samedi 30 août 2014

La faillite des élites

Une semaine particulière, étourdissante et déstabilisante se termine. Le changement de gouvernement, suivi de diverses annonces ou ballons d'essais tels que sur l'assouplissement des 35 heures, une possible mise en place d'une TVA sociale, l'abandon de l'encadrement des loyers a poussé le militant socialiste que je suis dans un abyme d'incompréhension.

Dans ces cas-là, on s'interroge, on cherche à comprendre. Le gouvernement serait devenu social-libéral. Qu'est-ce que le social-libéralisme ? quelles différences avec la social-démocratie ? le socialisme ? Ce gouvernement est-il de gauche ? Qu'est-ce que la gauche au XXIe siècle ? Etc...

Mais où sont les penseurs, ceux qui pourraient nous aider à voir clair dans ce moment de confusion ? Où sont ces femmes et ces hommes qui ont le recul nécessaire pour nous expliquer ce qui se passe, ce qui nous arrive ? Les philosophes, les sociologues, les politologues, les économistes... où sont-ils ? C'est maintenant que nous avons besoin d'eux pour qu'ils nous éclairent tels des phares dans la nuit.


Sans eux, les politiques parlent entre eux, sous l’œil des journalistes. Le débat n'avance pas. On parle dans le vide et on renforce l'impression de confusion et d'éloignement des citoyens.

Un exemple ? A l'université d'été du Medef, le Premier Ministre dit : "J'aime l'entreprise". Voilà une phrase aussi stupide que de dire "j'aime l'amour", ou bien encore "j'aime la paix". Tout le monde aime l'entreprise. Le débat n'est pas là. Et je regrette que des élus (premier ministre compris), visiblement plus intéressés par les coups médiatiques, se soient engouffrés dans une polémique aussi vaine que stérile.



La question serait plutôt : "c'est quoi une entreprise ?". Débat barbant et théorique me direz-vous ? Pas tant que cela. Car "l'entreprise", çà n'existe pas. Je ne croise pas d'entreprise dans la rue. Non, l'entreprise est une création humaine. Elle prend d'ailleurs plusieurs formes : des grosses, des petites, des sociétés capitalistiques, des auto-entrepreneurs, des coopératives, des associations... Dans ma thèse de doctorat, j'avais répertorié 24 définitions différentes de ce qu'est une entreprise pour les économistes. 24 définitions partiellement compatibles entre elles mais aussi parfois totalement divergentes. L'entreprise : lieu de production? Nœud de contrats (contrat de travail, de sous-traitance, de maintenance, de vente, d'achats)? Collectif social ? Lieu de prélèvement de l'impôt ? Lieu d'épanouissement personnel ? Lieu de conflits ? Etc...

Qui est l'entreprise ? Les seuls actionnaires ? les salariés ? les clients ? les fournisseurs ? les intérimaires ? Si l'on choisit une définition de l'entreprise comme lieu de production, il va de soi que les intérimaires sont dans l'entreprise, ils devraient donc bénéficier des mêmes droits que les salariés (par exemple l'intéressement et la participation). Mais si l'entreprise se définit d'abord comme un lieu qui unit des personnes selon leurs contrats de travail, alors on peut exclure les contrats d'intérim de ces mêmes avantages. 

Qu'à donc voulu dire le Premier ministre en lançant : "J'aime l'entreprise "? Aime-t-il aussi les autoentrepreneurs ? Les associations productives ? l'entreprise capitalistique? les individus (chômeurs, retraités) qui eux aussi peuvent produire ?

Pour avancer dans le débat, il ne s'agit donc pas de dire si "on aime l'entreprise", mais qu'est-ce que l'on souhaite que soit l'entreprise ? quel doit être son rôle dans la société ? A quoi ça sert une entreprise ? Quelles évolutions sont nécessaires pour atteindre cet objectif  (et c'est là que le travail politique et parlementaire peut avoir lieu) ? Qu'est-ce qu'il faut faire évoluer et qu'est-ce qu'il faut garder?

Pour nous aider dans cette réflexion nous aurions besoin de ces sages, de ces intellectuels dont le métier est de réfléchir aux évolutions de la société, de nous aider à nous comprendre nous-mêmes. Mais où sont-ils ? Où sont les Sartre, les Bourdieu... ? Pourquoi cette absence d'autorité scientifique ? La réponse est malheureusement connue. Normalement, c'est à l'université de former ces intellectuels. Le statut même d'enseignant-chercheur (enseignant à mi-temps, chercheur à mi-temps) devait permettre de créer cette "caste intellectuelle" nécessaire à toute société humaine.

Mais la société ne veut plus payer des chercheurs improductifs. Elle n'accorde plus de crédit, elle ne souhaite plus rémunérer ces "improductifs". Cette dérive de l'université a trouvé son paroxysme avec les "pôles de compétitivité" dont l'objectif est de mettre en relation l'université avec l'entreprise. L'objectif était noble, le résultat catastrophique pour la pensée. Les universitaires se sont quasiment tous tournés vers cette technoscience, ces sciences appliquées dont le seul objectif est d'offrir des solutions commercialisables pour les besoins des consommateurs.

Résultat : l'université a abandonné un de ses rôles sociaux, celui de créer des penseurs qui nous manquent tant, à gauche comme à droite, pour penser ce que nous sommes et ce vers quoi nous voulons aller.

La faillite des élites, c'est qu'au moment où l'on aurait besoin de recul et de sages pour nous aider à comprendre le monde actuel et trouver des solutions, ceux-ci n'existent pas ou sont inaudibles. Et nos élites politiques se voient contraintes de resservir les vieilles rengaines libérales ou gauchistes. Pour le même résultat...

Les révolutions ou les guerres commencent généralement quand les élites n'offrent plus de solutions au peuple. Et ce n'est pas pour moi une perspective joyeuse.

jeudi 28 août 2014

Parc C. Bosson : nous avons gagné !

La réponse à mon recours (document) concernant l'arrêté municipal réglementant les rives du lac est arrivée hier soir sur ma boite mail. Comme le révèle ce matin la presse, le maire vient d'accepter l'ensemble des modifications que j'avais demandées (cf. mon recours) à savoir :
- supprimer l'alinéa instituant une interdiction d'accès à une partie de la pelouse de l'Impérial.
supprimer l'interdiction de l'usage des crampons sur le Pâquier et ainsi permettre la pratique de ce sport dans le respect des lieux et de la pelouse
- revoir l'interdiction totale de la pratique de la slackline, pour en interdire l'usage uniquement dans les parcs publics fréquentés (C. Bosson et Jardins de l'Europe).
Cette réponse me convient parfaitement.

C'est, pour nous tous, une belle et grande victoire.

Une grande victoire, car c'est l'ensemble de mes demandes qui sont acceptées. Ainsi la pelouse de l'Impérial ne sera pas interdite au public et restera, ce qu'elle a toujours été, ouverte au public. Je n'avais pas contesté les autres points de l'arrêté relatifs au bon usage et au bon comportement par tout un chacun de ce parc public urbain. Il me semble légitime de réglementer les choses pour permettre un bon vivre ensemble. Mais l'interdiction allait trop loin et relevait d'une autre logique. Nous avons fait reculer le maire et ainsi consacré l'aspect "sacré" des rives du lac, véritable joyaux de TOUS les Annéciens.

C'est en cela que cette victoire est belle. Grâce à vous tous, qui avez été nombreux à manifester votre désaccord sur cette interdiction (ce blog a battu un record de visiteurs pour cet article et en témoignent vos nombreuses marques de soutien à mon endroit), nous avons pu rappeler à ceux qui nous administrent qu'on ne touche pas aux rives du lac, qu'on ne revient pas sur ce lien "sacré" entre les Annéciens et leur lac.

Je suis très heureux de voir que mes demandes ont été satisfaites. J'en suis heureux pour nous tous. Le nouvel arrêté permettra aux Annéciens de continuer à aimer leur lac et ses rives que ce soit pour leurs balades, leur pratique sportive et les nouvelles pratiques urbaines. Un lac vivant qui s'adapte à la modernité tout en respectant le passé.

Le rôle des élus est d'encadrer pour permettre un meilleur vivre ensemble. En tant qu'élu (et je souhaite ici remercier mes deux collègues Claire Lepan et Evelyne Marteau qui ont soutenu et accompagné cette démarche), je suis heureux d'avoir permis ce débat. La réponse de la mairie montre que mes réflexions étaient fondées et justes. Nous sommes passés pas loin de la catastrophe et d'un grand pas dans le vide par rapport aux valeurs d'Annecy.

Mais aujourd'hui les pelouses du parc C. Bosson, ce grand défenseur du lac, sont "rendues aux Annéciens" (dixit le Dauphiné). C'est une très joie et une très grande fierté que je me devais de partager avec vous.

Merci à tous !

Vive les rives du lac d'Annecy publiques.
Et que continue à vivre encore longtemps la belle histoire d'amour entre les Annéciens, les habitants de l'agglo et leur lac.

Vive Annecy !

PS: cet épisode montre combien la concertation et le dialogue pour des questions aussi importantes sont nécessaires avec la population et tous les élus. Seul on fait des erreurs et on écrit des bêtises. C'est tous ensemble que nous construirons l'avenir d'Annecy pour les générations futures dans le respect de l'héritage des générations passées.

samedi 23 août 2014

Au Bonheur de tous

En route pour un week-end au Grand-Bornand.

L'occasion de passer un bon moment en famille et de participer au festival le plus tendre de l'été. Le festival "Au bonheur des mômes" ouvrira ses portes demain pour plusieurs jours de culture, de théâtre pour enfants, d'arts du cirque et de détente pour le plus grand bonheur des petits et des grands (qui sont tous restés des "grands mômes").

Il faut ici saluer le travail de l'équipe de préparation et de programmation ainsi que des bénévoles. Sans leur travail et leur professionnalisme ce temps, devenu incontournable dans notre département en ces fins d'été, ne pourrait pas être la réussite que nous savons.


Festival Au Bonheur des Mômes 2014

Avec ses nombreuses troupes de cirque ou de comédiens de rue, la Haute Savoie a des atouts mais malheureusement assez peu de visibilité, hormis au moment de ce festival.

Je renouvelle ici la proposition que j'avais portée au moment des élections municipales (cf. p. 19 de notre programme), de créer dans les haras d'Annecy un lieu dédié aux arts du cirque et de la rue. Cet espace répondrait à la fois à cette volonté de visibilité des troupes professionnelles et amateurs, tout en les dotant d'un outil de travail adapté, ouvert au public pour des spectacles; et à la fois à la saturation actuelle de l'école du cirque du centre social du Parmelan.

Je continue de croire qu'Annecy, chef-lieu du département, doit être le lieu d'appui et d'amplification des savoir-faire que nous possédons déjà en matière d'arts du cirque et de la rue. Un des bâtiments des haras serait idéal (en terme de données techniques : hauteur, capacité d'accueil, etc...) pour cela.

Voilà un projet qui me semble prioritaire et d'une utilité plus grande, pour une population plus nombreuse, que bon nombre d'autres projets portés ici ou là par d'autres secteurs culturels qui bénéficient déjà de lieux adaptés (je pense en particulier aux troupes de théâtre amateur).

jeudi 21 août 2014

Parc C. Bosson : Une première victoire et des explications abracadabrantesques

Je lis dans la presse que la mairie aurait réagi à mon dépôt de recours concernant l'arrêté municipal qui vise à interdire une partie du parc C. Bosson.

Je souligne que, suite à ce recours, je n'ai pas reçu de réponse officielle et donc que les communiqués n'engagent que ceux qui veulent bien les croire. Je suis comme Thomas, j'attends de voir pour y croire...

Néanmoins, il semble qu'une première victoire soit d'ores et déjà acquise : l'interdiction de la pratique du slackline sur tout le pourtour du lac serait revu pour permettre aux slickliners de pratiquer leur sport dans un certain périmètre. C'est une victoire (même s'il s'agit à présent d'en discuter les modalités car il ne s'agirait pas de réduire ces espaces à la portion congrue) qui montre bien tout l'intérêt d'avoir parfois un élu qui fait son boulot, pour ce qu'il estime être l’intérêt des Annéciens et des générations futures. Je suis heureux pour les slackliners et tous ceux qui s'arrêtent pour regarder ce "spectacle" au détour d'une promenade.

Pour ce qui concerne l'interdiction de la pelouse du parc C. Bosson, les explications avancées par la mairie sont totalement hors de propos. En lisant ces explications, qui disent que cette interdiction ne serait pas une interdiction (on pourrait continuer à marcher sur la pelouse ?!) mais une manière de réguler le "bon usage" de ce lieu, une image me vient : celle du tableau de Magritte, La trahison des images


Pour JL Rigaut, ceci n'est pas une interdiction

C'est le symbole pour expliquer qu'il faut s'habiller bien sur une pelouse et se tenir correctement. Vous ne l'aviez pas reconnu ? Comment çà, c'est pourtant clair !

Ce genre de facétie à un grand intérêt en art, mais beaucoup moins en terme de réglementation et de pouvoir de police. En prenant des interdictions avec autant de légèreté (le mot "interdiction" ayant un sens qui ne souffre aucune contestation possible), M. Rigaut décrédibilise la parole du maire et ouvre la porte à des débordements qui seraient préjudiciables (qu'en serait-il si chaque arrêté municipal d'interdiction était dorénavant "interprété" et contourné). Bref, j'ai plutôt l'impression qu'on nous prend pour des jambons...

Si personne ne conteste l'idée de réglementer l'usage du domaine public par un arrêté municipal, ceci n'a rien à voir avec cette interdiction. Dans l'article 3 de l'arrêté aux points 4 et 5 sont référencées les interdictions en matière vestimentaires, l'interdiction de dégrader les lieux, les pratiques sportives interdites, les possibilités de barbecues... Personne ne conteste ces points et ils ne font pas l'objet de mon recours (je suis peut-être con et polémiste, comme aiment à le dire certains qui veulent me nuire, mais j'aimerais qu'on regarde ce que je fais et ce que j'écris avec attention et sans interprétation fallacieuse, c'est le moindre des respects auquel j'ai droit. C'est aussi ce genre d’opprobre jeté sur le travail des élus qui font le lit des populismes et des extrémismes : la perversion de la réalité) . Ces points suffisent  pour permettre à la police municipale de réguler les comportements déviants et garder au parc Bosson son usage de parc public urbain. D'ailleurs au besoin, ils peuvent être complétés.

Il n'est nullement besoin pour cela d'interdire la pelouse ! Cette décision relève d'une autre logique, celle d'une privation d'un espace pour le public, d'une privatisation de cet espace pour le seul bénéfice des clients de l'Impérial.

La mairie tente de créer un écran de fumée en détournant le regard des Annéciens vers des questions annexes qui ne sont pas le cœur de mon recours contre cette interdiction, et le cœur de la question. Elle cherche visiblement à faire diversion.

Pour ma part, je reste déterminé. Je demande la suppression de l'alinéa portant sur l'interdiction de la pelouse.

vendredi 15 août 2014

Mobilisation pour le parc C. Bosson



Merci à toutes et à tous.

Suite à la publication de mon dernier article concernant l'arrêté municipal d'interdiction d'une grande partie du parc C. Bosson au public, vous avez été très très nombreux (les chiffres de fréquentation de ce blog en attestent) à réagir et à me faire connaitre votre indignation.

Vos messages de soutiens et d'encouragements m'ont fait très chaud au cœur et me donnent l'énergie nécessaire pour continuer le combat.

Face à cette interdiction, plusieurs d'entre vous m'ont suggéré d'aller plus loin dans la mobilisation en organisant par exemple un pique-nique géant sur place ou un rassemblement. Je comprends et j'adhère à ce genre de mobilisation qui peuvent permettre de faire pression sur la mairie.

Néanmoins, à titre personnel, j'ai engagé un recours gracieux contre cet arrêté, recours dans lequel je demande la suppression de cette interdiction injustifiée et injustifiable. J'attends donc la réponse de la mairie avant de poursuivre sur d'autres actions. Je veux laisser à M. Rigaut la possibilité de changer son fusil d'épaule et de revoir radicalement sa copie.

Grâce à votre mobilisation déjà très importante, qui montre votre attachement au respect de la liberté d'accès au parc C. Bosson et plus généralement au lac, j'ai bon espoir que les choses évoluent favorablement.

Je pense que la réponse de la mairie ne se fera pas trop attendre. Je vous en tiendrai informés. L'organisation d'une mobilisation plus importante, en cas de refus de revenir sur cette interdiction, sera alors impérative.

Bien sûr, cette méthode n'engage que moi. Et si certains citoyens souhaitent, dès à présent, montrer leur refus de cet arrêté, ils peuvent mener les actions qui leur sembleraient souhaitables.

mercredi 13 août 2014

Comment Rigaut veut vous interdire une partie du parc C. Bosson

Il aura fallu des décennies pour que les municipalités successives, de Charles à Bernard Bosson, réalisent l'ouverture des rives du lac au public, sur Annecy.

Le maire actuel n'aura pas besoin d'autant de temps pour saccager cet héritage et brader la presqu'île d'Albigny. Depuis 4 ans, c'est un déluge d'attaques contre notre lac.

Après le projet de construction d'un nouveau centre des congrès en bord de lac, après la privatisation d'une partie du parking public de l'Impérial au seul profit des clients du palace, voici venu le temps de l'interdiction des pelouses du parc Charles Bosson au public. 

Par arrêté municipal du 12 juin 2014 (cliquez pour lire, art. 3 point n°4), le maire d'Annecy décide l'interdiction d'accès au public de la pelouse d'une partie du parc Charles Bosson (partie hachurée en bleu).

Annexe 4 de l'arrêté municipal
Tout l'espace de la roseraie est dorénavant interdit au public. Les panneaux n'ont d'ailleurs pas tardé à faire leur apparition.


Cette interdiction est un scandale. Cet espace est apprécié des Annéciens et des touristes qui ont pris l'habitude de se l'approprier soit pour flâner au milieu des roses, soit pour s’asseoir un moment. C'est pourquoi j'ai engagé un recours contre cet arrêté municipal.

Depuis des décennies, le parc Charles Bosson est totalement libre et ouvert au public. L'année dernière, la ville a même dépensé plusieurs dizaines de milliers d'euros pour y installer un arrosage automatique. En interdire une grande partie au public revient à renoncer à des années d'efforts et de combats menés pour le bien de tous les Annéciens. C'est une trahison !

Chacun pourra, à ce moment, se remémorer les belles promesses de M. Rigaut d'une presqu'île largement ouverte au public grâce à la construction d'un nouveau centre des congrès...

Alors, pourquoi cette interdiction ? A qui profite-t-elle ? Nul besoin d'être grand clerc, ni de lire dans le marc de café pour savoir lire une carte. L'espace ainsi libéré de la "populace annécienne" offrira une vue dégagée pour les clients de l'Impérial vers le lac.  Chacun sait que les tensions ont toujours été vives entre les différents exploitants de l'Impérial et la ville sur la question de l'occupation de l'espace sur la presqu'île. Les uns souhaitent s'approprier l'espace pour y faire tantôt une piscine, tantôt des tennis, un solarium... La ville, jusque là, avait toujours refusé, rappelant que le contrat était clair : à l'Impérial l'exploitation à l'INTERIEUR du bâtiment, à la ville et aux Annéciens les accès EXTERIEURS.

Alors cette interdiction : premier pas vers une privatisation comme celle du parking ? Y a-t-il eu négociations ? Si oui, s'agit-il de négociations ayant eu lieues avant le changement de propriétaires mais dévoilées après les élections ? Voici quelques questions que l'ont peu légitimement se poser, sachant qu'aucune raison technique (protection de la pelouse par exemple) n'est valable pour cette interdiction.

Autre élément allant dans le sens d'une interdiction en faveur de l'Impérial : la nouvelle terrasse de la brasserie de l'Impérial qui, elle aussi, empiète largement et honteusement sur le domaine public, privatisant ainsi un espace non négligeable.

Pour rappel, le domaine public commence au raz des murs de l'Impérial. Cette terrasse rogne donc la partie engazonnée, plus une partie du chemin. Résultat : malgré une journée ensoleillée et du monde dans le parc, plus personne n'ose passer sur l'allée devant la terrasse de peur de gêner. Privatisation due l'allée piétonne et jonction avec la roseraie ?

Au passage, j'invite les commerçants d'Annecy, particulièrement ceux de la vieille ville, à méditer cet exemple de débordement de terrasse, eux qui prennent des sanctions dès lors qu'ils dépassent à peine de leurs clous. Deux poids, deux mesures ?

La décision d'interdire une partie du parc Charles Bosson au public va à l'encontre de ce qui a fait l'histoire et de ce qui fait l'âme d'Annecy. La méthode (un arrêté municipal pris sans discussion en début d'été) est tout aussi détestable. Merci aux Annéciens qui m'ont alerté fin juillet de ce changement et m'ont ainsi permis de réagir dans les temps (2 mois max après la promulgation de l'arrêté).

Tout comme j'ai toujours combattu tous les projets qui réduisaient l'accès au public des rives de notre lac (centre des congrès, privatisation de parking, stade olympique...), j'ai bien l'intention de mener ce nouveau combat. Je veux que les générations futures puissent elles aussi bénéficier d'un accès libre et gratuit au lac et aux pelouses entretenues par l'argent public. Je veux que ce qui a été permis pendant des décennies reste la règle.

Le combat pour la protection du lac au profit de tous est un combat long, de chaque instant. Il faut toujours résister aux puissances de l'argent pour garder le cap. C'est le sens de mes actions et de mes votes pour protéger notre lac au bénéfice de tous.

lundi 11 août 2014

Matchs ETG et navettes SIBRA




Enfin ! Comme le dit le proverbe : "La patience est mère de toutes les vertus".

Je veux ici saluer la mise en place d'une navette de bus de la SIBRA et d'un parking-relais sur Meythet pour les soirs de matchs de l'ETG. Nous demandions cette mis en place depuis plus de 3 ans (par exemple, voir cet extrait du conseil municipal du 27/06/2011).

Il aura donc fallu de nombreuses années de négociations pour que cette solution de bon sens finisse par s'imposer. J'espère de tout cœur que ce parking et cette navette seront largement utilisés par les supporters de l'ETG. Cela permettra de désengorger le secteur du stade d'Annecy et réduire ainsi un certain nombre de nuisances pour les riverains.

Il reste encore beaucoup à faire pour accueillir au mieux l'ETG dans notre stade (toilettes, bruit...). Mais ne perdons pas patience, "tout vient à point à qui sait attendre". La majorité finit toujours par reprendre nos bonnes idées... avec retard.

J'en profite au passage pour souhaiter une belle saison sportive à l'ETG et de beaux spectacles aux supporters.

samedi 9 août 2014

Rencontre avec Christophe Premat, député

Le monde est parfois petit.


J'ai rencontré ce jour Christophe Prémat, député des Français établis en Europe du Nord.

Christophe est né à Annecy où il a grandi avant de partir faire ses études. Installé depuis en Suède, il a été élu suppléant d'Axelle Lemaire, devenue depuis secrétaire d'Etat chargée du numérique.


De passage à Annecy, nous en avons profité pour partager un café et discuter de la vie et de politique en toute décontraction. Un moment vraiment très agréable. Je remercie Mathieu pour son accueil chez lui.


Permalien de l'image intégrée


Merci à Christophe pour ce moment partagé ensemble. Il m'a confié garder un œil sur ce qui fait l'actualité politique d'Annecy. Nous avons convenus de rester en relation étroite afin de partager ensemble sur les problématiques du territoire et du pays. Cela fait vraiment plaisir de voir qu'il existe des élus nationaux accessibles, simples, qui savent écouter et conseiller. Cette nouvelle génération de députés redonne du baume au cœur.


Annecy, ville de droite, n'avait pas donné à la République un député de gauche depuis bien longtemps. Voilà qui est (un peu) corrigé. J'aime à penser que grâce à Christophe, Annecy rayonne aussi un peu sur le Nord de l'Europe !


Pour suivre l'actualité de Christophe : http://christophepremat.com ou @prematc

jeudi 7 août 2014

Exposition florale aux jardins de l'Europe

Un petit mot pour vous inviter à courir voir l'exposition florale réalisée par le service municipal des espaces verts aux Jardins de l'Europe.


Video de présentation de l'exposition
Cette exposition retrace en 12 jardins différents, l'histoire des jardins depuis le jardin d'Eden jusqu'au jardin contemporain, en passant par le jardin de monastère, le jardin renaissance, à la française, à l'anglaise...


Ces tableaux, tels des œuvres d'arts vivantes, provoque chez le spectateurs une multitude d'émotions et de souvenirs. Sans florilèges ni ostentations, cette exposition nous fait voyager à travers le temps et l'espace. Moi qui adore les jardins et les fleurs, je veux tirer un sacré coup de chapeau aux jardiniers de la ville d'Annecy pour cette exposition et plus généralement pour le travail qu'ils font sur toute la ville. On ne répète jamais assez combien nous avons la chance d'avoir un personnel dévoué, professionnel et attaché à sa mission de service public.


Il faut saluer aussi les jardiniers amateurs qui participent à cette exposition en s'occupant du tableau consacré au "jardin partagé". Belle alchimie entre professionnels de la ville et Annéciens amateurs.


Cette exposition est à visiter de toute urgence. Elle nous permet de redécouvrir les jardins de l'Europe. Des visites guidées (elles aussi animées par le service des espaces verts) sont organisées : mercredi 27 aout à 14h00 devant la mairie, samedi 20 septembre même lieu, même heure et le dimanche 21 septembre à 10h30 toujours sur le parvis de la mairie. Pour en savoir plus : www.annecy.fr


Allez, une petite confidence, même s'il est difficile de choisir un tableau préféré, je vous confesse mon coup de cœur pour l'évocation du jardin à l'anglaise...



dimanche 3 août 2014

Une fête du lac apocalyptique

La fête du lac a eu lieu hier soir sous une pluie battante, avec des éclairs de foudre, et avec du vent.


Mais la fête du lac est devenue un business, une fête uniquement commerciale. Alors, dans ces conditions, l'argent est roi. Annuler, cela signifiait rembourser ! Impensable. Il a donc fallu maintenir devant un public qui avait fui en grande partie les tribunes et les chaises pour rentrer se mettre à l'abri.


Cette fête devenue totalement mercantile, s'est petit à petit tournée vers ceux qui pouvaient amener du monde et faire du chiffre. Par exemple: les tour operateurs qui débarquent par cars entiers. La fête du lac s'est détournée de son public local, et plus particulièrement des Annéciens. L'argent, toujours l'argent ! A Annecy, impossible de faire juste des choses bien pour les locaux. Non, il faut toujours vouloir rayonner, briller, en mettre plein la vue... quitte à oublier la population. On cherche les congressistes internationaux, les touristes russes, les festivaliers du bout du monde... Toujours plus, pas toujours mieux ! Pris dans cette spirale (qui est étrangère à la notion même de service public qui est la raison d'être des municipalités) le remboursement était impossible.


Cette clientèle n'a que très peu d'intérêt pour la ville (mais elle a ses exigences bien légitimes, notamment de pouvoir participer à un spectacle dans des conditions à peu près décentes). Hier, en pleine rue Carnot, certes il y avait du monde, mais très très peu de sacs de magasins. Les commerçants le disent d'ailleurs, cette fête n'augmente en rien leur chiffre d'affaire, bien au contraire, les clients habituels fuient Annecy ce jour-là. Que dire des restaurateurs et des hôteliers. J'ai croisé un groupe d'italiens venus pour la fête du lac. Tous ont sorti leur sandwich de leur sac à dos hier midi devant moi ! Et après avoir discuté un peu avec eux, ils repartaient dès la fête finie, direction la banlieue de Turin (pas de nuit à l'hôtel).


Cette fête est devenue un spectacle mercantile, pensé pour des touristes venant par tour operateurs, pas pour les locaux. Cela fait des années que nous demandons à ce qu'une réflexion ait lieu sur l'avenir de cette fête. Sans succès. Les événements d'hier soir, nous donnent néanmoins raison.


Si la fête du lac devait rester le spectacle qu'il est actuellement, je suis convaincu que son organisation doit être déléguée à un spécialiste, pas à la ville. Ce professionnel doit s'occuper de tout, et prendre tous les risques financiers inhérents à cette organisation. Il devra également s'acquitter de tous les coûts, y compris la location du Pâquier (et sa remise en état) privatisé le temps d'une soirée.


Personnellement, je ne souhaiterais pas qu'on en arrive là. C'est pourquoi cette fête doit redevenir quelque chose qui ait un intérêt collectif pour les Annéciens (c'est bien ce qu'on attend d'une municipalité : agir pour ses administrés). Pour l'instant on en est loin. Quel intérêt collectif ? L'image ? Celle qui restera dans la tête des spectateurs d'hier soir montre que cet argument a largement ses limites.


Il y a encore quelques jours, j'appelais à "dépoussiérer" la fête du lac. J'espère que cette fois mon appel sera enfin entendu ! Je ne jette pas la pierre aux uns ou aux autres. Le cercle infernal de l'argent roi dans lequel est rentré cette fête du lac laissait finalement peu de marges de manœuvres aux organisateurs. Mais c'est bien cela qui doit nous interroger car quand un maire devient l'otage de l'argent, quand il est pris dans un engrenage aussi implacable, il est alors plus que temps de changer les choses.


Il faut néanmoins féliciter et remercier les bénévoles qui eux aussi ont subi les assauts du ciel et parfois le mécontentement des spectateurs alors qu'ils n'y étaient pour rien. Ils resteront comme les quelques rayons de soleil de cette fête apocalyptique.