est de gauche on ne regarde que cela.... c'est à mourir de rire.

Parc fermé

La majorité, relayée là encore par l'architecte, prétendent que le parc des Capucins n'est pas connu. Il était fermé donc il ne manquera à personne... a-t-on même pu entendre... Mais le parc de Saint Joseph est lui aussi clôt. Pourquoi vouloir l'ouvrir alors ? Le parc des Haras aussi était clôt, et on l'a bien ouvert. Tout cela c'est de la volonté politique, surtout qu'il existe une servitude de passage vers la rue Chaumontel. Ce sont de faux arguments mensongers pour éviter d'assumer courageusement ses choix. 

Parties privatives ouvertes, jardin partagé, verdure

Pour ceux qui connaissent le quartier de la Mandallaz, ils savent que les cheminements publics ouverts, du style des cheminements entre les immeubles qui seront proposés sur le projet des Capucins, ne sont jamais investis par le public. La place piétonne (derrière l'hotel) au coeur des immeubles à la Mandallaz, pourtant publique, est toujours vide .Les allées surélevées entre les immeubles auxquelles on accède par des portillons: idem. Car comme l'a très justement dit une Annécienne dans la salle, il n'y a aucun intérêt à se balader entre des immeubles. C'est de l'habillage de communication pour dire "regardez tout l'espace ouvert au public" mais en réalité cela ne fonctionne jamais.
De la même façon, un jardin partagé est bien un espace privatisé pour 3 ans par une 50aine de personnes (dans ce cas), protégé par des dispositifs de type barrières et portillons.
On nous propose un espace où on pourra "déambuler" (mais ne pas s'arrêter) en remontant le long de la chapelle et du couvent jusqu'au fond avant de revenir par l'autre côté. Voilà la vérité. Ce n'est ni un jardin public, ni un parc.
Quant aux promesses de verdure, j'ai rappelé ce que me disait Bernard Bosson a propos des esquisses du pôle d'échange des bus de la SIBRA. Les architectes avaient vendu à l'époque une réalisation de type "savane arborée"... je vous laisse juge de ce rendu... Il faut toujours se méfier des discours qui enjolivent trop et appuient sur un verdissement de façon trop insistante. Ils cachent souvent une réalité bien différente.

J'ai enfin terminé en rappelant, notamment au promoteur qui faisait déjà des plannings de réalisation, que le conseil municipal ne s'était pas encore prononcé sur ce projet. Comme beaucoup d'Annéciens, je regrette que le maire présente un projet tout ficelé où la seule chose que l'on peut choisir c'est la couleur des murs. La concertation n'existe pas. Cette réunion était de l'information.

J'ai rappelé mon opposition totale à ce projet qui ne prend pas en compte les attentes des habitants et la vie de ce quartier. Je vous tiendrai informé à la rentrée des actions (car oui nous allons nous mobiliser) que nous envisageons de mener contre la destruction de ce dernier espace naturel de centre-ville.

lundi 6 juillet 2015

Pour une association des usagers de la SIBRA

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"Il n'y a pas assez de bus le soir et le week-end", "la ligne de bus ne passe pas au meilleur endroit", "Certains bus ne sont pas très confortables", "le ticket est devenu trop cher", "les bus sont bondés à certaines heures", etc...

Voici un certain nombre de propos que j'entends de temps en temps de la part d'usagers de la SIBRA.

Pourtant, nous savons tous comment les choses se passent. La SIBRA fait avec les moyens que la C2A lui octroie. Le service de bus, sa qualité, ses amplitudes, ses tarifs, sont du ressort du politique, la SIBRA faisant au mieux avec ces moyens.

Pour améliorer les services de la SIBRA (qui sont très acceptables au demeurant mais qui peuvent toujours être améliorés), il ne suffit pas de râler dans son coin, il faut agir. La meilleure façon d'agir est de créer une association des usagers de la SIBRA, interlocuteur privilégiée de la SIBRA pour la qualité de service. Cette association aurait pour but de faire remonter les demandes des usagers et participer à la définition de la politique de la SIBRA. Elle pourrait être un véritable outil de pression politique pour faire changer les politiques.

Pour l'instant, les politiques ont les mains trop libres, sans contre-pouvoir. Pour améliorer les choses, dans le sens d'un meilleur service public pour les usagers, il faut s'organiser et porter collectivement ces revendications (vous usagers, citoyens, contribuables, électeurs).

Nous avons besoin, nous décideurs politiques, d'une voix claire et audible de la part des usagers, pour nous aider à prendre les bonnes décisions. Ce n'est que comme cela que les choses bougeront enfin et que les transports en commun prendront de plus en plus d'ampleur. C'est une nécessité notamment pour lutter contre la pollution atmosphérique, pour notre santé.

Les transports en commun, ce n'est pas que l'affaire des politiques ou des associations même spécialisées, c'est aussi l'affaire des usagers, de ceux qui s'en servent. Plutôt que de passer du temps dans des débats souvent stériles ou dans des propositions qui resteront lettres mortes, je crois beaucoup plus utile d'aider à la création d'une telle association. Personnellement, si besoin s'en fait sentir, je suis disposé à aider sans toutefois désirer (par mon statut d'élu) participer directement à cette association.

N'hésitez pas à me contacter.

vendredi 3 juillet 2015

Des débats riches et passionnants


Vendredi dernier, avec Evelyne et Claire, nous avons tenu une réunion publique sur l'actualité municipale.

Malgré une publicité assez réduite (c'est vrai que le temps nous a un peu manqué !), 36 personnes ont répondu présentes, de quoi bien remplir la salle de la résistance.

C'est toujours un plaisir de rencontrer de nouvelles personnes, d'échanger sur l'avenir d'Annecy. Merci à vous toutes et tous d'avoir répondu présent et d'être venu(e)s.

Je veux souligner la qualité des débats et des questions, comme quoi quand on donne vraiment la parole aux citoyens, ils la prennent et en usent avec sérieux et responsabilité.

Les principales questions tournaient autour de l'urbanisme : Capucins, Balleydier et Saint Joseph, ancien hôpital, centre des congrès, Haras. Mais beaucoup de propos aussi sur le vivre-ensemble et le sentiment des "anciens" Annéciens que leur ville change... et pas nécessairement en bien.

Le coût du logement, l'avenir pour nos jeunes, les écoles ont aussi été abordés.

Une réunion riche qui nous motive à continuer sur cette longue route qu'est un mandat électoral, que nous avons choisi de mettre au service des Annéciens et d'une minorité tournée vers leurs problématiques et vers l'avenir.

On me demande parfois si mon retrait par rapport à mon ancien parti politique ne me porte pas préjudice. Quand je vois l'affluence à nos réunions publiques, mais aussi les chiffres de fréquentation de ce blog (x9 entre juin 2014 et juin 2015), je me dis que ce qui intéresse les citoyens ce n'est pas ces questions de politique politicienne, mais bien les enjeux qui touchent à leurs vies quotidiennes.

mercredi 1 juillet 2015

Le peuple grec a le droit de choisir

Je ne souhaite pas prendre ici position, comme le font trop de politiciens nationaux, sur la réponse que chaque grec devrait donner dimanche au référendum que le Premier Ministre Alexis Tsipras a provoqué dimanche au sujet de l'Europe.

Mes valeurs, mon éducation, mon engagement politique me poussent à dire deux choses simples:
- je trouve parfaitement respectable et courageuse la décision du premier ministre de consulter sa population, après des années d'austérité. Il a été élu pour cela (que çà nous plaise ou non : arrêter cette politique stupide selon de nombreux économistes, d'une austérité qui tue tout espoir d'avenir en Grèce).
- la réponse du peuple grec sera nécessairement la meilleure pour eux-mêmes.

Je suis scandalisé et pour tout dire atterré de certaines réactions de nos politiques nationaux. Convoquer un référendum sur une question aussi importante ce serait du populisme... Non, c'est remettre au contraire les choses à l'endroit en rappelant que l'économie est au service des hommes, qu'elle doit être soumise au politique.
La question est trop compliquée et les grecs vont répondre à côté. Cette assertion renvoie à deux idées. 1) Les peuples sont trop bêtes donc laissons les élites choisir. 2) L'Europe n'est plus une démocratie car en démocratie les peuples doivent pouvoir comprendre les règles, les lois qui s'imposent à eux. Si c'est trop compliqué, alors il faut simplifier pour redonner le pouvoir aux peuples européens.

Je souhaite de tout mon cœur que la Grèce, grand pays par sa culture qui a tant apporté à l'Europe, puisse rester dans l'Europe pour y trouver un épanouissement et une prospérité. Mais cette Europe qui s'apprête à laisser tomber un de ses enfants, ce n'est pas mon Europe. Cette Europe qui réagit avec tant de violence contre une décision de référendum, ce n'est pas mon Europe.

Sans toujours partager les analyses des organisateurs, je crois aujourd'hui qu'il faut se mobiliser pour rappeler à l'Europe ses valeurs et son destin : celui de la première démocratie du monde, créée en Grèce.  Je relaie donc cette invitation :