jeudi 26 février 2015

Transports au bord du lac : l'espoir renaît !

J'ai assisté hier soir à la réunion publique organisée par l'UDESR 74 sur la réforme territoriale avec la participation du député d'Ardèche, rapporteur du texte : Olivier Dussopt. Je veux d'abord remercier Olivier pour la qualité de son exposé, la pédagogie qu'il a mis, le sérieux de ses arguments et surtout l'honnêteté de son ton. Personnellement, j'ai toujours apprécié cette manière posée, sérieuse et intelligente de faire de la politique avec du fond et de idées, sans cacher ni les limites, ni les difficultés. Je remercie aussi les organisateurs pour leur accueil toujours sympathique.

Au détour d'une question concernant la répartition des compétences entre Région et Département, l'espoir a refait surface concernant de vrais transports en commun efficaces sur les bords du lac d'Annecy. En effet, la réforme territoriale prévoit une séparation claire des compétences exclusives entre le Département et la Région.
Le Département gardera la compétence des routes et des infrastructures routières. Par contre, la Région récupère seule, la compétence Transports (interurbains donc Lihsa chez nous, et scolaires).

Qu'est-ce que cela signifie sur les bords du lac en direction de Faverges ? Vous savez que le conseil général (qui jusque là avait les deux compétences : voirie et transports interurbains) a décidé de lancer une double DUP (déclaration d'utilité publique) pour le tunnel sous le Semnoz (compétence voirie) et pour le BHNS (compétence transports).

En séparant les compétences et en confiant la compétence "Mobilité, Transports" à la Région, le parlement ouvre une brèche dans cette mauvaise DUP que j'ai combattue. Si la DUP est attaquée en justice (ce que je souhaite car elle fait le mélange de la carpe et du lapin ce qui est plus que limite niveau juridique) et qu'elle tombe, certes le département pourra relancer son projet de tunnel (inutile et coûteux). Mais les transports en commun reviendront à la Région.

Et j'ai alors bon espoir que l'on puisse rebattre les cartes car le projet actuel de BHNS n'est pas la meilleure solution, loin de là, comme je l'ai déjà dit bien souvent. Pourquoi ? Parce que ce projet prévoit moins de la moitié du trajet Annecy/St Jorioz en site propre, c'est-à-dire en dehors de la circulation automobile. 20% de ce trajet se fera même au beau milieu des files de voitures ! Avec cela, impossible de planifier des rotations performantes, avec des horaires respectables, puisqu'ils seront en partie soumis au trafic routier et aux bouchons.
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Si on veut un vrai transport en commun performant, il faut absolument qu'il soit ENTIEREMENT séparé du trafic routier. C'est pourquoi je continue à défendre un itinéraire qui longe la piste cyclable actuelle et non pas un itinéraire en relation avec la Route Départementale. On pourrait alors se reposer aussi la question du mode de transports en commun lui-même grâce à une étude comparative (que j'ai là aussi demandée à maintes reprises) sur les avantages et les inconvénients de tel ou tel moyen de transports (BHNS, tramway, "montagnes russes", trolleybus...).

L'espoir c'est que les élus de la Région (en cas de rejet de la DUP par la justice) soient moins bornés que les élus du département et de l'agglomération et acceptent enfin de regarder les choses objectivement et sérieusement. Et alors, ils verront que l'itinéraire retenu n'est pas le bon, qu'il doit être revu pour le séparer totalement du flux automobile et offrir ainsi une qualité de service qui ne dépende pas des bouchons automobiles. C'est à ce prix qu'on passera enfin de la vision des transports en commun du XXe siècle (des transports réservés à ceux qui ne peuvent pas faire autrement et qui ont le temps d'attendre : personnes âgées et scolaires) à une vision des transports en commun du XXIe siècle (des transports pour tous et d'abord pour les actifs qui n'ont pas le temps d'attendre).

Le combat n'est pas fini ! Je m'en réjouis parce que c'est l'avenir des bords du lac, la préservation de notre cadre de vie qui se joue pour le siècle qui a commencé !

mardi 24 février 2015

Fusion des communes : avec moi ou contre moi

Je viens de lire le nouveau texte que M. Rigaut a publié sur son blog, en grande partie en réaction à mes interrogations concernant l'endettement par habitant.

Je m'estime flatté que le maire, président de l'agglomération (et autre cumul de fonctions), tellement pris par ses mandats (grassement payés), prenne le temps de répondre à cet argument. Ce qui prouve qu'il a beaucoup appris en politique, au point de devenir le polémiste politicien qu'il dénonce (effet miroir?) chez les autres.

Car son argumentaire a de quoi déconcerter. Et question de prendre les gens pour des c... il se pose largement là ! Faire croire qu'avec la fusion de communes, les impôts des Annéciens vont baisser, c'est comment dire... stupide et irresponsable. Cela reviendrait à dire que les Annéciens auraient plus, en payant moins. On sait JL Rigaut, prompt au populisme le plus basique et aux arguments les plus fumeux (vous voulez la liste ? JO 2018, tram-train, centre des congrès...) mais là il faut quand même oser ! J'en mets ma main à couper que celà n'arrivera pas à moins de démolir les services publics.

Quant aux airs de professeur donneur de leçon, un brin méprisant, que prend M. Rigaut pour nous expliquer qu'il faudrait être "sérieux" (interdiction de rire de la part de celui qui raconte des sornettes aux Annéciens depuis des années, dernier exemple en date : les impôts n'augmenteraient pas pour financer le tunnel sous le Semnoz ou le centre des congrès!) quand on parle de fusion.

Comprenez : soit vous êtes d'accord avec lui (et alors vous êtes sérieux puisque c'est LUI qui a raison et tous les autres sont des c...) soit vous osez poser des questions et alors vous êtes dans la "posture politicienne égoïste" (de nouveau défense de rire, c'est presque un compliment de la part de celui qui ne fait que ça avec son copain Accoyer).

Nous sortons du 11 janvier et des attentats de Paris. Le pays a besoin de se rassembler et de débats apaisés. Au lieu de quoi M. Rigaut ne répond jamais sur le fond, fait croire des sornettes aux Annéciens et méprise ses minorités. Ces postures de "monsieur je sais tout et les autres sont des c... " ne grandissent pas la démocratie ni le débat légitime en politique. 

Il est de bon ton pour M. Rigaut de faire la morale aux autres, de s'émouvoir sur telle ou telle tribune municipale et de prendre des airs indignés. C'est vrai que ça ne mange pas de pain ! Mais avec ce genre de comportement méprisant, on se demande parfois qui fait le plus de mal à la démocratie...

Car le débat politique doit être un débat serein et sérieux. Je ne défends aucun "intérêt personnel", car vous qui me suivez, vous savez bien que je suis plutôt favorable à cette fusion. Mais je crois que ce n'est pas en attaquant ses adversaires avec des arguments si petits comme le fait M. Rigaut qu'on fait avancer le débat. Or il doit y avoir débat avec la population sur tous les points. Les uns avancent la question des impôts, moi j'avance celle de l'endettement. Est-elle moins légitime ? Je ne le crois pas. A moins que M. Rigaut, tellement soumis à M. Accoyer, en soit arrivé à sacrifier les Annéciens eux-mêmes sur l'autel de son ambition politique personnelle pour ne pas voir les enjeux qui se posent à eux.

Et pour finir, oui des fois ça fait du bien de dire que j'en ai marre de ce manque de respect (c'est vrai pour moi, mais aussi pour beaucoup d'Annéciens qui me le disent) qui caractérise tellement la relation qu'entretient M. Rigaut avec ses minorités. Que j'en ai marre de passer des heures au service de la population (car on ne ménage pas notre peine, quasi-bénévolement, avec les moyens qui sotn les nôtres) pour entendre ce genre de mépris ! On ne peut ne pas être d'accord,c'est même légitime entre droite et gauche, mais j'aimerais que le respect soit toujours là.

Ne dit-on pas que l'invective et le mépris sont les armes des faibles ?

dimanche 22 février 2015

Réunion publique sur la fusion de communes

L'Union Départementales des Elus Socialistes et Républicains de Haute Savoie organise une réunion publique de présentation de la loi NOTRe ( portant sur la Nouvelle Organisation Territoriale de la République) avec Olivier DUSSOPT, Député de l'Ardèche en intervenant.

Mercredi 25 Fevrier à 19h salle Eugène Verdun (Bonlieu)

Olivier DUSSOPT, rapporteur de la loi NOTRe fera part des dernières avancées apportées au texte (nous serons au sortir de la seconde lecture à l'Assemblée Nationale du texte de loi) et expliquera son articulation.

Olivier DUSSOPT co-auteur de la proposition de loi visant à améliorer le régime de la commune nouvelle expliquera le principe et les modalités de fusion des communes pour création d'une Commune nouvelle, question d'actualité notamment sur le bassin annécien.

Je serai présent à cette réunion et invite tous ceux que cela intéresse à venir pour poser toutes les questions utiles, notamment sur les fusions de communes. Cette réunion est ouverte à toutes les sensibilités politiques.

Olivier Dussopt, jeune député-maire d'Ardèche, est un élu dont j'apprécie le travail pour son sérieux, son audace et ses convictions. C'est un réel plaisir et honneur de l'accueillir dans notre ville.

vendredi 20 février 2015

Pour un musée international du cinéma d'animation

Hier, le président du conseil régional, Jean-Jack Queyranne et le préfet de région sont venus signer le contrat plan Etat-Région pour le département. Au total, ce sont 470 millions d'euros d'investissements pour notre département qui seront injectés d'ici à 2020 sur des projets structurants.

Je me réjouis d'abord du montant élevé de cette enveloppe, signe que la région soutient plus que jamais notre département et l'accompagne largement dans la construction de son avenir. La Haute Savoie n'est certes pas un département de gauche, mais la gauche régionale n'abandonne pas notre département !

Il faut aussi saluer les choix retenus : d'abord et avant tout l'accent mis sur les transports en commun et pour Annecy la modernisation de la ligne Annecy-Aix indispensable (j'attends avec impatience la récupération politicienne de notre maire et de M. Accoyer sur ce point...). Au passage je salue le choix responsable et écologique fait par les autorités de ne pas participer au financement du tunnel sous le Semnoz pour mettre l'accent sur les transports alternatifs (je rappelle que le BHNS a été sélectionné par le ministère pour bénéficier de financements).

On notera également l'absence de financements pour le nouveau centre des congrès. Là aussi je veux remercier l'Etat et la Région pour leur choix responsable et attentif à l'argent public. Bravo ! Cela renforce d'autant plus ma détermination à m'opposer à ce projet sur les bords du lac. Nous ne sommes pas seuls à lutter !


Je note avec beaucoup de plaisir l'inscription de 5 millions d'euros pour la construction d'un musée du cinéma d'animation à Annecy. Ce projet, qui était inscrit dans le programme que j'ai porté avec mes amis lors des municipales, va enfin pouvoir avancer. Annecy a besoin de cet espace muséographique pour continuer à rayonner et à affirmer sa place sur ce secteur de la culture internationale.

Je regrette néanmoins le choix qui semble se dessiner de l'installer dans une petite partie des Haras. Ce n'est pas le bon lieu. Pourquoi ? Parce qu'en la matière, il faut voir grand et moderne. Il nous faut un musée international (ce qui ne veut pas forcément dire cher!) qui deviendra un lieu touristique de premier ordre. Cette nouvelle locomotive culturelle et touristique devrait, de mon point de vue, se situer en limite proche de la vieille ville, avec des parkings pour un accès aisé. Ce n'est pas le cas du Haras.

C'est pourquoi nous avions proposé de l'implanter sur le terrain Balleydier (en face de l'ancien hôpital) dans un bâtiment avec parking souterrain (utile à la fois pour le musée, les riverains et les gens de passage). Un bâtiment neuf (pour une muséographie moderne et attractive notamment pour les enfants), intégré au site avec un large dégagement sur le lac (possibilité de jouer dans la muséographie entre cinéma et nature). Ceci aurait permis de faire la jonction entre la vieille ville et le futur quartier de l’hôpital tout en retravaillant l'entrée de ville des Marquisats. Nous avions prévu 10 millions d'euros d'argent de la ville auquel on peut donc rajouter 5 millions du contrat plan Etat-Région. Avec quelques subventions de l'Europe et du Conseil départemental, on peut bénéficier d'un budget d'une 20aine de millions d'euros pour le bâtiment (hors parking qui lui s'amortit par les péages). La rénovation de Bonlieu a coûté 24 millions... Donc c'est possible !

En s'implantant dans un bâtiment ancien comme les Haras, le coût de rénovation ne sera pas forcément beaucoup moins cher qu'une construction neuve. Mais un bâtiment ancien présente des contraintes qui ne sont pas nécessairement adaptées à un tel équipement qui doit pouvoir porter le cinéma d'animation sur notre ville pour les 50 à 100 ans à venir. A moins, qu'on souhaite faire un musée confidentiel dans un coin de ville avec quelques bouts de ficelle...

mercredi 18 février 2015

Loi Macron et recours au 49-3

J'ai suivi hier les débats à l'assemblée nationale pour le vote solennel de la loi dite "Macron". Le psychodrame qui s'est joué hier n'est que le requiem d'une 5e République, régime mi-présidentiel mi-parlementaire (qui cumule donc les inconvénients des deux systèmes sans arriver à conjuguer leurs avantages), agonisante.

Les acteurs de ce psychodrame sont connus : d'abord les figurants, à savoir les députés des groupes UMP, UDI et Front de Gauche qui font monter la pression, les uns avec la force de leurs convictions (respectables au demeurant), les autres avec la malhonnêteté des mauvais acteurs qui récitent un texte qui n'a de sens que politicien puisque sur le fond ils sont majoritairement d'accord.

Ensuite les acteurs principaux. D'un côté le gouvernement, de l'autre les députés frondeurs. Chacun jouant la partition de la division (je dis bien chacun). Car ce qui s'est joué hier s'analyse sur plusieurs plans.

-D'abord le plan purement politique politicien : le congrès du PS aiguise les revendications de part ET d'autre car si les frondeurs souhaitent galvaniser leurs troupes militantes, le gouvernement souhaite lui obtenir une direction du parti "godillote". Chacun divise.
- Ensuite, sur le plan idéologique (et contrairement à certains commentateurs ce n'est pas pour moi un gros mot, faire de la politique c'est aussi avoir une idéologie) : le social-libéralisme blairiste du gouvernement et d'une majorité de députés PS s'oppose à une "autre gauche" qu'on a d'ailleurs du mal à qualifier tant les frondeurs réunissent des "tendances" idéologiques différentes (parfois convergentes, parfois divergentes entre tenant d'un néo-marxisme, d'un néo-colbertisme, d'un néo-keynésianisme...). Question : ces deux visions peuvent-elles coexister ?
- Enfin sur le plan institutionnel : le pouvoir exécutif (le gouvernement) par le recours au 49-3 s'est opposé violemment au pouvoir législatif. La présence dans la constitution d'un tel mécanisme de passage en force est pour moi une aberration qu'il faut supprimer.

Le plan institutionnel pose une question bien plus importante en vérité, celle du rôle des élus dans une 5e République qui, à l'origine, se voulait méfiante vis-à-vis des partis politiques et qui, au fur et à mesure s'est transformée en un édifice construit AUTOUR des partis (et principalement des deux partis principaux). La légitimité des élus (députés ou simples élus locaux) vient-elle du fait qu'ils ont été élus sur des étiquettes politiciennes et qu'ils doivent donc allégeance au "chef", au parti ? Ou bien les partis ne devraient-ils pas être des moyens de porter des élus au pouvoir par la légitimité des urnes ?

Personnellement j'adhère à la seconde vision. Les partis devraient être d'abord des lieux de débats qui regroupent des personnes qui ont une idéologie commune. Un parti au fond c'est un segment, un morceau d'idéologie, avec des bornes. Soit la personne adhère, dans les bornes, à l'idéologie et elle peut appartenir au parti sinon elle choisira un autre parti. Mais l'idéologie n'est pas l'action... L'action, elle se décide par les élus sous contrôle de leur adéquation avec l'idéologie. Il y a un contrôle a priori, c'est ce que l'on appelle les programmes électoraux. Il y a ensuite un contrôle a posteriori : via les échanges avec les adhérents. Mais il y a toujours une marge de liberté pour les élus car ils tiennent leur légitimité du peuple, pas des partis. D'où l'autre importance des partis politiques : la sélection des élus.
La seule chose que l'on doit demander aux élus (gouvernement ou frondeurs) est : votre positionnement politique est-il toujours compatible avec le segment idéologique qui caractérise le PS ? Mais pour cela, il faudrait encore savoir où sont les bornes de ce segment...

Les choses seraient tellement plus simples si on faisait comme partout en Europe, qu'on adopte enfin un vrai régime parlementaire avec un Premier ministre qui tient sa légitimité des députés et doit donc animer sa majorité et créer les conditions de la majorité; des députés plus responsables de leurs actes devant leurs électeurs et représentants "locaux" de la politique menée à Paris.

Ce qui restera comme manque de la présidence Hollande est cette absence d'ouverture d'un vrai débat autour du passage à la 6e République. La constitution, c'est la règle du jeu de notre démocratie. Et la règle du jeu actuelle fait que l'on ne s'amuse plus à voir se dérouler le jeu politique complètement décalé face aux préoccupations des Français. Faudra-t-il attendre que cette constitution accouche de la bête immonde, par dépit des Français, pour la changer ? J'ai bien peur que ce soit le chemin que nous soyons en train d'emprunter...

dimanche 15 février 2015

Travail du dimanche

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L'assemblée nationale vient de voter en première lecture l'élargissement du nombre de dimanches où le travail sera autorisé. Ils passeront ainsi de 5 à 12 dimanches par an.

Les modalités de compensation sont encore en cours de discussion mais l'essentiel est ailleurs. L'essentiel c'est le choix de société qui est fait et contre lequel je me suis toujours battu : consumérisme, individualisme, fausse liberté de choisir des salariés, grande distribution contre petit commerce, etc...

En avril 2012, le candidat François Hollande disait lors d'un meeting : "Le combat de 2012, c'est de préserver le principe du repos dominical, c'est-à-dire de permettre aux travailleurs de consacrer un jour de leur semaine à leur famille, au sport, à la culture, à la liberté. J'y veillerai !".

L'élargissement des ouvertures des magasins le dimanche n'est pas une bonne idée, c'est même une régression sociale (aux vues de l'Histoire). Pour connaitre une pareille situation avec une mère ambulancière qui fait des astreintes les dimanches, je sais que ce rythme n'est pas enviable pour la vie de famille. Oui, il faut parfois pouvoir respirer, arrêter, penser à autre chose qu'au travail. On peut le faire chacun, égoïstement dans son coin (en chômant qui le lundi, qui le mardi, etc...), selon ses moyens (financiers). Mais l'avantage du jour chômé pour tous est qu'il rythme la vie collective, sociale dans un "cérémonial" national. On a, tous ensemble, des repères qui nous font vivre ensemble. J'invite mes amis les weekends, je visite mes parents les dimanches... C'est important.

Alors pourquoi vouloir casser ce rythme collectif ? Pour relancer l'économie et la consommation ? Franchement c'est un mythe. Sans pouvoir d'achat supplémentaire qu'irais-je donc dépenser le dimanche ? Par contre, ces ouvertures dominicales vont faire subir une concurrence forte aux petits commerces par les grandes surfaces. Les premiers auront peu le loisir d'ouvrir les dimanches. Par contre les grands groupes emploieront des salariés kleenex pour faire ce boulot dominical...

Alors on me rétorquera que des activités existent déjà le dimanche. C'est vrai. Et ça fonctionne, notamment dans les zones touristiques. Mais doit-on en faire un modèle, un exemple à suivre pour tous ?

Au fond, je pense que la gauche n'a pas été élue pour faire çà. Cette déréglementation du travail dominical est une loi de déstructuration sociale dont on a du mal à mesurer les incidences sur la vie associative, sportive, culturelle, familiale. Il ne s'agit pas de sacraliser un principe. Le progressiste que je suis ne s'y reconnaîtrais pas. Non, il s'agit simplement de se demander si cela en vaut bien la peine. Pour moi, les risques sont bien plus importants que les avantages. C'est pourquoi j'y suis opposé. Aménageons au cas par cas s'il y a des assouplissements à mettre en place mais inutile de supprimer un dimanche par mois de repos à tous les salariés du commerce pour un rendu économique très hypothétique.

vendredi 13 février 2015

Pauvreté à Annecy et en Haute Savoie

Suite à un article de Libération intitulé " Annecy, Neuilly... ces villes où les riches sont de plus en plus riches" que j'ai relayé sur mon profil Facebook, vous avez été nombreux à me questionner. J'ai donc effectué quelques recherches, en particulier sur le site de l'INSEE.

L'état des lieux (en 2011, dernière année complète connue, vivement les prochaines données plus récentes !) voici la répartition des revenus à Annecy (comparaison avec la France)

REV T2 - Ménages : distribution des revenus déclarés en euros par unité de consommation


Source : Insee, Revenus fiscaux localisés des ménages.

Annecy 2011
France 2011
1er décile (10% les plus pauvres)
7 888
8 160
2eme décile
12 114
12 130
3eme décile
15 270
14 570
4eme décile
18 178
16 700
6eme décile
24 187
21 080
7eme décile
27 912
23 690
8eme décile
33 300
27 190
9eme décile (10% les plus riches)
44 399
32 840


 Par ailleurs, en 2011, le revenu médian (50% des personnes en dessus/ 50% en dessous) était de 21 104 € contre 19 664 € en 2008 (+7.3%).

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Le seuil de pauvreté relatif à Annecy est de : 12 662€ (équivalent à 60% du revenu médian) et englobe donc les deux premières tranches (soit les 20% des plus pauvres contre 13% au niveau national).

Que remarque-t-on ? Que les personnes des deux premiers déciles, c'est-à-dire les 20% de personnes les plus pauvres sont à Annecy, plus pauvres qu'en France. Là où en France les plus pauvres perçoivent en moyenne 680€/mois, ils ne perçoivent que 657€ à Annecy. 23€ de moins par mois, çà compte ! Surtout que chacun connait le prix de l'immobilier et du niveau de vie dans notre ville. Cet état de fait s'explique bien sûr parce que nous sommes la ville centre, qui concentre proportionnellement plus de retraités (y compris au minimum vieillesse) et plus de personnes bénéficiant des minima sociaux. Mais pas seulement. Et cela casse un peu l'image de ville riche.

C'est que les 10% les plus riches (9e décile) sont à Annecy beaucoup plus riches qu'en France : 44 399 € contre 32 840 €. La dispersion est plus élevée à Annecy qu'en France. Dit autrement les inégalités de revenus sont plus importante chez nous, ce qui pose à terme un problème de vivre ensemble...

D'autant que ce constat s'aggrave. Entre 2008 et 2011, le revenu des 10% les plus pauvres a progressé à Annecy de 1.7% (pas par, sur toute la période soit 0.5% par an environ) passant de 7 753€ à 7 888€. Sur la même période, le revenu des 10% les plus riches a progressé à Annecy lui de 12.6% (soit 4%/an) passant de 39 420€ à 44 399 €.

Autrement dit, les pauvres restent pauvres, alors que les riches s'enrichissent ! La crise n'a pas été la même pour tous. 

Il ne s'agit pas ici de "taper" sur les riches. Cela n'aurait aucun sens. Il s'agit de prendre en compte cette réalité qui devient de plus en plus criante sur notre ville. Derrière la carte postale portée par certains, et en particulier la majorité, se dessine une face cachée de la réalité des Annéciens: celle des 30% des Annéciens les plus pauvres qui voient leurs revenus stagner alors que dans le même temps le prix de l'immobilier continue à augmenter. C'est leur pouvoir d'achat qui se dégrade, et plus encore leur "reste à consommer", une fois toutes les dépenses contraintes payées (loyer, eau, gaz, électricité...), qui diminue. 

Or, ces 30% les plus pauvres sont ceux qui gagnent au mieux le SMIC. Il ne faut pas les oublier. Nos politiques ne peuvent s'adresser qu'à une image parfaite, idyllique de notre ville. Elles doivent aussi avoir cela en tête : tous les Annéciens ne sont pas riches et beaucoup galèrent. Voilà par exemple pourquoi nous refusons la construction de logements privés sur des terrains publics à 4500€/m².

Pour aller plus loin sur la Haute Savoie : http://www.rhone-alpes.drjscs.gouv.fr/IMG/pdf/diapo_pauvrete_RhoneAlpes_v5.pdf où une diapo (n°12) s'intitule : "La pauvreté est moins forte en Haute Savoie, mais elle y est plus "intense" ".

mardi 10 février 2015

Manifestation pour l'accessibilité

Je serai présent à la manifestation lancée par de nombreuses associations et dont je vous joins ci-dessous l'appel.

Liberté – Egalité – Accessibilité
Habillez-vous   de noir et rejoignez-nous !
  
Le 11 février 2015 marquera les 10 ans de la loi sur le handicap. Ce texte devait garantir une pleine accessibilité de la cité en 2015. Cette date butoir ne sera pas respectée, les délais sont repoussés par une Ordonnance jusqu’en 2024 !
 
L’ordonnance impacte d’autres nombreux points tels que les transports, les motifs de dérogation, etc… Un recul inouï de la loi de 2005.
 
Cette situation perdure depuis 40 ans, l’accessibilité étant déjà inscrite dans une loi de 1975.
 
Les personnes à mobilité réduite et leurs proches ne peuvent plus attendre.
 

Rendez-vous à Annecy le 11 février 2015 à 14h devant la préfecture pour l’enterrement de la loi handicap 2005


lundi 9 février 2015

Fusion des communes : + 500 € de dette par Annécien

Depuis la semaine dernière, plusieurs Annéciens me posent la question : pourquoi avez-vous dit que la fusion des communes coûterait cher aux Annéciens? Cette phrase, habilement twittée par le Dauphiné, peut-elle enfin ouvrir le débat avec la population ? C'est en tous cas ce que je souhaite.

Je souhaite que toutes les questions soient posées et mises sur la table avant de prendre une décision. Pas de cachotterie.

J'ai déjà fait part de mon inquiétude quant au maintien du service public sur notre ville. Le spectre de la moyennisation de la qualité du service public rendu à la population sur toute l'agglo fait peser une vraie menace de dégradation sur les villes les mieux loties, celles qui se sont aussi données les moyens de ces services (et Dieu sait si on se bat tous les jours pour éviter cette dégradation, au sein des commissions et du conseil municipal). Annecy en fait partie.
Ce premier point n'est pas nécessairement de l'argent en plus que l'on va venir chercher dans la poche des Annéciens, mais des services en moins pour eux. Ce qui d'une certaine manière revient au même.

La deuxième raison pour laquelle j'ai dit que cela allait coûter cher aux Annéciens est à chercher du côté de la dette par habitant. Voici le tableau récapitulatif:

Ce sont les derniers chiffres sur lesquels j'ai pu mettre la main. On peut voir que chaque Annécien (tous âges confondus) est endetté à hauteur de 200€/personne. En fusionnant à 13, a dette par habitant passe à 678€/personne, soit +478€/habitant, dont les Annéciens.
En fusionnant, les Annéciens s'endormiront le 31/12/15 avec une dette de 200 € chacun et se réveilleront le 01/01/16 avec 678€/personne.

Ces +478€/Annécien représentent plus de 24 millions d'euros de transfert de dette des communes situées en dessus de ce chiffre (Annecy-le-Vieux, Seynod, Poisy, Epagny, Metz-Tessy, Argonay, Chavanod, Montagny) vers les Annéciens.
Ce chiffre de 24 millions d'euros de dette supplémentaire, pas pour de nouveaux équipements, mais pour payer les équipements déjà réalisés sur d'autres "communes", n'est-il pas à comparer aux 30 millions d'euros que l'on pourrait récupérer en non-diminution de nos dotations d'Etat ?

Mais ce qui interroge le plus dans ce tableau, c'est qu'en cas de fusion, ce sont les villes qui concentrent les habitants avec les revenus les plus faibles (en moyenne) c'est-à-dire Cran-Gevrier et Annecy qui finalement financeraient la dette des communes qui concentrent les revenus les plus élevés (exception faite de Seynod, 3e dans l'ordre es habitants ayant les revenus les plus faibles sur l'agglo).
Cette fusion ne va-t-elle pas aboutir à un paradoxe énorme : la "solidarité" (que personnellement je prône à l'agglo) ne va-t-elle pas consister à faire payer les habitants les plus pauvres, pour des équipements des habitants les plus aisés ?


Je ne dis pas que cette seule donnée doit, à elle seule, arrêter une opinion sur le fait de fusionner ou pas. Mais elle doit tout au moins être posée et débattue. Il faut dire à la population qu'il n'y a pas de solution miracle, et que la fusion n'est pas cette solution miracle. Elle comporte certes des avantages, mai aussi des contraintes et des problèmes qui doivent être discutés avec la population AVANT de prendre une décision. J'attends avec impatience vos commentaires.

vendredi 6 février 2015

Fusion des communes : consulter la population


Hier soir en conseil d'agglomération, nous avons débattu de la fusion des communes. Dans ce débat j'ai développé les points suivants:

- Je suis plutôt favorable, a priori, aux fusions de communes pour plusieurs raisons :
* par positionnement stratégique entre la métropole genevoise, la métropole lyonnaise et la future métropole grenobloise. Si Annecy veut garder une voix au chapitre elle doit grossir.
* La France a elle seule compte plus de communes que tous les autres pays de l'UE réunis
* Beaucoup de problématiques (transports, déchets, eau, pollution, social...) se posent à des niveaux plus larges
* La simplification du mille-feuille administratif est une nécessité.

- Cette fusion doit se faire (si elle se fait) avec une ambition et un projet politique. Cette ambition doit d'abord s'intéresser aux services fournis à la population. Et pour cela, il faut prendre 2 engagements:
* La fusion se fait en s'engageant à préserver les services publics existants dans chacune des communes. Il ne s'agit pas d'égaliser le niveau de service public sur une moyenne qui ferait certes monter le niveau dans les communes les moins bien desservies (ce qui est le but) mais aussi diminuer le niveau de service dans les communes les mieux desservies. Là ce n'est pas entendable ! Je comprends les réticences face aux perspectives de hausse des taux d’impôts dans certaines communes périphériques, mais il faut aussi entendre la réticence des Annéciens à perdre une partie de leurs services publics !
* L'ambition à terme doit être de s'aligner tous sur le mieux disant en terme de services publics. Elle est là l'ambition : plus de services, plus efficaces pour les habitants. Soyons des politiques, laissons de côté les petits comptes d'apothicaires.

- La population doit être consultée. Le recours au référendum décisionnel semble être difficile. Il faudrait en effet, pour qu'il soit validé, que 50% de la population se déplace pour voter dans chacune des communes (quand on sait les taux d'abstention aux dernières élections municipales on peut en douter) et que le oui l'emporte dans chacune des communes. C'est difficile.
J'ai donc proposé un dispositif légèrement différent. On pourrait organiser début septembre une consultation (avec appel aux urnes par exemple) dans toutes les communes de l'agglomération pour que chaque habitant puisse s'exprimer. Le résultat ne serait pas regardé commune par commune (comme pour le référendum) mais globalement. Les élus s'engagent à suivre le résultat de la consultation en réunissant, avant fin septembre, leurs conseils municipaux pour entériner le choix des citoyens.
Il me semble que cette solution est plus souple tout en donnant le pouvoir aux citoyens et en obligeant en amont à un vrai débat contradictoire sur ce sujet. Je suis également convaincu que cela sortirait les maires d'une ornière démocratique (cette question de fusion n'ayant pas été abordée dans les campagnes électorales).

- Il ne faut pas s'interdire de réfléchir à une fusion des communes urbaines seulement (Annecy, Cran-Gevrier, Annecy-le-Vieux, Seynod, Meythet) si la fusion à 13 échouait.

Au final, j'attends que le débat s'engage avec les élus et la population pour me faire une idée claire et précise sur ce projet. Pour l'instant mon opinion n'est pas faite même si je l'ai dit, je vois plutôt a priori, cette idée de fusion d'un bon œil. Il faudra regarder tous les arguments, les POUR, les CONTRE, avant de trancher. Avec la population consultée en amont, et non pas après...