jeudi 30 avril 2015

La barbarie à l'état brut

Vous avez peut-être entendu hier cette information selon laquelle des soldats français en poste en Centrafrique (sous l'égide de l'ONU) auraient (présomption d'innocence oblige) commis des viols sur une dizaine de jeunes garçons (dont l'un n'aurait même pas 9 ans) en contrepartie de nourriture.

Je suis consterné, dégoûté, abasourdi et pour tout dire extrêmement en colère. Ces (a priori) 16 soldats violeurs sont des monstres. S'en prendre à des enfants... pour la plupart orphelins... qu'ils sont sensés protéger. Cela n'a pas de nom, sinon celui de la barbarie la plus sauvage, la pédophilie.

Ils ont commis ces crimes (car le viol est un crime) avec notre drapeau, en tant que représentants de la France. Je le clame haut et fort, ces salauds n'ont pas commis cela EN MON NOM. Ils ont sali le drapeau français, ils ont abusé le peuple français qui leur fait confiance, ils nous ont déshonoré. Ils ne méritent pas de rester dans l'armée. Ils doivent être immédiatement appréhendés, interrogés et si les faits s'avèrent authentiques, dégradés, déclassés, virés, condamnés avec la plus grande fermeté.

La France est intervenue en Centrafrique pour mettre fin à des massacres, pas pour commettre des crimes. C'est malheureusement l'image de tout notre pays sur ce continent qui est une nouvelle fois abîmée. C'est à nous, citoyens français de dire que nous ne sommes pas d'accord, que nous ne cautionnons pas, que nous condamnons et que la France, ce n'est évidemment pas cela.

Mais s'indigner ne suffit pas. Ces soldats étaient des représentants de notre pays, envoyés pour protéger les populations. Ces enfants, victimes de la barbarie, ne peuvent être ignorés et oubliés. La France, sinon l'ONU, doit tout faire d'abord pour les mettre en sécurité puis leur offrir une reconstruction et un avenir après ce coup terrible qu'ils ont reçu. Ils ont été anéantis. La moindre des choses serait que, sans jamais pouvoir réparer ce qui a été commis, nous, français, nous permettions à ces enfants de se reconstruire y compris psychologiquement.

Je crois que le seul moyen à la hauteur de ces crimes, serait de placer ces enfants sous la protection de notre pays, en les accueillant. Je ne sais si le statut de Pupille de la Nation (juridiquement) est applicable, mais c'est ce qu'ils doivent devenir. Ces soldats ont abusé de notre drapeau, certes ce n'est pas notre faute. Mais nous avons une part de responsabilité que nous nous devons de regarder en face. C'est bien nous qui avons envoyé notre armée là-bas.

Je veux finir en ayant une pensée pour Anders Kompass, responsable de l'ONU qui, devant le peu d'entrain des autorités à faire avancer ce dossier, a décidé de le transmettre à d'autres pour qu'il soit rendu public et qu'enfin le scandale éclate. Cet homme a été mis à pied par l'ONU ! Un comble pour une personne qui mériterait plus d'être traitée en héros ! Je souhaite que les autorités françaises fassent là aussi le maximum pour que cet homme courageux, humain, qui n'a agi que dans l’intérêt de l'humanité, soit réhabilité, voire décoré (quand on voit des fois à qui on donne la légion d'honneur...)

Bref, ces crimes ne doivent pas nous laisser indifférents. Pour ma part, en tant que citoyen je demande pardon aux victimes et à leur potentielles familles. Notre armée, celle du peuple français, ce n'est pas cela. Mais quand ces horreurs arrivent il faut les assumer (individuellement pour les auteurs, mais aussi collectivement). Ce sont nos uniformes qui ont donné à ces barbares l'autorité nécessaire pour commettre ces crimes.

mardi 28 avril 2015

Une cuisine centrale plaquée or ?


J'ai souvenir de la présentation d'un Plan Pluriannuel d'Investissement (PPI) où figurait une somme de 4 millions d'euros HT (4.8 M€ TTC) pour la construction de la nouvelle cuisine centrale d'Annecy (qui doit s'implanter à la place de la chaufferie de Novel en cours de démolition).

Lors d'une commission urbanisme du 03 mars dernier, le projet de la cuisine centrale nous a été présenté avec un chiffrage à 8.8 M€ TTC dont 7.3 M€ à charge du budget annexe (le reste étant pris sur le budget général pour la partie "restaurant Ritz 2"). Il n'empêche que cela fait une augmentation du chiffrage initial de plus de 50 % !!!

Et dire que la majorité n'a pas voulu s'interroger sur la construction d'une cuisine centrale intercommunale à l'échelle de l'agglo... (on aura bel air si il y a fusion de communes...)

Bref, d'où viennent ces surcoûts ? Un peu de nous, l'opposition, je l'avoue. Car le projet qui nous a été présenté est le nec-plus-ultra de la cuisine centrale actuelle ! On avait tellement critiqué le choix de l'emplacement (au cœur d'un quartier résidentiel) avec les risques de bruits et d'odeurs mais aussi de trafic routier que la majorité a mis les petits plats dans les grands... histoire de nous faire mentir... et de pouvoir dire à la population que l'opposition s'alarme toujours pour rien...

Il n'empêche : matériel d’absorption du bruit en pagaille, circuit de recyclage des odeurs renforcé, sens de circulation revu, mur côté chemin du Maquis végétalisé, mur de la rue des Edelweiss avec béton teinté dans la masse, isolement des matériels de fabrication du froid... La ville a sorti le grand jeu et a dépensé sans compter !

Si certains se demandent à quoi sert l'opposition, voila la réponse : à dépenser de l'argent utilement pour les Annéciens en préservant leur cadre de vie. Alors je reste intimement convaincu que cet endroit n'est pas le bon pour accueillir cette cuisine centrale qui aurait dû être pensée au niveau de l'agglomération, mais je suis moins inquiet sur les nuisances pour le voisinage... Nous avons fait le travail, et les bruits de la nouvelle chaufferie pas loin auront fini de convaincre la majorité de mettre l'argent nécessaire. Pour le reste des dépassements, je ne sais pas d'où ils proviennent mais M. le maire aura tôt fait de nous trouver une explication comme il le fait toujours.

Vous verrez, on pourra presque manger parterre !

dimanche 26 avril 2015

Projet immobilier secret : Balleydier / Saint Joseph

Convoqué le 30 mars dernier à un conseil municipal privé, j'ai appris que des négociations avaient lieu entre la mairie et la communauté des sœurs de Saint-Joseph d'Annecy (dont le couvent est situé le long de la rue de la Providence qui relie la place aux bois à l'ancien hôpital) depuis 2011. Malgré le fait que je siège à la commission urbanisme depuis tout ce temps, nous n'avons jamais été informé. Pire, en 2013, on nous faisait voter un gel de constructibilité sur toute cette partie de la ville sans nous en donner les VRAIES raisons, c'est-à-dire ces négociations.

Qu'a-t-on appris à ce conseil ?

Les Sœurs souhaitent pouvoir rénover leurs bâtiments et veulent vendre une partie de leur patrimoine. Elles ont mandaté une sous-société de Vinci pour mener à bien cette opération immobilière.


Elles sont notamment vendeuses du parc situé à l'arrière, sur le contreforts du Semnoz au pied de la côte Perrière (partie coloriée en rose-violet sur le plan avec les hachures violettes) + une partie situé le long du terrain dit Balleydier (aujourd'hui parking provisoire en face de l'ancien hôpital, colorié en bleu ciel sur le plan). Le terrain Balleydier est propriété de la ville.
Enfin, elles souhaitent céder leur cloître (le rectangle colorié en jaune sur le plan). Elles resteraient propriétaires de la chapelle (à l'ouest du cloître, face à la place aux Bois) avec l'idée de l'ouvrir potentiellement aux visiteurs, ainsi que des bâtiments situés à l'est du cloître et devant lui, le long de la rue de la providence.

Vinci a imaginé le montage immobilier suivant :

le parc (partie rose-violet) serait échangé avec la ville contre le terrain Balleydier (les 2 sont classés en zone constructible, orange et font sensiblement la même superficie, néanmoins l'estimation des domaines montre un différentiel de 3 Millions d'euros en faveur de la ville étant donné la topographie des terrains). Ainsi la ville deviendrait propriétaire du parc et les sœurs du terrain Balleydier.

Sur le terrain Balleydier, Vinci imagine la construction d'un parking de 480 places (sous gestion privée) + 140 places pour les 100 logements qui seraient construits + 1 citymarket et 7 commerces. Au total cela représenterait environ 9200 m² de surface. Le parti-pris architectural serait de créer une allée piétonne centrale qui partirait du rond-point et qui rejoindrait le parc, en pente douce (il y a 8 m de dénivelé entre le bas des terrains et le haut) en passant par la zone naturelle protégée (coloriée en vert sur le plan).

La ville pourrait rester propriétaire de la partie inférieure du terrain Balleydier (partie goudronnée à côté de la trésorerie) et y inclure un parking souterrain public d’environ 180 places.

Enfin les Sœurs ont mandaté Vinci pour vendre le cloître. De part leur vocation d'aide aux plus démunis, elles souhaiteraient que cette vente se fasse en direction d'un projet social.

Voilà ce que nous savons à cette heure sur ce projet. La délibération d'échange des terrains et de versement de la soulte pourrait intervenir au conseil municipal du 11 mai pour une livraison du projet en 2019.

Chacun pourra juger de l'information très parcellaire et bien tardive du maire en direction des élus pour un projet qui pourtant aurait nécessité des discussions et des échanges. Je ne parle même pas de la population qui est tenue largement écartée de ces décisions.

Ce que m'inspire cette précipitation et cette opacité ?

A vrai dire, rien de bon. D'abord je m'interroge sur les modalités retenues. Pourquoi, alors que la ville a un droit de préemption sur tout ce qui se vend, la ville n'achète-t-elle pas directement les terrains vendus par les Sœurs pour mener elle-même son propre projet d'urbanisme ? Il ne s'agit pas ici d'acheter pour garder, mais d'acheter pour maîtriser le projet comme nous l'avons fait à Galbert, à Vallin-Fier, etc... sous forme de ZAC ou autre.

Une grosse interrogation plane sur les parkings. Le terrain Balleydier a toujours été voué à accueillir un parking souterrain (notamment en prévision de la suppression du parking de la Tournette). Nous avons aussi porté l'idée d'une partie du parking réservée aux résidents et aux commerçants de la vieille ville. Nous nous opposerons toujours à la privatisation des parkings. Tous les parkings d'Annecy doivent rester sous gestion publique ! Pour nous, ce n'est pas négociable !

L'avenir du cloître m'interroge aussi. Pourquoi ne pas s'interroger sur une autre vocation pour ce lieu situé si proche de la vieille ville ? Ecole (pour soulager un peu la Prairie), MJC Archipel Sud, lieu culturel, lieu touristique, etc... ? Pourquoi ne pas poser ces réflexions sur la table quitte à les refermer aussitôt si elles ne sont pas retenues ?

Je regrette l'absence de débat sur ce projet. Les habitants ne sont jamais conviés à donner leur sentiment ni à apporter d'éventuelles idées. Cette façon de faire ne manquera pas d'alimenter les recours et les débats. Personnellement, je ne souhaite pas avoir à m'exprimer sur le fond (c'est-à-dire à voter une délibération) avant qu'un vrai débat avec la population ait eu lieu. Pourquoi garder les choses secrètes ?

Pour info, nous avons demandé à pouvoir visiter le cloître pour nous faire une idée. Cette demande a été acceptée... les élus visiteront donc le cloître fin juin... une fois que tout sera voté ! Vous trouvez çà normal ?

J'attends avec intérêt vos commentaires et les remarques que vous inspire ce projet en écrivant un commentaire au pied de cet article. D'avance merci.

mercredi 22 avril 2015

DUP du centre des congrès : 2e lettre à M. le Préfet

Comme je l'avais dit dans mon intervention au conseil d'agglomération, j'ai répondu à M. le Préfet concernant son courrier du 19 mars 2015 répondant lui-même à notre demande de saisie du président du Tribunal administratif pour connaitre le nombre de mètres-carrés constructibles sur la presqu'île d'Albigny. Vous trouverez ce nouveau courrier ci-dessous ou en cliquant ICI


Denis Duperthuy
Conseiller communautaire d’Annecy
74000 Annecy

                                                             M. le Préfet de Haute Savoie
                                                             Préfecture
                                                             Rue du 30e Rgt d’infanterie
                                                             BP 2332
                                                             74034 Annecy Cedex

Objet : Réponse à votre courrier du 19/3/2015
                                                                                                                                                                                                                                  Annecy, le 08/04/2015

M. le Préfet,

J’accuse réception de votre courrier du 19/03/2015 et je vous en remercie. Visiblement, nous nous sommes mal fait comprendre sur le contenu de notre demande. Celle-ci ne porte nullement sur les recours actuels, nullement sur le fait de savoir si le secteur est urbanisé ou non, nullement sur la préconisation du SCOT qui prévoit la localisation d’un centre des congrès sur la presqu’île d’Albigny.

Notre demande se place tout au contraire dans l’hypothèse, qui est la vôtre, et qui considère ces points comme étant acquis. Elle porte uniquement, précisément dans cette hypothèse, sur le nombre de mètres carrés de surface de plancher alors légalement réalisables sur le terrain d’assiette du projet.
En effet, l’article 146-4 alinéa 2 du code de l’urbanisme, qui stipule que l’extension de l’urbanisation existante est limitée, s’applique pour tous les espaces proches du rivage, selon une jurisprudence constante que la zone soit urbanisée ou non. Cette jurisprudence n’admet qu’une extension de 10% maximum par rapport aux surfaces construites déjà existantes.

Je vous rappelle que, pour le site de l’ancien hôpital d’Annecy (Avenue des Trésums), c’est exactement dans ces conditions que votre prédécesseur, M. Carenco avait saisi (sur ce seul point du nombre de mètres carrés constructibles), pour avis préalable, le Tribunal Administratif de Grenoble. Cette institution avait alors répondu, alors que le classement en zone urbanisée et la constructibilité (au regard des documents d’urbanisme) étaient acquis, que l’on ne pouvait construire au maximum que 10% de plus que les 49 178 m² existants.

Il est clair que le projet actuel de centre des congrès porté par la communauté d’agglomération d’Annecy, tant pour l’emprise au sol que pour la surface de plancher, ne respecte absolument pas cette limite de 10% supplémentaires. En effet, selon mess informations, le bâti existant actuellement sur le terrain d’assiette représenterait une emprise au sol d’environ 1000 m² et pour la surface de plancher environ 2500 m² alors que le projet de centre des congrès représenterait une emprise au sol de 7000 m² et une surface de plancher de 9800 m² !

Il me semble essentiel que vous questionniez sur cet unique point, toutes les autres difficultés étant supposées résolues, le Tribunal Administratif afin qu’il nous dise clairement la règle. Cela d’autant plus que M. Rigaut, dans une interview publiée le 05 mars dernier par l’Essor Savoyard, laisse clairement entendre que vous allez signer la Déclaration d’Utilité Publique et que, dès votre signature obtenue, il fera en sorte que le centre des congrès soit réalisé avant que la juridiction administrative, si elle était saisie, n’ait le temps de se prononcer.

Je réitère solennellement la demande qui était la nôtre de vous voir questionner le Tribunal Administratif, toutes les autres difficultés étant supposées résolues, sur le seul point de connaitre le nombre de mètres carrés réalisables sur le terrain d’assiette du projet.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet de la Haute Savoie, l’expression de ma considération la plus haute.


                                                                                                          Denis Duperthuy

lundi 20 avril 2015

Valoriser notre patrimoine historique

J'aime l'Histoire, celle avec un grand H comme tout le monde, mais surtout celle des gens, de la réalité quotidienne. A ce propos, je vous conseille la lecture des Mystères de Paris d'Eugène Sue (enterré à Annecy), véritable histoire populaire du milieu du XIXe siècle. Les américains sont très forts dans ce style, en particulier l'Histoire populaire des Etats-Unis d'Howard Zinn.

J'ai donc profité de mon dimanche en famille pour visiter le château de Thorens (photos ci-dessous). J'avoue que je n'étais jamais rentré. Il est magnifique, à la fois bucolique dans sa vallée, mais avec un faste tout en retenue. J'adore ! Notre territoire, la Savoie, est riche d'un patrimoine historique important. Abbaye de Hautecombe, château de Miolans, forts de l'Esseillon, Montrottier, Château des Ducs, Château d'Annecy, etc...






Il faut d'abord saluer le travail réalisé par les propriétaires, souvent privés, pour entretenir ce patrimoine et l'ouvrir au public.

Pourtant, je trouve que notre patrimoine historique est trop peu valorisé, très méconnu. Les conseils départementaux, en particulier, (malgré les grands discours sur l'héritage du passé) semblent s'en détourner totalement.
Pourquoi cette indifférence alors que notre région compte un patrimoine et une histoire si riches ?

Je crois qu'il existe trois raisons majeures:
1) La méconnaissance de cette réalité historique. Dans la tête de bon nombre de gens, et de beaucoup de nos élus, la Savoie était une terre pauvre, ballottée de royaumes en royaumes, avant finalement d'être rattachée à la France en 1860. Les histoires des petits ramoneurs et autres clichés (ce qui ne signifie pas qu'il n'y ait pas un fond de vérité) ont forgé une image parfois déformée. Combien de fois n'ai-je pas entendu qu'avant d'être française la Savoie était italienne ? C'est évidemment faux, mais il est toujours difficile de continuer à raconter l'Histoire d'un pays qui a aujourd'hui disparu, comme auto-détruit pour forger le ciment d'une nouvelle Europe (l'éclatement du Royaume de Savoie-Piémont-Sardaigne est l'un des derniers bouleversements géopolitiques en Europe de l'Ouest puisqu'il permettra la création de l'Italie et la définition des frontières actuelles de la France). Il ne s'agit pas d'embellir cette histoire, mais il ne faut pas non plus la galvauder. Et si au moins les élus pouvaient ne pas commettre ce genre d'erreur historique...

2) L'enrichissement rapide lié aux sports d'hiver au cours du XXe siècle a comme "effacé" l’histoire d'avant. Celle de la paysannerie mais aussi celle des usines et du monde ouvrier notamment sur le bassin annécien. Pourtant, si la gauche notamment se souvenait parfois de ces réalités, cela lui éviterait de dire des bêtises sur un territoire immuablement à droite par exemple... (combien de députés de droite en Haute Savoie sous la IIIe République ?)

3) Le brassage de population n'est pas propice au maintien d'une mémoire verbale concernant l'histoire d'un territoire. L'Histoire des Comtes, puis Ducs de Savoie, ainsi que des princes de Piémont et rois de Sardaigne, histoire millénaire, est bien renseignée, comme souvent. Mais l'Histoire locale, celle qui est dans les têtes, pas dans les livres, s'efface peu à peu comme pour oublier les décennies parfois plus difficiles. Certes, des sociétés savantes, et il faut rendre hommage à leur travail très important, font un gros travail de mémoire. Mais cette histoire-là reste confidentielle, quand elle n'est pas réécrite par quelques révisionnistes. L'Histoire de notre territoire, au cœur de l'Europe, portier des Alpes, est une histoire de brassage de population. Ce territoire est fait depuis toujours de métissages, de mélanges. C'est ce qui fait sa richesse et son dynamisme économique.

L'histoire ne doit pas être réservée à quelques historiens, ni à quelques mouvements politiques trop souvent conservateurs. Elle appartient à tous les Savoyards qui doivent la retrouver et se l'approprier (faut-il un enseignement scolaire?). Non pas pour regarder en arrière, mais pour retrouver des racines et savoir d'où l'on vient et qui nous sommes. Après les années d'abondance liées aux sports d'hiver et à la croissance du tourisme, il s'agit d'accepter notre passé pour en faire un véritable atout pour l'avenir.

Le passé éclaire le présent. Savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va, cela évite de faire des erreurs. Au moment où l'on parle de réformes territoriales, de fusions, d'agglomération franco-genevoise, de sillon alpin,etc... ces réalités historiques, gravées dans l'inconscient collectif ressortent parce qu'on n'oublie jamais totalement son histoire même quand elle semble endormie.

Dans notre programme municipal, nous avions émis l'idée de mutualiser l'ensemble des musées (à vocation historique) de Savoie pour créer une sorte de grand musée savoisien décentralisé (musée de Chambéry, d'Annecy, St Jean de Maurienne, Conflans, Thonon, Chamonix, Bonneville...). Chaque lieu pourrait ainsi bénéficier des collections des autres (et les faire tourner) dans une même structure juridique, tout en développant en parallèle des thématiques plus locales : l'alpinisme à Chamonix, l'industrie (manufacturière, image, animation...) à Annecy... Il faut rendre notre offre patrimoniale plus lisible et plus visible. Voilà un enjeu fort pour notre tourisme et pour les habitants locaux. Avis aux conseils départementaux...

samedi 18 avril 2015

Logements à Vallin-Fier

Au conseil municipal de lundi 13 avril nous avions à nous prononcer sur le futur quartier Vallin-Fier. Je suis intervenu au nom du groupe pour justifier notre vote concernant la répartition des logements.


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Vous qui suivez ce blog, vous vous souvenez qu'en décembre dernier, une délibération sur ce thème était déjà venue devant le conseil. A la dernière minute, alors que j'avais préparé un document à projeter avec le vidéoprojecteur dans la salle du conseil pour étayer mon argumentation, le maire m'avait refusé l'utilisation des moyens techniques de la ville.

En décembre, il nous était proposé de construire 30% de logements sociaux (sur 1100 logements au total), 9% de logements intermédiaires et 61% de logements privés au prix du marché.

Lundi soir, après avoir présenté notre contre-proposition et avoir fait le nécessaire pour sensibiliser sur la question de la cherté du logement à Annecy en amont du conseil, la proposition qui nous a été faite était donc améliorée. On nous proposait 33% de logements sociaux (soit 33 logements de plus qu'en décembre), 27% de logements intermédiaires (200 de plus) et 40% d'accession libre. Comme quoi, quand on veut, on peut !

J'ai donc déposé un amendement (rejeté par la majorité) pour poursuivre sur la lancée . Nous demandons : 45% de logements sociaux, 32% de logements intermédiaires et 23% d'accession libre. On nous a répondu que ce n'était pas possible. Mais pour nous, cela reste une question de priorité politique.

Nous avons besoin de logements sociaux et intermédiaires pour répondre à la demande des classes moyennes et populaires. La demande de logements sociaux sur 1 an (en 2013, derniers chiffres connus) a progressé de +9% pour atteindre plus de 5 000 personnes inscrites sur liste d'attente (dont 1 500 demandes de mutations dans le parc HLM et 3 500 demandes nouvelles). Avec notre proposition nous pourrions donc répondre à 500 demandes soit 10% du total.

Qui sont ces demandeurs ? 70% des personnes habitent déjà Annecy et l'agglomération. Près de la moitié d'entre eux ont un CDI. Ce sont souvent des personnes seuls ou des familles monoparentales (64 % des demandes).
Pourquoi demandent-ils un logement social ? Ils sont pour l'instant hébergés chez des tiers (famille, parents...), leur logement est trop petit et trop cher.

Donc il s'agit d'Annéciens et d'habitants de l'agglomération (peu de nouveaux arrivants) qui habitent aujourd'hui dans le parc privé trop cher et parfois inadapté. Investir dans le logement social, c'est permettre à ces familles de se loger en payant un juste loyer, selon leurs revenus. C'est leur redonner du pouvoir d'achat et ainsi leur permettre de sortir de situations financières parfois difficiles. Ce pouvoir d'achat libéré viendra de plus irriguer l'économie locale.

C'est aussi offrir à des familles avec enfants, une chambre pour chacun, améliorer les conditions de vie et faciliter ainsi la réussite scolaire de tous. Faire du logement social ce n'est ni faire l’aumône (ces familles payent un loyer en fonction de leurs revenus) ni créer des ghettos (ces familles sont déjà là). C'est juste mettre en oeuvre le droit qu'à chacun de se loger sans se ruiner.

D'ailleurs, la loi prévoit 25% de logements sociaux d'ici à 2025. Pour atteindre cet objectif, nécessaire et juste, il faudrait selon l'étude du cabinet Sémaphores (mandaté par l'agglo) construire 60% de logements sociaux dans tout nouveau programme immobilier. Entre ces 60% préconisés et les 30% proposés par le maire, nous coupons la poire en deux et proposons 45%, sur des terrains municipaux, et dans un secteur qui reste l'un des derniers urbanisable avec une certaine ampleur.

Concernant le logement intermédiaire, pour les familles des classes moyennes, cette même étude préconise de diversifier l'offre de logements neufs en construisant moins cher, des logements autour de 3000€/m². Dans notre proposition nous ne faisons que reprendre notre promesse de campagne, qui était aussi celle du maire : faire 1/3 de logements intermédiaires. Tout en précisant qu'Anney n'a plus construit de tels logements depuis 2009... il est temps de s'y remettre.

Le logement et son coût est la préoccupation n°1 des Annéciens. Nous travaillons à Vallin-Fier sur des terrains appartenant à la ville, dernier lieu pour une opération immobilière d'ampleur qui nous permette de répondre aux besoins réels des familles (et aux exigences de la loi plutôt que de payer des amendes). C'est pourquoi, face au rejet de notre amendement, nous avons voté contre cette délibération.

jeudi 16 avril 2015

Fusion des 13 communes : l'hallali

Après de multiples exemples dont les plus "fameux" restent les Jeux Olympiques 2018, le stade de l'ETG à Seynod, et bientôt le projet de centre des congrès, voici que le maire d'Annecy est en train de  rater le projet de fusion des 13 communes de l'agglomération.

Il est aujourd'hui clair que la fusion des 13 communes n'est plus à l'ordre du jour que dans la tête de notre maire qui continue à chercher son "grand projet" pour laisser sa trace dans l'histoire d'Annecy. En effet, de nombreux maires des communes de l'agglo font clairement savoir qu'ils y sont opposés.


Quand on "foire"* autant de projets d'envergure, c'est plus qu'un concours de malchance, c'est un problème de méthode. Et ce problème est clair et s'appuie sur un double constat :
- l'autosuffisance de M. Rigaut qui croit qu'il peut décider de tout, tout seul, l'exemple du rappel à l'ordre de M. Monteil concernant la participation du Conseil Départemental au financement du centre des congrès en est l'illustration.
- la méfiance vis-à-vis des habitants (et de leurs élus) qui fait que la concertation n'existe pas.

Concernant le projet de fusion à 13, depuis le début je suis sceptique sur sa réalisation, alors que j'ai exprimé publiquement mon entrain et mon soutien pour un projet de fusion des communes urbaines (à 4 ou 5 avec Cran-Gevrier, Seynod, Meythet, Annecy-le-Vieux). Il faut parfois regarder la réalité en face et écouter les élus et les habitants des communes périurbaines. Leurs réalités ne sont pas identiques aux nôtres. Alors que nous parlons rénovation urbaine, ils parlent expansion de population, par exemple. C'est normal. Et il n'y a là ni chauvinisme de clocher, ni égoïsme. Nous sommes des urbains, ces choses peuvent peut-être nous échapper, mais il faut savoir écouter et entendre.

M. Rigaut n'a jamais réuni les présidents de l'ensemble des groupes du conseil municipal par exemple, pour dialoguer avec nous sur ce point et porter une parole unie des élus d'Annecy, nécessairement plus forte, comme il ne l'a jamais fait pour les JO2018. C'est que M. Rigaut ne sait pas travailler avec les autres et qu'il veut les honneurs pour lui tout seul en tenant les oppositions à distance (élus réfractaires, ou cityens). Il n'a jamais compris que nous étions aussi des représentants des habitants et que notre parole pouvait avoir un intérêt, même quand je lui tends la main pour cela. Car je suis convaincu que parfois, il faut savoir mettre nos différences de côté pour défendre ensemble l’intérêt supérieur de la ville.

L'échec annoncé de la fusion des 13 communes est aussi le fait du manque d'implication de la population. M. Rigaut pense que tout se décide depuis le château. Or, un projet de fusion doit d'abord être un projet de la population, porté par la population. Nous sommes mi-avril, la décision de fusionner doit être prise avant fin juin... La population, malgré l'annonce très tardive d'une consultation internet (pour laquelle les élus de gauche ont largement contribué à ce qu'elle se mette en place), a été tenue à l'écart. M. Rigaut a peur des citoyens, incapables selon lui de se faire une opinion sur un sujet si complexe. Pourtant, je reste persuadé que l'appui de la population était acquis et qu'il aurait pu être un formidable accélérateur.


Dans la conduite de projet, M. Rigaut a oublié que piloter ne signifie pas "qui m'aime me suive", que l'animation doit impliquer les élus ET la population, que la négociation nécessite le respect et l'écoute, que l'anticipation ne peut pas être uniquement basée sur une carotte financière aussi grosse soit-elle, et que l'organisation ne peut se décider seul avec quelques membres des cabinets.

Le plus dramatique au fond, c'est que M. Rigaut n'apprenne pas de ses erreurs passées et continue avec la même méthode qui échoue à chaque fois. C'est que ces convictions sont ancrées au plus profond de lui-même. M. Rigaut ne réalisera pas son grand projet pour rentrer dans l'histoire parce qu'il ne sait pas choisir ses alliés. Nous lui offrions une possibilité de dialogue et de travail, sincère mais exigeante pour Annecy, il a préféré l'accord facile avec M. Accoyer qui aujourd'hui sabre son projet de fusion à 13 communes et qui demain, si le besoin s'en fait sentir, n'hésitera pas à abandonner M. Rigaut en rase campagne au sujet du centre des congrès.

Mais M. Rigaut n'est pas la victime de ses amis, il les a choisi, par confort personnel. Est-ce cela être élu ? Choisir le confort ? Je ne le crois pas.

Vous aurez notamment compris que l'interview donnée mardi par M. Accoyer à la presse et dans laquelle il fixe ses "conditions" à la fusion marque, pour moi, un tournant. En cherchant à vendre comme seul projet politique à cette fusion la baisse des dépenses et donc des services publics, M. Accoyer enterre le projet de fusion à 13. Car ces conditions sont inacceptables. Nous ne nous lancerons pas dans une fusion de communes avec comme objectif premier, affiché et revendiqué, d'offrir moins de services aux Annéciens. Cette fusion doit être un plus, pas un moins.

Malheureusement, l'heure de sonner l'hallali de ce projet de fusion à 13 est venue.


* J'utilise le verbe "foirer" certes populaire mais qui regroupe bien dans mon esprit les deux sens du terme : 1) rater lamentablement, 2) faire du battage médiatique avec du vent (faire la foire).

mardi 14 avril 2015

DUP de la zone Montagny-Seynod

Au dernier conseil d'agglomération, il nous été demandé de voter le lancement de la Déclaration d'Utilité Publique (DUP) de la ZAC (Zone d'Aménagement Concertée) de Montagny-Seynod pour créer une zone d'activité économique intercommunale.

Cette zone située entre la sortie d'autoroute "Seynod Sud" et le Treige devait faire à l'origine 140 ha. Grâce à la mobilisation de beaucoup pour sauver les zones humides classées Natura 2000 ainsi que réduire l'impact sur les zones agricoles, cette zone a été réduite à 44 ha. Mais elle est dorénavant coupée en deux, une zone au nord et une autre au sud.

Je me suis opposé à cette délibération, comme je le fais depuis le début pour trois raisons.

- Concentrer la zone autour de la sortie d'autoroute et abandonner la partie Nord

D'abord, je suis parfaitement conscient que les entreprises locales ont besoin de nouvelles zones d'activités pour s'implanter. Le rôle des élus est d'accompagner cette demande, surtout à l'heure du chômage où tant de personnes sont au chômage. Mais il ne s'agit pas non plus de tout sacrifier à la demande économique. C'est pourquoi je suis convaincu que nous pouvons repenser le périmètre de cette ZAC en la concentrant autour de la partie Sud et de l'échangeur autoroutier. Il faut abandonner l'urbanisation sur la partie Nord. Je rappelle qu'au Sud, l'agglomération va également implanter des entreprises sur le terrain dit de la pilleuse qui se situe de l'autre côté de la route nationale (côté Semnoz) en face du rond-point de la sortie d'autoroute (ce terrain représente 11 ha plats).

Certes abandonner la partie nord, revient à abandonner 28 ha. Mais la pilleuse permet en partie de compenser cette perte. Je rappelle qu'au début du projet le terrain de la pilleuse devait accueillir l'anneau olympique, puis un stade de foot, donc pas de terrains pour les entreprises ce qui ne semblait poser aucun problème. En continuant à négocier avec les propriétaires fonciers autour de ces deux poches (partie sud + pilleuse) nous aurions pu retrouver une surface équivalente à la partie Nord.

Par ailleurs, je rappelle que j'avais demandé un audit des zones économiques déjà présentes sur l'agglomération (Vovray, Glaisins, Pont de Tasset...) pour regarder s'il n'était pas possible de les réhabiliter et de les densifier, épargnant ainsi de prendre de nouveaux hectares sur des terrains pour l'instant vierges. J'attends toujours...

- Compensation agricole : ZAC contre ZAP (Zone Agricole Protégée)

Les terres agricoles qui seront détruites par la création de la partie nord de la ZAC sont parmi les plus intéressantes pour le monde agricole. Je rappelle que l'agriculture, c'est aussi de l'économie et de l'emploi. C'est d'autant plus paradoxal d'urbaniser cette partie des terres agricoles et de tenir un discours pour la création d'une halle gourmande aux Haras pour valoriser les produits locaux du terroir... Bref, au force de copier le programme des autres, certains en perdent le fil conducteur et donc toute logique...

J'ai ainsi défendu le principe d'un juste accord gagnant-gagnant entre l'agglomération et les agriculteurs: ok pour une ZAC mais en contrepartie nous créons une ZAP, outil permettant de pérenniser sur le long terme les terres agricoles et donc d'offrir de la visibilité de long terme à nos agriculteurs. Les agriculteurs en ont rien à faire qu'on leur verse de l'argent pour compenser les pertes de terres agricoles, ils veulent que leur outil de travail soit garanti sur le long terme.

Contrairement à ce que répond le président de l'agglomération, il n'est pas besoin d'un PLU Intercommunal (que par ailleurs nous appelons fortement de nos vœux) pour créer une ZAP. L’agglomération ayant la compétence économique, elle peut parfaitement faire comme elle fait pour créer les ZAC : acheter des terres agricoles qu'elle "sanctuarise".

- Avis de la DREAL du 19/12/2014

Vous pouvez le retrouver à l'adresse suivante : http://www.rhone-alpes.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/DEC_avisG2014_1425_cle5e4363.pdf

Je crois que ces conclusions se passent de commentaires. On continue à faire des zones économiques sans transports en commun, comme dans les années 80 avec un étalement urbain qui n'est plus de mise. Je rappelle que le SCOT prévoit moins de 200 ha à urbaniser sur notre agglomération d'ici à 2030. Cette ZAC en consomme déjà 44... sans compter les infrastructures routières... le prix des logements a encore de beaux jours devant lui.

On me répondra qu'un manuel complémentaire a été envoyé à la DREAL pour répondre à ces objections et que le préfet a donné son accord. Certes. Mais personnellement, je m'appuie sur les documents officiels des autorités compétentes pour prendre mes décisions surtout quand ceux-là ont moins de 4 mois, pas sur de vagues discussions de couloirs.

Pour finir, il s'agit aussi d'un choix d'urbanisation. Personnellement, je ne suis pas favorable à la création d'une conurbation tout le long de l'autoroute entre Genève, Annecy, Aix, Chambéry, etc... Nous avons besoin de coupures végétales (naturelles ou agricoles) et ainsi marquer les passages d'une agglomération à l'autre.

dimanche 12 avril 2015

Mon intervention contre le centre des congrès à Albigny

Voici le texte de mon intervention lors du conseil d'agglomération de jeudi 09 avril, pour justifier mon vote CONTRE l'avant-projet proposé par MM. Accoyer et Rigaut. J'associe à cette intervention Claire Lepan. (à retrouver en cliquant ici: intervention) [merci à Didier Baillet pour le crédit photo]



"Cher(e)s collègues,

Voici plus de quatre ans, en novembre 2010, le président a fait voter une délibération pour lancer des études et un concours d’architectes en vue de la construction d’un nouveau centre des congrès sur la presqu’île d’Albigny. A l’époque, le discours était de dire : nous lançons les études, nous prendrons la décision finale plus tard, au moment de l’avant-projet définitif. Nous y sommes. Aujourd’hui, chacun de nous est face à ses responsabilités, face aux citoyens. Nous pouvons nous entêter dans un projet de plus en plus contesté et de plus en plus couteux, ou bien être raisonnable, à l’instar de la décision que vient de prendre par exemple le président UMP de Chartres Métropole en abandonnant le projet de centre d’expo qu’il portait et dont les coûts augmentaient fortement.

Il n’aura échappé à personne que depuis cette délibération de 2010, contre laquelle j’avais votée, je mène politiquement avec d’autres un combat difficile, parfois houleux mais toujours respectueux en ce qui me concerne, contre ce projet. Le combat est aussi mené par des associations et des citoyens que je veux ici saluer amicalement et remercier chaleureusement pour leurs actions et l’animation du débat démocratique qu’elles mènent avec constance et sérieux depuis des années. Les milliers de signatures récoltées par leur pétition, tout comme le résultat des dernières élections municipales à Annecy où 55% des habitants ont voté pour des équipes opposées à ce projet, atteste du rejet par de très nombreux citoyens de ce lieu d’implantation. C’est aussi face à ces citoyens que vous aurez à voter ce soir, et j’incite mes collègues de la commune d’Annecy à se rappeler cette réalité démocratique qui leur donne certes la majorité des sièges, mais pas la majorité des cœurs.

Personne n’est pour le statut quo sur la presqu’île. Tout le monde voit bien que les maisons actuellement présentes n’ont pas vocation à y rester. L’alternative n’est donc pas entre ce statut quo et le centre des congrès, mais entre le centre des congrès et l’ouverture de cette partie de la presqu’île au public par extension du parc Charles Bosson, dans un processus respectueux des propriétaires. Derrière cette alternative simple, parc ou béton, c’est un choix historique que nous devons faire ce soir. Voulons-nous poursuivre l’œuvre des anciens, notamment des maires d’Annecy, qui ont tout fait pour ouvrir les berges du lac au public ? Ou bien voulons-nous tourner le dos à cette histoire et entrer dans l’inconnu celui du règne du béton et du fric en bord de lac ? Il existe un lien absolu, vital entre les Annéciens et leur lac, il fait partie de leur ADN. Il est à eux tous et non pas uniquement à quelques congressistes, consommateurs de beaux paysages. Nous ne consommons pas le lac d’Annecy, nous le vivons, nous le respirons, il respire par chaque pore de notre peau. Les berges du lac sont le jardin que beaucoup d’habitants n’ont pas faute de moyens financiers. Il n’est qu’à se promener le dimanche en bord de lac pour s’en rendre compte.

Notre mission absolue est de poursuivre cette œuvre et de l’amplifier, pas de bétonner 10 000m² de rivage et de privatiser les bords du lac. Je souhaite avant d’étayer mon positionnement sur ce dossier dire quelques mots à l’adresse des architectes afin que mon propos ne porte aucune confusion. Mon intervention n’a aucun rapport avec votre travail et la qualité de l’architecture que vous nous proposez. Je connais votre réputation et elle plaide plutôt pour un regard bienveillant. Mais l’élu que je suis n’est pas là pour dire si telle ou telle architecture lui plait ou non. Je suis là pour penser et agir pour l’avenir, pour les générations futures. Et personnellement, je souhaite leur léguer un lac propre, libéré de toute construction sur ses rives.

Trois séries d’arguments font que je voterai contre la délibération de ce soir.

1) D’abord le non-respect de la loi littoral. Le projet qui nous est présenté propose de construire 10 000 m² de surface au sol, plus encore qu’annoncé après le concours d’architectes. Les habitations existantes forment un total d’environ 1 000 m². Vous nous proposez donc de multiplier par 10 le volume de béton. Cela, j’en suis convaincu n’est pas conforme à l’article 146-4 alinéa 2 du code de l’urbanisme.

Le président et le premier vice-président font une lecture très partiale de la loi. Pour eux, le qualificatif de « zone urbanisée » s’applique à la presqu’île. Ils ont raison. Pour autant, ce qualificatif n’exonère en rien du respect de la loi littoral qui s’applique aussi sur les zones déjà urbanisées, dont l’exigence d’une extension limitée de l’urbanisation. C’est ce que nous rappelle le courrier envoyé par le collectif de citoyens et que nous avons tous reçu. La jurisprudence donne aujourd’hui une application précise de la notion « d’extension limitée d’urbanisation » en entendant par là une extension maximale de 10% par rapport au bâti déjà existant, soit dans le cas présent environ 2500 m² de surface de plancher et une emprise au sol de 1000 m². C’est ce que nous rappellent les jugements de la Cour Administrative d’Appel de Marseille du 18/03/10 concernant le MuCEM, la CAA de Nantes dans son jugement du 9 mars 2012 concernant une société immobilière ou bien encore les arrêts du conseil d’Etat des 27 septembre 1999, et du 05 avril 2006, pour ne citer que quelques exemples.

C’est aussi ce qu’avait répondu en 2006 le tribunal administratif à la ville d’Annecy lorsque son maire, Bernard Bosson, l’avait saisi au sujet de la constructibilité sur le tènement de l’ancien hôpital. D’ailleurs, le projet de Crédit Agricole Immobilier respecte scrupuleusement cette donnée en étendant légèrement la surface au sol de ses immeubles par rapport au bâti de l’ancien hôpital et de ses annexes. Le projet n’a d’ailleurs jamais été attaqué sur ce point car chacun savait qu’il était conforme à la loi littoral. Il est dommage que l’agglomération n’ait pas eu l’idée de faire une telle demande préalable au TA pour qu’il nous éclaire sur la constructibilité maximale sur la presqu’île au regard de la loi littoral. C’est pourquoi à trois conseillers d’agglomération, nous avons pris l’initiative d’écrire directement au Préfet qui nous a répondu. Mais il apparait que nous nous sommes peut-être mal exprimés car il ne répond pas à notre question. Il ne s’agit pas d’avoir des nouvelles sur les recours juridiques actuellement en cours, recours qui de mon point de vue sont parfaitement légitimes et fondés et ont toutes les chances, je l’espère, d’aboutir. Et je remercie encore les associations pour le travail juridique qu’elles mènent sur ce volet là aussi. 

Il s’agit, dans notre courrier, de se placer dans votre hypothèse qui considère comme validés tous les documents d’urbanisme votés (SCOT, PLU, etc…) et d’avoir une réponse à la question suivante : monsieur le président du TA pouvez-vous nous dire combien de mètres carrés peuvent être construits sur la presqu’île d’Albigny ? Afin de clarifier notre demande nous avons écrit de nouveau au préfet. D’ailleurs, j’invite d’autres élus à nous rejoindre sur cette procédure de bon sens qui éviterait de nous lancer dans un projet irréalisable et dans des dépenses publiques totalement inutiles. Car le projet présenté de 10 000 m² est, au regard de la loi littoral, bien trop grand. Le pied est bien trop grand pour la chaussure, et nul doute que le tribunal cassera le projet que vous présentez ce soir. Je suis parfaitement confiant et serein sur ce point, alors pourquoi continuer à s’entêter, à perdre du temps et de l’argent public ?

2) Deuxième point : les coûts. Il y a d’abord le coût de l’investissement qui sera supporté en intégralité et sans remboursements futurs, sans loyers, par la collectivité et les finances de l’agglomération seule. Je rappelle qu’aucun investisseur privé n’a voulu se jeter à l’eau. J’ai lu, Monsieur le Président, vos interviews aux journaux locaux et partout il transpire cette différence assez hallucinante que vous faites entre argent public et argent privé. J’avoue ne pas m’être encore remis de la légèreté avec laquelle vous semblez jouer avec l’argent du contribuable en lui faisant prendre des risques inconsidérés. 

Cette légèreté, sinon cette incompétence, saute aujourd’hui aux yeux de tous. Alors que pendant des années vous avez juré, dans tous les média, vous avez promis à tous les citoyens que le coût global ne dépasserait pas 37 M€ + 10 M€ d’acquisitions foncières voici qu’aujourd’hui vous proposez une hausse de 20% du coût de la construction, soit + 6.5 M€. Cette hausse, pour nous faire une idée, représente l’équivalent de 4 années de subventions de la C2A au logement aidé, ou bien est quasi égale au cout d’acquisition du Haras par la ville d’Annecy, ou bien encore à la valorisation de l’actuel terrain Balleydier. Ce n’est pas une paille ! Vous reconnaissez piteusement un amalgame, vous auriez dû dire une erreur de chiffrage et une erreur répétée pendant des années cela s’appelle une faute ! C’est dire si visiblement vous ne maitrisez pas vos dossiers et restez sourd depuis des années aux alertes lancées par l’opposition, droit dans vos bottes comme vous dites. 

Mais la réalité c’est que c’est nous qui avions raison : les coûts vont exploser et ce n’est que le début. Un exemple ? Le stationnement. Le projet ne comporte aucun stationnement. Je sais que pour vous, les congressistes vont tous venir en train, en avion, en hélicoptère, en bateau, à la nage, en taxi, en vélo, à cheval ou à dos d’âne. Pourtant, M. le maire d’Annecy, lors d’une réunion publique qui a eu lieu dans le quartier du Parmelan, vous avez évoqué l’hypothèse d’un plan B : la construction d’un parking silo aérien sur le terrain devant les locaux de l’ONF, avenue de France. Chacun appréciera au passage le comique de la situation. L’Office National de la Foret dont la mission est la préservation du patrimoine arboricole de nos territoires, complice d’un saccage d’arbres magnifiques sur la presqu’île d’Albigny. Il fallait oser avoir cette idée, vous l’avez eu ! Chapeau ! Mais qui va payer ? Et combien cela va-t-il coûter en plus ?

Mais le plus surprenant est de relire les échanges du conseil d’agglomération en 2006 au moment du vote du choix du terrain Balleydier pour construire le nouveau centre des congrès. Je rappelle au passage que la ville d’Annecy, contrairement à celle d’Annecy-le-Vieux aujourd’hui, mettait à l’époque le terrain gratuitement à la disposition de l’agglomération. Des conseillers d’agglomération d’Annecy-le-Vieux et parmi eux son maire, s’étaient élevés pour exiger que l’agglomération ne mette pas plus de 6.5 M€ dans ce nouveau projet. Aujourd’hui nous en sommes à 54 M€ au bas mot et je n’entends plus les cris en provenance de la colline. La cohérence n’est visiblement pas la qualité première de ces élus. Et les surprises financières ne sont certainement pas terminées. A ce rythme on finira à 80 M€ et on aura les hausses d’impôts inévitables pour couvrir ces dépenses somptuaires.

Sur le budget de fonctionnement, j’avais posé, il y a plusieurs années plus de 40 questions sur le business plan prévisionnel, tirées en partie du guide de France Congrès sur les questions à se poser avant de se lancer dans la construction d’un nouveau centre des congrès. Pas de réponse. Or, tous les centres des congrès de France sont déficitaires à quelques très rares exceptions près, y compris d’ailleurs celui qui est le nôtre à l’Impérial. Le marché des congrès est en baisse régulière. C’est donc dans un marché en déclin et de plus en plus concurrentiel que vous nous proposez d’investir tout notre argent, pour prendre le relais au cas où d’autres secteurs d’activités comme l’industrie venaient à s’essouffler. C’est du moins un argument largement ressassé par M. le premier vice-président mais que j’avoue avoir du mal à comprendre aux vues de la réalité économique du secteur des congrès.

Vous me rétorquerez vos fameux (et fumeux) 900 emplois induits, calculés au doigt mouillé ou à l’aide d’une boule de cristal. Je doute très fortement de ce chiffre comme beaucoup dans cette salle. Les cabinets d’experts disent ce qu’ils veulent pour habiller telle ou telle position politique. De toute façon, ils ne sont pas redevables si leurs prévisions s’avéraient fausses sinon je pense qu’ils seraient plus regardant sur les chiffres qu’ils avancent. En tous cas à près de 3000€/an la subvention à l’emploi induit c’est cher payé. Comment arrive-t-on à calcul ? C’est simple. Le remboursement du crédit pour réaliser le centre des congrès sera d’au moins 2.7 M€/an que je divise par 900 emplois. C’est donc une économie sous perfusion, totalement aidée par l’argent public et l’impôt que vous nous proposez. Personnellement, je me fais simplement deux remarques. La première est que je suis convaincu qu’avec d’autres projets économiques, pour les entreprises, nous pourrions créer, avec la même somme, beaucoup plus d’emplois. La seconde est : Comment allons-nous loger tous ces travailleurs précaires, saisonniers du tourisme d’affaire une fois que nous aurons engouffré tout notre argent dans un centre des congrès vide la moitié de l’année où seule brillera vraisemblablement l’enseigne lumineuse : Centre des congrès Accoyer-Rigaut flattant ainsi l’égo de nos deux élus ?

3) Mon troisième et dernier point concerne l’éloignement par rapport au centre-ville d’Annecy, à ses lieux touristiques, cafés, restaurants, terrasses… A l’origine, le choix du terrain Balleydier, en bordure de cette zone touristique, était une contrepartie à l’ouverture des centres commerciaux de Val-Semnoz et de l’Arcaloz, construits en plus du Grand Epagny. Pour faire face à cette concurrence nouvelle, il s’agissait de construire un équipement pour favoriser l’activité commerçante à Annecy, dans un tourisme 4 saisons en donnant du travail en période creuse. D’ailleurs, cette analyse de bon sens avait été inscrite dans l’ancien SCOT qui retenait le centre-ville d’Annecy comme un « espace commercial à valoriser ». Le nouveau SCOT, que je n’ai pas voté, par un tour de passe-passe dessine dorénavant un gros cœur d’agglomération qui, comme par hasard, inclut la presqu’île.

En éloignant le centre des congrès de la vieille-ville, on lui retire tout son effet d’entrainement sur l’économie locale. Les congressistes, comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui, n’iront pas manger à midi en vieille ville mais dans le restaurant prévu à l’intérieur du projet pour justement combler ce vide. Les congressistes ne feront pas les magasins et ils ne prendront pas de cafés en terrasses avant de reprendre leurs travaux… En réalité le risque est grand de voir se développer un nouveau centre commercial à proximité de la presqu’ile, concurrent de la vieille ville. Au lieu de renforcer le tissu économique et commercial existant, le choix de la presqu’ile l’affaiblit.

Pour ces trois raisons, je voterai comme je l’ai toujours fait depuis 4 ans avec constance et courage, contre la délibération qui nous est proposée et je vous invite tous à en faire autant. Ce projet, à cet endroit, est mauvais pour Annecy et son agglomération, pour son lac, ses habitants, ses finances et son économie. Nous avons la responsabilité d’agir pour le bien commun, celui des générations actuelles et futures. Soyons à la hauteur de l’attente des citoyens, sachez chers collègues être courageux et dire non à vos chefs qui vous envoient, et nous tous avec vous, droit dans le mur. Par expérience, je peux vous dire que le courage de dire non à des logiques politiciennes pour favoriser le bien commun apporte un bonheur infini. Nous sommes ici pour défendre le bien commun, c’est le mandat que les électeurs nous ont confié.

Je vous remercie."



vendredi 10 avril 2015

Fondation Salomon aux Haras d'Annecy

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Dans son édition du samedi 4 avril, le Dauphiné annonçait l'installation future de la fondation Salomon dans un des bâtiments des Haras.

Nous souhaitons exprimer notre joie et notre encouragement vis-à-vis de ce projet. En effet, nous connaissons le travail formidable fait par la fondation Salomon sur notre territoire depuis des années pour faire connaitre et comprendre l'art contemporain à un large public. Le bassin annécien peut s'enorgueillir d'avoir des passionnés aussi sérieux et dévoués comme le sont les membres de la fondation et en particulier M. Salomon lui-même. C'est donc avec un très grand plaisir que nous avons appris, par votre journal, ce projet que nous soutenons et tenons à encourager. L'implantation d'une fondation d'art contemporain aux Haras sera un véritable plus pour tous les Annéciens, pour le tourisme et pour la culture sur notre bassin de vie. L'éducation à l'art contemporain, notamment en direction des scolaires, pourra ainsi être largement développée sur Annecy.

Néanmoins, cette annonce nous a également surpris. En effet, lors de la dernière campagne électorale de 2014 pour les élections municipales, notre équipe portait un projet de "musée d'art contemporain" (p.19 de notre programme). Cette proposition nous avait valu les railleries de la majorité sortante, qui d'ailleurs ne dit rien d'un tel projet dans son propre document de campagne. Il semble que notre idée d'hier ait finalement fait du chemin dans la tête de nos collègues majoritaires et qu'elle se soit avérée être une bonne idée.



Oui, nous souhaitions implanter ce musée sur le terrain de l'ancienne chaufferie de Novel (où va être construite la nouvelle cuisine centrale) afin de jouer pleinement la complémentarité avec l'Arteppes et la MJC des Teppes dont la mission de centralité est justement la médiation vers l'art contemporain. L'implantation d'un tel musée, dans un quartier d'habitation et en proximité des MJC, aurait offert de nombreux avantages en termes de complémentarités mais aussi de nouveaux locaux pour les MJC (qui en manquent) et les habitants.
A défaut de ce projet, nous souhaitons qu' une véritable coopération et mutualisation entre la fondation Salomon et la MJC des Teppes puisse se mettre en place. 

C'est avec une très grande joie que nous voyons notre projet de 2014 être pillé par la majorité (qui hier le gaussait). Après la halle gourmande, voici venu le temps d'un espace pour l'art contemporain : deux projets que nous avons portés devant les Annéciens et qui sont aujourd'hui repris par une majorité en manque d'inspiration. 

A ce rythme, les Haras seront bientôt conformes au projet que nous défendions pour Annecy (il manque tout de même l'école du cirque et la maison des associations, mais on y croit). Nous nous en réjouissons pour les Annéciens.

mercredi 8 avril 2015

Trahir la démocratie

J'ai reçu hier (mardi) à midi l'enveloppe contenant l'ordre du jour du conseil d'agglomération de demain soir.

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2 jours à peine, voila le temps que l'on a, nous élus, pour préparer un conseil dense et important. C'est intolérable, plein de mépris pour les élus, pour nos familles (on ne vit plus) et pour les citoyens. A moins de ne pas lire les textes proposés... (ce que font beaucoup d'élus).

A ce conseil d'agglomération nous aurons droit à:
- compte administratif (220 pages de chiffres)
- budget supplémentaire (144 pages de chiffres)
- tarifs (plusieurs pages)
- vote de la DUP de la Zone de Montagny-les-lanches (dont l'étude d'impact avec annexes fait 474 pages)
- vote de la DUP du centre des congrès (dossier de DUP : 163 pages + étude d'impact environnemental de 517 pages)

Je passe le reste, cela fait donc 1518 pages à lire en deux jours !!!! De qui se moque-t-on ? En supposant que je lise une page à la minute, il me faudrait donc 26 heures pour tout lire sans lever le nez de mes feuilles ni pour manger, ni pour dormir, ni pour aller aux toilettes... (et je n'ai pas dit "travailler" c'est à dire annoter, souligner, etc...)

Ces manières de faire sont une trahison de la démocratie. Elles visent à passer les dossiers en force en jouant sur l'incapacité des élus à travailler sereinement leurs argumentaires. Personnellement, je l'avoue, je ne lirai pas tout cela. Pourquoi ne pas nous avoir transmis les dossiers de DUP 3 semaines plus tôt, sinon pour éviter que les élus fassent leur travail en profondeur ?

Ce cynisme ne m'inspire que du dégoût.


lundi 6 avril 2015

Discutons du contrat de travail unique


Voilà un marronnier qui revient régulièrement sur le devant de la scène : celui de la fusion des Contrats à Durée Déterminée (CDD) et des Contrats à Durée Indéterminée (CDI).

Au risque de choquer, je pense que cette question est légitime et que, en tant que progressiste, il faut pouvoir regarder la réalité en face et aménager notre droit aux réalités actuelles. Or, que remarque-t-on ?

Près de 80% des embauches se font en CDD. Le CDI n'est plus la norme, il est devenu l'exception. Les jeunes restent en CDD de plus en plus longtemps, dans une précarité intolérable et préjudiciable socialement (logement, achat de voiture, santé...).

Par ailleurs, le CDI n'est plus aussi protecteur que certains le croient. Avec l'instauration des "Ruptures conventionnelles" (accord à l'amiable), le nombre de licenciements par rupture conventionnelles a bondi. Certes, les ruptures doivent être agréées, mais rien de plus facile que de dégoûter un salarié dont on veut se débarrasser et le faire craquer en le faisant signer une rupture. Paradoxalement, le CDD est plus protecteur et plus rémunérateur pour le salarié (sortir d'un CDD est très compliqué et les indemnités de précarité bien plus élevées). Ce paradoxe (sécurité sur une courte période avec le CDD vs longue période mais une sécurité menacée) doit interroger mais pour cela il faut sortir de ce que prévoient les textes pour regarder la réalité dans les yeux.

La multiplication des stages, de l'intérim, de l'usage et de l'allongement des périodes d'essai, de la multiplication des CDD pour "tester" un futur salarié à embaucher doivent également nous questionner.

En ce sens, instaurer un contrat de travail unique dont les droits des salariés augmentent avec la durée de maintien dans l'entreprise me semble une idée à creuser. On pourrait ainsi, de façon régulière (tout mois travaillé), accroître les protections des salariés avant d'atteindre une protection maximale au bout de x (4?) années pour le salarié. Cette période permet à l'entreprise de se faire une idée sur son salarié et son activité tout en sécurisant le salarié. Je pense ici aux difficultés pour les PME à prendre une décision sur l'embauche d'un nouveau salarié et aux tracasseries administratives lorsque l'on commence par un voire deux CDD après parfois de l'intérim, puis un CDI...

Bien sûr, cette mesure doit être accompagnée de sanctions financières pour les entreprises qui abuseraient. Il faudra aussi un jour mettre sur la table la question de l'accompagnement des chômeurs dans une optique de flexisécurité pour continuer à protéger les individus du risque du chômage.

Personnellement, je pense qu'hier n'est pas forcément toujours mieux. Qu'il faut reprendre la route du progrès social qui soit synonyme de progrès pour les entreprises ET les salariés. C'est possible et c'est éminemment souhaitable. Je ne parle pas des propositions du contrat unique portées par le MEDEF, elles sont absurdes. Je n'ai jamais cru que la facilité de licencier était un moteur à l'embauche. Des dizaines d'études économiques montrent d'ailleurs l'inverse.

Non, il faut une nouvelle étape dans le progrès social pour tous en regardant la réalité, notamment de la précarité (qui frappe notamment la jeunesse), en face et ne pas se contenter de la théorie (les textes juridiques). Cela mérite une discussion, je le crois.

samedi 4 avril 2015

Centre des congrès: exemple d'un élu responsable à Chartres Métropole

Je ne reviendrai pas sur l'interview de M. Rigaut de ce jour dans le dauphiné. On n'y apprend rien de nouveau, sinon que "les leçons ça commence à bien faire" lorsque l'on parle d'argent public... Les contribuables apprécieront ! Aurais-je été un élu responsable si je n'avais relevé l'explosion de 20% du coût ? M. Rigaut méprise l'opposition et "reste droit dans ses bottes". Parfait, moi aussi !



Je voulais simplement vous signaler l'exemple d'un élu (de droite, UMP) responsable, à Chartres Metropole. Le journal l'Echo Républicain (équivalent pour Chartres de notre Dauphiné) publiait hier le texte suivant : http://www.lechorepublicain.fr/eure-et-loir/actualite/2015/04/03/budget-trop-eleve-le-futur-chartrexpo-stoppe-en-plein-vol_11390754.html

La concordance des temps fait parfois bien les choses. M. Gorges avait lancé un concours d'architecte pour la réalisation d'un centre d'expositions et de congrès à Chartres Métropole pour un coût global de 30 M€ (au passage chacun pourra remarquer que c'est là le coût d'un centre qui n'est pas en bord de lac... alors 37 M€ pour le nôtre vous voyez la crédibilité). Les études ont été menées qui amènent à revoir le coût à 40 M€ (ca ne vous rappelle rien ?). Le président, responsable et tenant lui sa parole devant les citoyens vient de stopper la procédure. Il relance un concours d'architecte pour moins cher ! 

Voilà l'exemple d'un élu responsable, crédible, qui tient parole et qui est courageux. Cet exemple devrait largement inspirer nos édiles locaux... Ah mais non, c'est vrai, ils n'ont à se justifier qu'après la prochaine hausse des couts.... puis la prochaine... puis la prochaine...

jeudi 2 avril 2015

Centre des congrès: 10 millions du conseil départemental ?

Hier soir, j'étais en commission des finances de l'agglomération.

Alors que l'agglomération a du mal à boucler ses budgets face à la diminution des dotations de l'Etat, j'ai posé la question suivante : "Comment allons-nous trouver encore 7 millions de plus pour un centre des congrès que je juge mal positionné?"

Levée de boucliers de la part des élus UMP, particulièrement d'Annecy-le-Vieux (les mêmes qui demandent de réduire tous les budgets de 5%), l'investissement ne serait pas pareil que le fonctionnement. C'est vrai, sauf que 44 millions d'euros empruntés sur 30 ans à 2% cela représente un remboursement annuel de 2 millions d'euros (et un coût global de 14.5 M€).

Quand on sait que l'excédent de fonctionnement dégagé en 2014 est aux alentours de ces 2 Millions d'euros, on se demande comment on pourra encore s'en sortir après la construction de ce potentiel centre des congrès.


Ils ont alors sorti la botte secrète : le Conseil Départemental a promis 10 à 12 millions d'euros d'aide... J'ai immédiatement répondu que rien n'était encore voté et qu'en l'espèce il valait mieux attendre le choix des élus de l'assemblée départementale. Mais M. Rigaut prenant ses désirs pour des réalités voyait déjà le chèque arriver sur le bureau de la C2A. M. Monteil vient de lui répondre sur le site du Dauphiné libéré:
http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2015/04/02/l-election-en-direct-du-president-du-conseil-departemental

11h35 :
Christian Monteil : "Les 10 à 11 millions du conseil départemental annoncés par Jean-Luc Rigaut pour le centre de congrès n'ont pas été votés." A mi-voix, le président réélu ajoute même : "Il est un peu gonflé..."

Un peu gonflé ? Non, surtout trop pressé. M. Rigaut oublie que la démocratie oblige à respecter certaines procédures et certains partenaires. Qu'il faut parfois ne pas prendre ses rêves pour des réalités...

Au passage, félicitations à M. Monteil pour sa réélection.