dimanche 30 novembre 2014

Projet des Trésums : symptôme d'une démocratie locale à l'agonie

Le conseil d'Etat vient de rendre son verdict concernant les recours engagés contre le projet immobilier des Trésums (avec l'architecte C. de Portzamparc). Il a confirmé la légalité du permis de construire. Les travaux vont donc pouvoir commencer.


Dire la vérité pendant une campagne électorale

Pendant la dernière campagne pour les élections municipales, avec mon équipe, je n'ai pas souhaité prendre part à la polémique sur ce sujet (vous ne trouvez pas, dans notre programme, une ligne sur ce projet, hormis un point sur lequel je reviendrai en fin d'article). La discussion ne pouvait plus être politique, elle était désormais juridique puisque le dossier était entre les mains du tribunal.

Alors qu'une liste dite "divers droite" (en réalité, pour parler clairement, une liste "fourre-tout droite extrême") a leurré les Annécien-ne-s en leur faisant croire que l'on pouvait arrêter ce projet (ce qui en dit long sur le sérieux du suivi des dossiers), j'ai refusé de rentrer dans ce débat d'arrière-garde et de tenir des promesses infondées aux électeurs.

Je n'ai pas souhaité, comme l'a fait M. Rigaut, faire des promesses démagogiques et électoralistes en promettant de revoir et redessiner les toitures des bâtiments, alors que chacun savait que ce n'était pas possible. Soit le conseil d'Etat validait le projet et alors le promoteur le réaliserait tel quel, sans aucune modification qui ralentirait les choses. Soit il rejetait  le projet et alors, il fallait repartir d'une feuille blanche. Dire qu'on allait modifier, n'avait aucun sens et a contribué à prendre les électeurs pour des imbéciles.

Je regrette que des Annécien-ne-s se soient laissés bernés par un cheval de bataille politique qui n'était plus un sujet d'actualité depuis longtemps. Cela a conduit à l'élection de conseillers municipaux sur un malentendu et une tromperie.

Etre honnête et dire la vérité, ne pas faire de surenchère démagogique, voilà la ligne que je défends et que j'ai portée avec mon équipe. Cela n'est pas toujours simple car les électeurs préfèrent parfois croire aux chimères. Mais j'en suis fier.

Le rôle de l'élu en matière d'urbanisme

N'allez cependant pas croire que je sois fan du projet qui va se réaliser, ni de l'absence de concertation qui l'a entouré et que j'ai de nombreuses fois dénoncée. A mon gout personnel, ce projet n'est pas beau et il n'a rien de "futuriste". C'est au contraire un projet marqué du sceau des années 80 et peu avant-gardiste, notamment d'un point de vue écologique. Mais je suis un élu responsable, et je sais que mon goût personnel ne doit pas être la base de mes prises de décision pour l'intérêt collectif car les goûts et les couleurs...

Le travail de l'élu n'est pas de faire de l'architecture, c'est le travail des architectes en concertation avec la population. Mon travail est de penser l'urbanisme c'est-à-dire l'aménagement de la ville pour le bien-être des habitants. Et sur ce point, il reste un vrai sujet à traiter : celui de la place des classes populaires et moyennes au sein de ce projet.

Le statut de la maison de retraite : vrai combat à mener

Le projet ne compte que 20% de logements sociaux pour les Annécien-ne-s modestes. Nous sommes loin des 30% lancés comme un slogan par la majorité. Ce point important m'avait conduit à poser, en son temps, cette question: les Annéciens modestes n'ont-ils pas droit à la vue sur le lac ?
Alors, certes, la mairie répond que le projet comporte 30% de logements sociaux au sens de la loi SRU qui, par une bizarrerie technocratique, permet de compter comme logement social toute chambre de maison de retraite, publique et privée.

Or, une maison de retraite privée (à min. 3000€/mois) va être créé le long du chemin du Tillier. Je ne considère pas qu'un tel tarif soit à la portée de tous. Et je demande (comme cela était inscrit p.13 de notre programme, c'est le point dont je vous parlais plus haut) que la gestion de cette maison soit confiée au public, à la C2A. Quelle différence ? Un tarif qui peut aller du simple au double avec un coût pour les familles compris entre 1700 et 2000€/mois dans le public contre plus de 3000€/mois dans le privé. Pour moi, cela compte !

Voila le seul combat qui vaille la peine d'être mené concernant le projet des Trésums, aujourd'hui comme en Mars dernier. Tout le reste n'est que stratégie politicienne, promesse électoraliste ou méconnaissance des dossiers, symptôme de tous les excès de certaines campagnes électorales.

mardi 25 novembre 2014

Pollution de l'air : prendre les devants

L'hiver arrive et avec lui la pollution atmosphérique aux particules fines.


Il y a un an, un épisode de plusieurs en décembre puis un autre en mars avait défrayé la chronique. L'étude de l'OMS classant Annecy 2e ville la plus polluée de France avait fait la Une des journaux. La population s'était émue de cette réalité, si longtemps cachée.

Nous voici un an plus tard. Qu'est-ce qui a changé ? RIEN. Les autorités ont fait une réunion publique pour expliquer, grosso modo, qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. Les données de l'OMS étaient exagérées et correspondaient à une année particulière.

Les tenants du tout voiture (que l'on trouve en abondance à l'UMP) mettent leur énergie à promouvoir l'idée d'un percement du tunnel routier sous le Semnoz. Mais que font-ils pour limiter la pollution de l'air ?

Les élus majoritaires ont étouffé l'affaire. Circulez y'a rien à voir !

Puisque rien n'a changé, les mêmes causes produisant les mêmes effets, les épisodes de pollution vont revenir et avec eux les alertes sanitaires pour demander aux plus fragiles (tiens tiens n'est-ce pas ceux que l'on est sensés protéger en priorité?) de rester chez eux ou de limiter leurs déplacements.

Cette situation a assez duré. L'hypocrisie aussi. Il est temps de prendre un virage plus fort, de prendre au sérieux le problème de santé publique, de dégradation de notre image et de destruction environnementale que constitue la pollution de l'air.

C'est pourquoi je demande qu'un groupe de travail se réunisse rapidement pour établir une feuille de route et décider de dispositions à mettre en route en cas de dépassements de seuils de pollution. Ce groupe de travail, piloté par l'agglo, en lien avec les communes, doit faire des préconisations très rapidement. Que doit-on faire en cas de dépassement du seuil d'information ? du seuil d'alerte ? Quelles sont les dispositions à prendre ? Gratuité des bus, limitation de circulation, arrêt de certaines installations, limitation des vols, limitation de vitesse sur l'autoroute, etc...
Ce travail aurait dû être lancé depuis des mois. Il ne l'a pas été par inconscience. Il est temps que cela change, il en va de notre santé !

dimanche 23 novembre 2014

Expulsion du camp Rom d'Annecy

Depuis plusieurs semaines, des Roms se sont installés illégalement sur le terrain des anciens abattoirs, terrain en friche, propriété de la ville d'Annecy.

Cette installations fait suite à l'évacuation l'été dernier de 3 camps situés sur plusieurs communes de l'agglo par les forces de l'ordre, sur décision de la préfecture. L'installation de ces 3 camps faisait elle-même suite à l'errance de ces populations sur l'agglo. Ce n'est donc pas une question nouvelle: depuis des mois ces populations sont baladées d'un point à un autre sans qu'aucune solution ne soit trouvée.

On peut débattre à foison de la question des Roms, des causes de leur émigration de Roumaine et de Bulgarie, de la politique migratoire de l'Europe, de Schengen, etc, etc... Les réponses ne sont pas simples.

On peut aussi faire le constat que pour certaines de ces familles, le mode de vie sédentaire occidental est très loin de leur culture et engendre des problèmes de compréhension et d'intégration. Je ne nie pas non plus les infractions et autres délits (vols, dégradations...) commis par certains des membres de ces communautés. Je redis d'ailleurs que nul n'est au-dessus des lois et j'encourage les victimes de ces méfaits à porter plainte systématiquement. Cela pose aussi légitimement un problème au voisinage. Tout comme la vue sur un bidonville au pied de ses habitations.



Mais au milieu de cette description négative (qui existe et qu'il serait malhonnête de nier), il faut aussi souligner que 70 enfants sont aujourd'hui scolarisés dans nos écoles (conformément à la loi). Ces enfants, qui n'ont rien demandé, sont avides d'apprendre et de progresser. Chaque matin, ils doivent se rendre du camp de Loverchy vers leurs écoles respectives. Parfois, ils font un crochet par la Croix Rouge pour une douche. Il faut souligner le travail effectué par toutes les associations et les citoyens qui essayent de rendre ce quotidien moins difficile. Si certains méritent parfois des légions d'honneur, je crois que c'est parmi eux qu'on pourrait les trouver.

Il y a quelque temps, la mairie (propriétaire du terrain) a déposé plainte pour occupation illégale. La justice lui a donné raison. Aujourd'hui le préfet a été saisi pour mettre à exécution l'expulsion de ce camp. Les rumeurs disent que cette évacuation serait prévue cette semaine.

Personnellement, j'ai dit mon scepticisme et ma franche opposition fasse à cette expulsion pré-hivernale qui ne résoudra rien et qui au contraire aura pour effet d' "éparpiller" ces populations sur le territoire, les rendant ainsi plus vulnérables et plus difficiles à suivre. Certes, je le redis la vie dans ce camp n'est pas la panacée et il existe des risques sanitaires réels. Mais ceux-ci seront encore plus importants pour des individus isolés.

La bonne solution n'est pas l'expulsion avant l'hiver qui augmenterait la fragilité et la vulnérabilité de ces personnes et particulièrement des enfants, encore traumatisés. Au passage, l'annonce par voie de presse depuis plusieurs jours de cette expulsion est venue augmenter inutilement la peur de ces populations.

Je propose plutôt que l'on passe un marché, un accord temporaire.
D'abord la préfecture doit recenser les personnes vivant dans ce camp et leurs situations. Celles qui ont vocation à rester et à s'intégrer doivent se voir proposer un parcours d'insertion. Celles qui ont reçu des obligations de quitter le territoire doivent repartir.
Ensuite, l'agglomération, travaillant de concert avec la préfecture, devrait travailler à une première étape dans le logement d'insertion (type village d'insertion comme cela se pratique ailleurs, et pas nécessairement un appartement social). Dans l'attente, les personnes vulnérables doivent pouvoir être accueillies dans des conditions dignes, via le 115 ou autre. Mais cette solution ne peut pas tout, le 115 étant déjà saturé. Il s'agit de laisser passer l'hiver à celles qui n'auront pu être accueillies sur le terrain des abattoirs en permettant l'installation de toilettes chimiques (qui réduiront les nuisances pour les riverains) garantissant un minimum de dignité. La mairie s'engage alors à ne pas les expulser immédiatement.
Ces populations s'engagent à suivre de manière assidue et sérieuse le processus d'insertion proposée. Un code de bonne conduite peut également être conclu au sein du camp et aux abords.

Cet accord doit pouvoir être valable jusqu'à fin mars. Ensuite on sait que la chantier du centre de production horticole doit commencer et il faudra que ces populations quittent les lieux (à une date déterminée par avance, faisant ainsi retomber la peur de l'expulsion). Ce temps de répit doit permettre à chacun d'avancer et de trouver des solutions durables.

Voila ce qui, je crois, serait une solution humaniste et digne. Elle offre la possibilité du dialogue et de la recherche de solutions pérennes entre tous les acteurs plutôt que l'expulsion qui verra refleurir, rapidement mais en recommençant de zéro pour ces personnes, en plein milieu de l'hiver, d'autres bidonvilles sur l'agglo.

Travaillons à des solutions de long terme, pas à des mesurettes qui ne font que déplacer les problèmes d'un quartier à l'autre, d'une commune à l'autre. Sans angélisme, ni idéologie sécuritaire.

vendredi 21 novembre 2014

Conseil d'agglo sous protection

Depuis quelques mois, les forces de l'ordre sont systématiquement présentes à l'entrée du conseil d'agglomération d'Annecy. Constitué de policiers municipaux de Seynod et de gendarmes nationaux, cette présence m'interroge.

Certes, elle me permet de rencontrer et d'échanger quelques mots avec ces gardiens de la paix, ce qui est toujours plaisant et enrichissant. Bien souvent je les plains même d'être obligés de rester là pour rien, dans le froid. Alors, pourquoi un tel déploiement de forces pour un simple conseil d'agglomération (aucun policier n'est présent aux portes du conseil municipal) ? Qui l'a demandé et pourquoi ?


Oui, il y a parfois des manifestations d'associations qui souhaitent faire passer un message pour telle ou telle cause. Ces expressions sont légitimes (même si je ne les partage pas toutes) et personnellement je ne les crains pas. Les élus sont là pour être interpellés sur tel ou tel sujet.

D'ailleurs, nul n'a jamais eu à déplorer une quelconque violence de la part de ces militants. Au pire, ils brandissent quelques pancartes pour faire connaitre leurs opinions puisque la parole leur a toujours été refusée. Franchement, nous ne sommes pas en présence de délinquants ou d'individus violents.

Un tel déploiement policier est incompréhensible et pour tout dire déplacé. Il frise d'ailleurs le ridicule quand, comme ce fut le cas au dernier conseil, un relevé d'identité des personnes manifestantes présentes est réalisé avec minutie et pointillisme.

Dans une période où les fonds publics se font rares, ces policiers seraient certainement plus utiles ailleurs qu'aux portes du conseil d'agglomération. Voilà d'ailleurs une économie financière que l'on peut suggérer à la ville de Seynod.

La démocratie, c'est à la fois la sérénité pour le travail des élus et le respect des assemblées délibérantes. Et c'est aussi le respect de militants associatifs ou des citoyens qui souhaitent porter leur message dans un climat de dialogue et d'échange, sans aucune violence. Je ne crois pas qu'une présence massive de policiers soit nécessaire  pour cela.

mercredi 19 novembre 2014

Pour une démocratie obligatoire ?

Pendant longtemps j'ai cru que les Françaises et les Français se réveilleraient, marqués par l'histoire du XXe siècle, lorsque la bête immonde viendrait à roder un peu trop prêt des démocraties. Longtemps j'ai cru que l'abstention des citoyens qui laissent ainsi le champ libre à l'extrême droite, n'était qu'un mauvais passage qui prendrait bien fin un jour. Pourtant aux dernières élections européennes, le FN est arrivé en tête. Par adhésion en partie mais d'abord faute d'électeurs, par victoire de l'abstention.

En réalité, le citoyen a pris l'habitude de taper sur les politiciens pour leur renvoyer la faute, la raison de l'abstention (même quand tout le spectre politique est représenté et que l'on ne manque pas de choix). Si les citoyens ne s'intéressent pas à la politique, c'est bien entendu parce que les politiciens se sont appropriés le pouvoir duquel ils tiennent nécessairement les citoyens éloignés.
Il y a sûrement du vrai là-dedans. Pour quelques politiques. Le système institutionnel de la 5e République, que je combats depuis plus de 10 ans, n'y est pas étranger, c'est certain. Mais enfin, l'explication est un peu fragile.

Si je prends mon expérience d'élu local depuis 7 ans, je constate avec amertume que les citoyens ont aussi leur part de responsabilité. On ne me dira pas que je n'ai pas tout fait pour impliquer les gens : réunions publiques, blog, sites internet, tracts, rencontre avec les citoyens, les associations, etc... Et souvent je retrouve les mêmes personnes, impliquées, motivées, qui se dévouent à la chose publique. Mais où sont les autres ? Et que font-ils ? A part, bien sûr, ronchonner devant leur télé ou engueuler pêle-mêle tous les politiques (gauche et droite confondues) au cours du repas familial du dimanche midi ? Certains ne vont même pas voter...

Oui, je le dis, certains citoyens sont aussi responsables de la situation. En se détournant, par conviction mais souvent par paresse de la chose publique (combien assistent au conseil municipal ou d'agglo? (même s'il serait plus facile de les retransmettre par internet comme nous l'avons demandé) aux réunions publiques? Etc..), certains citoyens abandonnent la démocratie à d'autres. Nous ne sommes pas dans une démocratie de l'applaudimètre ou des sondages, mais dans une démocratie où les citoyens ont aussi des devoirs, et le premier d'entre eux est de se renseigner sur ce qui se passe, se tenir informé et enfin voter.

Pour remettre les citoyens au boulot et les sortir d'une forme de victimisation complaisante, il faut bien sûr changer la constitution en passant à une 6e République. Cette 6e République devra ainsi contenir le non-cumul des mandats (pour refaire vivre la démocratie), la possibilité de véritables référendums d'initiative populaire, la clarification du mille-feuille territorial... mais aussi, l'obligation du vote aux élections pour les citoyens (sous peine d'amendes et ce qui implique une vraie reconnaissance du vote blanc) ainsi que l'obligation de se syndiquer (pour redynamiser notre démocratie sociale).

L'abstention est-elle devenue IN? à la mode ? Voter est-ce devenu ringard ? pour les vieux ? Je me demande si parfois cette vision n'est pas en train de gagner notre société. Les parents ne votent plus et les enfants, une fois majeurs, ne savent même pas comment faire... L'école n'arrive plus à renverser la vapeur.

Nous avons besoin de citoyens acteurs de la démocratie. Il faut redonner gout aux citoyens de s'engager pour les Autres (c'est pourquoi je pense aussi que les années de bénévolats dans les associations devraient compter pour la retraite sur un ratio trimestriel à définir). Cela passera pour des mesures d'incitation ET d'obligations. Peut-être qu'alors les discours simplistes, les slogans de certains partis populistes cesseront de paraître séduisants.

Les citoyens ont des droits, ils ont aussi des devoirs. Le vote est un devoir. Il faut reprendre collectivement le chemin des isoloirs, réapprendre le geste de glisser des bulletins dans l'urne. Créer un réflexe.

samedi 15 novembre 2014

Faut-il augmenter les impôts de l'agglo ?


Le débat préparatoire au prochain budget de l'agglo a eu lieu jeudi dernier. Dans un contexte de baisse des dotations (subventions) de l'Etat à la C2A, il faut trouver les moyens de présenter un budget équilibré.

Le président a soumis au débat les orientations suivantes pour le budget 2015 : une limitation des dépenses de fonctionnement conduisant à une hausse de la masse salariale (liée à l'ancienneté et la revalorisation des rémunérations des agents de catégorie C) de 1.85% ; une stagnation des subventions versées ; une baisse de la DSC (Dotation de Solidarité Communautaire versée aux communes) de 2% (gain : 182 000 euros); une hausse des impôts locaux (taxe foncière passerait de 0% actuellement à 0.40% en 2015 soit 800 000 euros de recettes supplémentaires; la taxe d'habitation passerait de 6.47% à 6.66% soit 465 000 euros de plus); un maintien du niveau d'investissement à 15 millions d'euros par an.

Ma réaction par rapport à ces orientations.

- La hausse de la taxe d'habitation n'est pas admissible. Je suis contre car elle impactera les habitants de manière excessive. Je préfère que l'on diminue davantage la DSC versée aux communes (en passant à une baisse de 5%). Certes cela représentera une perte de recette pour les communes, mais l'avenir est aux agglo, pas aux communes. Si l'on veut arrêter le mille-feuille administratif, il ne faut pas empiler les impôts mais transférer des compétences des communes vers l'agglo dans un esprit de mutualisation.

- La hausse de la taxe foncière (payée par les propriétaires) est plus discutable. L'augmentation de la population et son vieillissement nécessitent des moyens financiers pour faire face. Construction de logements, de maisons de retraites, aide à domicile des séniors, etc... Sans compter que la crise économique provoque des situations difficiles qu'il est légitime de soutenir. Ainsi, une stagnation du budget du CIAS n'est pas entendable. L'assiette de la taxe foncière est également plus large.

- La hausse des impôts, si elle est nécessaire, doit être réduite et doit servir l’intérêt des habitants, pour faire face à leurs difficultés. Je m'oppose à l'orientation actuelle qui consiste à augmenter les impôts pour pouvoir se payer un nouveau centre des congrès et un tunnel sous le Semnoz.
PAS de HAUSSE d'IMPOTS et de l'ENDETTEMENT pour financer ces PROJETS RUINEUX ! (C'est pourtant ce qui est proposé. Je me souviens d'un temps où le président jurait la main sur le coeur qu'il n'y aurait pas de hausse d’impôts pour le centre des congrès...). Oui au maintien d'un haut niveau d'investissement (15 millions d'euros qui soutiendront le secteur du BTP et les emplois) mais pour des projets utiles à la population.

- Je considère que s'il faut faire le maximum pour responsabiliser les associations que l'on subventionne (mais également les organismes comme le SDIS = les pompiers), il est utopique d'imposer 0% à celles qui ont du personnel sauf à les obliger à revoir le niveau de service qu'elles rendent à la population.

- Concernant les transports en commun, qui doivent être la priorité n°1 de l'agglo, je considère qu'il est temps de se pencher sur leur financement d'une manière posée, rigoureuse et apaisée. Pour cela, il s'agit de chiffrer finement le coût de la réalisation de la croix de BHNS (ces deux axes structurants en Bus à Haut Niveau de Service) inscrite dans le projet d'agglo 2030. Sachant qu'il nous reste 15 ans avant 2030, il s'agit de définir le montant d'investissement nécessaire chaque année (coût global divisé par 15 ans). A partir de là nous pourrons nous interroger sur les moyens de financer cet investissement, y compris au besoin en relevant un peu le Versement Transport. Les transports en commun doivent être la priorité. Cela coûte moins cher, beaucoup moins cher que la construction d'un tunnel qui ne résoudra aucun problème.

jeudi 13 novembre 2014

Réunion publique contre le centre des congrès à Albigny

J'invite tou(te)s les Annécien(ne)s à venir participer à cette réunion organisée par le collectif d'associations. La construction de ce bâtiment en bord de lac n'est pas irrémédiable. Ce projet de centre des congrès à Albigny doit continuer à être combattu. Il est ruineux et dévastateur pour notre paysage. Il sera un véritable boulet financier et environnemental que nous léguerons à nos enfants. Opposé à ce projet depuis le début, je sais que nous avons besoin d'un large soutien populaire. Ne nous résignons pas !

PROJET DE CENTRE DE CONGRES
SUR LA PRESQU’ILE D’ALBIGNY

Devant le silence officiel et les contre-vérités

Réunion publique

                          pour expliquer les développements importants survenus ces derniers mois

Ce que vous voulez savoir...

               Ce que l'on ne vous a pas dit...

Une large place sera laissée aux questions / réponses. La réunion étant publique, souhaitons que des partisans du projet viennent s’exprimer ce qui permettrait à chacun de pouvoir exposer publiquement et librement son point de vue.


 
Mercredi 19 novembre à 20h, salle Pierre Lamy


Libre participation aux frais

Pour info:  http://centrecongres-albigny.over-blog.com/2014/10/newsletter-octobre-2014.html
                                                                       
  Organisation : Les Amis de la Terre, Lac d'Annecy Environnement, FRAPNA, Pax Christi


lundi 10 novembre 2014

Quel budget pour Annecy en 2015 (partie Investissements) ?

Voici les orientations budgétaires que j'ai défendues au nom du groupe "Avec vous, Annecy pour tous" lors du dernier conseil municipal, dans le cadre du Débat d'Orientations budgétaires (DOB).

Partie Investissements

Recettes :

- La ville d'Annecy est très peu endettée. Alors que l'autofinancement (différence entre les recettes de fonctionnement et les dépenses de fonctionnement) qui sert à financer une partie des investissements tend à se réduire, la ville doit poursuivre ses investissements. Pour cela, elle peut recourir de façon maîtrisée et ponctuelle, à l'emprunt. En effet, la ville ne peut rester à stagner et de nombreux investissements sont nécessaires. De plus, les taux d’intérêt sont actuellement très bas. Enfin, ces investissements servent aussi à soutenir le tissu économique local. L'endettement ne doit pas être un tabou.

- La recherche en matière de subventions, notamment les subventions européennes, doit être accentuée. Annecy n'a pas la culture de la recherche de ces financements, certes difficiles à obtenir, mais souvent assez généreux. Il ne faut pas se priver, notamment en ce qui concerne les politiques environnementales (économie d'énergie, éco-rénovation...)

Dépenses :

- Nous demandons une augmentation de l'enveloppe consacrée à la réalisation de nouvelles pistes cyclables. Le nombre de km sur Annecy reste désespérément bloqué à 33 depuis des années. Nous souhaitons que l'affichage en termes de politique de report modal vers les vélos soit suivi d'effets.

- Nous demandons que les sommes initialement prévues pour le Programme Intérêt Général (PIG) "J'éco-rénove ma copro" soient bien inscrites au budget et non pas revues à la baisse. Je regrette d'ailleurs que les diagnostics thermiques ne soient pas réalisés totalement gratuitement (seulement pour ceux qui engagent les travaux) car cela aurait un effet d'entrainement important et permettrait d'accélérer ce programme, important pour le porte-monnaie des Annéciens et le respect de la planète.

- Nous souhaitons que l'enveloppe consacrée à la rénovation des aires de jeux pour les enfants soit maintenue à son niveau des 2 dernières années, environ 200000€, presque le double de ce qui était consacré auparavant. En effet, il reste de nombreuses aires de jeux à rénover dans les quartiers d'Annecy.

- Nous demandons une hausse significative des subventions allouées au logement social afin de booster la construction et de répondre aux exigences de la loi, à savoir, 25% de logements sociaux en 2025.

- Nous voulons que la rénovation de l'école Carnot (rénovation complète, y compris thermique), tant de fois repoussée depuis des années, soit enfin inscrite au budget 2015. Je rappelle que cette rénovation (dont un certain nombre d'études ont déjà été réalisées) avait été promise dans le mandat précédent. Elle n’apparaît pas dans les orientations budgétaires proposées par le Maire. Nous ne pouvons l'accepter. Voilà un exemple de travaux qui peuvent être en partie financés par l'emprunt, car une école cela dure des années et il n'est pas incohérent d'en faire porter le coût sur plusieurs années grâce à des annuités d'emprunt. Nos enfants ne peuvent être les victimes de la crise budgétaire.

- Enfin nous avons été étonnés de ne pas voir de ligne budgétaire affectée à la construction du nouveau commissariat de police. Je rappelle que le bail du commissariat actuel aux Marquisats se termine en 2018. Si nos policiers veulent pouvoir déménager à cette date, il faut commencer à s'inquiéter du futur lieu d'implantation et avancer rapidement sur ce dossier.

Certes cela représente des dépenses supplémentaires. mais nous aurions pu faire des économies sur 2 projets proposés par l'équipe majoritaire :
- faire acheter la villa des Marquisats (une des 4 villas située derrière le commissariat qui sera rachetée pour être démolie en vue de réaliser le "Petit Paquier) par l'Etablissement Public Foncier (EPF). Cela aurait permis de dégager 1.5 millions d'euros sur le budget de la ville. De plus, une commune n'a pas vocation à thésauriser. Mais pour cela, il est plus qu'urgent que l'agglo adhère enfin à l'EPF.
- faire financer une partie du futur centre horticole par d'autres communes intéressées par cet équipement. Voilà une bonne manière de faire des économies pour tout le monde : mutualiser des équipements et donc leurs coûts de construction. Je suis convaincu que nous aurions pu économiser pas loin d'un million d'euros sur ce budget.

Ces orientations budgétaires que nous avons défendues reflètent bien nos priorités pour le budget communal:
- Logement pour tous
- Ecologie 
- Ecoles 

samedi 8 novembre 2014

Quel budget pour Annecy en 2015 (partie fonctionnement) ?

Voici les orientations budgétaires que j'ai défendues au nom du groupe "Avec vous, Annecy pour tous" lors du dernier conseil municipal, dans le cadre du Débat d'Orientations Budgétaires (DOB).
Partie Fonctionnement 

Recettes:

- J'ai demandé que la Dotation de Solidarité Communautaire (DSC) versée par l'agglo aux communes soient anticipée avec une réduction de 5% cette année. En effet, l'agglo est la structure institutionnelle qui doit porter l'avenir du territoire, son développement. Elle doit donc avoir les moyens nécessaires pour cela. Pour l'agglo, la DSC représente une charge. Pour les communes, une recette. Derrière cette orientation, c'est une véritable vision politique que nous portons. Au moment de la création des agglo, on a empilé une couche de plus au mille-feuille administratif. Aujourd'hui, les agglo sont amenées à voir leurs compétences augmenter. Si on ne veut pas augmenter les dépenses, il faut bien que la hausse des recettes pour l'agglo se fasse "à budget constant voire en diminution" des communes.

- Le Premier Ministre a annoncé la poursuite du fonds d’amorçage de la Réforme des Rythmes Scolaires pour l'année scolaire 2015-2016, ce qui offre quelques recettes supplémentaires pour la ville.

- Concernant la fiscalité, nous avons proposé que nous n'augmentions pas la pression fiscale (les taux de la ville) cette année. Par contre, nous proposons de différencier l'évolution de la Taxe d'Habitation (TH) et de la Taxe Foncière (TF). Pour comprendre, il faut revenir sur comment se calcule le montant de votre taxe. La taxe foncière (ou d'habitation) est toujours la multiplication entre un chiffre (appelé la base) et un taux. La base est fixée par les services de l'Etat, l'augmentation annuelle de sa valeur est fixée par le parlement (on parle pour 2015 de 1%). La ville fixe de son côté le taux.
Montant de la taxe = base x taux
Sans changer le taux, si votre taxe d'habitation 2014 était de 100€, elle sera en 2015 de 101€ liée à l'augmentation de 1% de la base). De même pour la taxe foncière.
Donc, si en 2014 la ville touchait 200€ (100€ de taxe foncière + 100€ de taxe d'habitation), elle devrait toucher en 2015 : 101+101 = 202€.
Nous proposons de figer le montant de la TH à son niveau de 2014, à savoir 100€. Et de reporter le manque à gagner sur la TF qui passerait donc à 102€ au lieu de 101€. Au total on a bien nos 202€ mais décomposés de la façon suivante : 102€ de TF + 100€ de TH.
Pour cela, il faut donc augmenter légèrement le taux de la taxe foncière et diminuer celui de la taxe d'habitation.

Cette différenciation profite aux habitants et pénalise les propriétaires investisseurs et bailleurs. Un locataire ne paye que la TH, il reste donc au niveau de 2014. Un propriétaire occupant son logement paye la TH +la TF, pour lui, le résultat est le même. Seuls les propriétaires non occupants, ceux qui louent leur bien et qui ne payent que la TF sont impactés légèrement. Le taux de la TF d'Annecy est très bas.
Cela serait un beau geste en faveur de ceux qui vivent à Annecy, un geste en faveur du pouvoir d'achat des Annéciens modestes.

Dépenses :

- Il faut faire des économies et limiter la hausse des dépenses de fonctionnement, alors que les dotations de l'Etat baissent. Il faut ici saluer le travail des services de la ville en ce sens et leur redire toute notre reconnaissance pour le travail qu'ils font.
- Les associations seront aussi mises à contribution. Néanmoins, il nous apparaît important de faire un effort pour les budgets des associations œuvrant dans le champ du social car elles accompagnent, dans ces temps de crise, de plus en plus de personnes en difficulté. Nous pensons aussi au CCAS. De même, il nous apparaît difficile de demander aux associations qui ont du personnel de faire un effort inférieur ou supérieur à l'effort fait par la ville elle-même en matière de personnel, à savoir une hausse de 1.4%. Ces associations qui ont des charges qui augmentent, doivent être accompagnées. Nous pensons en particulier aux MJC.

(à suivre, la partie Investissement du budget)

vendredi 7 novembre 2014

Des politiques starlettes du FN

Au dernier conseil municipal a eu lieu le débat d'orientations budgétaires (DOB). C'est un exercice imposé (pour prendre une image en rapport avec le patinage artistique) par la loi, qui consiste à débattre des grandes lignes politiques que l'on veut voir apparaître dans le prochain budget, qui sera voté le mois prochain.

La majorité propose ses orientations en termes de dépenses (frais de personnel, subventions, achats, nouveaux équipements et investissements) et de recettes (impôts, tarifs).

Pour que cela soit un vrai débat démocratique, il faut que les groupes dits "d'opposition" fassent eux aussi ce travail. C'est le moment où chacun doit s'exprimer sur l'année à venir. Faire part de ses attentes, de ses priorités, de sa vision pour Annecy et les Annéciens. C'est un exercice difficile (le plus difficile pour moi d'une année d'élu) mais passionnant car il consiste à mettre réellement les mains dans le cambouis. Si on demande plus de dépenses sur tel point, il faut alors faire des économies ailleurs... C'est vrai que cela demande du travail et du sérieux.



J'ai fait remarqué, à la fin de ce débat, que le FN n'était pas intervenu. J'en conclu qu'il n'a rien à dire sur l'avenir budgétaire de la ville. A moins que ce ne soit sa méconnaissance du fonctionnement des collectivités locales qui soit en cause.
Je regrette ces postures politiciennes qui visent à déverser des solutions toutes faites dans des tracts ou via la presse, avec des airs de donneurs de leçons. Où sont-ils ces donneurs de leçons au moment de débattre de l'avenir de la ville ? Ah c'est sûr que c'est plus difficile de se plonger dans les dossiers et de faire des propositions.
Le FN n'a rien à proposer aux Annéciens. Il l'a prouvé ce lundi. 

Il prétend être intervenu au moment d'une autre délibération pour faire part de ses orientations budgétaires. Il se moque vraiment du monde. Il est intervenu au moment de l'adhésion de la ville à une structure (la SPL OSER : qui nous aidera pour faire les travaux d'isolation et de rénovation thermique de nos bâtiments) pour se plaindre de ne pas avoir eu les statuts de cette société et son pacte d'actionnaires. Comme T. Billet lui a très bien répondu, quand on prépare sérieusement son conseil municipal en amont (les conseillers municipaux reçoivent les convocations avec les délibérations une semaine avant le conseil), si on veut des documents complémentaires, on les demande ! Preuve une nouvelle fois, que le FN se fout de préparer ses dossiers. Et en tous cas cela n'a rien à voir avec un véritable travail et des propositions sur l'avenir du budget de la ville !

Vous voyez que contrairement à ce que j'ai pu lire, il ne s'agit pas là de "sarcasmes" ou d'avoir qui que ce soit "dans le collimateur". Ce n'est pas un jeu entre Duperthuy et le FN. Non, il s'agit de montrer l'imposture du FN au conseil municipal. D'autant que je lis aujourd'hui que le FN fait passer un communiqué de presse pour réécrire l'histoire. Je regrette que les journaux aient décidé de faire passer ce genre d'information. Le FN ne dit rien quand c'est le moment (au conseil) et fait ensuite passer des communiqués (malheureusement repris) pour faire croire qu'ils ont fait quelque chose. Il avait déjà fait le coup après le dernier conseil.

Alors entre le maire qui tient une conférence de presse avant le conseil pour dire (à sa sauce) ce qu'il va redire ensuite et le FN qui fait des communiqués après pour dire ce qu'il n'a pas dit, je finis par me demander s'il sert encore à quelque chose que j'assiste aux conseils municipaux !

Avant, on valorisait ceux qui apportaient du fond, qui faisaient des propositions constructives, maintenant on valorise la médiocrité et les stratégies de pure communication. Pauvre démocratie, malade. Pauvres Annéciens, bernés.


jeudi 6 novembre 2014

Intervention au conseil municipal sur le logement

Représentation d'1 m²

M. le Maire, chers collègues,

La question de la mixité sociale en ce qui concerne le logement est un enjeu primordial à Annecy. La cherté du logement sur notre bassin de vie est insoutenable pour de nombreux Annéciens et pose des problèmes. Face au coût exorbitant du logement, de nombreuses familles modestes sont obligées de se loger à l’extérieur de la ville, ce qui engendre d’autres problèmes comme les flux de circulation. 

Lors de votre campagne, vous avez promis de mettre en œuvre une politique du logement basée sur le principe des trois tiers : 1/3 logements sociaux, 1/3 accession aidée, 1/3 accession libre. Aujourd’hui comme hier, vous ne tenez pas vos promesses. Si généralement (à force de vous pousser) la construction de 30% (ce qui ne fait pas 1/3 car 1/3 = 33%) de logements sociaux est actée, le tiers d’accession aidée n’existe quasiment jamais (cf. rapport activité de la C2A qui note 20 logements en accession aidée pour 2013 sur toute l’agglo).

Sur Vallin-Fier, comme sur les Fins, vous programmez bien 30% de logements sociaux, mais le 1/3 d’accession aidée n’y est pas. Non, vous préférez faire 70% d’accession libre à 4500€/m². Qui peut se payer un logement à de telles sommes ? Pour que chacun puisse bien comprendre ce que cela représente, nous avons réalisé en papier une représentation pour illustrer ce qu’est 1m². Vous voyez, ce n’est pas bien grand ! Mais cela représente déjà 4 mois de SMIC net ou bien encore 2 mois de revenus pour un foyer fiscal moyen annécien. A ce prix, un appartement de 70m² (environ la surface des appartements moyens sur Annecy) coûte 332 000€ avec garage soit l’équivalent de 24 années de SMIC ! Mais si le smicard annécien doit emprunter pour s’acheter cet appartement, en supposant qu’il consacre tout son salaire (1120€) à rembourser son emprunt, alors il lui faudra 563 mois, soit 47 ans, pour venir à bout de son crédit. On peut aussi prendre la question dans l’autre sens. Combien faut-il percevoir de revenu net mensuel pour qu’une banque accepte de vous prêter 332 000€ sur 20 ans avec un taux d’intérêt de 3% ? Cela correspond à une mensualité de 1841€ soit un revenu (les banques ayant un critère pour éviter le surendettement qui correspond à une mensualité qui ne peut dépasser 30% du revenu net) mensuel net de 6 100€ ! Ce niveau de revenu, même pour un foyer fiscal, est considéré comme faisant partie, selon l’INSEE, des 5% des Français percevant les plus gros salaires. Eh oui, à Annecy aujourd’hui on construit pour les 5% des Français les plus riches !

Ces prix sont extravagants et hors de portée pour les Annéciens. Je ne parle pas ici des logements sociaux, non, je parle de ceux qui veulent pouvoir devenir un jour propriétaires pour eux-mêmes, leurs enfants, leur retraite.

En choisissant de ne pas faire d’accession aidée, de ne pas vous doter des outils pour permettre à tous les Annéciens de pouvoir devenir propriétaires, vous favorisez une infime minorité de citoyens riches. Vous excluez d’Annecy les familles modestes.

Cela, nous ne pouvons l’accepter ! D’ailleurs, l’étude préalable à l’élaboration du futur PLH, réalisée par le cabinet Sémaphores et présentée au bureau de l’agglo le 03 octobre dernier (nous l’avons reçu ce vendredi) souligne qu’il faut (je cite) : « diversifier l’offre de logements neufs en termes de prix et de typologies ». Il est préconisé de « construire moins cher et développer une gamme de logements en accession abordable » (dixit) répartis en deux gammes, l’une à moins de 3300€/m² et l’autre à moins de 3600€/m². On est loin des 4500€/m². 1000 à 1200 €/m² de moins que l’accession libre que vous nous proposez ce soir soit 70 000 à 85 000€ de moins pour un appartement de 70m² !

L’agglo, et plus particulièrement la ville centre, ont oublié les familles modestes. Vous avez décidé de faire d’Annecy une ville sans mixité sociale avec d’un côté des logements sociaux insuffisants mais qui vous donnent bonne conscience, et de l’autre une très grande majorité de logements chers. Et ne venez pas nous sortir l’argument du cout du foncier car sur les deux opérations de ce soir (Vallin-Fier et Fins) c’est la ville qui s’apprête à vendre du terrain public à des promoteurs privés pour leur permettre de faire de jolis bénéfices. Sur Vallin-Fier, la vente de nos terrains va rapporter 4 M€ à la ville. La vente des appartements en accession libre (hors logements sociaux) rapportera au bas mot 27 M€ au promoteur. Cherchez l’erreur !

Voici pour l’absence d’ambition en faveur du logement intermédiaire (de l’accession aidée) pour les familles modestes.

Il faut aussi parler du logement social dont je rappelle qu’il bénéficie potentiellement aux ¾ des Annéciens. La loi nous impose de parvenir à 25% de logements sociaux en 2025. Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé que vous ne souhaitiez pas respecter la loi vous plaçant ainsi délibérément en infraction. Vous souhaitez devenir au choix soit un frondeur de la politique du logement, soit un délinquant du logement. Votre argument ? Il faudrait construire 100% de logements sociaux d’ici à 2025. Et bien c’est faux ! Cette même étude du cabinet Sémaphores montre qu’il faut construire 60% de logements sociaux. 60%, pas 100% ! Mais effectivement c’est deux fois plus que la politique que vous menez. Tout est question de choix politiques. Dois-je rappeler les milliers de personnes et de familles qui vivent dans l’attente d’un logement social qui n’est pas un privilège, mais leur juste contribution pour se loger en fonction de leurs revenus ?

D’autres préfectures de Rhône-Alpes comptent plus de logements sociaux qu’Annecy qui, en la matière, ferme la marche. Bourg-en-Bresse : 31.81% , Privas : 26.63% , l’agglomération chambérienne : 24% , et Annemasse qui n’est pas une préfecture mais notre « voisine » haut-savoyarde : 23.15%, etc…
Contre tous les préjugés de certains, ces villes ne font pas la Une des journaux pour leurs taux d’insécurité !

Il est plus que temps qu’Annecy se bouge sur le logement social, ce logement pour tous. Il faut urgemment augmenter le curseur et passer à au moins : 50% de logements sociaux, 30% d’accession aidée et 20% d’accession libre. C’est comme cela que nous referons vivre cette ville en la rendant plus accueillante pour les jeunes, les familles, bref les forces vives d’un territoire. Annecy ne peut se transformer en maison de retraite à ciel ouvert pour personnes favorisées !

Nous demandons que les deux délibérations n°14 et 15 soient retirées de l’ordre du jour le temps qu’un rééquilibrage en faveur des logements aidés et des logements sociaux soit trouvé.

L’idéologie, ce n’est pas de demander plus de logements sociaux et de logements intermédiaires comme nous le faisons pour permettre une véritable mixité sociale sur Annecy. Non, l’idéologie c’est d’oser proposer au vote du conseil des programmes immobiliers qui contiennent 70% de logements au prix de 4500€/m² !

Nous sommes disposés pour retravailler avec vous à ce rééquilibrage avant de procéder dans quelques mois à un nouveau vote. Rien ne presse quand il s’agit de l’avenir des Annéciens et en particulier de leur logement.

En bref :
-  vendre du terrain public pour des logements en accession libre à 4500€/m² n’est pas tolérable.
- on regrette l’absence de politique en faveur de l’accession aidée pour les familles modestes
- on note que votre politique de logements sociaux est une politique a minima, en opposition avec la loi.


Il est urgent de repenser l’urbanisme de notre ville pour préparer la mixité sociale de demain et permettre à nos enfants de vivre ici. 

mardi 4 novembre 2014

Régionaliser l'écotaxe


Le gouvernement s'apprête à rompre son contrat avec la société écomouv' qui devait collecter pour le compte de l'Etat l'écotaxe poids lourds suite aux mobilisations de quelques bonnets rouges.

Je regrette personnellement ce choix . Il est lourd de conséquence financière pour les indemnités de rupture du contrat elles-mêmes mais aussi pour de nombreux projets qui devaient être financés par cette taxe (Bus, Tram, etc...). Je regrette également que, sur ce dossier, la violence de quelques-uns ait fini par emporter le consensus national (droite et gauche) qui s'était constitué autour de la nécessité de cette taxe pour favoriser les reports modaux vers d'autres modes de transports. En la matière, la France continuera à faire exception. Dommage.

Cette affaire révèle aussi un mal bien français, celui de la centralisation parisienne et du jacobinisme à tout prix. Pourquoi une telle mesure ne pourrait-elle pas être déléguée aux Régions qui seront, à partir de 2016, les propriétaires et donc celles qui auront à entretenir les routes (actuellement) départementales ? Pourquoi c'est toujours soit tout le monde, soit personne ?

Il est temps de doter nos régions (futures grandes régions) d'un droit à légiférer sur de telles questions. Si certaines régions souhaitent mettre en place l'écotaxe (dont les portiques sont en place !) comme l'Alsace et pourquoi pas Rhône-Alpes-Auvergne, pourquoi ne pas les laisser faire ? Si d'autres au contraire préfèrent ne pas la mettre en place, comme la Bretagne, pourquoi pas ? Certaines régions peuvent avoir envie de faire financer une partie de l'entretien des routes par une écotaxe et d'autres peuvent préférer les faire payer par leurs seuls contribuables.

Régionalisons l'écotaxe et laissons le choix aux régions. Certains ont émis cette idée et je dois dire que j'y adhère pleinement. Ainsi chaque région pourra mener une politique plus fine de protection de ses transporteurs routiers locaux, tout en dissuadant le fret international.

samedi 1 novembre 2014

Cuisine centrale aux Teppes : des nouvelles électriques

En passant sur l'avenue de France, sur le grillage accolé au terrain où se situe la chaufferie avec la cheminée bleue (angle chemin du maquis), voici que vient de fleurir un nouveau panneau.



C'est un permis de construire en vue de réaliser un transformateur électrique pour la future cuisine centrale. Espérons qu'il sera au moins silencieux... Et que les habitants éviteront cette nuisance là à défaut d'éviter les nuisances des allées et venues des camions.

Je me suis toujours opposé à cette construction sur ce lieu. Sans succès. C'était un des enjeux importants des dernières élections. Nous proposions à la place un bâtiment pour les habitants du quartier, avec des espaces pour les MJC, un parking souterrain et un musée d'art contemporain (en lien avec Arteppes).

Dommage. A la place il y a aura un transformateur et une usine à nourriture.