samedi 31 janvier 2015

Le moteur diesel révolutionnaire de M. Accoyer

Il y a des soirs comme çà où on ne regrette pas d'être venu en conseil d'agglomération car qu'est-ce qu'on se marre !

Le 18 décembre dernier, une délibération importante portait sur la construction du tunnel sous le Semnoz. Cette décision a donné lieu à un échange nourri entre gauche et droite. Je vous invite vraiment à le lire ici : compte-rendu 

Quand, tout à coup, M. Accoyer, premier vice président de l'agglo, nous a informé d'une nouvelle révolutionnaire pour justifier la construction du tunnel et la poursuite de la politique du tout-voiture sur l'agglomération. Voici ses propos:

Oui oui, vous avez bien lu ! Pour M. Accoyer, rouler au diesel sera bientôt bon pour l'environnement, car cela "nettoiera" les particules dans l'atmosphère ! Celle-là j'avoue il fallait y penser. C'est d'ailleurs ce que je lui ai répondu:

M. Accoyer venait d'inventer le moteur diesel purificateur d'air ! Un bel argument, sérieux et solide, pour justifier un projet absurde quand on voit la dégradation de la qualité de l'air sur notre bassin de vie. Mais visiblement, pour certains, tous les arguments sont bons !

Quand on prend des décisions avec de tels préjugés et une telle ignorance des réalités, il en résulte nécessairement des catastrophes (financières et écologiques dans ce cas).

L'agglo s'est engagée à financer les accès au futur tunnel sous le Semnoz (payé lui par le conseil général, mais au final ce sont les mêmes qui payent) sans aucune estimation de ce cout. Une décision surréaliste car elle suivait l'adoption du budget de l'agglo pour l'année 2015, budget serré (avec hausse d'impôts) face au manque d'argent public.

Comment des élus normalement constitués, peuvent-ils à quelques minutes d'intervalle, passer d'un pessimisme exacerbé sur l'état de nos finances et tout de suite après voter un chèque en blanc pour un projet monstrueux ? Si quelqu'un a une idée, j'avoue ne pas encore avoir trouvé la réponse...

jeudi 29 janvier 2015

Halle des producteurs locaux aux Haras

Nous portons ce projet de Halle des producteurs locaux depuis plusieurs mois et nous l'avions inscrit dans notre projet municipal. Cette halle doit pouvoir trouver sa place dans le manège (bâtiment au nord du tènement, parallèle au boulevard du lycée) qui est un bâtiment parfaitement adapté à l'accueil de stands de producteurs locaux (à moindre coût).


On imagine un espace consacré à la mise en valeur de nos produits régionaux, dans une optique de vente directe des producteurs aux consommateurs. Une sorte de marché couvert. L'objectif est de donner un coup de fouet aux circuits-courts, tout en privilégiant l'agriculture locale. Le mode d'organisation de cet espace pourrait d'ailleurs être discuté à plusieurs car pourquoi ne pas réfléchir à une "union" entre consommateurs et producteurs, sur le modèle des AMAP ou des coopératives?

L'enjeu est d'importance et c'est pourquoi il lui faut un lieu emblématique. De plus, c'est le genre d'activité ouverte à tous qui permettrait d'animer toute la journée l'espace des Haras et ainsi de le rendre effectivement ouvert à tous les Annéciens. Je dirais aussi que l'Agri-culture, c'est aussi de la culture, c'est notre patrimoine. Nous avons la chance localement d'avoir des filières agricoles d'excellence couronnées de labels (AOP, AOC...). C'est un atout touristique qu'il faut valoriser.

L'enjeu numéro un, c'est la structuration à l'échelle du bassin de vie d'une filière agricole locale. La campagne annécienne doit pouvoir nourrir une partie de la population des villes. C'est un enjeu fort de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre liées aux transports. En offrant un lieu de débouché privilégié à ces productions nous sécurisons les recettes des agriculteurs en payant leurs produits au juste prix. Cette démarche leur offre de la lisibilité financière et des moyens pour regarder l'avenir plus sereinement.

Le deuxième enjeu est, pour Annecy, de jouer son rôle de capitale d'un territoire en recréant de l'attractivité à la fois commerciale et touristique. Un tel lieu doit devenir le "temple" des produits savoyards, avec des animations, des expositions, des informations... autour de notre patrimoine gastronomique. Un lieu populaire, mais d'excellence à la portée de tous. Une telle carte serait un atout touristique de plus attirant notamment nos voisins italiens ou suisses. Annecy doit avoir un lieu qui soit le fer de lance de ses produits locaux. Rien de tel qu'un bel écrin (les Haras) pour mettre en valeur un tel bijou (nos savoirs-faire), à la porté de de tous.

Enfin le troisième enjeu, c'est la nécessité d'avoir un Haras vivant et populaire, ouvert à tous. Il faut donc y installé aussi des activités qui fonctionnent toute la journée et draine du passage. Il ne s'agit pas de créer, comme le propose la majorité actuelle (en reprenant au passage les mots qui étaient les nôtres lorsqu'elle parle de "Halle gourmande", mais pas le fond de l'idée puisqu'elle voit sa halle gourmande comme une espèce de restaurant très haut de gamme, servant des produits locaux pour une clientèle très aisée, rien à voir avec notre projet) de faire du business pour personnes riches (Tiens d'ailleurs cela me rappelle le programme de l'UMP de 2008... comme quoi M. Rigaut se laisse facilement convaincre par ses amis !). Il s'agit d'offrir une activité qui a du sens, dans un lieu extraordinaire, pour les Annéciens ordinaires. On pourrait d’ailleurs, de manière plus modeste, adjoindre à ces produits agricoles quelques objets d'artisanat local.

Cela fait des années que moi, l'urbain, petit-fils d'agriculteurs, je me bats pour le respect de nos paysans. Que ce soit pour la protection des terres agricoles, la nécessité de construire une cuisine centrale d'agglomération afin de structurer une filière de production locale, ou bien encore en me battant contre la destruction des terres du Treige, je crois que les politiques ont des outils pour aider ce secteur d'activité économique. Ce sont des emplois mais aussi l'entretien de nos paysages et la beauté de nos montagnes. Nous pouvons agir dans leur intérêt et dans le nôtre, celui des gens simples, qui veulent, malgré leurs revenus modestes, pouvoir manger sainement.

mardi 27 janvier 2015

Fusion des communes : tordre le bras aux sceptiques ?

L'histoire de la fusion des communes de l'agglo fait couler beaucoup d'encre et anime les conversations. En effet, c'est assez bizarre (et donc suspect) cet empressement de nos élus locaux alors que le texte législatif n'est toujours pas voté.

En regardant le site du Sénat, je me rends compte que, contrairement à ce que semble dire M. Rigaut, il est possible de fusionner à 5 communes tout en ayant la carotte financière (pas de baisse des subventions de l'Etat). Le seul problème c'est qu'il faudrait alors un accord unanime des conseils municipaux.

Alors que pour fusionner à 13 communes de l'agglo, il suffit d'un accord à la double majorité qualifiée (2/3 des conseils municipaux représentant 2/3 des habitants).

Voila une bonne manière de tordre le bras aux sceptiques : les conseillers municipaux n'ont pas besoin de tous être convaincus (donc on se moque des minorités notamment à Annecy); et on peut se permettre de laisser de côté les petites communes pourvu que 9 communes minimum votent la fusion.

Voilà une façon bien peu démocratique de décider d'une vie en commun. Une sorte de mariage forcé ?

En tous cas cela ne présage pas d'une bonne entente pour la suite. Car fusionner c'est bien, mais gérer ensuite, ensemble, c'est mieux.


samedi 24 janvier 2015

Centre des congrès : une obstination nuisible au tourisme

Cela fait maintenant plus de 4 années que je combats le projet de centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny.

En 4 années, le projet a finalement peu avancé. Quelques parcelles ont été achetées et un architecte a été choisi. Or, cela fait des années que les professionnels du tourisme d'affaire demande cette fameuse salle d'exposition qui manque uniquement au centre des congrès actuel.

4 ans de perdu y compris pour ceux qui attendent une dynamisation du tourisme d'affaire. L'entêtement de MM. Rigaut et Accoyer est en train de faire perdre des parts de marché à Annecy sur le marché des congrès. Ils sont les fossoyeurs de cette activité par leur obstination à construire un nouveau centre des congrès sur un lieu contesté par une majorité de la population et dont les étapes prochaines sont plus qu'aléatoires.


En 2006, l'agglomération avait décidé d'implanter un nouveau centre des congrès à Balleydier pour un coût compris entre 6 millions d'euros et 6.5 millions.
Depuis le début du report de ce projet vers la presqu'île, le projet de centre des congrès a presque déjà coûté ce prix. Suite à un courrier collectif demandant un point sur les financements de ce projet, M. Rigaut nous a répondu que l'agglo avait déjà dépensé 5 775 945 €. Pour quoi ? Pour rien. L'agglo aurait déjà pu, si elle avait persévéré dans son choix initial du terrain Balleydier, se payer un nouveau centre des congrès, certes plus modeste, mais celui-ci pourrait quasiment être déjà en service.

Au lieu de quoi, ces deux élus (soutenus par beaucoup d'autres) persistent dans leur choix d'un projet pharaonique en bord du lac, en contradiction totale à la fois avec le bon sens financier, la loi littoral, mais aussi les intérêts du secteur touristique. 

L'intelligence en politique, c'est parfois de regarder la réalité en face et voir que la voie choisie est sans issue. Il est encore temps d'arrêter et de repartir de la demande initiale des professionnels du tourisme : une simple salle d'exposition supplémentaire...

vendredi 23 janvier 2015

La BCE prend une décision historique


Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne (BCE), vient de faire prendre au conseil d'administration de l'institution une décision historique et salutaire pour l'économie et l'emploi.

La BCE rachètera, d'ici à septembre 2016, près de 1140 milliards d'euros de dettes publiques pour soutenir l'économie. De quoi s'agit-il ?

Les Etats de l'Union se sont endettés auprès de banques privées qui possèdent donc des créances de la part de ces Etats. La BCE a décidé de racheter une partie de ces créances aux banques (marché secondaire). En se débarrassant de ces créances, les banques retrouvent des liquidités (des euros sonnants et trébuchants) qu'elles pourront de nouveau prêter soit aux Etats, soit aux ménages, soit aux entreprises. Cette décision correspond effectivement à une injection massive (1140 milliards d'euros cela correspond à plus de 50% du PIB français) d'euros dans le système économique, ce qui aura pour effet:
- relancer le crédit et donc la consommation et la construction immobilière
- potentiellement de faire un peu d'inflation (hausse des prix), ce qui n'est pas gênant en période de quasi-déflation.
- faire baisser le taux de change de l'euro (plus abondant donc moins cher) par rapport aux autres monnaies mondiales (dollar, CHF, yen...) : c'est bon pour nos exportations !

Cette décision de "monétiser" une partie des dettes publiques n'est pas un cadeau fait aux Etats (rien à voir avec la possibilité pour la BCE d'accorder directement des prêts aux Etats à taux réduit). En effet, ceux-ci doivent toujours rembourser leurs dettes, non plus aux banques, mais directement à la BCE. Mais cette décision allège un peu la contrainte de solvabilité qui pèse sur les Etats vis-à-vis des banques qui seront plus favorables à leurs octroyer de nouveaux prêts.

L'Allemagne (qui a voté contre ce rachat) aurait raison de s'alarmer sur le risque de déresponsabilisation des Etats, si les nouveaux traités européens n'instituaient pas un contrôle des budgets des pays. Or, depuis quelque temps, les Etats sont tenus par l'UE de faire attention pour ne pas s'endetter "inutilement".

La période actuelle était largement propice à cette décision : croissance atone, risque de déflation, baisse du prix du pétrole (donc du prix des importations), réformes structurelles effectuées dans de nombreux pays. Il ne restait qu'un frein politique et psychologique.

Il faut ici saluer le travail des nombreux Etats, dont la France et l'Italie, qui ont permis ce compromis. L'UE, par cette décision historique, devient un peu plus qu'une seule union économique. Mario Draghi a su faire évoluer la vision très (trop) libérale de la BCE vers plus de pragmatisme.

Certes, cette seule décision ne peut tout régler. Mais sans elle, il n'y avait pas de sortie possible de cette période de stagnation économique. Place maintenant (je l'espère) à la mise en oeuvre de ces fameux euro-bonds pour financer les grands projets d'investissements européens dont on a tant besoin pour relancer la machine économique (notamment l'économie verte).

Comme quoi, l'économie c'est d'abord de la politique !

mardi 20 janvier 2015

Fusion des communes : les élus sont-ils légitimes à décider seuls ?

L'idée d'une fusion des quatre (ou cinq) communes urbaines (Annecy, Annecy-le-Vieux, Seynod, Cran-Gevrier et Meythet) est une bonne idée. Je l'avais déjà dit sur ce blog. Les problématiques sont voisines, sinon communes et les modalités de rassemblement "relativement" simples (taux d'imposition, etc...).


La fusion des 13 communes de l'agglo, longtemps raillée, est aujourd'hui portée par l'exécutif sans autre forme d'argument que celui des économies d'argent (ce qui n'est pas rien mais ne doit pas tout mener non plus). En tant qu'élu, je ne suis pas un comptable, dont le seul regard doit être tourné vers la boussole comptable. Je suis là pour faire de la politique, c'est-à-dire proposer un projet d'avenir aux habitants.

L'agglomération d'Annecy a été elle-même construite sur la seule logique financière car à l'époque il y avait une prime à ceux qui créaient des agglo. Certes cela a permis à l'agglo de se créer, mais a aussi emporté toute sa cohorte de critiques, de victimisation... de la part de communes qui se sont senties flouées. Le projet politique n'était pas suffisamment construit.
Tirons les leçons du passé !

La fusion des 13 communes me pose un véritable problème. Quel projet commun (au-delà de ce que l'on fait déjà à l'agglo : donc ce n'est pas fusionner ou plus rien, l'agglo demeure !) ? La seule carotte financière ne peut faire seule un projet commun.

Mais la vraie question démocratique est la suivante : les élus (dont je fais partie pour avoir conduit la liste arrivée seconde à Annecy) sont-ils légitimes à décider seuls de cette fusion ? Je ne le crois pas, et mieux je pense que ce serait une erreur.

Je ne le crois pas car cette question n'était pas dans la campagne de mars dernier. Les électeurs n'ont pas été questionnés sur cette fusion. Les élus n'ont aucun MANDAT pour cela.
Ce serait une erreur de tenir la population à l'écart comme c'est actuellement le cas. Les élus passent, la population reste. C'est aussi à elle de débattre du projet d'avenir qu'elle souhaite porter.

L'unanimisme affiché en faveur de cette fusion, qui montre parfois le peu de cohérence de nos élus qui hier raillaient cette idée de fusion à 13, fait peur. Il montre que cette question, loin d'être prise à la hauteur de vue nécessaire, fait aujourd'hui l'objet de négociations pour le moins peu démocratiques entre quelques élus (qui se partagent quoi ?) et qui tiennent la population le plus loin possible.

J'apprends comme vous, le revirement de position des uns et des autres par la presse, tout comme l'avancée de ce dossier. Je rappelle juste qu'au niveau de l'agglo, les 4182 Annécien(n)s qui ont voté pour ma liste représentent la 3e force politique de l'agglo. Encore une preuve que cette fusion, c'est visiblement l'archétype de l'absence totale de démocratie

lundi 19 janvier 2015

Nature en ville : "peu d’intérêt" pour M. Accoyer

Il y en a qui sont vraiment incorrigibles...

Donc M. Accoyer préfère que ce soit l'agglo seule (sans la subvention de la région) qui paie ce schéma ? C'est vrai que si par hasard ce schéma venait à trouver un intérêt naturel quelconque à la presqu'île d'Albigny, ca ferait mauvais genre...

Vivement un vrai PLU Intercommunal sur toute l'agglo !

Ci-joint : compte-rendu du bureau de l'agglo du 28 novembre


samedi 17 janvier 2015

La route continue, fidèle à mes engagements et convictions de toujours

J'ai décidé de démissionner du PS cette semaine, après 10 ans de militantisme.

Ceux qui suivent mon action et mes prises de position, sauront certainement reconnaître à ces années de travail au service des habitants locaux une cohérence certaine et une implication totale.

C'est pourquoi la décision de démissionner n'est pas une décision facile, jamais. Elle ne peut être prise ni dans la précipitation, ni sur un coup de sang malgré mon caractère entier.

C'est aussi pourquoi, je rassure ceux qui seraient inquiets, je suis et je reste qui je suis. Je n'ai aucune intention de changer ni mes idées ni mes combats. Pas question de retourner ma veste en allant adhérer à je-ne-sais quel parti du centre ou de droite. J'ai des ambitions politiques, mais pas à n'importe quel prix. Je reste un soutien du Président de la République et de son gouvernement.

Les raisons de ma démission relèvent du fonctionnement (je devrais dire du non-fonctionnement) du PS de la Haute Savoie uniquement. Depuis des années, le PS de Haute Savoie a abandonné le champ de la bataille des idées pour le bien des Hauts-Savoyards. Il a disparu depuis deux ans des écrans radars du monde politique. Jamais il ne prend de position sur les questions qui vous intéressent, vous les habitants. Avez-vous entendu quoi que ce soit, une quelconque proposition, concernant le logement ? Les déplacements ? L'emploi ? L'économie ? La cherté de la vie ? Etc... Non, le PS haut-savoyard est devenu une machine au service de la carrière de son patron départemental.

Ceux-là ont confisqué le parti aux adhérents pour le mettre au service d'une ambition personnelle. A cet effet, la machine à exclure fonctionne à plein depuis quelques mois, sans compter les militants qui fuient un parti dans lequel ils ne se reconnaissent plus.

Fidèle à sa stratégie de couper toutes les têtes qui pourraient lui faire de l'ombre, le premier fédéral a annoncé en conseil départemental (sans même prendre la peine de m'en avertir alors que nous nous sommes vus l'avant-veille ! Bravo pour la lâcheté!) qu'il saisissait la commission des conflits (commission de discipline) contre moi au sujet des réponses que j'avais données à une journaliste de l'Essor Savoyard (article paru le 01 janvier).

J'ai démissionné car je ne voulais pas donner l'occasion à ces gens d'avoir ma tête. Etant donné le peu de travail fait depuis des années par la fédération, je ne lui reconnais absolument aucune légitimité pour donner des leçons à ceux qui, comme moi, font leur travail sur le terrain.

Cette convocation aurait été une humiliation, une atteinte directe contre moi: convoquer pour avoir répondu à la presse. Convoquer pour avoir usé de ma liberté d'expression. En décidant de demander cette saisie de la commission, le premier fédéral connaissait les conséquences. Il savait que je ne l'accepterais pas.

Ces péripéties de cuisine politicienne n'intéressent personne, à l'heure où tant de chantiers sont devant nous. Les Annéciens et les Hauts-Savoyards attendent de nous, les élus à qui ils ont fait confiance, que nous travaillons à leur service, pas au service de telle ou telle écurie politique. Quand on ne se reconnait plus dans les pratiques de sa famille politique, pratiques qui sont l'antithèse de mon engagement, il faut savoir partir pour consacrer son énergie aux vrais sujets, ceux qui intéressent les gens.

J'ai démissionné du PS mais je reste bien entendu le chef de file du groupe d'opposition "Avec vous, Annecy pour tous" au conseil municipal d'Annecy et je demeure conseiller d'agglomération. Dans la réalité de mon action quotidienne au service des Annéciens et des habitants de l'agglomération, ma décision n'aura aucun impact. Je continuerai à travailler comme je le fais depuis 7 ans. 

C'est ma longue marche, celle de mon combat pour l'égalité, la fraternité, la liberté, la solidarité et la laïcité qui continue. Le seul objectif dans cette marche, le seul point d'arrivée que je me fixe, c'est vous. Vous pouvez compter sur mon dévouement et mon engagement à votre service. Pour continuer à être qui je suis, en accord entre mes actes et mes paroles, je devais partir. C'est fait. Maintenant, je retourne au travail, sur le terrain que j'aime tant, pour qu'ensemble nous puissions un jour dessiner un autre avenir pour Annecy. Cette démission est le commencement d'une nouvelle aventure. Ce n'est surement pas le chemin le plus facile, mais en bon montagnard que je suis, je sais que c'est parfois par des sentiers escarpés que l'on découvre les plus beaux paysages et que l'on fait les plus belles rencontres.

Je vous embrasse.

jeudi 15 janvier 2015

Une mosquée digne pour Annecy

Je lis avec beaucoup de bonheur et de respect l'interview publiée ce jour dans l'Essor savoyard du président de l'association Nouvel Avenir.

Il rappelle, ce que je dis depuis de nombreuses années : parmi beaucoup de jeunes musulmans d'Annecy, les entraves mises par certains "riverains" à la reconstruction d'une mosquée digne rue des Alpins crée des frustrations. Frustrations qui font que certains jeunes désertent la mosquée "officielle". Pour aller où? Dans les bras des extrémismes ? Comment ne pas comprendre et compatir à leur sentiment que certains "ne les aime pas" ?

Personnellement, j'ai alerté depuis très longtemps sur ce risque parce que je l'ai entendu de ces jeunes et des responsables musulmans. L'absence, pour le culte musulman, de lieu digne sur Annecy (et non pas dans les zones industrielles comme le souhaitaient certains) est une stigmatisation. Il faut y mettre un terme rapidement.

La loi est la loi. Les riverains ont le droit de faire des recours. Mais ces recours ne correspondent plus à l'objectif soit-disant affiché d'une question urbanistique mais à un objectif anti-musulman. Je regrette, là aussi, que la mairie n'est pas pris plus tôt ce dossier à bras le corps en organisant du dialogue dans ce quartier pour couper court à ces fantasmes irrationnels.

Il faut désormais que les choses aillent plus vite. Je souhaite une réunion publique du maire et du conseil municipal sur ce thème avec la présence de l'association "Nouvel Avenir" pour présenter au plus tôt le nouveau projet de mosquée (avec le rachat du terrain de jeu municipal adjacent) à la population.

Je tire la sonnette d'alarme depuis des années, je demande du dialogue depuis bien longtemps. J'espère à présent que les choses vont changer.

mercredi 14 janvier 2015

Recréer la Nation française

Les événements de la semaine dernière à la fois à Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Casher doivent être condamnés avec la plus grande fermeté. Rien, je dis bien rien, ne peut justifier que l’on assassine des gens. Ces terroristes sont des meurtriers qui ne méritent aucun pardon, aucune circonstance atténuante. Aucune raison aussi douloureuse soi-elle ne peut être retenue pour minorer leurs actes odieux. Je le dis à ceux qui, ici ou là, cherche à « expliquer » ce passage aux actes.

Oui, visiblement ces terroristes étaient issus de milieux populaires, de banlieues, de minorités trop souvent stigmatisées. Mais ils ne sont pas les seuls ! Et ces réalités, bien qu’elles doivent être analysées et corrigées, ne justifieront jamais à mes yeux une telle barbarie.

Acte terroriste = terreau fertile + acte déclencheur

Dans la « création » de ces terroristes, il y a certes une vie dans un « terreau fertile » nul ne le nie. Cette réalité existe pour des milliers de personnes qui heureusement ne deviennent pas terroristes pour autant. Mais il existe aussi un « élément déclencheur » pour passer à l’acte terroriste : ici visiblement un endoctrinement par un imam intégriste. Nous avons donc deux types d’actions à mettre en place : une pour « éradiquer » l’élément déclencheur. J’en ai parlé dans mon précédent texte cette responsabilité incombe certes à la République qui doit contrôler les discours d’appel à la haine, mais aussi aux responsables religieux qui doivent se structurer. Le second type d’actions concerne la « stérilisation » de ce terreau fertile.

Une phrase d’un commentateur télé m’a beaucoup fait réfléchir depuis quelques jours : « Ces jeunes n’ont pas trouvé de raison de vivre, alors ils se sont inventés une raison de mourir ». Cette phrase parle bien entendu pour ces événements particulièrement tragiques, mais elle raisonne plus globalement dans notre société. Pourquoi vit-on ? Pourquoi vit-on ensemble ? Quelles sont les valeurs que la société valorise ? Que sont ces valeurs républicaines tant défendues par les manifestations ? Des valeurs égoïstes (je protège MA liberté) ou des valeurs collectives ?
Fait-on encore Nation tous ensemble alors que de plus en plus on parle de « communauté musulmane », « de communauté juive »… ?


Un gouffre entre la société réelle et la République

Je crois personnellement que tout collectif humain a besoin d’une organisation, d’une structure (la République), qui soit l’incarnation de la société, du collectif, de ses valeurs et de son esprit (la Nation). Mon analyse est qu’il existe aujourd’hui une vraie disjonction entre les lois de la République et la réalité de la Nation. La République continue de se proclamer une et indivisible par exemple. Or en réalité, la Nation s’est fragmentée, elle s’est disloquée. Derrière les principes, auxquels chacun a voulu continuer à croire (et auxquels il faut continuer de croire) se cache une réalité bien différente. On continue à fantasmer une société française qui n'existe plus, et nos institutions cachent  (et se cachent) cette réalité.

Les valeurs portées par la République ne sont plus celles qui sont valorisées par la Nation. Le mérite n’existe plus beaucoup, la valorisation des savoirs et des connaissances (des esprits libres) non plus, le savoir-faire des artisans, encore moins. La société valorise en réalité la réussite personnelle, l’enrichissement rapide et sans effort (télé réalité), des valeurs matérialistes pour un système économique capitaliste qui proclame l’égalité richesse = bonheur. Ces pseudo-valeurs ne font pas le bonheur des gens et ne donnent pas de raison de vivre ou de s’en sortir. Elles sont des miroirs aux alouettes, sans fond, sans éthique, sinon celle de la lutte de tous contre tous.

Pour une nouvelle étape de la laïcité

La promotion de la laïcité doit être repensée. Nous devons passer de la laïcité protectrice contre la mainmise des religions sur les consciences à une seconde phase (cumulative), celle de la laïcité promotrice d’une éthique républicaine.

Ce que ces événements tragiques nous apprennent, c’est que les êtres humains ne peuvent vivre sans éthique (attention je n’ai pas dit sans morale) c’est-à-dire sans raison de vivre. Ce « travail » de promotion de l’éthique était autrefois confié aux religions. Il nous faut aujourd’hui construire une éthique républicaine donc laïque, émancipatrice et évolutive, avec une vraie échelle de valeur qui permette de donner à tous, une raison de vivre et d’espérer.

Cette éthique républicaine, c’est bien sûr l’acquisition des valeurs républicaines (et le rôle important de l’école qu’il faut ici repenser) mais c’est aussi l’instauration de « rites » républicains. Je pense ici par exemple au service civique généralisé pour faire passer chaque Français(e) par un rite républicain de cohésion nationale. Je pense aussi au fait de revoir l’attribution de la légion d’honneur (pour arrêter de la donner « à n’importe qui »). Je pense aussi à une réelle réflexion sur l’évolution des institutions et faire du droit de vote un devoir républicain. Je pense encore à la nécessité de maintenir des moments collectifs de rencontre et de discussion (d’où l’extrême attention à ne pas casser le repos dominical)… Il faut réinstaurer des rites, des actions que l’on fait tous ensemble parce que nous sommes Français (et non pas seulement musulman, chrétien ou juif).

Réinsuffler un patriotisme (pas un nationalisme !) intelligent, porteur de valeurs et de sens pour que, quels que soit son milieu d’origine, son histoire personnelle, ses croyances ou convictions, on se retrouve ensemble de temps en temps pour faire une même chose, c’est recréer une véritable Nation. C’est ainsi que nous comblerons en partie le vide, l’absence de valeurs, qui traversent aujourd’hui notre société et qui nous rendent si pessimistes et grands consommateurs d’anxiolytiques. Les valeurs du capitalisme ont fait la preuve depuis longtemps qu’elles ne répondent pas aux attentes de sens les plus intimes de notre société.

La France doit redonner du sens à son contrat social. Elle doit retravailler le ciment (les valeurs et les rites) de sa Nation, pour lutter contre l’endoctrinement de certains de ses enfants (qui trouvent une raison de mourir là où ils n’ont pas trouver de raison de vivre), mais aussi pour redonner une raison de vivre, et de vivre ensemble à tous les Français(es). Le temps d’une société bâtie sur le sable des valeurs matérialistes de l’argent-roi est révolu. Il est venu le temps de reconstruire sur du dur. Malraux avait dit : le XXIe siècle sera mystique ou ne sera pas. Il avait raison. A nous de savoir si on souhaite laisser aux seules religions (je ne dis pas qu’elles ne participeront pas à la construction de chaque éthique personnelle, c’est la liberté de chacun) le travail de construire cette mystique-là. Ou pire, laisser des doctrines totalitaires le faire à notre place. Ou bien si l’on considère qu’être Français c’est aussi adhérer à une éthique républicaine, laïque, émancipatrice et évolutive qu’il nous reste à construire en partie.

lundi 12 janvier 2015

Lettre à mon ami, mon frère musulman

Lettre à mon ami, mon frère musulman.

A toi qui depuis quelques jours te sens montré du doigt et accusé, à tort bien sûr, d’être un peu responsable du massacre de Charlie Hebdo, je veux te dire que tu n’es pas seul. Moi, Français laïc d’origine chrétienne, je partage ton angoisse de l’amalgame, de la récupération islamophobe et je suis solidaire. Certains chercheront à profiter de cet événement affreux pour diviser les peuples et récupérer la peur. Je me battrai avec toi, côte à côte contre ce racisme. Tu peux compter sur moi car je te respecte dans ton identité et ta singularité. Tu ne peux être, toi l’ami, le voisin, le frère, la victime collatérale de ces criminels barbares.

Il me semble toutefois, une fois que l’émotion sera passée et que la « normalité » de la vie sera revenue, que des questions devront être posées à ceux qui guident les musulmans. Ces questions, je me les pose non pour accuser ou émettre un quelconque jugement, mais pour comprendre. Comprendre ce qu’est l’Islam et finalement ce qui le différencie culturellement (pas théologiquement, cette question ne m’intéresse pas) et politiquement de la tradition chrétienne qui est la mienne. Je ne cherche pas à faire de comparatif, je dis simplement d’où je parle, qui je suis et quels sont mes référentiels de pensée à moi. J’aimerais (et je redis toutes mes précautions et surtout l’absence de jugement de valeur) comprendre pourquoi des dessinateurs ont été tués simplement parce qu’ils avaient dessiné Mahomet sur un papier.

Le livre sacré

Il me semble qu’il existe dès l’origine une différence sur la nature même du livre sacré. La Bible n’a pas été écrite par Dieu, mais par des témoins directs ou indirects (les quatre évangélistes et d’autres). Elle comprend également l’Ancien Testament avec des livres différents, écrits par des auteurs différents (prophètes…) : Genèse, Lévitique, Apocalypse, etc… Par définition, ce qui est écrit dans la Bible n’est pas (si j’ose dire) « parole d’Evangile ». Depuis plusieurs temps, les chrétiens s’accordent à dire qu’il s’agit d’un livre qui INTEGRE la parole de Dieu, mais qui n’EST pas la parole de Dieu (hormis peut-être les Tables de la Loi de Moïse, d’ailleurs à l’origine du droit et de la législation qui est la nôtre). C’est d’ailleurs, si j’ai bien compris, une des raisons pour lesquelles il existe des exégètes, des commentateurs, des Pères de l’Eglise, une hiérarchie ecclésiastique qui interprètent pour les fidèles les textes de la Bible. Cette interprétation faisant, si j’ose le parallèle, « jurisprudence » en faisant évoluer la doctrine même de l’Eglise. La Bible s’interprète et « s’actualise » car le fondement du message ce n’est pas le livre, mais l’esprit du livre.

Les fondamentalistes musulmans justifient toujours leur barbarie en ayant recours au Coran et à certains de ses versets. Ils font ceci ou cela parce que c’est écrit dans le Coran. J’ai l’impression que le Coran est plus qu’un livre, plus qu’une aide à la pensée ; il devient l’alpha et l’oméga de la religion musulmane. Tout ce qu’il contient EST parole divine et ne peut être « hiérarchisé » ou modulé. S’il est écrit dans le Coran qu’il ne fallait pas représenter le Prophète, cela devient-il pour tous les musulmans un sacrilège de représenter le prophète ? Toute idée d’interprétation voire d’évolution de la doctrine est-elle de fait exclue de l’Islam ? Ne peut-on, de nos jours « mettre de côté » certains passages du Coran ? Explique-moi également cette phrase. On me dit que pour être un bon musulman, il faut suivre les préceptes du Coran. Cette phrase, doit-elle être prise « au pied de la lettre » ou est-ce une manière de parler ?

Au fond, j’aimerais demander aux autorités religieuses de l’Islam, en toute bienveillance et amitié, qu’elles m’expliquent s’il existe une différence simplement de degré (d’interprétation comme elle semble le dire depuis quelques jours) ou bien (ce que tu imagines je préférerais largement) une différence de nature entre Islam et islamisme.

Cette question renvoie à celle du juge-arbitre : qui définit la doctrine de l’Islam, ce que c’est que l’Islam (et donc pas l’islamisme) ? Je sais que, contrairement à l’Eglise Catholique, il n’existe pas de hiérarchie ecclésiastique. Est-ce à dire que tous les imams se valent ? N’existe-t-il pas d’hérésie, d’excommunication en Islam ? Pourquoi parle-t-on d’islamisme et pas de secte ? Ce que dit l’imam progressiste de Drancy vaut-il, théologiquement, ce que dit l’imam fondamentaliste qui a endoctriné les assassins de Charlie Hebdo ? N’existe-t-il pas de moyens de « virer » ces fanatiques ? Vu de l’extérieur, on a l’impression que tous les discours (d’un point de vue toujours religieux) des imams se valent, qu’il n’est pas possible de « faire le ménage » en excommuniant tel ou tel fondamentaliste ? Cette impression, tu le sais mieux que moi, nourrit l’idée selon laquelle, d’une certaine manière, l’Islam modéré serait tolérant avec l’islamisme. Je crois que, pour beaucoup de nos compatriotes c’est un point crucial qui demande à être largement éclairci par les autorités religieuses de l’Islam. Je comprends qu’il s’agit là certainement d’une vraie révolution, mais l’Islam peut-il continuer à ne garder comme guide, comme « mode d’emploi » que le Coran ? Ne doit-il pas construire, en plus, un corpus doctrinaire évolutif qui permettre de condamner et d’exclure les éléments fondamentalistes ? L’Islam ne doit-il pas s’organiser pour porter une « voix officielle » permettant de dire ce qu’est l’Islam et ce qu’il n’est pas, ce qu’il accepte comme discours et ce qu’il rejette ?

Islam et politique, laïcité

Enfin cette réflexion  me conduit naturellement à interroger le lien entre Islam et politique. Les fanatiques islamistes se battent pour imposer la loi de la Charia. C’est-à-dire, si j’ai bien compris, la règle de vie édictée par le Prophète. Est-ce à penser que pour l’Islam, le Coran contient également des injonctions politiques, qu’il décrit aussi l’organisation politique des hommes de leur habillement à leurs modes de gouvernements ? Le Coran est-il à ce point parfait, qu’il soit aussi une référence politique ? Bref, le Coran est-il un texte politique ? Je ne veux pas comparer ni faire là encore de jugement de valeur, je reviens juste à ce que je connais un peu mieux, la Bible. Dans celle-ci, la distinction entre politique et religion est pour moi claire (ce qui ne signifie pas que l’institution « Eglise catholique » n’est pas ensuite, dans l’Histoire, cherchée à imposer une loi qu’elle disait tirer de la Bible). Jésus dit : Je laisse à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu. De son côté l’empire romain, par la représentation de Ponce Pilate, se lave les mains du sort réservé à Jésus car il considère que cela relève de la religion et que l’empire romain ne se mêle pas de religion. Cette conception de la religion a donné naissance, jadis, au principe de laïcité mais aussi à la distinction philosophique entre vie privée et vie publique. J’aimerais être convaincu qu’au-delà de son prosélytisme politique normal (concernant un certain nombre de questions de sociétés par exemple) inhérent à toute religion monothéiste, l’Islam n’est pas une « religion politique ».

Bref, tu l’auras compris, loin de moi l’idée de jugement ou d’accusation. Simplement l’idée de comprendre ou peut-être de voir ce que l’acte affreux de cet attentat contient en arrière-fond d’incompréhension ou de quiproquos entre notre pays la France, pays laïc mais pays façonné par des siècles de Christianisme (« Fille aînée de l’Eglise ») ce qui laisse forcément des traces dans les inconscients collectifs, et la culture religieuse musulmane.

Au fond la question que je me pose et devant laquelle il me semble qu’il ne faut plus reculer pour les autorités musulmanes au risque de faire le jeu de ceux qui vont se servir de cela CONTRE tous les musulmans est la suivante : existe-t-il, au-delà de causes exogènes (problèmes d’intégration, racisme, exclusion, manque de lieux de cultes dignes, déterminants socio-économiques…) qui sont importantes et que je ne veux pas minorer, des causes endogènes de l’Islam (en tant que religion c’est-à-dire à la fois porteuse d’une doctrine ET organisation humaine perfectible) elle-même qui peuvent expliquer la montée de l’islamisme ?

Si j’osais une réponse, je dirais que Oui, il existe dans le Coran comme dans la Bible des passages qui servent de supports aux fondamentalismes. La question est alors : comment ces religions s’immunisent-elles contre ces dérives ? Comment isolent-elles et d’une certaine manière « marginalisent-elles » ces extraits du texte sacré ? Comment agissent-elles pour séparer ceux qui sont des musulmans sincères et ceux qui prônent des dérives totalitaires ? C’est la question qui aujourd’hui se pose particulièrement aux responsables musulmans. Et je ne crois pas que l’on puisse répondre durablement à cette question en disant simplement : c’est une mauvaise interprétation du Coran (sans possibilité de sanctionner ces mauvaises interprétations).

Ces questions, mon ami, mon frère, je ne te les pose pas à toi qui, tout comme moi, n’ont pas les qualités, les connaissances nécessaires pour répondre. Non, je les pose aux autorités musulmanes parce que ce sont ces questions qui aujourd’hui traversent aussi la société française et ne manqueront pas de nourrir les haines. Elles sont sûrement idiotes, maladroites, peut-être à côté de la plaque parce qu’elles révèlent inévitablement mon ignorance sur ces sujets. J’ai souvent cité la religion catholique non, comme je l’ai dit dès le début de mon propos, pour la poser en idéal ou en référence, loin de moi ce souhait. Il y aurait beaucoup à redire et à interroger sur cette religion. Non, je l’ai cité car on ne parle jamais de nulle part, on parle à partir de ses propres référentiels culturels, idéologiques et religieux.

Les musulmans n’ont pas à se justifier de faits qui relèvent de la barbarie de quelques-uns. Aucun amalgame ne doit être toléré. Néanmoins, l’épisode tragique qui vient d’avoir lieu exonérera pas les autorités musulmanes et les musulmans du monde entier de s’interroger sur le fait que dans notre monde actuel (il en fut pareil avec d’autres religions dans d’autres temps) c’est au nom de l’Islam qu’agissent ces monstres. Bien qu’ils ne soient qu’une infinie minorité, ce fait existe et doit être analysé, d’abord pour les musulmans eux-mêmes et ensuite pour les autres. Les responsables musulmans doivent apporter des réponses, un antidote à ces dérives. Le simple fait de dire « C’est une interprétation erronée de L’Islam » (qui, en creux, laisse entrevoir la possibilité d’une telle interprétation) n’y suffira pas. Les responsables musulmans ne peuvent pas s’en laver les mains comme cela et retourner à leurs taches habituelles. Nous avons, toi et moi, besoin d’autres réponses, plus concrètes pour que l’amalgame entre Islam et islamisme ne soit pas possible.

Il ne s'agit là que d'une partie de la question, j’essaierai dans les jours qui viennent de me pencher sur d'autres malaises révélés par cette tuerie. Merci d'avoir pris le temps de me lire, et mieux encore de m'instruire, de m'aide à comprendre.

Amicalement et fraternellement,

Denis
Simple citoyen

samedi 10 janvier 2015

Rassemblement dimanche à 15h00 à Annecy


Un grand rassemblement républicain est organisé demain, dimanche 11 janvier, à 15h00 devant la mairie, pour saluer la mémoire de ceux qui, cette semaine, sont morts pour la démocratie.

Journalistes, forces de l'ordre, otages, et simples employés, ils sont morts sous les coups de feu de l'intolérance, de la barbarie et du totalitarisme. Depuis plusieurs jours, la France se lève pour défendre le droit à la liberté d'expression, le droit à la satire, le droit à la critique, le droit aussi de chaque citoyen, quelque soit ses opinions, à vivre dans la sécurité et en toute liberté.

Après l'émotion, il faudra s'interroger sur les raisons de ces dérives et trouver des solutions, qui seront nécessairement complexes, loin des slogans simplistes et des polémiques indignes tels que les appels au rétablissement de la peine de mort. On ne répond pas à la barbarie par la barbarie.

S'il est un autre souhait que je formule d'ores et déjà c'est que le regard que certains portent sur nos forces de l'ordre change. Les forces de l'ordre républicaines, qui ont montré tout au long de ce drame leur professionnalisme et leurs sens du devoir, méritent le respect de la Nation. Ces femmes et ces hommes forment le cordon de sécurité qui sépare notre société de la barbarie et de l'anarchisme au péril de leurs vies.

Dimanche encore, la France mettra un poing d'honneur à dire et redire quelle est la Nation des Droits de l'Homme et du Citoyen en se levant contre le racisme, la barbarie et contre tous ceux qui veulent nous empêcher de vivre libres.

La manifestation de demain ne s'adresse pas à tel ou tel citoyen, à tel ou tel parti politique, à telle ou telle association ou groupe, à telle ou telle institution. Elle invite tous les Français qui le souhaitent à faire part de leur émotion et de leur envie de continuer à être qui nous sommes et à défendre les valeurs qui sont celles de notre République.

Venez nombreux !

mercredi 7 janvier 2015

Charlie Hebdo

C'est avec une très grande peine et une certaine incrédulité que j'ai appris l'attentat commis ce jour contre le journal et les journalistes de Charlie Hebdo.


Les mots me manquent pour exprimer cette douleur qui est à la mienne et qui a été celle, ce soir, de nombreux Annéciens au cours d'un rassemblement spontané.
Cabu, Charb, Tignous, Wolinski étaient les dignes héritiers de Hugo ou de Voltaire, des Lumières. Leur style pouvait parfois choquer ou faire sourire, mais il touchait toujours juste et provoquait le débat. Ils sont morts parce qu'ils étaient libres.

J'ai aussi une pensée particulière pour Bernard Maris, économiste, qui a tant marqué mes années d'études et participer à constituer mes convictions citoyennes.

A leurs familles, à leurs amis, je présente toutes mes sincères condoléances et tout notre soutien dans l'épreuve injuste qui est la leur.

Bien sûr, derrière cet attentat, c'est la liberté d'expression, pilier incontournable de notre démocratie, qui est attaquée. Refusons les logiques du repli sur soi, de la peur. Refusons tous les amalgames qui n'ont pas de raison d'être. Ces quelques terroristes ne représentent qu'eux-mêmes. J'adresse également tous mes mots de soutien et de solidarité à la profession des journalistes, très affectée par cet acte odieux.


N'oublions pas non plus ces deux fonctionnaires de police qui, eux aussi, ont payé de leur vie le respect de la République et de la vie. En cherchant à arrêter cette barbarie, ils ont été jusqu'au sacrifice suprême, assassinés dans des conditions d'une violence insoutenable. A leurs familles et amis, nous apportons notre soutien et notre gratitude. Ces agents sont morts pour notre liberté, par sens du devoir et de la défense de la démocratie. Ils méritent notre plus grand respect, et à travers eux le respect de la Nation à ses gardiens de la paix.

Demain, jeudi 08 janvier, dans le cadre de la journée de deuil national décrétée par le Président de la République, une minute de silence sera observée en mémoire aux victimes. A Annecy, un nouveau rassemblement aura lieu à 12h00 devant la mairie. Je vous invite tous à participer à ce moment de recueillement pour témoigner que Nous Sommes tous Charlie.

mardi 6 janvier 2015

Festival du film, Annecy - Hérat ?

Je me rends compte que j'ai oublié de vous parler de cette belle initiative, relatée en fin d'année dernière par France Inter (je crois), qu'est le Festival International du Film de la Femme qui se tient depuis 2 ans à Hérat (3e ville du pays avec 436 000 habitants) en Afghanistan.

Afghanistan : La FIDH soutient le Festival International du Cinéma de la Femme - Herat

En entendant le témoignage de ces organisateurs, ces femmes militantes qui travaillent à la reconnaissance du droit des Femmes dans un pays ravagé par les talibans puis la guerre, je me suis mis à rêver à un partenariat entre Annecy (et son festival international du Film d'Animation, sa biennale du cinéma espagnol, son Festival du film Italien,  son festival du film du freeski High Five festival...) et Hérat, son festival du bout du monde.

Ce rêve porte en réalité deux horizons:
- d'abord, voilà une action "utile" pour défendre le droit des femmes et leur émancipation. Dans notre pays, il faut encore et toujours se battre contre le sexisme. Mais voilà peut-être une manière d'ouvrir ce combat et d'y associer d'autres cultures. Car ce partenariat cinématographique pourrait aussi ouvrir d'autres formes de rencontres, de témoignages. Notre pays a participé à la guerre d'Afghanistan entre 2001 et 2014, je crois qu'au-delà des actions militaires, nous avons aussi aujourd'hui le devoir de participer à la reconstruction de ce pays, y compris culturellement.

- Annecy doit avoir une ambition en matière cinématographique, une ambition à la hauteur de son histoire. Annecy doit se positionner, car elle en a les atouts, comme une capitale reconnue du cinéma. Elle doit rayonner. Bien sûr, d'abord et avant tout, autour de sa spécificité qu'est le cinéma d'animation, mais aussi plus globalement dans le cinéma tout court. Ce rayonnement ne peut être que bénéfique en matière de renommée et de retombées ultérieures, y compris touristiques. Or, chaque ville a un budget annuel consacré à la "coopération décentralisée" (c'est-à-dire à l'aide au développement des pays en difficulté). Je crois qu'une partie des fonds d'Annecy, dans une vision globale porteuse de sens pour Hérat et pour nous, pourrait venir soutenir ce festival.

Je rêve qu'un jour Annecy saisisse les atouts qu'elle a pour les mettre au service de causes justes et sensées, avec des moyens maitrisés (et pour tout dire dans un partenariat pas totalement désintéressé). Prendre des risques, aider les initiatives ici et là-bas, investir pour l'avenir et le dialogue entre les cultures, voilà une ambition raisonnable.

Je sais que le festival d'Hérat ne nous a rien demandé, mais... Oups, il est temps de sortir du rêve pour revenir à la réalité, celle d'une ville où le rêve n'existe plus beaucoup, seule la routine a droit de cité.

Pour en savoir plus:
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130308-afghanistan-premiere-edition-festival-international-film-femme-herat/
https://www.fidh.org/La-Federation-internationale-des-ligues-des-droits-de-l-homme/asie/afghanistan/16407-afghanistan-la-fidh-soutient-le-festival-international-du-cinema-de-la