jeudi 31 juillet 2014

Le monde de la nuit annécienne



Avec vous, Annecy pour tous

 

Communiqué de presse (pdf)

mercredi 30 juillet 2014

Un maire qui divise et attise les conflits


 

M. Rigaut a publié hier sur son blog un texte intitulé « y a rien pour les jeunes » qui est profondément choquant pour deux raisons.

 

1- Ce texte repose sur des clichés et des caricatures.

 

- D’abord la mise en accusation des professionnels qui tiennent les établissements de nuit est indigne. Nous citons : « A de rares exceptions près, le fonctionnement de ces établissements de nuit crée des troubles à l’ordre public, des nuisances entraînant l’intervention des forces de l’ordre et des dégâts matériels et de santé des participants. Ces professionnels de la nuit n’organisent pas des garderies, mais sont là pour faire de l’argent, ce qui en soi n’est pas condamnable puisque autorisés sous certaines conditions. »

Si ces établissements, comme le dit M. le maire, créaient « à de rares exceptions près » (c’est-à-dire presque toujours) des problèmes, il semble que le législateur les aurait interdits depuis longtemps. Ici M. Rigaut noircit exagérément les quelques problèmes (que personne ne nie) qui ont lieu parfois (pas tout le temps) aux abords (donc plus sous la responsabilité des professionnels) de ces établissements.

En ce qui concerne les professionnels de la nuit, il faut ici saluer leur travail et leur professionnalisme, dans un cadre règlementaire souvent difficile à interpréter entre liberté individuelle des clients et responsabilité de l’établissement. En stigmatisant ces professionnels, M. Rigaut montre sa méconnaissance de ce sujet. Pour ce qui est de leur amour pour l’argent, je crois que M. le maire n’est pas le mieux placé pour en parler. Car si quelqu’un a fait la preuve de son attirance pour les rémunérations généreuses c’est bien lui, en s’octroyant récemment une augmentation de 2000€ de ses indemnités d’élu. Ces professionnels, que nous avons pu rencontrer à de nombreuses reprises, défendent aussi d’autres valeurs (lien social, esprit de fête, responsabilité…) que le seul appât du gain. A noter que ces établissements génèrent également des retombées économiques pour la ville et sont des lieux importants de vie sociale.

- Ensuite les clichés sur les jeunes qui fréquentent ces établissements. Tous vus comme des « fils ou filles à papa » alcoolisés ou drogués, les jeunes fêtards n’auraient de respect pour rien ni personne. Cette vision passe sous silence la très majorité des comportements des jeunes qui sont responsables et savent faire preuve de limites. Quelle pauvre vision de nos jeunes ! A croire que M. Rigaut, là encore, n’a plus remis les pieds dans ces établissements depuis bien longtemps, car s’il existe parfois des excès, la majeure partie des soirées se déroulent dans un esprit bon enfant de fête et de décontraction.

Et ce ne sont pas que les jeunes qui fréquentent ces établissement mais bien toutes les générations (exemple : le Garage réservé aux 30, 50 ans …).

2- Ce texte divise les Annéciens et ne propose aucune solution

Pour M. le maire, il y a d’un côté les gentils riverains qui « subissent » ces établissements et ceux qui les fréquentent, et de l’autre les méchants professionnels et fêtards. M. Rigaut prend clairement position pour les uns contre les autres. Un maire doit être là pour défendre l’intérêt collectif. Annecy, ville préfecture, cœur d’agglomération, est une ville touristique qui ne peut se passer d’une vraie vie nocturne car comme le dit la Sacem, elle est facteur de dynamisme des territoires et représente un vrai poids économique. Le rôle du maire n’est pas de jeter de l’huile sur le feu en stigmatisant telle ou telle population mais de proposer des solutions aux quelques débordements qui, de temps en temps, se font jour. Depuis des années, via le Conseil Local de la Sécurité et de la Prévention de la Délinquance, la ville promet une charte de la vie nocturne. Nous attendons toujours, et il semble difficile de discuter autour d’une table avec un maire qui a de tels clichés sur cette vie nocturne qu’il ne connait visiblement pas.

Pour notre part, nous pensons qu’il existe des solutions pour concilier deux attentes légitimes : celle des riverains de préserver leur cadre de vie (et leur qualité de sommeil), et celle des professionnels et des fêtards de faire la fête. De nombreuses villes ont fait preuve de propositions constructives pour aller dans ce sens.

Depuis des années, pour poser les problèmes sur la table et trouver ensemble des solutions, nous proposons d’organiser des états généraux de la vie nocturne annécienne regroupant les professionnels du secteur, les fêtards, les riverains et les autorités (mairie, police, pompiers, Sibra…). C’est tous ensemble que nous trouverons les solutions aux quelques débordements qui parfois se font jour. Car nous continuons à dire qu’Annecy, ville chef-lieu de son département, ville touristique, a besoin de redynamiser une vie nocturne qui au fil des ans tend à se réduire à peu de chagrin.

A force de prescrire des somnifères à la belle endormie, M. le maire risque bien de faire tomber Annecy dans un coma profond.

 

Denis Duperthuy

Claire Lepan

Evelyne Marteau

 



 

mardi 29 juillet 2014

Une fête du lac à dépoussiérer




Comme chaque année, au milieu de l'été, la fête du lac d'Annecy pointe le bout de son nez (elle aura lieu ce samedi 2 aout).


Le temps d'une soirée, les feux d'artifices et le spectacle pyro-mélodique animent notre ciel annécien. La fête du lac est un des marqueurs, un des temps forts de notre ville. Nul ne conteste son succès ou bien encore son intérêt et sa beauté.


Pourtant, depuis que je suis élu, je n'ai eu de cesse d'alerter sur une fête qui prend la poussière et qui connait aussi des ratés. Il ne s'agit pas de tout casser, de tout arrêter. D'ailleurs, on n'arrête pas une fête qui a plusieurs décennies d'existence. Personne ne l'accepterait, à juste titre. Mais il s'agit périodiquement d'en faire l'analyse critique pour voir ce que l'on pourrait améliorer.


Par exemple: si la fête du lac attire du monde, remplit-elle nos hôtels, nos restaurants ou bien encore nos bars ? Pas sûr. Combien d'Annéciens ont les moyens de s'offrir une place ? Et pour les autres ? Les embouteillages et la circulation ? Les animations autour de cette fête du lac ? Comment la rendre plus populaire ?


Car s'il y a une chose de certaine, c'est que pour beaucoup (dont je suis) cette fête est à l'image de la ville : financièrement élitiste, jouant sur le m'as-tu vu et très peu de fond, éphémère dans son attrait touristique (on vient une fois, pas deux), tournée vers le touriste et très peu vers les habitants. Une fête majestueuse qui, une fois le rideau de la nuit tombé, laisse revenir le silence du vide.


Nous avions proposé, il y a déjà des années, que l'on mette en place des ateliers participatifs, avec les professionnels (commerces, tourisme...), les associations et les habitants, pour réfléchir ensemble à comment on pourrait améliorer cette fête. Je continue de penser que ce serait une très bonne idée.


Je lis que la nouveauté de cette année, c'est l'installation du parking à vélo surveillé place F. de Menthon, à Courier. Belle initiative, mais je propose que l'année prochaine on l'installe sur le parking d'Auchan à Epagny. Quitte à faire loin... car on ne me dira pas qu'on ne pouvait pas trouver un espace plus proche... Non, décidément, y'a de l'idée mais faut encore améliorer.

vendredi 25 juillet 2014

Lectures estivales

Je viens de finir les deux livres suivants que je vous encourage à feuilleter.


Le premier : Le buen vivir, Alberto Acosta, Editions Utopia, 2014, 12€





Ce livre expose les tentatives de l'Equateur et de la Bolivie de constituer une société pluriculturelle, plus respectueuse de l'environnement et de la Nature. Le concept de "Buen vivir" (qui peut se traduire par "bien vivre" ou "vivre harmonieusement") est un concept complexe, tiré de la tradition andine faisant reposer la vie sur terre comme une harmonie entre l'Homme et la Pacha Mama (la terre nourricière). Les nouvelles constitutions de ces deux pays inscrivent en plus des Droits de l'Homme et du Citoyen, les Droits de la Nature. Un bon concept pour penser une transition énergétique et culturelle plus optimiste que l'écologie simpliste qui nous est parfois vendu par des spécialistes politiques.
Bien entendu ce livre montre à la fois les limites et les difficultés concrètes de mise en œuvre de cette nouvelle société. Une autre vision du monde et de l'Humanité, certes pas totalement duplicable chez nous, mais qui fait réfléchir ! Je vous le conseille.


Le second, toujours aux éditions Utopia est:


Agriculture et alimentation, Collectif, Editions Utopia, 4€ avec Préface de Marc Dufumier





Un livre simple dont l'objectif est d'abord de recenser plusieurs idées reçues (17 au total) concernant l'alimentation et l'agriculture. Puis, dans une seconde partie, le collectif expose ses 16 propositions pour améliorer l'agriculture et l'alimentation. Belle intiative pour engager un vrai débat sur ces questions car l'objectif n'est pas de proposer un programme électoral, mais bien d'ouvrir un débat. Une synthèse, avec des propositions intéressantes, qui offre un bel aperçu des débats actuels de ces domaines.


Ces deux livres sont publiés par le collectif Utopia dont je suis membre depuis de nombreuses années. Vous les trouverez (ou commanderez) dans toutes les bonnes librairies. Vous trouverez des infos sur ce collectif sur www.mouvementutopia.org


Bonnes lectures!

mercredi 23 juillet 2014

Conflit Israël-Palestine

Depuis plusieurs jours, la nouvelle opération israélienne en territoire de Gaza déverse son flot d'horreurs et de malheurs. Je suis horrifié et blessé par les images de ces civils victimes des tirs et des violences.


Depuis tout petit, le conflit israélo-palestinien fait partie de ma vie. Au point où certains disent : "ca ne se terminera jamais".


Certes, c'est un conflit compliqué et je n'ai pas la prétention de mieux le comprendre que quiconque. Ce que je peux dire, c'est que je trouve que l'Etat d'Israël en utilisant une violence démesurée ne se grandit pas. En confondant les extrémistes du Hamas avec tous les palestiniens, il fait payer à des innocents des faits (les tirs de roquettes) qui ne sont pas de leur responsabilité. Comme si en 1945 nous avions condamné l'ensemble des Français pour les crimes commis par Vichy.


De l'autre côté, il faut aussi condamné le recours systématique à la violence par le Hamas. Les populations civiles d'Israël ont droit de vivre dans la paix et la sécurité. Ce climat d'insécurité permanent est intolérable.


Il n'empêche que chacun pourra juger de la disproportion de la réplique israélienne sur Gaza. Le tapis de bombe n'a jamais ramené ni la paix ni la sécurité.


Alors que faire ? Il y a bien des manifestations organisées ici en France. Personnellement, je n'y participe pas. En réalité, elles me font peur. Les slogans m'effraient, certains participants m'effraient.


Par contre, je suis certain que dans la patrie des droits de l'Homme, l'interdiction de manifestations encadrées est une faute politique. Je condamne les débordements, fruits d'une ultra-minorité, mais l'interdiction n'a jamais été une solution.


Alors pourquoi cette impunité pour Israël quand on voit la lenteur des réactions internationales ? Parce qu'il s'agit de religions ? Parce qu'il y a eu la Shoah ?


Nul ne nie ou ne remet en cause l'abomination du crime nazi, contre les juifs et contre d'autres minorités aussi (qu'on oublie généralement de citer). Mais personnellement, parce que je suis des jeunes générations et que je n'ai rien à voir avec ces crimes, je ne me sens nullement responsable de cela. Et je crois qu'il faut parfois ranger dans les livres d'Histoire ce qui relève de l'Histoire, sans oublier mais sans que cela ne gouverne systématiquement le futur. L'Etat d'Israël, lorsqu'il commet des horreurs, doit être condamné comme n'importe quel autre Etat.


La solution passe par la coexistence pacifique entre palestiniens et israéliens. Depuis des années, les occidentaux soutiennent une solution à deux Etats, sans jamais se donner les moyens de mettre en œuvre cette solution. Cette solution n'a qu'une seule base juridique : le retour aux frontières de 1967. Or, factuellement, cela est impossible. L'expansion des colonies israéliennes rend cette solution illusoire.


Alors, pourquoi ne pas réfléchir à un seul Etat, fédéral et laïc ? Fédéral parce qu'il existe visiblement trois entités au moins en terre de Palestine : la partie majoritairement juive (Israël), la Cisjordanie et la bande de Gaza. Laïc parce que pour vivre ensemble avec une même nationalité, palestiniens et israéliens doivent renoncer aux distinctions religieuses. Bien sûr c'est peut-être utopique. Les uns devant renoncer au sionisme (cette idéologie d'un Etat juif pour les juifs), les autres à leur légitimité historique sur ce territoire.
Pourquoi ne pas imaginer un Etat commun reconnaissant sa diversité, avec des institutions politiques garantissant l'égalité des citoyens quelque soit leur religion ? Pourquoi ne pas envisager de faire tomber les murs pour construire un Etat plurinational qui garantisse non pas la suprématie des uns sur les autres, mais leur coexistence pacifique avec les mêmes droits? Plusieurs Etats dans le monde sont construits sur ce modèle plurinational. Certes cela ne fonctionne pas toujours, on le voit aujourd'hui en Bosnie par exemple. Mais cela serait un premier pas vers une sortie par le haut.


Face à un conflit qui s'éternise pour satisfaire les camps les plus extrémistes (Hamas, extrémistes juifs) et empêcher l'émergence d'un Etat prospère, sûr et démocratique au Moyen-Orient (on voit tout le rôle de l'Iran par exemple), la solution à deux Etats ressemble de plus en plus à un leurre alors que chaque jour les colonies rongent le territoire palestinien. Ce sont aux modérés de ces deux pays de trouver les solutions (je n'oublie pas les milliers d'israéliens qui manifestent eux aussi contre ce conflit). Soyez imaginatifs ! Et ne vous interdisez pas de créer enfin une nouvelle nation arc-en-ciel.

vendredi 18 juillet 2014

Mutualisation des services : enfin une ouverture...

Lors de l'installation du nouveau conseil d'agglo pour le mandat 2014-2020, ma première prise de parole a porté notamment sur l'exigence de mutualiser un certain nombre de services actuellement municipaux au niveau de l'agglo.





J'ai cité (voir intervention) le cas de la cuisine centrale (pour les raisons que j'ai indiquées dans le précédent article) et celui du centre de production horticole (serres municipales) qui doivent déménager sur le terrain des anciens abattoirs (limite Annecy-Seynod).


La réponse qui m'avait été donnée était plutôt vague et fuyante... ce qui voulait dire grosso modo : Non. La guerre de clochers a encore la vie dure dans notre agglomération.


Mais, depuis, les choses bougent. C'est une bonne nouvelle.


Concernant la cuisine centrale, la commune de Meythet est en train de passer un accord pour rejoindre la nouvelle cuisine centrale d'Annecy et mutualiser ce service.


Et au niveau du centre de production horticole, hier soir en réunion publique, M. Rigaut a explicitement ouvert la possibilité d'une mutualisation plus poussée, notamment avec Seynod.


Je me réjouis de ces avancées, signe de la pertinence de mon analyse. Je regrette simplement que ces contacts aient lieu après que les plans de ces futurs bâtiments aient déjà été tracés. Par exemple, dans le nouveau centre de production horticole, il n'est pas prévu d'espace "Pépinière" (pour la production d'arbres), le volume de plantation de la ville d'Annecy n'étant pas suffisant pour assurer la rentabilité. On va donc continuer à acheter les arbres à l'extérieur. Mais à plusieurs communes, cela change la donne... et donc potentiellement une partie du projet et des plans des nouveaux bâtiments.
Trop tard, le permis de construire est déjà accordé...


Allez réjouissons-nous : le bon sens finit par l'emporter même si je continue à regretter l'absence de concertation et de réflexion en amont qui ne pousse jamais les logiques jusqu'au bout (et les économies budgétaires jusqu'à leur maximum)


PS: Ah oui, j'oubliais : pour ne pas froisser nos élus majoritaires ne leur rappelez surtout pas que c'est un élu minoritaire qui a avancé ces idées. Ils aiment pas beaucoup. Les bonnes idées, elles viennent forcément toujours d'eux... Non? Alors chut.

mercredi 16 juillet 2014

Sauver l'agriculture locale pour mieux nourrir les Annéciens

Lors de la campagne des élections municipales de Mars dernier, j'ai défendu, avec mon équipe, un large programme visant à protéger l'agriculture locale.


Nous avions d'ailleurs rencontré les agriculteurs de l'agglo à ce sujet et co-construit plusieurs propositions. Des observateurs attentifs s'étonnaient de cet intérêt pour le monde agricole de la part d'un candidat à la mairie d'une ville urbaine. Pourtant, je crois que la clé, c'est justement le pacte gagnant-gagnant que nous devons sceller entre producteurs et consommateurs, entre ruraux et urbains. Issu du milieu paysan par mes grands-parents, je connais toute la richesse et la nécessité absolue de cette profession.


Notre plan de sauvegarde de l'agriculture locale (pour mieux nourri les Annéciens) était le suivant:


1) Protéger les terres agricoles, outil de travail des agriculteurs.


Pour cela, nous voulons que rapidement l'agglo se mette à construire un Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUI) qui protègera les terres agricoles en périphérie des villes afin de les soustraire à la pression immobilière des promoteurs. Un PLUI fixe les zones à construire, celles à vocation économique, les espaces naturels à protéger et les terres agricoles à garantir. Ce PLUI doit contenir, j'ai toujours défendu cette idée à l'agglo, des Zones Agricoles Protégées (ZAP) déterminées en concertation avec la profession. J'ai notamment redit cette conviction au moment du vote pour la création de la zone d'activités économiques de la plaine du Treige (Montagny-Seynod) en votant contre cette proposition.
Bien sûr, les documents de prospective urbanistique (Agglo 2030 et SCOT) doivent aussi mieux protéger les terres agricoles, ce qu'ils ne font pas assez. C'est pourquoi là encore j'ai voté contre et continue à contester SEUL les orientations urbanistiques prises par l'agglo.


En contrepartie de cette protection des terres agricoles et des milieux naturels, il faut continuer à loger la population toujours plus nombreuse. Nous devons donc densifier les villes existantes, c'est vrai, mais surtout construire du logement pour les gens d'ici, c'est-à-dire pour 75% des besoins, du logement social, pas de la spéculation immobilière. C'est pourquoi nous tenons à l'objectif de la loi des 25% de logements sociaux d'ici 2025. C'est faisable.
C'est aussi pourquoi je défends la suppression de l'aéroport de Meythet et sa reconversion en zone à aménager, et donc en réserve foncière (en partie, pas sur tout le terrain) de logements.


2) Garantir des débouchés locaux aux agriculteurs


Je suis intimement convaincu de la nécessité de relocaliser les productions agricoles au plus près des consommateurs. Mon crédo: la ceinture agricole annécienne doit nourri les Annéciens (et autres habitants de l'agglo) en priorité. Pour cela nous avons proposé trois réseaux de distribution:
- La création d'une Halle des producteurs locaux dans le bâtiment du manège aux Haras. Ce lieu central des Haras est la meilleure vitrine pour exposer nos savoirs-faire et notre excellence agricole et gastronomique. Le bâtiment du Manège se prête parfaitement à la création d'un tel marché couvert permanent ouvert à tous les Annéciens et garantissant par une charte des produits locaux de qualité en distribution directe. Il ne s'agit pas, comme l'ont véhiculé certains milieux bobo ou cultureux, de créer un supermarché aux Haras mais bien de rendre l'agriculture locale (et si possible écologiquement responsable) accessible à tous. Certes d'autres milieux culturels ont des besoins, je les entends. Mais je reste sur l'idée que l'agriculture locale est aussi l'image d'une culture et d'un art de vivre qu'il ne faut pas mépriser mais au contraire mettre en valeur.
- La création d'une cuisine centrale intercommunale qui contractualiserait avec les agriculteurs locaux pour leur offrir un débouché pérenne et une sécurité financière. Nos enfants et nos ainés, qui bénéficient des services de la cuisine centrale (près de 600 000 repas par an), ont droit à une nourriture de qualité, produite en grande partie localement. L'outil de la cuisine centrale intercommunale, avec ses capacités d'achat importante, permettrait de soutenir des exploitations locales et de créer de nouvelles filières (maraichage par exemple). C'est un outil de politique publique en faveur de l'agriculture locale puissant.
- Notre soutien aux AMAP et à toutes les formes d'agriculture qui permette un rapprochement entre les producteurs et les consommateurs.


3) Inciter au passage à une agriculture écologiquement intensive


L'agglo a en charge la politique économique de notre territoire. Malheureusement, parce que ses responsables ne connaissent pas grand chose à l'agriculture, la question agricole a toujours été écartée. L'agriculture ce ne serait pas de l'économie, mais des réserves foncières! Je plaide pour que l'agglo mette en place une réelle politique agricole sur son territoire. Il reste plus de 70 exploitations sur l'agglo qui doivent être accompagnées. Je sais que beaucoup d'agriculteurs n'ont pas attendu la puissance publique pour modifier leurs manières de travailler et adopter des méthodes plus respectueuses de notre environnement. Beaucoup voudraient aller plus loin, ils me l'ont dit. Mais ils craignent les surcouts dans un monde où les exploitants ont régulièrement le couteau financier sous la gorge. C'est donc à l'agglo d'offrir les conditions de cette transition écologique pour aller vers davantage d'agriculture écologiquement responsable (bio ou écologiquement intensive). Ces conditions, parlons clair, ce sont notamment des facilités financières pour aider à l'investissement dans des méthodes nouvelles. Ce sont des programmes d'expérimentation (avec financements) pour de nouvelles manières de cultiver ou d'élever.


Notre agriculture est couronnée de nombreuses appellations, reflets de son excellence. Il ne faut pas s'endormir sur ces lauriers. L'agriculture du XXIe siècle devra s'adapter aux changements des consommateurs, de l'environnement. Les agriculteurs font tout ce qu'ils peuvent pour toujours avancer. Je ne suis pas de ceux qui les stigmatisent. Mais parfois ils ont besoin d'un coup de main. Ce coup de main, ce sont les débouchés garantis (halle des producteurs locaux et cuisine centrale intercommunale) et des plans d'aide à la mutation. On peut toujours renvoyer la balle à l'Etat ou à je ne sais qui. La vérité c'est que l'agglo a les compétences nécessaires pour mener à bien ce programme en faveur de l'agriculture locale, pour le bien de nos agriculteurs, des consommateurs citadins que nous sommes, et de notre environnement. L'agriculture est un des domaines d'excellence de la Haute Savoie, elle porte une image mondialement reconnue de notre territoire par ses produits et ses savoir-faire. A nous, politiques, de ne pas l'oublier.


Vous voyez, nous avions avec mon équipe une vision claire et précise sur ce point, qui regroupe largement celui de l'aménagement urbain de notre bassin de vie (si on rajoute nos propositions pour l'économie et les transports). Je continuerai à porter cette vision et à défendre ces propositions car elles me semblent aller dans le sens de l'avenir.

dimanche 13 juillet 2014

Mon territoire, mon bien, ma possession, mon autorité

MM.Gaymard et Monteil ont annoncé par voie de presse leur intention de fusionner les départements de Savoie et Haute Savoie dans une collectivité territoriale unique.


Personnellement, je soutiens cette initiative. Il faut ouvrir un débat en vue d'aboutir rapidement à une fusion de nos deux départements dans une collectivité unique.


Par contre, je condamne la méthode. Une fois encore ces grands élus agissent avec nos départements comme s'il s'agissait de leur baronnie, de leur fief à eux. Sans discuter avec personne, sans concertation ou débat préalable, ces élus annoncent avec trompettes et tambours des fusions à foison. Fusions de régions, fusions de départements, fusions de communautés de communes, fusions de communes... N'en jetez plus, la coupe est pleine !


Bien sûr, il faut réformer nos institutions. Mais pas comme çà. Pas entre quelques élus.


Après M. Accoyer et M. Rigaut, MM. Gaymard et Monteil jouent aussi aux petits ducs de province et se croient autoriser à décider de tout, tous seuls, pour ce qui concerne leur territoire.


Cette méthode est antidémocratique et elle ne permet pas le consensus nécessaire, l'unité républicaine (de plusieurs forces politiques) qu'il faut pour porter de grands changements. Car fusionner pour porter notre avenir commun oui, mais fusionner pour sauvegarder le pouvoir de nos barons locaux : non.  


L'avenir de notre territoire, l'avenir de la Savoie, mérite mieux que des coups médiatiques. Je souhaite qu'un débat sérieux, argumenté et ouvert puisse avoir lieu avec tout le monde. On construit des institutions pour 50 ans, cela mérite bien qu'on passe un peu de temps pour en discuter sérieusement, vous ne croyez pas ? Je crois, moi, en l'intelligence des citoyens et en leur capacité à se faire une idée claire sur ces questions par eux-mêmes. Et puis ensuite, les députés pourront porter une voix collective, donc plus forte, une voix non partisane, non politicienne. La voix des populations locales.


Ne tombons pas, comme je l'ai lu de la part de M. Monteil, dans des polémiques politiciennes sur ce sujet. L'idée de fusion transcende les clivages politiques traditionnels (on l'a bien vu en Alsace). A gauche comme à droite, il y a des partisans et des adversaires. Messieurs, ne jouez pas les petits élus de droite locale qui veulent tirer la couverture à eux (en essayant de faire oublier qu'ils n'ont rien fait sur cette question depuis 40 ans et se réveillent bien tard...). C'est notre avenir qui est en jeu. C'est sérieux.

lundi 7 juillet 2014

Pour que la Bosnie ait un avenir européen

Je me suis rendu deux fois à Mostar (Bosnie Herzégovine), en 1999 et en 2000. J'étais alors en vacances en Croatie et j'avais profité du passage par le couloir maritime de la Bosnie pour quitter l'autoroute et remonter jusqu'à cette ville.


Je garde un souvenir très contrasté : d'un côté une ville magnifique, logée le long de sa rivière entourée de montagnes avec un quartier historique éblouissant de beauté. D'un autre côté, alors que nous étions quelques années à peine après la guerre (1992-1995), cette vision d'une ville coupée en deux. Sur une rive les quartiers majoritairement chrétiens, en partie en reconstruction, sur l'autre rive les quartiers plutôt musulmans où les impacts de tirs restaient largement visibles. Les églises faisaient encore face aux mosquées dans un sentiment de cohabitation plus ou moins serein.


Bien sûr, depuis, cette ville martyre a certainement beaucoup évolué.


Mais la Bosnie reste un pays pauvre, un peu oublié au cœur de l'Europe et de cette région des Balkans. Imaginez un pays qui en réalité regroupe trois "républiques" : la fédération de Bosnie-Herzégovine, la république serbe de Bosnie (à ne pas confondre avec la Serbie), et le district de Brcko (neutre, géré par l'ONU). Un pays, 3 présidents de la République, 3 constitutions !

Cette réalité est l'héritage des accords de Dayton, accords négociés par les occidentaux pour mettre fin à la guerre de Bosnie. Ces accords devaient doter ce pays d'institutions temporaires, le temps que les choses se calment. Aujourd'hui, c'est cette même organisation institutionnelle que l'Union Européenne juge non conforme pour permettre à la Bosnie de candidater à un processus d'intégration à l'Union! C'est incompréhensible.


Alors que la Croatie et la Grèce sont déjà membres de l'Union ; la Macédoine, le Monténégro, la Serbie (qui depuis traine des pieds pour rester fidèle à son allié russe) et l'Albanie (depuis le mois dernier) sont reconnus comme candidats officiels à l'adhésion ; la Bosnie qui a pourtant déposé une demande a vu celle-ci rejetée pour des raisons institutionnelles.


La pétition suivante demande à ce que l'Union Européenne fasse, pour la Bosnie, une petite exception : qu'elle autorise ce pays à entrer en négociation en vue d'une adhésion (ce qui ne veut pas dire devenir membre demain matin!) et que ces questions institutionnelles ne soient pas un prérequis mais fassent partie du processus d'adhésion. Ainsi l'Union pourra aider à trouver des solutions que les bosniens seuls, empêtrés dans des rivalités communautaristes, auront du mal à trouver.


http://onemillionforbosnia.eu/


Plusieurs raisons plaident pour que l'on soit plus tolérants avec la Bosnie. D'abord son positionnement géographique au cœur de l'Europe, mais aussi et surtout la dette morale que nous avons, nous européens, envers ce pays. Nous avons laissé faire un véritable génocide en Bosnie sans intervenir dans les années 1990. Ce pays compte sur nous. Sa jeunesse veut tourner la page et rêve d'un avenir européen, stable et pacifié.  Moi je signe parce que l'Europe c'est d'abord cela: savoir faire de son ennemi d'hier, son partenaire d'aujourd'hui, promouvoir la paix et ouvrir à tous un espace de paix et de stabilité !

vendredi 4 juillet 2014

Diffusion des matchs sur grand écran




Une page Facebook a été créée demandant à la ville de mettre en place un écran géant pour diffuser le match de foot du quart de finale de ce soir. Malheureusement, pour des raisons de finances (que l'on trouve facilement pour d'autres dépenses), la ville a rejeté cette option.


Je propose à votre discussion la proposition suivante, notamment si par bonheur la France allait en demi-finale.


La ville d'Annecy possède déjà un écran géant en parfait état de fonctionnement. Celui-ci se trouve dans l'enceinte du stade actuel, il sert lors des matchs de l'ETG notamment. Pourquoi ne pas diffuser le match de la demi-finale dans le stade ? Cela permet d'accueillir quelques 15 700 spectateurs... sans couter beaucoup d'argent.


Bien sûr, il faudrait une petite présence policière pour assurer la sécurité des abords et la sérénité des riverains, mais voilà aussi une manière pour les Annéciens qui n'ont pas l'habitude d'y accéder, d'aller au stade. Après tout, ce stade est bien le leur. Ils l'ont payé avec leurs impôts...


On peut aussi imaginer un service de navettes (à négocier avec la SIBRA) gratuites pour ramener ensuite ceux qui le souhaitent en centre-ville, dans les bars pour fêter la victoire.


Je ne sais pas si cela peut être une bonne idée, mais en tous cas cela permettrait à moindre coût à ceux qui le souhaitent de toute l'agglomération de suivre gratuitement ce match tous ensemble, plutôt que chacun devant sa télé.


J'attends vos opinions.

jeudi 3 juillet 2014

Conseil municipal de lundi 30 juin

Lors du dernier conseil municipal, notre groupe est intervenu sur plusieurs points.


D'abord, point 14 de l'ordre du jour, sur l'installation d'une nouvelle bibliothèque municipale dans le quartier de la Prairie, en rez-de-chaussée, d'un futur immeuble. Bien sûr, nous ne pouvons que nous réjouir de la réalisation d'une nouvelle bibliothèque (pour déménager l'existante). Elle était d'ailleurs également inscrite dans notre programme municipal (p.19). Mais, pour nous, après avoir écouté les habitants de ce quartier qui ont souvent le sentiment d'être un peu à l'écart, il était important de penser ce nouvel équipement comme un pôle de services aux habitants. Pour cela, nous réclamions notamment l'implantation dans cet immeuble, d'une salle de quartier ouverte aux habitants et aux associations afin de faire plus de vivre-ensemble. Le projet qui nous a été proposé ne reprend pas cette idée. On nous dit que, peut-être, les locaux actuels de la bibliothèque, pourraient ensuite être utilisés à cet effet... Dans l'attente, pour montrer que nous sommes déterminés à ne pas lâcher cette idée, nous nous sommes abstenus. Les points suivants (15 et 16) touchant au financement et au projet de la future bibliothèque ont évidemment obtenu notre approbation totale.


Deux points avaient pour thème les parkings (18 et 28). D'abord, il a été question de louer à l'Impérial "pour les clients et le personnel" (dixit), 60 places du parking public de l'Impérial pour un cout annuel de 32 850 €. Nous sommes intervenus vigoureusement contre cette délibération pour dénoncer une privatisation d'un espace public. Une première pour créer du stationnement à Annecy ! Cette décision n'est pas admissible. Ce parking, déjà souvent fortement occupé notamment en saison estivale, doit rester ouvert au public. On note d'ailleurs, au passage, que contrairement à ce qui avait été asséné lors des présentations du projet de nouveau centre des congrès ("les congressistes viennent en train, ils n'ont pas de voitures, donc pas besoin de parkings"), la question des parkings est importante pour ce genre d'établissement. C'est un début de privatisation de la presqu'île intolérable. Nous avons évidemment voté contre.
Concernant le parking "Marie Curie" (à l'arrière de la gare), il s'agissait de créer une dépose minute avec barrière et ticket. Il nous a semblé que cette solution ne résoudrait pas les problèmes et ne répond pas à la définition classique d'une dépose minute. Nous n'avons d'ailleurs pas bien compris la différence entre ce futur parking (qui n'aura qu'1/4 heure de gratuite) et le parking "classique" souterrain (qui lui offre 30 min. de gratuité). Cette dépose-minute, de part sa conception, risque d'être insuffisamment utilisée, les automobilistes préférant la dépose sur le parvis à l'avant de la gare. Nous nous sommes abstenus face à ce qui apparait vraiment comme du rafistolage d'un "pole multimodal" qui malheureusement souffre d'un vrai manque de sérieux dans sa conception et sa réflexion.

mardi 1 juillet 2014

Mon homosexualité




Je suis homosexuel. C'est ma réalité. J'ai aussi beaucoup d'autres qualités, car un individu ne se résume pas à son orientation sexuelle. Pourtant, en tant qu'homme médiatique, il me semble important aujourd'hui d'exprimer publiquement cette réalité, pour moi et ma famille, pour les Annécien(ne)s et surtout pour tous ceux qui pourront trouver dans ce témoignage matière à réflexion et à apaisement.






Pourquoi faire mon "coming out" public aujourd'hui ?


Pour trois raisons principales.
D'abord, je souhaite pouvoir me promener dans les rues d'Annecy avec mon compagnon de façon non pas plus libre (je ne me suis jamais caché et je n'ai pas besoin de sortir d'un placard) mais plus sereine. A partir d'aujourd'hui, les choses seront plus claires.
Ensuite parce que j'en ai un peu assez qu'en tant qu'élu on me demande : "comment va Madame Duperthuy?" "Avez-vous des enfants?" et de donner la réponse bateau "Elle va bien", "Non je n'ai pas encore d'enfants". Je n'en veux pas du tout à ceux qui posent cette question, ils ne sont pas censés savoir. Mais j'espère qu'à l'avenir ils me demanderont plutôt "Comment va votre compagnon?".
Enfin, et c'est la raison principale, parce que le suicide du jeune Peter à Valmorel, suicide vraisemblablement lié au rejet de son homosexualité par sa famille, après tant d'autres témoignages et drames, est l'élément déclencheur d'une prise de conscience. En tant qu'élu local, ayant une présence médiatique, mon rôle est, entre autres, de mettre cette petite notoriété au service de la cause homosexuelle. Je veux dire à ces jeunes qu'ils ne sont pas seuls, même dans notre département de Haute Savoie où aucun parlementaire n'a voté le mariage pour tous. Il existe à Annecy, un homme politique qui vous comprend, qui vous défend et qui veut faire avancer l'égalité des droits et reculer l'homophobie. Je ne suis pas le seul, bien sûr. Beaucoup de stars bien plus illustres, et de femmes et hommes politiques bien plus importants ont eu le courage de dire leur homosexualité pour faire avancer les mentalités. Mais je crois aussi que les exemples locaux, proches des gens sont importants. Je ne peux me résoudre à voir que les jeunes homosexuel(le)s ont un taux de suicide 13 fois supérieur à celui des hétérosexuels. C'est pour moi intolérable.


Pourquoi je ne l'ai pas annoncé plus tôt?


En réalité, parce que j'en ressentais ni le besoin ni la nécessité. La vie privée devait rester la vie privée. Et puis j'ai changé d'avis. Un an après l'adoption du mariage pour tous qui avait déclenché une vague d'homophobie insoupçonnée dans tout le pays, les média sont retournés vaquer à leurs sujets. Et malheureusement, ce que l'on pouvait craindre est en train d'arriver : loin des micros, dans l'intimité des familles, des entreprises, la haine homophobe se déchaine, en témoigne la hausse spectaculaire des actes homophobes (+78% en 2013). Aujourd'hui, face à ces actes, face aux insultes quotidiennes, au dénigrement, au rabaissement, les homos se retrouvent seuls, démunis. Le couvercle s'est refermé sur une France libérée de la parole homophobe. Il faut combattre cette violence et aider les victimes, notamment en témoignant.


Ensuite parce que le moment n'était pas venu. Je ne souhaitais pas apparaitre comme l'élu, le candidat de la communauté gay. Mon discours politique est bien plus large que cela et s'adresse à tous les Annéciens. Bien sûr, il laisse transparaitre mon combat contre l'intolérance, contre les discriminations de tous ordres, contre l'homophobie et contre tous les racismes. Et puis, je n'ai pas la prétention d'être le porte-parole ou bien encore l'incarnation de la communauté gay. Je suis un homosexuel comme tant d'autres, avec leurs différences, leurs oppositions et leurs désaccords.


Enfin, il faut le reconnaitre, par peur des réactions, non pas tellement des citoyens, mais du monde politique. C'est un monde très macho et violent, et je me souviens encore des petites phrases d'après réunion de l'agglo où certains se lâchaient : "Moi célébrer le mariage entre deux pédés, pas question !". Mais j'ai aussi rencontré cette même réalité jusqu'au sein de ma famille politique "ces homos ils nous gonflent avec leur mariage, la priorité des Français c'est l'économie". Comme si on ne pouvait pas faire les deux...
Je sais aussi que mes parents redoutent à chaque campagne électorale que je sois attaqué sur ce plan personnel. Ils ont peur que je puisse être blessé par des attaques méchantes. Je veux dire qu'au cours de mes campagnes électorales, aucun de mes concurrents n'a jamais utilisé cet argument. Je leur en suis reconnaissant. Parfois il y eut des insinuations, via les réseaux sociaux notamment, mais elles provenaient d'individus isolés. A partir d'aujourd'hui, mes parents pourront être tranquilles. Certes il y aura surement des attaques, un jour, mais j'y suis prêt et personne ne pourra ignorer leur connotation homophobe.


Cela fait maintenant presque 9 ans que je vis avec mon compagnon. Je suis heureux. Je construis ma vie à Annecy, avec ses hauts et ses bas, comme n'importe qui. Je sais la chance que j'ai eue d'avoir des parents et une famille qui ont accepté ma différence. Je ne les remercierai jamais assez, surtout quand je vois à quoi peut conduire le rejet.


Il existe ici aussi en Haute Savoie, des homosexuels qui vivent une vie heureuse. Des femmes, des hommes, chefs d'entreprises, salariés, artistes, sportifs, politiques, inconnus ou célèbres, etc... C'est ce témoignage positif que je voulais vous livrer. Nous avons le droit de vivre heureux, sans préjugés ni jugements, le droit à l'indifférence et le devoir de combattre l'intolérance. Oui, c'est vrai, les presque 30% réalisés aux dernières élections municipales par des listes issues de la manif contre tous m'ont beaucoup peiné. C'est à nous qui sommes plus forts de protéger les plus faibles et en particulier nos jeunes. C'est à nous de dire que l'homosexualité n'est ni une maladie ni un sacrilège. Que les mots du rejet peuvent tuer, que l'extrémisme religieux tue aussi ici, en France. Je suis homosexuel et je n'ai pas à m'en excuser ou à me justifier. On ne se justifie pas d'être roux ou brun, gaucher ou droitier. Je veux qu'on nous respecte et qu'on arrête de répandre la haine homophobe.


Ce combat n'est pas un combat politique, c'est un combat pour l'Humanité. Le droit qu'à chaque individu de vivre heureux dans sa singularité.


Denis Duperthuy