mercredi 31 décembre 2014

Bonne année 2015 !

Cher(e)s ami(e)s,

L'année 2014 a parfois été difficile : chômage, maladie, difficultés financières et autres mésaventures ont été trop souvent le lot de beaucoup d'entre nous. Souvenons-nous aussi de ces bonheurs que nous avons eu la joie de partager.

Je suis optimiste pour 2015 car je suis convaincu que des changements profonds sont en route. Je ne parle pas seulement de certains changements politiques, trop longs à aboutir et souvent trop abstraits. Je parle de ces changements bien réels, liés à cette imagination collective de notre jeunesse. Quand je regarde les générations qui ont 20 ans aujourd'hui, je mesure qu'avec 10 ans de plus, je me situe à la charnière entre un monde qui se finit et un nouveau monde qui commence.

Internet et les technologies numériques sont en train de bousculer notre manière de vivre le monde, pour le meilleur et parfois pour le pire. Je ne veux en retenir, pour ces vœux, que le meilleur. Quand je vois ces jeunes qui n'achètent plus le four micro-onde mais se le prête, ces jeunes qui organisent des fêtes, des manifestations via Facebook, la montée en puissance du partage d'informations, blablacar et toutes ces applications de partage... je me dis que le monde est vraiment en train de changer.

Nous sommes en train de basculer, petit à petit, dans l'économie du partage, sortant ainsi de l'économie de la possession. C'est une nouvelle manière de consommer, qui crée aussi du lien social. Ce lien sera-t-il plus ou moins solide que les liens d'antan ? Seul le temps nous le dira. Mais une chose est sûre, nos jeunes, loin des clichés de l'égoïsme et du matérialisme des générations précédentes, sont en train de créer de nouvelles formes de consommation et de solidarité. Parfois elles nous dépassent, nous ne comprenons pas tout. C'est la roue des générations qui tournent.

Mais nos jeunes ont la tête sur les épaules. Ils ont su s'approprier ces "nouvelles" technologies. Aujourd'hui on n'achète plus, on prête ! C'est un formidable changement de mode de vie, qui accompagne la nécessaire réduction du gaspillage de nos ressources naturelles.

La 3e révolution industrielle promise par Jérémy Rifkin est en marche. Elle produit déjà des changements plus profonds.
Sur Annecy, Vélonecy, Roule and Co, Citélib, l'accorderie, de nombreuses associations... sont les acteurs bien réels de ce changement. Nous avons des atouts formidables dans le numérique pour devenir les leaders de demain. Enclenchons, encourageons ce changement dont personne n'imagine aujourd'hui l'impact futur. N'ayons pas peur. Au contraire, réjouissons-nous car l'humain et la nature sont en passe de retrouver leur place centrale dans le système économique. Bien sûr, cela prendra du temps, mais l'évolution a commencé et rien ne pourra l'arrêter.

Cette société du partage passe aussi par le respect des personnes et de l'environnement. En 2015, nous parlerons beaucoup de la fusion des communes autour et avec Annecy. Je souhaite que cette question fasse l'objet d'une vraie concertation pour associer réellement la population et écrire tous ensemble une nouvelle page de notre histoire.

L'avenir des Haras sera aussi un enjeu pour l'avenir. Dans cette vision d'une économie du partage (et non plus de l'accaparement), je continuerai à porter l'idée d'un lieu entièrement ouvert aux Annéciens, avec notamment la création d'une véritable maison des associations, lieu de partage, de création de richesses, et de rencontres.
Il ne peut y avoir de respect des individus sans que ceux-ci n'aient accès au logement à des prix raisonnables. Je continuerai à me battre pour que se loger ne soit plus un privilège, mais soit réellement un droit pour tous les citoyens.
La question du respect du cadre de vie est également importante. C'est pourquoi j’œuvrerai pour que le parc des Capucins, propriété de la ville depuis plus d'un an et demi, soit ouvert aux Annéciens dès ce printemps pour vous offrir ce lieu de ressourcement, de rencontre et de contemplation.

Bonne année 2015 à tous !



mardi 30 décembre 2014

2014, une année riche


Retour sur nos interventions et nos actions en 2014 pour les Annécien(ne)s

Janvier 

La campagne des élections municipales commence à frémir à droite alors que cela fait près d'un an et demi que nous travaillons à notre projet alternatif pour les Annéciens. EELV et le PCF annoncent qu'ils feront listes à part, chacun de leur côté. A l'occasion des vœux aux Annéciens, le premier thème de campagne, le logement est abordé et je fais des propositions pour alléger la facture pour les Annéciens.
La droite choisit le site des Teppes pour implanter la nouvelle cuisine centrale de la ville (à l'époque pas de regroupement envisagé avec d'autres communes ce que nous dénonçons). Nous nous opposons à au choix de ce lieu (pas à la nécessité de construire une nouvelle cuisine centrale que nous voulons intercommunale) fait dans la précipitation et sans concertation. Nous portons un autre projet plus en accord avec les aspirations des habitants du quartier Novel-Teppes et les associations.
Le Conseil Général de la Haute Savoie fait savoir qu'il lancera une DUP commune "Tunnel sous le Semnoz/BHNS" et que les collectivités locales devront participer aux coûts.

Février

La ville se réveille sous le choc de la profanation de la plaque commémorant la rafle de 6 enfants juifs à l'école du quai Jules. Un rassemblement est alors organisé pour manifester notre indignation.

La campagne suit son court.

Mars

Elections municipales. Après une fusion au second tour avec la liste EELV (les autres listes de gauche ayant candidaté pour la gloire, pour se compter comme elles disent, faisant ainsi le jeu du FN), nous faisons 26% des voix. 6 conseillers municipaux sont élus et 2 conseillers d'agglomération.

Avril

Nous intervenons pour condamner la décision de M. Rigaut d'annuler le carnaval des enfants parce qu'il tombait le jour du vendredi Saint. Nous défendons, avec plusieurs associations, le respect du principe de laïcité. Cette annulation (qui a couté de l'argent aux organisateurs) devait donner lieu à un report (selon la promesse du maire). Celle-ci n'aura jamais lieu.
Au conseil d'agglomération (puis au conseil municipal), M. Rigaut porte une délibération "reconduisant les mêmes indemnités que celles du mandat précédent" (selon ses dires). Or, avec Claire Lepan, je monte au créneau pour dénoncer en réalité la hausse des indemnités de président de l'agglo et de maire (2000€ au total), toutes les autres indemnités (et c'est tant mieux) restant identiques à celles du mandat précédent. M. Rigaut expliquera par la suite, face à la grogne populaire, qu'il cherche ainsi à compenser, par avance, sa future perte de mandat de conseiller général. Avec Claire nous serons les deux seuls, après avoir entendu cette explication à l'agglo, à avoir le courage de voter contre. Au conseil municipal, c'est l'ensemble de notre groupe qui votera contre, Bexon ( qui avait voté pour à l'agglo) s'abstiendra...

Mai

Une étude de l'OMS classe Annecy comme la seconde ville la plus polluée de France. Si le rang put être débattu, une réalité s'impose désormais à tous (bien que nous l'ayons largement dénoncé durant la campagne municipale): le choix du tout voiture pose une problème grave de santé publique, et de respect de notre environnement. En conseil municipal, la majorité minore cette réalité, préférant polémiquer sur les résultats de l'OMS. Le maire promet des solutions... on attend toujours.
En conseil d'agglo, je redis mon désir de voir institué une tarification sociale (selon les revenus) pour les bus comme cela se pratique ailleurs ainsi que l'alignement des tarifs handibus sur ceux des tarifs SIBRA. Je redis aussi ma volonté que l'agglo arrête de subventionner le logement PLS pour se concentrer sur les vrais besoins en terme de logements sociaux : le PLAI et le PLUS... logement encore.

Juin

Alors que le nom de Charles Beigbeder (porteur en chef du projet de JO 2018) circule autour de l'affaire Bygmalion, j'écris aux différents subventionneurs publics pour obtenir l'ouverture des comptes de la candidature et obtenir toute la transparence sur ces chiffres. Seuls M. Rigaut et M. Monteil me répondent pour m'envoyer balader. Le maire sortira quelques chiffres très grossiers, sans détails et ne répondra jamais à ma deuxième lettre demandant des éclaircissements sur certaines lignes (comme la communication par exemple). Malheureusement, sans ces informations, je ne peux poursuivre plus loin.
L'idée d'une fusion des communes (au début les 4 communes urbaines) fait son apparition dans le débat public, alors que jamais personne n'avait abordé cette question au cours des campagnes municipales. Je fais connaitre mon soutien à cette idée de fusionner des communes aux problématiques relativement proches, à condition que la population soit associée à la réflexion (on attend toujours...) et que cette fusion repose sur un vrai projet d'avenir, pas seulement sur des données comptables.

Juillet

Le conseil municipal vote (bien entendu nous votons contre) la privatisation d'un partie du parking de l'Impérial pour l'usage exclusif des clients de cet établissement.
La construction d'une nouvelle bibliothèque est votée dans le quartier de la Prairie. Nous avions défendu ce projet en campagne électorale, mais dans le cadre d'une vision plus large intégrant aussi un lieu de rencontre, réunion pour les habitants et les associations du quartier. Le début de la proposition passe, la salle de quartier est retoquée par la majorité.
Les premières esquisses de la future cuisine centrale sont dévoilées. Après avoir dénoncé l’égoïsme de la ville qui souhaitait faire une cuisine pour elle toute seule, loin des nécessités de mutualisation des moyens avec d'autres villes pour réduire les coûts, M. Rigaut ouvre enfin une brèche en acceptant de fabriquer les repas de Meythet. Noble récupération de nos demandes, mais une récupération qui a un goût d'improvisation de dernière minute, loin d'une conception réfléchie de mutualisation pérenne des moyens. Nous relevons les risques de nuisances de ce nouvel équipement pour les riverains.

Aout-Septembre

Le 30 juillet je fais paraître un article demandant que l'on réfléchisse à dépoussiérer la fête du lac, devenue un spectacle "comme un autre" qui n'a plus aucune raison d'être conçu par la ville, collectivité locale alors que l'intérêt collectif de cette fête est contestable. Je réitère ma demande que le feu d'artifice soit plutôt vu comme le point d'orgue d'une manifestation se déroulant sur plusieurs jours plus ouverte sur les Annéciens.
Le 02 Août, la fête du lac a lieu sous des trombes d'eau, par décision de M. le maire qui refuse de rembourser les places. Je regrette ce choix qui pénalise de nombreux visiteurs et Annéciens. Je dénonce surtout l'argent roi qui entoure désormais cette fête et appelle à une réflexion globale pour la moderniser et la rendre plus attractive pour les Annéciens. Malheureusement, à l'heure actuelle, cet appel reste sans réponse de la part de la majorité.
Sur son blog, M. Rigaut s'en prend violemment au monde de la nuit, mêlant amalgames et caricatures. Pour ma part, je rappelle notre proposition de réunir des états généraux de la nuit pour trouver ensemble (fêtards, professionnels et riverains, avec les autorités locales : police, mairie, pompiers, SIBRA...) des solutions pérennes. Une ville comme Annecy doit préserver une vie nocturne riche et dynamique, tout en accompagnant et garantissant le sommeil des riverains. Jeter l’opprobre sur une profession n'est pas digne. L'été viendra étouffer ce début de réflexion, le maire renvoyant le dossier au CLSPD, c'est-à-dire à plus tard...
Averti par des Annéciens de l'apparition d'un nouveau panneau interdisant de marcher sur la pelouse devant l'Impérial, j'effectue un recours gracieux contre cet arrêté municipal. Après quelques tentatives de justifications langagières peut convaincantes et pour tout dire risibles, le maire décide de faire machine arrière et d'annuler cet arrêté pour en prendre un nouveau. Ce nouvel arrêté intègre les trois demandes que j'avais formulées : redonner l'accès à la pelouse de l'Impérial à tous (je n'avais pas contester les points relatifs à l'obligation du port d'une tenue vestimentaire décente dans ce parc, elles sont donc toujours en vigueur), autoriser l'usage des crampons sur le Pâquier pour les joueurs de foot notamment, permettre la pratique de la slackline (interdite dans le premier arrêté) sur une partie du domaine public.

Octobre

Notre groupe dépose une motion en conseil municipal demandant l'encadrement des loyers sur la ville afin de soulager les foyers modestes. La majorité rejette cette idée qui aurait pourtant permis de réguler les prix du marche immobilier.
Suite à la décision du conseil d'Etat d'annuler le permis de construire de la mosquée de la rue des Alpins, je rappelle notre position à ce sujet, qui n'a pas changé depuis des années : les musulmans ont droit à un lieu de prière digne, sur l'emplacement de leur choix. Face à une situation avec certains riverains qui semble bloquée, nous faisons une contre-proposition de lieu pour cette construction. Finalement un accord avec la mairie concernant un terrain de jeu désaffecté adjacent, permet d'entrevoir une nouvelle solution rue des Alpins, ce dont je me réjouis.
J'interviens en conseil d'agglomération, suite à une interpellation des associations pour obtenir des engagements de l'agglo concernant l'avenir du camp Rom des anciens abattoirs. On connait la suite, en décembre les Roms seront éparpillés dans la nature suite à l'évacuation du camp sans qu'aucune solution réelle n'ait été mise en oeuvre.

Novembre- décembre

Avec la baisse des dotations d'Etat, les débats budgétaires s'animent. Après avoir rappelé nos positions pour une priorité donnée au logement et aux transports en commun, ainsi qu'aux écoles et à la rénovation thermique des bâtiments, nous votons contre les budgets de la ville et de l'agglomération qui font des choix de prestige plutôt que des choix utiles pour les Annéciens.
Nous revenons à la charge en novembre sur le logement pour dénoncer la vente de terrains publics à des promoteurs privés pour batir des logements à 4500€/m². En décembre, nous ne votons pas la révision du PLU qui prévoit 61% de logements privés inabordables pour les Annéciens, 9% de logements en accession à la propriété aidée pour les familles modestes et 30% de logements sociaux à Vallin-Fier.
Le 19 novembre, les associations opposés à l'implantation du centre des congrès sur la presqu'île d'Albigny font salle comble à P. Lamy pour dénoncer de nouveau ce projet. Nous participons de ce mouvement, notamment en dénonçant les choix budgétaires fait par l'agglo de mettre sous pression des services utiles à la population, d'augmenter les impôts, tout cela pour se payer un centre des congrès en bord de lac, et un tunnel sous le Semnoz. Deux projets du siècle dernier.

Voilà en quelques mots résumée une année de travail au service des Annécien(ne)s, en adéquation avec nos valeurs et les idées que nous avons portées devant les électeurs. C'est ici la partie "visible" de l'iceberg : ces actions souvent reprises par la presse et portée à la connaissance des habitants. Il existe aussi une partie moins connue, celle du travail en commission, en groupes de travail, pour amender les projets, modifier les orientations, travailler à la ville de demain, aider les associations, les clubs sportifs... 

J'en profite pour remercier encore mes collègues élus pour le travail fourni avec sérieux, rigueur et constance au service des Annécien(ne)s. Je veux leur dire que ce travail n'est pas vain et qu'il obtient le respect et la reconnaissance de beaucoup d'Annécien(ne)s qui, de quelque bord politique qu'ils soient, apprécient notre engagement au service de la ville. 

L'année 2014 aura été faite de hauts et de bas, parfois de moments de solitudes face à l'adversité. Mais cette solitude est aussi l'expression de notre indépendance et de notre liberté de parole et d'actions. Seules nos convictions doivent guider notre action au service du bien commun. C'est en tous cas le sens de mon engagement d'élu. 

Bonne fin d'année 2014 à tous !


lundi 29 décembre 2014

Nous sommes 50 943 Annécien(ne)s

L'Insee vient de sortir les derniers chiffres de la population en Rhône-Alpes
http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=8&ref_id=21971#inter1

Figure 1 - La population augmente dans huit communes sur dix


                                1999           2007         2012     99-12  07-12  SN*  SM*
Lyon445 452472 330496 3430,71,00,90,1
Saint-Étienne180 210175 318171 483-0,3-0,40,5-0,9
Grenoble153 317156 793158 3460,30,20,8-0,6
Villeurbanne124 215138 151146 2821,31,21,3-0,1
Valence64 26064 80362 4810,1-0,70,6-1,3
Vénissieux56 06156 93561 1830,21,41,40,0
Chambéry55 78657 42058 0390,40,20,6-0,4
Annecy50 34851 11950 9430,2-0,10,3-0,4
*SN : solde naturel
*SM : solde migratoire

Comme on peut le voir, nous sommes désormais 50 943 Annéciennes et Annéciens soit -0.1% depuis le recensement de 2007.

Les chiffres sont là et sont têtus (conformément à ce que j'avais dit à M. Rigaut lors de notre débat de Janvier dernier en pleine campagne des élections municipales sur France 3) : à Annecy, sous JL Rigaut (élu maire pour la première fois en 2007 suite à la démission de M. Bosson), la population a diminué !
Enfin une vérité rétablie même si elle embête le maire qui avait dit le contraire à l'époque. Mais en campagne certains racontent ce qui leur plait...

Pourquoi est-ce gênant ? Parce que dans le même temps, le nombre de construction d'immeubles sur Annecy n'a jamais été aussi important. On voit des grues partout.

D'où cette question : alors pour qui construit-on à Annecy ? La réponse s'impose : on construit d'abord pour des produits de spéculation immobilière, pas pour les besoins de la population locale. Le meilleur indicateur ? Le solde migratoire (dernière colonne du tableau) c'est-à-dire la différence entre les arrivées et les départs d'Annecy est très nettement négatif (-0.4%). Si de nouveaux habitants arrivent en ville, beaucoup d'Anneciens quittent Annecy. Les raisons sont connues : principalement le prix de l'immobilier. Or qui arrive ? En majorité des retraités et des cadres avec des revenus conséquents.

Dit autrement, Annecy s'embourgeoise et vieillit. Parce que la volonté municipale n'est pas d'avoir une politique du logement pour les familles annéciennes et les salariés aux revenus modestes.

Notre combat pour l'encadrement des loyers (motion que nous avions déposée en conseil municipal et rejetée par la majorité), pour la construction de logements intermédiaires (avec de l'accessions à la propriété aidée) ou bien encore pour plus de logements sociaux prend en compte cette réalité et apporte des solutions. Nous voulons que nos enfants et les salariés modestes puissent continuer demain à vivre à Annecy.

Annecy ne doit pas devenir une ville de moins en moins peuplée, habitée par des personnes de plus en plus riches. Elle doit au contraire attirer et garder ceux qui font la vitalité d'une ville : sa population active et ses jeunes. Voila pourquoi nous nous battons pour un autre projet de société à Annecy !

vendredi 26 décembre 2014

Tunnel sous le Semnoz vs BHNS

Lors du conseil d'agglomération du 18 décembre 2014, une délibération a été soumise au vote concernant le lancement d'une Déclaration d'Utilité Publique (DUP) commune pour à la fois construire le Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) Annecy-Duingt et le Tunnel sous le Semnoz.

J'ai voté contre cette délibération qui, de fait, tue tout avenir pour les transports en commun et comme nous allons le voir, s'inscrit dans la poursuite des tendances actuelles, à la fois en terme de pollution atmosphérique mais aussi de développement de l'usage de la voiture particulière et de consommation des terres agricoles (étalement urbain).

Si je me réjouis que, pour une fois, l'ensemble des forces politiques de gauche aient su faire front pour rejeter cette délibération, je m'étonne aussi de leur soudain réveil, elles que l'on a peu entendu au moment du vote du projet Agglo 2030 (voté le 25 octobre 2012, avec une seule voix contre, la mienne), ou bien encore au moment du vote du SCOT (idem, une seule voix contre, la mienne).

Car la logique actuelle était déjà inscrite dans ces documents. J'avais d'ailleurs appuyé ma démonstration en 2012 pour rejeter le projet d'agglo 2030 sur la même étude que je vais vous retranscrire ici. Je me souviens encore, comme un douloureux souvenir, des attaques assez violentes provenant de mon propre camp politique lorsque je déclarais que le projet d'Agglo 2030 reposait sur la mise en oeuvre du scénario de transports A (faisant la place belle à la voiture). On m'avait alors répondu que j'étais de mauvaise foi et qu'il s'agissait en réalité d'un scénario B bis...

On voit le résultat aujourd'hui : c'est le scénario A qui a été validé la semaine dernière ! Je regrette cette absence de clairvoyance et finalement l'absence d'écoute et de respect vis-à-vis des analyses que j'avais pu faire alors. D'ailleurs, B. Accoyer, à qui cette contradiction n'a pas échappé, a bien relevé que voter le projet Agglo 2030 (tout comme le SCOT) et rejeter le tunnel avait quelque chose d'incohérent... Sur ce point-là nous sommes d'accord.

Revenons sur le fond du dossier.

Contrairement aux croyances infondées de certains élus UMP (qui appuie leurs analyses sur l'ancienneté de leur vie politique, alors que c'est justement cela le problème, ils sont restés coincés en 1977), mon point de vue s'appuie sur une étude conduite il y a moins de 2 ans par un cabinet d'experts, très bien payé par l'agglomération.



Le scénario A, tout en haut, est le seul à prévoir un tunnel sous le Semnoz pour voitures, ainsi que le doublement du contournement d'Annecy (2 éléments que l'onr etrouve dans le SCOT et le projet Agglo 2030 comme par hasard). Le Scénario B (au milieu) est un scénario intermédiaire. Enfin, le scénario C, sans restreindre l'usage potentiel de la voiture, fait la part belle aux transports en commun et offre ainsi une vraie alternative. Vous vous doutez bien que c'est le scénario que j'ai défendu. En votant pour le tunnel sous le Semnoz, l'agglomération a choisi le scénario A sans aucune ambiguïté (surtout que les études pour le doublement du contournement sont inscrites au budget. Je dis çà pour ceux qui continuent à croire JL Rigaut et ses promesses, qui finissent touhjours par s'accorder parfaitement avec les désridératas de l'UMP. Pour ma part, cela fait bien longtemps que je ne crois plus au Père Noël).

Résultats : avec le scénario A (choisi par l'agglo) les transports en commun progressent très peu. De 3% de parts modales, on passe à 5.5%. En périurbain, cela progresse encore moins : on passe de 0.7% à 1%... Avec le scénario C on aurait pu transporter deux fois plus de personnes qu'avec le scénario A...
D'ailleurs, l'étude le dit à mi-mots : choisir le scénario A c'est faire le choix de la voiture. On peut même s'interroger sur la pertinence du BHNS dans ce cas, comme l'a souligné B. Accoyer.


Autre résultats : le scénario A choisi par l'agglo est celui qui participe le moins à la réduction de la pollution humaine, c'est celui qui génère le plus de nuisances (dont le bruit), c'est celui qui impacte le plus grandement les milieux naturels et qui limite le moins (ou encourage le plus) l'urbanisation et donc la destruction des terres agricoles et des milieux naturels. Vous ne pourrez pas dire que ce n'était pas écrit...

C'est enfin, pour finir, le scénario A qui coûte le plus cher : près de 900 millions d'euros... Dont les 2/3 pour les infrastructures routières et un petit tiers pour les transports en commun. Après on dit que c'est la gauche qui dilapide l'argent public... Alors je veux bien que, comme disent certains UMP, il ne faille pas opposer voiture et BHNS. Mais on finance comment ? Ah oui, c'est vrai en augmentant les impôts! Mauvaise nouvelle pour les entreprises locales : le Versement Transports va augmenter beaucoup pour pouvoir se payer ce scénario A, projet du siècle dernier.

En réalité, tout est dit dans cette synthèse finale :

Alors, longue vie à l'air pollué d'Annecy ! Et au passage, inutile de s'excuser 2 ans après pour les phrases désagréables qui ont été dites à mon endroit. Après l'épisode des déchets de Cannes où certains de mes amis prédisaient, pour réfuter mon opposition, une hausse spectaculaire de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, résultat elle avait baissé... Après l'épisode Jeux Olympiques... et ce dernier épisode, j'ai l'habitude. J'espère que nous allons enfin assumer le rôle qui est le nôtre à l'agglomération : celui d'opposants constructifs mais résolus qui ne cherchent ni à dézinguer le soldat Rigaut, ni d'ailleurs à le sauver, mais qui font valoir leurs idées et leurs analyses, en toute cohérence dans le temps.

La droite UMP-UDI met en place son projet pour l'agglomération d'Annecy. Elle a été élue pour çà (même si je le regrette). A nous, progressistes, de dire qu'un autre projet est possible, qu'il est plus respectueux de l'environnement et des populations, et qu'il coûte moins cher. C'est au prix de ce travail de cohérence que nous jouerons un jour, j'en suis convaincu, un rôle bien plus important au sein de cette agglomération pour nos concitoyens.









mercredi 24 décembre 2014

Joyeux Noël sous le signe de la tolérance



Cher(e)s ami(e)s,

Voici venu le temps de Noël. Ce temps du rassemblement, de la famille, des cadeaux et de la bonne humeur autour de bons repas (merci aux cuisiniers ;-)).

Je vous souhaite à toutes et à tous, à vos familles, à vos ami(e)s de très belles fêtes de Noël.

Je pense aussi à tous ceux qui, à cause de la maladie, de la vieillesse, de l'isolement, vont peut-être passer un Noël plus difficile. Je pense également à tous les professionnels qui ce soir veilleront sur nous et travaillerons au service des autres. Chers tous, svp, inutile de rajouter du travail aux urgences ou aux pompiers. Faites la fête mais de grâce ne conduisez pas après.

Je veux surtout souhaiter un très joyeux Noël à tous les enfants qui attendent le Père Noël avec impatience.
Que tu sois un enfant qui fêtera Noël avec son papa et sa maman, ou bien avec ses deux mamans, ou ses deux papas, ou seulement sa maman, ou seulement son papa, ou ses beaux parents...
Que tu sois noir ou blanc, Rom ou Savoyard,
Que tu sois chrétien, musulman, juif, taoïste ou sans religion

Bref à toi l'enfant de la Terre, je te souhaite un TRES JOYEUX NOEL sous le signe de la tolérance !

lundi 22 décembre 2014

Pourquoi je n'ai pas voté le budget de l'agglo ?



Jeudi 18 décembre, le conseil d'agglomération était appelé à débattre du budget et à voter.

Ce budget 2015 est présenté avec une hausse modérée des dépenses de fonctionnement accompagnée d'une hausse significative des recettes des impots, impossible sans hausse des taux. L'estimation est de faire passer la taxe d'habitation de 6.47 à 6.66% et la taxe foncière (part interco) de 0 à 0.40%. Cela représente une hausse moyenne d'environ 20 euros par ménage.

La question n'est pas d'être pour ou contre les impôts, comme a essayé de le faire croire M. Billet dans son intervention (certainement pour mieux faire oublier son revirement sur la question du tunnel du le Semnoz, lui qui est soit-disant contre, mais l'a voté ce jeudi. Les girouettes, tournent toujours avec le vent... ou avec la soupe), mais à quoi vont servir ces impôts.

Il y a déjà plusieurs mois, j'avais écrit un article intitulé : "Finances de l'agglo : le mur en 2016", dans lequel j'expliquais qu'il ne serait pas possible de se payer un centre des congrès sans augmenter les impôts. Nous y sommes déjà ! Donc la question est bien : augmenter les impôts, ca se discute, mais pour se payer quoi ? Moi je dis non à un nouveau centre des congrès à Albigny ainsi qu'à un tunnel sous le Semnoz, donc non aux impots qui accompagnent ces investissements.

Je suis également intervenu pour rappeler ma position déjà explicitée au Débat d'Orientation Budgétaire le mois précédent : je suis contre le hausse de la taxe d'habitation et je préfère qu'en contre partie on diminue la Dotation de Solidarité Communautaire (DSC) reversée aux communes de 2 % (inscrits au budget) à 5%. Le résultat est quasiment identique. Mais c'est une double question politique :
- d'abord arrêter d'empiler le mille-feuille administratif. Si l'agglo voit ses ressources augmenter cela DOIT se faire au détriment des communes. On ne peut pas vouloir garder ses recettes communales et continuer à augmenter les recettes intercommunales. L'avenir est à l'agglo pas aux communes.
- Il faut donner à l'agglo les moyens de son développement, quand on sait que la population augmente et vieillit chaque année.

C'est pourquoi je n'étais pas favorable à une baisse des dépenses de fonctionnement (d'ailleurs sur quelles dépenses?) mais à leur juste maîtrise. Il nous faut continuer à accompagner l'accueil des population nouvelles, l'aide à nos ainés, nos structures sociales, culturelles et sportives... tout en contrôlant rigoureusement l'usage de l'argent public.

J'ai d'ailleurs fait remarquer que plutôt que de taper sur les services, les élus pourraient aussi se regarder le nombril. Alors que la réforme des collectivités territoriales à réduit le nombre de conseillers communautaires quasiment par deux (tous indemnisés), la dépense consacrée aux indemnités des élus a diminué que de 10%. La raison, on la connait: plus de vice-présidents et conseillers délégués au bureau (le bureau représente plus de la moitié du total des élus !) et un président qui, sans vergogne, n'a pas hésité à augmenter son indemnité. Les élus doivent montrer l'exemple, en particulier le premier d'entre eux. Je rappelle au passage que les simples conseillers eux ont eu (et j'en suis ravi) une augmentation de 0% d'un mandat à l'autre.

Concernant les investissements, je suis intervenu pour dire mon opposition au percement d'un tunnel sous le Semnoz inscrit pour 680 000 euros (les études !) en 2015, ainsi que du centre des congrès (encore 2 650 000€ pour 2015!). Je préférerais, en ces temps de crise, que les investissements en faveur de l'activité économiques soit plus concrets et plus orientés vers les besoins de notre bassin de vie.

J'ai regretté l'absence d'investissements en faveur des économies d'énergies (dépenses de fonctionnement qui pourtant continuent à augmenter) pour réduire notre facture énergétique et alléger ainsi nos dépenses.

Enfin concernant le logement, le montant annuel dévolu au logement social reste désespérément scotché à 1.5 millions d'euros/ an alors que les besoins sont énormes. Quant à l'enveloppe consacrée aux acquisitions foncières pour réaliser de nouveaux logements elle est de 350 000 euros pour 2015. Pas de quoi répondre aux besoins de logements des habitants.

Bref, rien dans ce budget ne répondant aux enjeux d'avenir (investissements économiques, économies d'énergie, logements...), j'ai voté contre un budget écrit par des politiciens élus depuis 1977, qui sont restés campés sur leurs certitudes d'alors et n'ont pas vu que le monde avait changé.

dimanche 21 décembre 2014

Dire les choses

Hier se tenait un conseil départemental du PS qui a validé les investitures du PS pour les prochaines élections départementales. Enfin presque...

Pourtant la règle était simple : 15 jours de plus ont été laissé aux instances départementales pour trouver un accord avec nos partenaires de gauche (EELV, PCF, FDG). A l'issue de ses 15 jours supplémentaires seul notre allié gouvernemental, le PRG a répondu présent et favorablement.

Nous avons donc un accord départemental entre le PS et le PRG. Cet accord se traduit sur le canton Annecy 2 par un binôme de titulaires composé d'une militante PS, Sophie Touzan et d'un militant PRG, Christian Gilquin. J'en suis très heureux car ayant été candidats sur ma liste aux municipales, je connais leur grande valeur et leurs convictions au service du progrès social et environnemental. Ils sont de très bons candidats.

Bref, on a fait le job et joué le jeu des accords avec un partenaire différent de nous, mais loyal et sincère. Ce duo présente une cohérence politique.

Les discussions départementales avec EELV et le FDG n'ont pas aboutit. Ces deux formations n'ont pas souhaité s'allier avec nous. Il n'y a donc pas d'accord avec eux. Les choses sont claires. Je regrette ces divisions qui n'ont aucun sens et qui font visiblement le jeu d'un FN au second tour.

Voilà l'état des choses, clair, simple. J'aimerais que parfois le PS de Haute Savoie dise les choses.

Maintenant il existe des tentatives, de-ci de-là pour débaucher quelques militants verts et former sur des cantons des binômes. Tant mieux si cela peut aboutir. Mais çà n'a rien à voir avec un accord entre partis. Pour ce qui est du FDG, il nous demandait simplement de ne plus être PS pour passer un accord.

Quant à des investitures futures pour le PS de candidats soit issus du PS soit hors PS, elle ne rentrent plus dans les clous de nos règles de vie commune.

samedi 20 décembre 2014

Budget de la ville 2015

Lundi 15 décembre, en conseil municipal, nous avons voté contre le projet de budget de la ville qui nous était présenté.

Alors qu'au moment du débat d'orientation budgétaire, le mois précédent, nous avions demandé des inflexions en faveur des personnes les plus fragilisées, de l'investissement pour le logement, l'écologie et nos écoles, aucune de nos demandes n'a été reprise dans le budget.

Le budget proposé est un budget d'austérité qui aura des effets récessifs aussi bien sur l'activité économique (je pense au BTP notamment), mais aussi sur les dynamiques sociales, culturelles et sportives locales. Tous les ingrédients de l'austérité sont réunis:
- une hausse des impôts est à prévoir (même si l'annonce est différée à Avril, après les élections départementales) puisque les recettes des impôts est inscrite en forte hausse (hausse inatteignable sans augmentation des taux d'imposition sur la taxe foncière et/ou la taxe d'habitation)

- une stagnation des dépenses, avec 1.47% de hausse des dépenses pour le personnel (soit le minimum du minimum qui puisse être fait). Je rappelle que certes, il faut maîtriser les dépenses, mais aussi qu'en tant que l'un des plus gros employeurs du bassin, nos décisions ont un impact sur la dynamique économique locale. Les subventions seront également gelées à 0%. Je suis conscient que chacun doit participer à l'effort mais deux domaines auraient dû être préservés de cette rigueur : les associations œuvrant dans le domaine du social et l'aide aux plus touchés par la crise économique et social, or même le budget du CCAS est en berne. Et puis les associations employant du personnel (MJC, Crèches...) dont les charges continuent à augmenter ( la ville n'arrive d'ailleurs pas à faire 0% sur ses charges de personnel !) et les recettes stagnent. Une hausse de 1% des subventions aurait coûté à la ville moins de 60 000€ (pour toutes les subventions, or ce n'est même pas ce que l'on demandait). Je crois que nous aurions pu envoyer ce message de soutien à ces associations.

- une baisse de 28 % de l'investissement soit 7 millions d'euros de moins que l'année dernière qui aura un impact sur les entreprises du bassin.

Alors oui, il y a une perte de 1.7 million d'euros de dotations de l'Etat mais on enregistre aussi une hausse de 900 000 euros des fonds genevois et de 100 000 € des dotations de l'agglo. Beaucoup de communes de France envieraient cette situation, elles qui voient leurs dotations baisser sans avoir la chance de toucher des fonds genevois... Si on ajoute à cela, l'anticipation quelque peu surprenante d'une baisse de 300 000 euros des amendes de police (pourquoi ?), on se rend compte que le trou dans les recettes n'est plus que de 400 000€... Pas de quoi faire une telle politique d'austérité.

D'autant que l'austérité est-elle pour tout le monde ? Pas vraiment quand on voit que le SYANE (ce syndicat intercommunal) a augmenté sa cotisation de façon massive (+ 25000€) et que les indemnités du maire, elles, continuent à ne pas connaitre la crise.

Sur l'investissement, on note un décalage sur les années futures de nombreux chantiers : rénovation du parc technique, salle de convivialité aux Haras, rénovation du boulodrome, centre de production horticole... A croire que la ville attend pour 2016 une subvention exceptionnelle de l'Etat !

J'ai aussi regretté le faible montant de subvention alloué au programme j'éco-rénove ma copro inscrit pour 70 000 euros (nous proposions une montée en puissance plus rapide avec 200 000 euros cette année).
Le budget de rénovation des aires de jeux pour enfants que l'on avait réussi à faire monter à 200 000 euros par an (soit la rénovation de 2 aires / an) grâce à nos nombreuses interventions, est retombé à 100 000 euros pour 2015 (c'est vrai que les élections municipales sont dorénavant derrière nous...)
Sur le chapitre "Culture": l'enveloppe pour l'achat de matériel et d'équipement pour les établissements culturels, d'habitude inscrite pour 10 000€/an a été rognée à 5 000€. L'enveloppe pour l'entretien des bibliothèques de quartier est elle passée de 40 000€ en 2014 à 11 440 e pour 2015.
La maintenance des bâtiments scolaires passe de 350 000€/an (somme déjà ridiculement faible pour 10 écoles, dont nous n'avons eu de cesse de demander l'augmentation) à 302 000€ pour 2015.
Les subventions pour construire du logement social, généralement inscrites pour 700 000 euros sont ramenées à 344 531€ , ce qui montre l'ambition de cette majorité en matière de logement pour tous selon ses revenus...
Pour finir, toujours rien pour la rénovation de l'école Carnot, rien sur l'ouverture du parc des Capucins au public et trop peu pour l'aménagement des pistes cyclables.

Ce budget ne répond pas aux attentes des Annécien(ne)s en matière de logement, d'aide aux plus défavorisés, de rénovation des bâtiments scolaires et d'enclenchement d'une réelle politique de transition énergétique.

Ci-joint l'article du Dauphiné du 17 décembre:

jeudi 18 décembre 2014

Politique du logement à Vallin-Fier

Lundi soir en conseil municipal était proposé au vote la modification n°5 du PLU concernant le futur quartier (que je n'appelle pas éco-) Vallin-Fier.

D'abord sur la forme. Ayant reçu la convocation et les points à l'ordre du jour en début de semaine dernière, j'ai demandé à avoir un rendez-vous au service urbanisme pour m'informer des tenants et aboutissants de cette modification. Ce rendez-vous a eu lieu vendredi. J'ai donc préparé mon intervention (dont les graphiques ci-dessous) en fin de week-end (pour répondre à M. Rigaut qui demande que l'on lui passe les documents pour censure 15 jours avant le conseil).

Arrivé au conseil municipal, je me suis dirigé vers le directeur général adjoint qui s'occupe des projections au vidéoprojecteur pour lui tendre le document avec les graphiques (sur clé USB) afin qu'il les projette pendant mon intervention. Il a donc copié ces documents (qu'il ne m'a pas rendu en fin de séance). Très certainement, il est ensuite allé rapporter à M. Rigaut qui, ne souhaitant pas de débat, a refusé que l'on projette, pour le public et les collègues élus, ce document. Je garde en travers de la gorge l'attitude à la fois du maire et du fonctionnaire en question qui, plutôt que de m'avertir en amont de ce refus, ont attendu le moment de la délibération pour faire leur coup. Une bien triste conception du respect des personnes, et du travail fait par les élus. Car réaliser ce graphique m'a demandé plus de 2 heures dimanche soir (le temps de regarder les éléments du Plan Local de l'Habitat, les diverses études sur le sujet,... bref de faire un travail argumenté) pour être traité en conseil municipal comme un mal propre.

Ce qui m'a le plus choqué dans cette affaire, et qui justifie aujourd'hui que nos relations seront nécessairement plus tendues, c'est l'accaparement des moyens publics de la ville au seul profit de la majorité. Rien, ni dans le règlement intérieur, ni dans aucun texte, ne permet de justifier cette entrave à l'expression d'un conseiller, dès lors que ses propos ne sont ni diffamants ni insultants. Les fonctionnaires de la ville doivent être au service de tous les élus car nous sommes les représentants de tous les Annéciens. Cette rupture de l'égalité de traitement des élus, cette rupture du pacte républicain par un abus de pouvoir et une mise sous coupe des services municipaux est une insulte à la démocratie. Visiblement l'étiquette centriste n'interdit pas le recours aux agissements extrémistes.
J'étudie d'ailleurs la possibilité de porter cette affaire devant les autorités compétentes.

Sur le fond. La délibération prévoit la construction de 30% de logements sociaux sur les 1100 logements prévus, ainsi que d'une centaine de logements en accession aidée. Ces chiffres sont bien loin des promesses électorales de M. Rigaut qui promettait 1/3 de logements sociaux, 1/3 d'accession aidée et 1/3 de logements libres.

Sur Annecy, la liste d'attente pour avoir accès à un logement social est de 5000 demandes. Ce sont pour 70% d'entre elles, des personnes qui aujourd'hui sont obligées de se loger dans le parc privé à des prix exorbitants qui les plongent dans des situations financières extrêmement difficiles.
De même, à Annecy, on n'a plus construit aucun logement en accession aidée (qui permettent aux familles de devenir propriétaires à des prix abordables) depuis 2009. Non, à Annecy, on préfère jouer la spéculation immobilière et vendre des terrains publics pour construire des logements à 4500€ du m², soit des logements pour les 5% de la population la plus riche !

Rappelons aussi que la loi nous oblige à atteindre 25% de logements sociaux d'ici à 2025 (soit la construction d'environ 2000 logements pour Annecy).

Ces rappels étant faits, nous voulions projeter notre contre-proposition, afin de pouvoir ouvrir un débat, certes politique mais oh combien utile pour l'avenir de notre ville, et un débat attendu par beaucoup d'Annéciens (pour lesquels la question du prix du logement est aujourd'hui la préoccupation n°1). Mais M. Rigaut préfère censurer nos propositions, pour mieux écouter les rangs de la divers droite extrême lui parler, pendant 15 minutes du projet des Trésums (j'ose à peine imaginer l'impatience qui aurait agité la majorité si c'était Philippe Métral-Boffod qui avait tenu le crachoir aussi longtemps, mais la douce musique de M. Bexon semble moins insupportable à la mjorité). C'est tellement plus facile !

Voici le document qu'il ne fallait surtout pas projeter. Merci d'écarter les enfants et les âmes sensibles !



Si vous avez réussi à passer le choc de cette photo, je vais donc vous l'expliquer.

D'abord dans le tableau, vous avez en position centrale les promesses faites par M. Rigaut : 1/3,1/3,1/3, reprises dans le camembert du bas.

A gauche, la délibération votée lundi soir (nous avons voté contre) avec 61% de spéculation immobilière (soit +303 logements par rapport à la promesse, c'est ce qu'on lit dans la colonne "différence"), 30% de logements sociaux (-36 par rapport à la promesse) et 9 petits % d'accession aidée pour les classes moyennes d'Annecy (-266 logements). Voilà la politique du logement menée par M. Rigaut, grand défenseur des classes moyennes annéciennes en paroles, qui en réalité travaille au service de sa caste à lui, celle de ceux qui gagnent plus de 10 000€/mois et peuvent se permettre d'acheter des logements neufs à Annecy à plus de 4500 € du m².

Notre proposition (à droite, une fois n'est pas coutume), s'inscrit dans l'objectif du respect de la loi et consacre donc 45% des logements à construire en logements sociaux, ce qui représente 500 logements (je rappelle que la demande est de 5 000).
Nous souhaitons également la construction d'1/3 (pour être tout à fait exact 32%) d'accession aidée pour les Annéciens de la classe moyenne qui souhaitent pouvoir devenir propriétaires sans se ruiner.
Ces objectifs de politique de mixité sociale étant actés, le marché libre (en totale atonie depuis des mois, sauf pour les produits de défiscalisation et de spéculation immobilière) serait donc de 250 logements soit 23%.

Je crois que ces graphiques parlent effectivement d'eux-mêmes et montrent bien la différence entre les paroles et les actes de M. Rigaut. 
Il montre aussi qu'en matière de logement, les choix politiques sont différents entre ceux qui privilégient leur classe sociale aisée et veulent faire d'Annecy une ville de riches; et nous, qui défendons une certaine idée de la mixité sociale, une certaine idée du droit à chacun de se loger selon ses moyens, et une certaine idée du respect des lois de la République.

Voila le débat que nous voulions avoir. La noblesse de la politique, c'est d'être en capacité d'écoute et de débat (chacun pouvant dire s'il est pour ou contre), sans sectarisme ni censure. Tout le contraire de l'attitude de M. Rigaut.


mardi 16 décembre 2014

L'indécence de M. Rigaut

L'indécence en politique c'est quand un maire, à peine élu, décide de s'octroyer une hausse de 1000€ de ses indemnités (et 1000€ de plus comme président de l'agglo) pour compenser la perte future de son mandat de conseiller général.

L'indécence en politique, c'est quand ce même maire, enfourchant la rengaine de l'austérité, explique à qui veut l'entendre qu'il n'y a plus d'argent pour les Annéciens.

L'indécence en politique, c'est quand quelqu'un qui s'est octroyé plus de 30% d'augmentation d'indemnités propose un budget où les agents municipaux sont mis à la diète et les salaires gelés.

L'indécence en politique, c'est quand ce maire fait voter un budget dans lequel les subventions aux associations, notamment celles du secteur social et celles qui emploient du personnel, sont gelées à 0% alors que lui-même s'est largement servi pour ses indemnités.

L'indécence en politique, c'est de se demander encore, comment en conscience de tels comportements peuvent être tolérés, comment ces gens-là, à plus de 8000€/mois peuvent regarder dans les yeux, le matin en arrivant à la mairie, les agents de catégorie C dont le salaire ne dépasse pas de beaucoup le SMIC.

Mais la plus grande indécence en politique, c'est de voir des électeurs continuer à voter pour des élus qui pourtant ne méritent que le mépris pour de tels comportements.

vendredi 12 décembre 2014

Rénover l'école Carnot en 2015

Je lis dans la presse de ce matin, l'appel au secours lancé par le secteur du bâtiment, notamment aux élus locaux. Les mises en construction de nouveaux chantiers sont effectivement en chute libre, ce qui fait peser un gros risque sur l'emploi local. Le secteur du BTP est un moteur de notre économie haut-savoyarde, pourvoyeur de nombreux emplois. C'est aussi l'un des derniers secteurs à jouer le rôle d'ascenseur social dans notre société.

Il faut saluer ici le sens des responsabilités de ce secteur économique qui aujourd'hui alerte les décideurs politiques, avant qu'il ne soit trop tard. Alors essayons de répondre favorablement (dans la limite de nos capacités financières) en tant que collectivités locales, à cet appel à l'aide.

D'autant que les besoins ne manquent pas, notamment en matière de logements, et plus précisément de logements sociaux, point que je porte fortement à l'agglomération.

Alors que nous allons entrer dans une semaine politique consacrée aux votes des budgets de la ville et de l'agglomération pour l'année prochaine, cet appel rejoint un certain nombre des sujets que j'ai soulevé au moment des différents débats d'orientations budgétaires le mois dernier.


J'ai notamment porté au nom de mon groupe, la nécessaire inscription sur ce budget de l'éco-rénovation de l'école Carnot, y compris en s'endettant pour cela. Pourquoi ?
- D'abord parce que cette rénovation de la plus ancienne école d'Annecy a été trop souvent annoncée et toujours repoussée pour d'autres projets (à mon avis moins importants)
- Cette éco-rénovation aura des effets durables sur le coût de fonctionnement et viendra donc réduire les dépenses futures de chauffage notamment.
- L'école primaire est la responsabilité première de la ville, bien avant d'autres chantiers. Nos enfants ne doivent pas être les victimes de la rigueur budgétaire. En investissant dans une école, on investit pour l'avenir.
- La ville, dans le budget qui va nous être présenté, ne joue pas le jeu du soutien à l'économie locale. Alors qu'il est prévu (théoriquement car cela signifierait que nous réalisons bien en 2015 tous les investissements inscrits, ce qui n'arrive jamais, nous réalisons effectivement entre 70 et 80% des investissements inscrits au budget) un emprunt de 2 millions d'euros pour équilibrer les investissements, le budget prévoit aussi un remboursement de capital des anciens emprunts de 1.6 millions d'euros. Cela donne donc un emprunt net réel de seulement 400 000 euros pour 2015. Bref, au mieux une stabilité, voire une baisse de notre endettement.
- Dans un contexte où les taux d’intérêt sont très bas (comme le souligne d'ailleurs une lettre envoyée aux maires par le préfet de région), où l'investissement privé flanche, il est du ressort de l'investissement public de prendre raisonnablement le relais et sa part au maintien de l'activité économique en attendant la reprise de la croissance. C'est ce que nous a enseigné l'économiste Keynes.
- La rénovation d'une école peut se faire à crédit. Cette école rénovée n'a aucune raison d'être payée uniquement comptant, par les Annéciens d'aujourd'hui. En empruntant, on  étale le coût de cette rénovation sur plusieurs années et on fait supporter ce coût à plusieurs Annéciens d'aujourd'hui comme de demain. Les économies d'énergies réalisées pourraient d'ailleurs en grande partie venir couvrir le coût de l'emprunt.

La rénovation en 2015 (bien sûr les travaux s'étaleront sur plus d'une année) d'une école primaire est une obligation (pour nos enfants, pour le climat, pour l'emploi) et une décision de bonne gestion financière de la ville. C'est pour cela que je continuerai de la porter au moment du vote du budget lundi soir. C'est je crois une réponse (qui doit être complétée par d'autres, notamment à l'agglomération en ce qui concerne le logement social dont la demande est si criante sur notre bassin de vie) qui va dans le sens d'un début de réponse au secteur du BTP, et à la préservation de l'emploi.