mercredi 18 octobre 2017

Centre des congrès : les embûches n'arrêtent pas le randonneur



Suite à la délibération de 2015 du conseil d'agglomération approuvant l'APD (Avant-Projet Définitif) du centre des congrès à Albigny, Claire et moi, en tant que conseillers communautaires, avions décidé de déposer un recours pour contester :
- le fait que la Commission d'Appel d'Offre (CAO) n'ait pas été consultée en amont de la délibération
- l'envoi très tardif des convocations (nous avions reçu le dossier de plusieurs centaines de pages 2 jours avant)
- puis nous contestions évidemment le projet sur le fond, notamment en démontrant que ce projet (revu et agrandi) ne respectait toujours pas la loi Littoral.

L'agglomération (et le cabinet d'avocats parisiens mandatés pour la défendre) basait principalement sa défense sur le fait que nous n'aurions pas dû attaquer la décision du conseil d'agglomération mais la décision du bureau (constitué des vice-présidents) qui a suivi cette délibération. Elle a aussi fait valoir le fait que la CAO s'était réunie après le conseil d'agglomération mais avant le bureau.

Le rapporteur public a balayé cette défense rappelant qu'en démocratie c'est bien l'organe élu (c'est-à-dire le conseil d'agglomération) qui prend les décisions et le bureau ne fait qu'appliquer les décisions.

Le rapporteur public a rappelé une idée élémentaire de la démocratie qui a depuis bien longtemps échappé à MM. Rigaut et Accoyer.

Le tribunal administratif de Grenoble vient de rendre sa décision. Il rejette notre recours en développant un argumentaire de jurisprudence sur la forme et non sur le fond (argument que le cher cabinet d'avocats parisiens payé par nos impôts n'avait d'ailleurs pas soulevé).

Pour le tribunal, la délibération de 2015 ne constitue pas le lancement du projet (comme nous le pensons, sinon que signifie Avant Projet Définitif ?), mais un avenant (de près de 20% de financement supplémentaire !!!) à un contrat déjà passé. En effet, l'agglo, après un appel d'offre (qui semble aujourd'hui largement biaisé) avait retenu l'architecte Snohetta pour un montant de travaux préétabli (APS : Avant Projet Sommaire). L'APD ne faisait qu'enregistrer un dérapage de 20% par rapport au montant initial de l'APS.

Or, d'après la jurisprudence, seule une des parties au contrat (c'est-à-dire ici l'agglo ou Snohetta) peut contester un avenant à un contrat devant le tribunal (autant dire qu'ils n'allaient pas, ni les uns ni les autres, se tirer une balle dans le pied). Des personnes tiers (comme vos dévoués élus ou les associations et les citoyens) ne peuvent pas contester une hausse de 20% des coûts devant le tribunal...

Cependant, MM. Rigaut et Accoyer auraient bien tort de se réjouir trop vite de cette décision. En effet, le tribunal a également rejeté la demande de l'agglo de nous infliger une amende de 5000 € pour dommages et intérêts. Ce rejet montre, selon nous, que notre recours n'a pas été jugé abusif par le tribunal.

Il y a ceux qui verront le verre à moitié vide et qui s'empresseront de se servir de cette décision de justice pour décrédibiliser ceux qui luttent contre ce projet de centre des congrès à Albigny.

Pour ma part, je vois le verre à moitié plein :
- cet épisode judiciaire aura permis au tribunal de Grenoble de mieux se faire une idée sur ce dossier, lui qui sera amené à se prononcer certainement de nouveau sur lui, après avoir déjà annulé la DUP.
- On peut aussi toujours parler, faire des grandes phrases et se gausser d'être un opposant à ce projet... sans finalement ne jamais rien faire contre... Pour ma part, j'ai toujours préféré l'action et donc la prise de risques pour tout mettre en oeuvre pour protéger notre lac et son littoral. Je ne regrette pas une seconde d'avoir déposé ce recours. Au contraire, j'en suis fier même si les conclusions de la justice ne sont pas celles que nous attendions.

Mais il y aura d'autres batailles, juridiques, politiques et citoyennes. Cette décision ne porte pas sur le fond de nos arguments. La vision que nous portons pour protéger notre lac est bien plus grande que nous. C'est un devoir moral qui engage l'avenir de notre bassin de vie, celui des générations futures. 

Dans un esprit de sérieux et de professionnalisme, avec Claire et Evelyne, nous continuerons à nous battre, nous impliquant directement dès que c'est possible, prenant ainsi directement nos responsabilités ; ou en soutenant de toutes nos forces ceux qui agissent quand on ne peut pas agir directement (comme par exemple le recours contre la DUP) : associations, citoyens, milieux professionnels.

Je veux remercier tous ceux qui nous aidés dans cette étape : experts juridiques, avocats, citoyens, amis, etc... Le droit a parfois ses raisons qu'il faut savoir accepter. Mais je vous rassure, je n'ai pas fini de vous casser les pieds, d'autres combats nous attendent et nous finirons par gagner.

La route est longue et le chemin est parfois semé d’embûches. Mais pour voir les plus beaux paysages il faut parfois savoir prendre les sentiers les plus difficiles. Je préfère marcher que rester sur le chemin à regarder passer les trains.

lundi 16 octobre 2017

La tête de turc de la mairie


J'apprends ce soir, en rentrant du conseil communal, ce que les mots "brutalité bureaucratique" et "incompétence", mais aussi "irrespect" veulent dire quand ces actions proviennent d'une mairie aussi bête que méchante.

Dans les faits, dans les actes, pas dans les paroles.

On sait depuis longtemps que la mairie d'Annecy tient les commerçants pour des "égoïstes" uniquement intéressés par leur tiroir-caisse. Les discours officiels, bien sûr, font nécessairement l'éloge du commerce de proximité, mais les discussions de couloirs ont un tout autre contenu. Les commerçants, surtout s'ils sont cafetiers ou restaurateurs sont vus comme des profiteurs, des poseurs de problèmes, parfois des irresponsables (avec l'alcool), des "enlaidisseurs" de notre vieille ville.

C'est vrai qu'à Annecy, ville touristique, les commerçants n'ont aucune autre utilité que de s'en mettre plein les poches...

Pourtant, que serait notre ville sans ses terrasses animées, sans ses restaurants, sans son petit commerce qui certes, oblige parfois à des modifications de façades pour ici poser un store, la-bas créer une évacuation de cuisine. Mais croit-on vraiment qu'Annecy accueillerait autant de touristes, serait aussi dynamique économiquement sans ses commerçants ? Croit-on qu'il ferait si bon vivre à Annecy sans tous ces commerces ?

On le voit parfois en saison morte : quand chacun prend des vacances bien méritées, que les commerces ferment... la ville est morte, lugubre.

Oui, bien sûr, il ne s'agit pas d'être angélique. Certains commerçants abusent. Mais d'une ultra-minorité doit-on faire une majorité ? Oui, les commerçants à Annecy (du moins ceux qui sont installés depuis un certain temps) vivent bien et ont souvent des affaires prospères. Qui s'en plaindra sinon les jaloux ? Car un commerce qui prospère c'est une ville qui vit, des impôts qui rentrent, des jeunes qui trouvent un travail, et une vie qui s'anime.

Je regrette que les élus majoritaires, et en particulier notre maire qui ne connait rien à l'entrepreneuriat et au commerce, aient une vision caricaturale et totalement fausse de cette réalité, qu'ils nient les bienfaits sociaux (services de proximité, attractivité, emploi, convivialité, lien social, etc...) de ces activités en appliquant de manière bête et méchante des règlements d'un autre temps.

Il faut des règles pour vivre en communauté. Mais l'idéal serait que ces règles soient discutées et débattues collectivement, qu'elles aient un sens.

Personne ne souhaite dégrader Annecy car Annecy est notre bien commun, et pour les entrepreneurs et leurs salariés : leur gagne-pain (et par ricochet de leurs impôts, celui des élus). Croire le contraire c'est aussi dépassé que les récits de certains marxistes qui voyaient dans le commerce une classe de profiteurs prêts à tout pour faire de l'argent.

Pour voyager un peu, en France et en Europe, je sais la chance que nous avons à Annecy d'avoir un tissu commerçant aussi dynamique et, je le dis parce que c'est vrai, aussi impliqué et désireux de travailler au bien commun. Mais rien n'est jamais acquis, il faut sans cesse avancer, se remettre en question, évoluer car la concurrence est toujours à nos trousses. C'est à faire la course en tête que nous devrions tous consacrer notre énergie, élus et commerçants, main dans la main, pas les uns contre les autres. Non pas en disant oui à tout mais en prenant le temps d’échanger et de comprendre les contraintes des uns et des autres avant de prendre des décisions.

J'invite nos élus à aller faire un stage de quelques jours chez nos commerçants pour connaitre la réalité de leur travail avant de les juger et de leur envoyer des lettres de mise en demeure. Ils verront alors des femmes et des hommes qui se lèvent tôt et/ou se couchent tard, qui quand un employé est malade sont accroché(e)s à leur téléphone pour prendre des nouvelles, qui cherchent quelle vitrine sera la plus belle pour rendre leur magasin beau et attractif, mais aussi beau pour leur rue.

Je ne dis pas cela pour dire que d'autres professions ne sont pas aussi impliquées ou désireuses de bien faire. Au contraire. Je crois sincèrement que l' "esprit d'Annecy" habite chacun. Nous sommes tous fiers d'être Annéciens.

C'est juste dommage que les élus de la commune pour laquelle tous, nous nous battons, ne soient pas eux convaincus de cela. Ils pensent avoir la science infuse et imposent leurs décisions sans autre discussion que "la mise en demeure", la menace ou la sanction. Quitte à détruire une affaire, des personnes et parfois des familles.

Oui les élus devraient défendre l’intérêt général et fixer des règles comprises car acceptées, acceptées car justes. Oui les relations avec telle ou telle profession peuvent connaitre des périodes difficiles. Il ne faut pas être naïf. Mais faire d'une profession sa tête de turc n'a jamais conduit qu'à l'affrontement (légitime) et à un blocage. Ce n'est pas ma conception d'une démocratie moderne, vivante où je crois que chacun essaie du mieux qu'il peut d'être le meilleur ambassadeur possible de sa ville.

L’intérêt particulier n'est pas nécessairement contraire à l’intérêt général.

vendredi 13 octobre 2017

Malaise grandissant

Malaise, dédoublement de réalité ?

D'un côté les discours des élus majoritaires qui disent tout haut que la fusion des communes se passe bien (pour leur porte-monnaie ?).

De l'autre La réalité. Celle d'abord de la souffrance des agents municipaux, ballottés, baladés d'un lieu à l'autre, d'un service à l'autre. Et auxquels on retire des avantages acquis de longue date. Ils perdent Le sens de leur mission.
La réalité, ensuite de politiques sacrifiées injustement et indûment sur l'autel de la vision de "petits comptables" de cette majorité bleue/rose/verte comme par exemple La quasi-gratuite du périscolaire, la gratuité des activités municipales ou encore les taux d'encadrement par les atsem.
Celle enfin d'une démocratie agonisante qui enserre les associations, étouffe les élus minoritaires et refuse des mettre en place les comités des habitants pourtant prévus par la loi et promis pour cet automne.

Face à ces lacunes, ces errements, ces fautes, on pourrait espérer un maire qui donne un cap et fasse le job.
Mais notre maire a inventé le poste de "maire à temps partiel" préférant aller courber la tête devant les puissants au niveau national pour s'assurer leurs bienfaits. Il faut croire qu'il lui reste du temps et que fusionner 125000 habitants n'est pas si prenant.

Lorsque voici un an, avec mes collègues, nous refusions de prendre part à cette précipitation, à ce non-projet antidémocratique qu'était la fusion, on a entendu pire que pendre. Les élus de gauche et de droite nous ont vilipendé. Quand on prédisait la déception, La concentration des pouvoirs, Le malaise et La remise en cause des valeurs d'Annecy, on nous traitait de mauvais coucheurs.

Aujourd'hui chacun peut se faire son opinion entre l'optimisme beat des uns et La réticence pragmatique des autres sur un projet de fusionner 6 communes en 6 mois.

Avec mes amis nous allons reconstruire Annecy. Nous allons redonner souffle à la démocratie et redonner du sens aux services publics, aux politiques publiques et donc aux agents qui s'y dévouent avec tellement d'énergie pour si peu de reconnaissance.

Nous ne pouvons plus "divorcer", "defusionner". Mais pendant qu'eux usent leur énergie à se placer pour leur avenir personnel, ensemble nous allons penser un autre chemin, fidèle à Annecy et à ses valeurs. Nous ne sommes pas voués à subir M. Rigaut pendant encore des années. Croyez-moi après le malaise et la déception viendra l'espoir et le renouveau.

samedi 7 octobre 2017

Fin de la gratuité des activités sportives municipales pour les enfants

J'apprends par le Dauphiné (çà devient une habitude, franchement très désagréable d'être conseiller municipal et de tout apprendre par la presse) que le maire et la majorité ont décidé de supprimer la gratuité pour les activités municipales.

Après la fin de la quasi-gratuité du périscolaire, c'est un nouveau pan de la politique en faveur des enfants et des familles, instituée depuis des décennies à Annecy par Bernard Bosson, qui s'écroule.

Jean-Luc Rigaut, qui avait ironiquement intitulé sa liste "Portons haut les valeurs d'Annecy", dilapide l'héritage de son mentor. Il fait du Accoyer.

Quel était l’intérêt de ces activités sportives municipales et surtout de leur gratuité ?

1) Permettre à tous les enfants d'Annecy de pratiquer une activité pendant les vacances, plutôt que de trainer dans les rues (Prévention de la délinquance).

2) Favoriser la mixité sociale, et créer des liens, des copains.

3) Faire de la prévention en incitant au sport, et notamment l'obésité liée à nos vies sédentaires.

4) Inciter à l'inscription à une activité sportive régulière en club (et donc être un "vivier" pour nos associations).

5) Permettre aux parents d'avoir l'assurance que leur enfants ferait une activité bien encadrée et épanouissante pendant qu'eux étaient au travail.

Pendant des décennies, Annecy a eu les moyens financiers d'assumer une politique généreuse pour ses enfants. Toucher à cet héritage c'est oublier qu'une ville, sa cohésion, se travaille au jour le jour. Si à Annecy nous n'avons pas de "banlieue", de quartier chaud, malgré des inégalités énormes qui, selon les sociologues devraient conduire à des dérapages réguliers, c'est parce que les majorités précédentes avaient su comprendre qu'il faut créer une cohésion, une harmonie.

On va de nouveau nous rétorquer que le prix aura peu d'impact sur la fréquentation. C'est faux. Les familles les plus modestes vont encore trinquer.

Avec la fusion des communes, Annecy historique est en train de tout perdre. Pour gagner quoi ? L'argent il y en a mais les priorités ne sont plus là.

Jean-Luc Rigaut est un voyou qui vandalise l'héritage de notre ville. Il mène en réalité une politique bien différente de ses prédécesseurs : il est en train de faire d'Annecy un Disneyland pour riches retraités (qui votent à droite), en refoulant au loin les familles. Annecy s'endort, Annecy vieillit, Annecy s'émiette. Certains pensent qu'il n'y a pas de vision politique derrière tout cela, que ce ne serait qu'une vision comptable. Quand les faits s'accumulent autant, il ne s'agit plus d'actions isolées, mais bien d'un programme politique clair et limpide. Il faut simplement ouvrir les yeux pour le voir.

On va juste regarder si l'adjoint à la jeunesse, issu de la liste de gauche de Cran-Gevrier, conserve son poste et valide ces orientations...

lundi 25 septembre 2017

Sosh big air sur le Paquier : mon point de vue


Dans quelques jours, les 6-7-8 octobre, se tiendra la 8e édition du High Five Festival à Annecy. Dans le cadre de ce festival aura lieu sur le Pâquier un "Sosh Big Air" réunissant de nombreuses stars mondiales du ski freestyle.

L'année dernière, cet événement publicitaire sponsorisé par la marque d'Orange avait eu lieu sur la place des Romains. Si la ville n'avait dépensé aucun argent frais (le coût étant pris en charge par la marque), il faut rappeler que la mise à disposition de l'espace public pendant plusieurs semaines avait été accordé de manière gratuite ainsi que le déploiement de sécurité inhérent à cet événement.

Ce que je pense de cette future édition.

1) Les points positifs

- Cet événement mais surtout le High Five Festival met en lumière tout un pan de l'économie de la montagne qui a son importance, notamment dans le cadre du pôle d'excellence sur l'industrie du ski. Un événement qui mette en valeur cette industrie si importante pour notre économie ne me choque pas, bien au contraire. Annecy doit retrouver sa place dans le monde des grandes villes de montagne.

L'événement promotionnel pour cette filière d'excellence me semble important à conserver.

- Il ne faut pas nier l'engouement populaire et particulièrement chez les jeunes qu'a représenté l'édition de l'année dernière. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, trop souvent absentes ou "rejetées" de la bourgeoise Annecy ont pu, le temps de 2 soirées, s'emparer d'une partie de la ville dans une ambiance bon enfant. C'est aussi ce genre d'ambiance et de brassage social qu'Annecy doit pouvoir retrouver.

2) Les points négatifs

- la débauche de pollution que génère cet événement, situé début octobre dans une période de l'année où les températures sont encore largement positives, n'est pas acceptable à l'heure où les bouleversements climatiques font des milliers de morts à travers le monde. Pour produire de la neige artificielle, ce sont des tonnes d'azote liquide, polluant à fabriquer, qui ont été acheminées (avec des camions et leur pollution) jusqu'à Annecy. Alors que la ville fait des campagnes pour rénover les copro, pour plus utiliser les bus, cet événement est un non-sens à cette période. 
Je souhaite que, pour cette année, toutes les garanties soient prises et des associations indépendantes soient mandatées, pour contrôler que cette neige artificielle en fondant ne pollue pas notre lac. Le Pâquier est un espace vert proche du lac qui doit garder sa pureté. Cela est NON NEGOCIABLE.

Par ailleurs je n'ai jamais cru à la philosophie de la compensation carbone (on peut polluer puisqu'on plantera des arbres après) qui est un pansement sur une jambe de bois.

- l'utilisation du Pâquier à des fins de publicité est un autre aspect qui pose problème. Que la ville utilise le Pâquier pour ses événements publics est une chose. Qu'une entreprise privée l'utilise pour ses événements promotionnels en est une autre. De mon point de vue, ceci constitue un détournement des dernières volontés des donateurs de ces terrains. Certes, la gratuité amoindrit ce préjudice moral mais ne l'efface pas totalement.
Surtout, cela pose une question lourde de sens : demain comment interdire à d'autres entreprises privées d'utiliser ce merveilleux écrin qu'est notre Pâquier à des fins commerciales ? N'a-t-on pas mis le doigt dans un engrenage infernal ? Le précédent que constitue l'acceptation par la municipalité et son maire de privatiser le Pâquier à des fins commerciales (sans loyer !) n'est-il pas de nature à ouvrir la boite de Pandore et à attirer les convoitises (et potentiellement les procès) ?

Conclusion :

Il fut un temps où à Annecy on avait des couilles et des principes. Annecy ne se vendait pas comme une vulgaire putain au plus offrant (c'était avant l'ETG, le mécène russe et aujourd'hui Sosh). On considérait à cette époque que l'image d'Annecy était si forte qu'on pouvait choisir ce que l'on acceptait ou ce que l'on refusait, pour le bien de notre image, de nos habitants et de notre environnement.

Si j'avais été maire d'Annecy, j'aurais dit la chose suivante : oui je suis favorable à un événement qui mette en lumière l'industrie du ski, la jeunesse et la modernité de ces disciplines. Je souhaite qu'Annecy puisse accueillir ce genre d'événement car il s'insère parfaitement dans une stratégie globale de soutien à l'innovation et à l'industrie du sport outdoor d'un côté, et de l'autre à ma stratégie de replacer Annecy comme une des "capitales" de la montagne alpine.

L'enjeu populaire et l'événement que constitue le Sosh Big Air permet à la ville (contrairement à ce qu'elle dit tout en le faisant quand même) d'accompagner cet événement par la gratuité de la mise à disposition du domaine public et l'accompagnement de sa mise en place.

Mais cet événement, par bon sens et parce qu'Annecy est soucieuse de donner l'exemple en terme de respect de l'environnement, d'éducation de sa jeunesse et d'image de marque, ne peut pas être accueilli en dehors de période de gel naturel, c'est-à-dire entre mi-décembre et mi-mars en gros. C'est nous qui fixons nos limites. C'est à prendre ou à laisser. On va me rétorquer que le Sosh Big air a déjà une tournée des villes de programmer. je répondrais simplement : si vous voulez vraiment venir à Annecy et bénéficier de l'image de marque forte de notre ville, vous allez bien trouver une solution. Nous nous avons bien vécu jusque là sans cet événement.

Sur la localisation du Pâquier, j'aurais lancé un vaste débat car j'avoue ne pas être très certain de mon opinion. Naturellement, fidèle à l'histoire de notre ville et à l'héritage de la généreuse donatrice de ces terrains, je serais plutôt contre ce choix sachant qu'en plus des alternatives existent. Mais j'entends aussi ne pas passer pour un affreux conservateur et ne pas mettre en oeuvre une guerre des modernes contre les anciens, des jeunes contre les "vieux". L'époque depuis le leg a changé. On doit donc pouvoir s'adapter tout en restant fidèle. Mais pour cela il faut collectivement fixer des règles claires, transparentes et connues de tous, partagées par tous les Annéciens qui sont les véritables propriétaires de cet espace.
Ici, comme trop souvent avec M. Rigaut on fait des coups, du coup par coup sous influence de tel ou tel lobby. Ce n'est pas comme cela que l'on devrait gérer le Pâquier et notre lac.

Face à cette position,
1) j'ai décidé de ne pas signer la pétition (que je comprends) des opposants à la présence de cet événement car elle me semble trop extrême, ne prenant pas en compte les aspects positifs de cet événement.
2) de ne pas apporter mon soutien aux organisateurs de cet événement car ils me semblent bien trop angéliques et déconnectés des répercutions tant environnementales que d'image de leur événement, pris dans une euphorie qui ne m'a pas contaminée.

C'est pour moi une prise de position pragmatique et constructive.

Avoir des convictions et respecter notre histoire, celle du Pâquier; tout en comprenant aussi que le monde change et qu'il faut adapter nos règles à ces changements sans rien renier du fond, qu'il faut promouvoir une industrie qui pèse lourd sur Annecy et que je souhaite encore développer : voilà l'état d'esprit dans lequel j'aurais abordé ce sujet.
Ouvert à la discussion mais posant clairement les limites : voilà pour ma méthode.
Impliquer tous les acteurs, y compris la population dans une réflexion globale: voilà le chemin que j'aurai emprunté.

La mise en place de cet événement, au-delà des 3 jours, pose de nombreuses questions très intéressantes en terme d'évolution. Je préfère les regarder droit dans les yeux et les poser sur la table plutôt que de faire semblant de ne rien changer comme dit le maire tout en remodelant en profondeur ce qui jusque-là avait été la règle à Annecy.

samedi 23 septembre 2017

Préparer l'avenir, étape 1: à vos idées !


Beaucoup d'Annéciens se lamentent de ce mandat et de notre maire. Il a beaucoup déçu et certains veulent ouvertement que ce mandat soit son dernier mandat.

Je les rejoins largement tant le bilan de 10 ans de Rigaut comme maire est faible sinon à contre-temps des mandats précédents. La ville d'Annecy a largement perdu de sa splendeur et de son aura en 10 ans. Les conditions de vie des Annéciens se sont dégradées et leur qualité de vie a été sacrifiée.

Pourtant les Annéciens sont paradoxaux. En même temps, ils finissent souvent leurs critiques de M. Rigaut par cette phrase que j’exècre : "Oui mais qui d'autre ?"

Les Annéciens attendent-ils l'homme ou la femme providentiel-le?

Cela fait maintenant 9 ans qu'avec Evelyne Marteau, Claire Lepan et nos collègues nous menons la résistance. Cela fait bientôt 10 ans que nous nous engageons corps et âme au service des Annéciens pour la justice sociale, le dynamisme économique et la protection de notre environnement.

En 10 ans, nous n'avons jamais cédé à la facilité quand tant d'autres acceptaient des postes rémunérateurs contre leur silence. En 10 ans nous avons été présents partout pour informer et mobiliser la population et nous continuerons de le faire. Nous avons résisté à toutes les pressions, locales, départementales, régionales ou même nationales (chacun se souviendra de l'épisode des JO2018 et du soutien des socialistes de la région, ou bien encore du soutien de l'ancien Président de la République au projet de centre des congrès).

Ces actes nous les assumons car pour nous faire de la politique au service des citoyens c'est d'abord assumer des convictions et porter une vision d'ensemble pour un territoire.

Cette ligne claire, constante, nous a valu bon nombre d'inimitiés évidemment: le maire qui aurait préféré une opposition plus caricaturale à l'image de MM. Bexon ou Noel; mais aussi les élus de gauche qui nous en veulent de mettre en lumière leurs propres errements.

Certains voudraient faire croire que ces inimitiés nous ont isolé et que nous n'aurions plus aucune force pour représenter une quelconque alternative politique dans le futur. Je crois que ceux-là se trompent. A force de vivre dans leur microcosme, ils oublient qu'en démocratie le seul poids qui compte ce n'est pas l'appartenance à tel ou tel parti politique (qui garantit d'ailleurs quelle force militante ?), mais bien l'ancrage dans la population et l'écho de nos propositions auprès des citoyens.

Je laisse les "sachants" politiques nous mettre hors jeu, cela nous évite de subir des pressions inutiles et nous permet de préparer sereinement l'avenir.

Il est cependant temps pour les Annéciens de se poser une question. Oui, l'ère Rigaut prendra fin un jour. Je souhaite que ce jour soit le plus rapide possible pour le bien d'Annecy et de ses habitants. Vous pouvez continuer à rêver à des hommes ou femmes providentiel-les venus d'on ne sait où, qui feront on sait quoi, après avoir promis n'importe quoi.
Vous pouvez aussi vous dire qu'il existe déjà une alternative qui fait ses preuves depuis de nombreuses années, fidèle à son serment et à sa parole. Oui, on ne passe pas à la télé toutes les semaines. Oui on est libre et sans appartenance politique même si chacun peut connaitre nos valeurs qui sont au service d'un  avenir commun et non au service d'un groupe politique particulier.

Dans la résistance constructive que je mène au conseil municipal et au conseil d'agglomération, je puise, avec mes collègues, l'énergie et la connaissance pour un autre avenir. Dans les mois qui viennent je proposerai une feuille de route pour construire cette force collective, citoyenne capable de porter une autre voie pour Annecy. A chacun de ceux qui veulent le changement, de saisir cette opportunité de construire ensemble un autre avenir.

Rien n'est possible seul. Rien n'est possible si les Annéciens ne le veulent pas ou s'ils s'illusionnent en attendant un messie qui ne viendra jamais. Chacun de nous a ses qualités et ses défauts, les qualités s'améliorent avec la connaissance des dossiers, les défauts se corrigent à l'usage des prises de décisions. C'est l’intérêt de l'expérience.

Les messies venus de nul part cela n'apporte que la déception une fois passée l'euphorie des promesses. Annecy a besoin de travailleurs, de personnes qui connaissent leurs dossiers et qui les fassent avancer. Elle n'a besoin ni de messies, ni d'opportunistes, encore moins de lavettes sans convictions.

Oui Annecy a besoin de changer de voie. L'ère Rigaut doit s'arrêter. A vous de savoir si cela ne doit rester qu'un rêve ou bien si vous souhaitez participer de ce changement. Il n'y a jamais de fatalité. Tant de fois on m'a dit : "ce n'est pas possible". Et pourtant nous l'avons fait.

Alors rêver ou agir ? Je suis à votre écoute pour vos suggestions et propositions par mail de préférence (mon courrier étant systématiquement ouvert à la mairie, et donc potentiellement lu) : denisduperthuy@aol.com. Comment créer cette force citoyenne ? Quelle organisation ? Pour quel but ? Avec qui ?

Je souhaite que chacun s'investisse. J'assure que je vous lirai avec plaisir et que je tiendrai compte de vos idées. L'avenir commence aujourd'hui. Ceux qui préfèrent râler dans leur canapé je les laisse à leur aigreur qui n'amène à rien. Pour les autres, c'est maintenant que tout commence.

Ensemble, créons cette force citoyenne pour construire notre avenir.

mercredi 13 septembre 2017

Logement social : on régresse


A la lecture du Dauphiné du jour et de l'interview du président de la fédération des promoteurs immobiliers des Alpes, on apprend que les ventes immobilières aux bailleurs sociaux ont représenté 9% des transactions au premier semestre 2017.

Par ailleurs, les professionnels pointent une baisse d'activité dans la construction.

Depuis plusieurs années, et encore lors du dernier budget de l'agglomération, je me bats pour que l'enveloppe des subventions accordées aux bailleurs sociaux pour construire du logement social, abordable pour tous, augmente.

Depuis des années, cette enveloppe est gelée et souvent pas utilisée en totalité.

Cela démontre une volonté politique manifeste de ne pas faire de logement social, logement dont pourtant, 75% des Annéciens (de la commune historique, 64% des Annéciens de la commune nouvelle) ont droit. Plus de 5000 personnes sont sur liste d'attente. Car le logement social n'est pas un logement pour pauvres. C'est un logement dont le prix est adapté aux capacités financières de chacun, que l'on soit de la classe populaire ou de la classe moyenne.

Sur Annecy, la loi nous oblige (et c'est tant mieux) à avoir 25% de logements sociaux en 2025. Nous sommes actuellement à moins de 20%.
Le Plan Local de l'Habitat (PLH) voté l'année dernière (j'ai voté contre) prévoit qu'on atteigne un taux de 21% en 2025, c'est-à-dire que l'on se place dans l'illégalité et que l'on paye donc les amendes prévues par la loi (ce qui est une aberration quand on sait qu'on manque de logements abordables).

Mais, ce que nous apprend cette interview c'est qu'en ne faisant que 9% de logements sociaux sur les nouvelles construction, non seulement on ne rattrape pas notre retard, non seulement on  ne réalise pas les objectifs peu ambitieux fixés par les élus eux-mêmes dans le PLH, mais en plus on va réduire le pourcentage de logements sociaux... 

On régresse !

Il est plus que temps que cette politique idéologique anti-logement social menée à Annecy change et qu'enfin on mette les moyens nécessaires aux vrais problèmes rencontrés par les Annéciens.

Les moyens financiers existent, on le voit avec les millions d'euros qu'on gaspille avec un projet de centre des congrès ridicule. Plus de 6 millions d'euros budgétés l'année dernière contre moins de 2 millions pour le logement social. On voit où sont les priorités. J'avais proposé l'année dernière qu'on annule ces 6 millions d'euros et qu'on les répartisse pour moitié en subventions nouvelles pour le logement social (l'article du Dauphiné aurait été tout différent !) et à moitié pour la réduction de la dette.

Pourtant, pour ma part, j'ai souvent des chefs d'entreprise qui m'alertent sur la difficulté qui est la leur de se développer car ils ne peuvent loger leurs employés. Certains décident même de ne pas s'installer ici pour cela... J'ai encore jamais entendu un chef d'entreprise me dire que son problème numéro 1 c'était la présence d'un centre des congrès prétendument trop petit...

Voilà aussi un moyen, en ces temps de ralentissement de la construction neuve de soutenir un secteur économique, le bâtiment, essentiel dans notre bassin de vie !