vendredi 16 février 2018

Dans l'indifférence, des canons à neige au Semnoz


Mercredi soir se tenait une réunion du SIPAS, organisme qui s'occupe de l'Aménagement et de la Protection du Semnoz. A l'ordre du jour ? Les orientations budgétaires pour cette année.

Et parmi ces orientations, on trouve un investissement de 600 000 euros pour implanter des canons à neige avec agrandissement de la retenue d'eau qui sera plus que doublée. 

Il n'y a pas eu de débat ni d'opposition à ce projet. Aucun élu présent n'a dit quoi que ce soit. Il faut croire que c'est magnifique et parfait.

Il n'y aura donc pas eu de débat démocratique sur l'avenir de ce site exceptionnel. Exit ma proposition de saisir de Club Air-Climat. Out, l'implication citoyenne pour penser ensemble le développement du XXIe siècle de ce site, dans un contexte de fragilisation des stations de moyenne montagne à cause du réchauffement climatique.

On prend les recettes du XXe siècle et on les applique en 2018. Ainsi va la vie à Annecy...

Je regrette l'absence de prise en compte des réalités du changement climatique et de son impact sur l'enneigement des stations de moyenne montagne, l'absence d'étude d'impact de ces installations et des captages d'eau prévus sur l'environnement.

Je regrette qu'aucun élu, même pseudo-écologiste, ne se soucie de l'avenir de ce site. Les lobbies ont été plus fort que la raison. Aujourd'hui on nous parle de capter les sources présentes sur le Semnoz (quid de l'impact sur les alimentations en eau des communes des Bauges?) et demain ? Faudra-t-il monter de l'eau du lac pour "rentabiliser ces canons" (et ressortir l'affreux projet d'aquaduc à travers la montagne) ? Et pour remplir la station, faudra-t-il augmenter l'offre d'hébergement, de restauration, etc... en créant une UTN (Unité Touristique Nouvelle)?

Je regrette le silence des associations environnementales sur ce sujet.

Tout cela sera officiellement voté à la mi-mars avec la bénédiction (financière) de M. Wauqiez (qui adore la neige artificielle) et du conseil départemental, et l'assentiment du Grand Annecy et de son président.

Je suis fatigué de devoir me battre sur tous ces dossiers (et de continuer à entendre : "à part Rigaut qui pour devenir maire ?" ). Après tout j'ai qu'à faire comme tout le monde et m'en foutre puisque au fond, cela ne me concerne pas. M. Rigaut a refusé que je siège dans cette instance, il a préféré donner un siège à M. Hérisson. Et 45% des Annéciens ont voté pour lui. Ils n'auront que ce qu'ils méritent : un environnement saccagé.

mercredi 14 février 2018

Les transports en commun : c'est la panne !


La semaine dernière, nous étions appelé à voter le budget 2018 de l'agglomération du Grand Annecy. Claire et moi avons voté contre ce budget. Outre le fait qu'il prévoit 6 550 000 euros pour le centre des congrès sur la presqu'île, qu'il plafonne le financement du logement social à 2 millions d'euros (ce qui est la même somme que celle inscrite depuis 10 ans à la seule C2A alors que nous avons fusionné avec 4 autres EPCI), et qu'il gèle la subvention au CIAS (qui s'occupe de l'aide sociale, du maintien à domicile de nos ainés, des repas livrés chez les personnes âgées, alors que les demandes sont en forte hausse), c'est la politique des transports qui pose réellement problème.

Inutile de revenir (car c'est largement connu) sur la piètre qualité de l'air que nous respirons régulièrement à Annecy. Or cette pollution provient du chauffage individuel (et j'ai voté sans aucun problème la création du fonds air et sa prime pur le renouvellement des cheminées polluantes) mais aussi du trafic routier.

Le président de l'agglomération n'arrête pas de dire que "les transports en commun, c'est la priorité". Il parait même qu'il est président d'un truc national des transports en commun en ville.

Pourtant regardons les faits, rien que les faits.

Dans son projet "Agglo 2030" voté par la C2A, présidée par M. Rigaut (sauf une voix la mienne, ce qui est quand même le comble que ceux qui votent ce genre de délibérations s'assoient ensuite dessus), il est programmé de réaliser la "croix" de BHNS d'ici à 203 c'est-à-dire 2 lignes structurantes en grande partie en sites propres (1 ligne Sevrier/La Balme ; 1 autre ligne Seynod/Campus).

Dans ce document il est annoncé que l'agglo s'engage à mettre entre 2.5 et 2.7 millions d'euros par an pour réaliser ces lignes.

Or que voit-on :
En 2016 l'agglo a (ne soyons pas trop exigeants) financé pour 2.3 millions d'euros de BHNS (on y était presque).
En 2017 le budget voté (on verra la réalité des réalisations lors du compte administratif de juin) était de 1 million d'euros
En 2018 il nous a été proposé de voter 290 000 euros de financement...

En 3 ans, depuis le vote du projet Agglo 2030, on a donc financé (si tout est bien effectivement réalisé ce qui reste à regarder) : 2.3 +1 + 0.29 = 3.59 M€
On aurait dû financer, si les élus faisaient ce qu'ils disent qu'ils vont faire : 2.5 (je prends l'hypothèse basse !!!) x 3 : 7.5 M€

En gros, l'agglo a réalisé moins de la moitié des lignes structurantes annoncées ! Le retard pris est de 3.9 M€ en seulement 3 ans.

Le retard pris sur ces engagements est scandaleux alors qu'il s'agit d'une priorité absolue d'attractivité du territoire, de protection de notre environnement et de santé publique. Mais voilà un bel exemple de la méthode Rigaut : des beaux discours pour endormir la population et aucune action ! Rien.

Ce qui est le plus inquiétant c'est la tendance des financements. A ce rythme, l'année prochaine on ne financera plus rien...

Surtout que les financements nécessaires à la réalisation de ces lignes structurantes sont aujourd'hui inexistants. Faute d'anticipation et de travail sérieux sur ce sujet, où trouver les financements nécessaires ? Augmenter le VT ? Augmenter le ticket de bus ? Augmenter les impts pour financer le budget des bus ? revoir les arbitrages budgétaires en renonçant par exemple au nouveau centre des congrès à Albigny pour financer les bus ?

Nous sommes au pied du mur. L'agglo cale sur la réalisation de vrais transports en commun pourtant si nécessaires .

Sur ce sujet, comme sur beaucoup d'autres, le bilan de M. Rigaut est catastrophique. Par ses choix, il laisse aujourd'hui l'agglo dans une situation financière bien plus difficile que lorsqu'il en est devenu président il y a 11 ans.


samedi 10 février 2018

Le schéma régional d'aménagement : c'est non


Il est des délibérations techniques, ennuyeuses et souvent absconses qui pourtant sont essentielles car elles fixent les grandes orientations pour les années à venir en termes d'aménagement du territoire et donc de déplacements, de logements, d'emplois.

Vous connaissez déjà les PLU (Plans locaux d'Urbanisme) qui vont devenir des PLUI (Plans locaux d'urbanisme Intercommunaux). Vous connaissez les SCOT (Schéma de Cohérence Territorial), sorte de super-PLU qui encadre ceux-ci. Et bien voici un nouveau "machin" pondu par nos élus nationaux : le SRADDET (Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Egalité des Territoires), sorte de super-SCOT pensé au niveau de la région qui encadre les SCOT des bassins de vie.

Le SRADDET est très important car il fixe des orientations d'Aménagement que l'on devra obligatoirement retrouver dans les SCOT et donc dans les PLU. Vous suivez ? C'est compliqué.

Or  pour construire son SRADDET la Région a demandé une contribution au Grand Annecy. Or que trouve-t-on dans cette contribution ? D'abord beaucoup de blabla, d'étalage de faits et de réalités connues de tous mais jamais résolues par les majorités successives. C'est ainsi qu'il est inscrit : "Les infrastructures devant permettre de développer une offre de transports collectifs compétitive par rapport à la voiture individuelle, pour les déplacements entre les 3 grands pôles structurants du sillon alpin nord (Genève, Annecy, Chambéry/Aix), sont gravement défaillants".

Il est des constats comme cela, posé sur le papier mais qui sont la faute à pas de chance, la responsabilité de personne...

Mais parmi tout ce blabla on trouve parfois des points, opportunément très, très précis.

1) Aéroport de Meythet

On peu lire dans le SRADDET : "La desserte aérienne doit être renforcée (liaison vers Paris à développer depuis l'aéroport d'Aix-les-Bains pour les affaires et le tourisme, et maintien de l'aviation d'affaires à Annecy-Meythet) en attendant le désenclavement ferroviaire qui sera long et reste encore incertain et partiel."

Je pense que, quand on réfléchi à un avenir à 30 voire 50 ans de notre bassin de vie, comme c'est le rôle d'un SRADDET, il est totalement insensé de vouloir maintenir un aéroport à Annecy alors que nous avons celui d'Aix (qu'il faut soutenir) et celui de Genève. Ce point est pour moi capital. En supprimant cet aéroport (je ne parle pas de la plateforme d'hélicoptères notamment pour la protection civile qui devra trouver sa place sur le bassin) on libère de précieux hectares en coeur d'agglomération pour penser un développement du logement, des transports qui permette de faire face à l'augmentation de population tout en garantissant la préservation des terres agricoles et des espaces naturels.

Car au fond, l'ambiguité permanente de l'exécutif est de tenir un double discours : il faut accompagner l'augmentation de population tout en préservant les terres agricoles et naturelles. Sans trouver une réserve foncière suffisante  pour construire les logements (comme l'est le terrain de l'aéroport) ? C'est un discours creux qui n'est pas réaliste, sans consistance. C'est un veux pieux (j'espère !) mais dénué de sens. C'est pourquoi pour moi, penser l'avenir de notre agglomération dans 30 ans nécessite, aux vues de la poussée démographique, du besoin de logements et de services ainsi que dans le cadre d'une réorganisation globale des transports, de libérer du terrain (ici pollué donc qui ne peut retourner à l'agriculture) pour construire du logement. C'est un point essentiel, une vision diamétralement opposée à celle portée par M. Rigaut et donc ce SRADDET.

2) Centre des congrès à Albigny

Le SRADDET parle évidemment de développement économique et donc touristique. Ce à quoi personne n'a rien à redire. Il mentionne  trois composantes du tourisme : tourisme international, tourisme d'affaire et tourisme vert de pleine nature. Mais quand il s'agit de poser un cadre précis seul est mentionné : "Grand Annecy porte en particulier le grand projet structurant de centre d'exposition, de séminaires et de congrès". Les deux autres dimensions du tourisme sont oubliées au seul profit DU projet. Le tribunal administratif avait déjà dit que le role d'un SCOT n'était pas de déterminer des emplacements pour des projets précis. Nul doute que s'il était saisi, il en dirait autant d'un SRADDET. A quoi rime cette volonté entêtée, absurde de vouloir inscrire ce centre des congrès dans tous les documents. Iront-ils jusqu'à le faire inscrire dans la loi ? ou bien même la constitution ? Je regrette que les autres activités touristiques soient depuis 10 ans largement oubliées, mises de côté, par l'aveuglement de nos élus. Si autant d'énergie avait été dépensée pour le tourisme international et le tourisme vert, le bassin annécien se porterait mieux.

Un mot tout de même est glissé pour les canons à neige (cheval de bataille de M. Wauquiez qui adore la neige de culture) : "L'activité touristique doit aussi adapter le tourisme d'hiver au changement climatique (jusque-là tout va bien ! ) et palier au déficit d'enneigement naturel." En votant cela, les élus du Grand Annecy ouvre de fait la voie à l'enneigement artificiel du Semnoz par exemple.

3) Le tunnel sous le Semnoz

Là encore, après des paragraphes entiers d'épanchement de lieux communs sur les déplacements, on peut lire : "C'est notamment le cas du projet "liaisons ouest du lac d'Annecy" : BHNS et fin du contournement sud de l'agglomération avec le tunnel sous le Semnoz."

Pourquoi mentionner explicitement ce tunnel ? Au passage vous noterez que pour faire plus "vert" on a renommé tout cela : "liaisons ouest du lac d'Annecy". D'ailleurs quand j'ai lu "fin du contournement sur de l'agglomération" (à croire que la rive ouest du lac, située au sud du tunnel, n'est pas dans l'agglo) mon coeur a faillit s'arrêter. J'ai eu peu qu'on nous construise un pont ou un tunnel sur/sous le lac pour relier Saint Jorioz à Talloires. Avec ces zigotos là on peut s'attendre à tout... Mais non c'est leur sempiternelle tunnel qui revient...

4) Les équilibres sociaux effacés... et donc absents

Un dernier point du SRADDET est intitulé : "Maintenir les équilibres sociaux et démographiques". On pouvait s'attendre dans ce paragraphe à parler de lutte contre les inégalités notamment de revenus, de plan d'accès aux services publics, de couverture médicale du territoire, etc... Bref de la vraie vie, des vrais besoins des familles les plus modestes (on a déjà tellement parlé avant de l'aviation de loisirs, de tourisme d'affaire, c'est-à-dire des pauvres gens, non ?). Non, on a supprimé ces notions dans le document final pour ne parler que des personnes agées et de leur maintien à domicile et accueil en structures. Comme il est politiquement correct de le dire, le Grand Annecy  fait l'éloge du maintien à domicile, de la volonté d'accompagner les personnes âgées, dans un lyrisme clientéliste et électoraliste qu'on connait à nos élus. Sauf que, quand il s'agit de mettre les moyens pour faire ce qui est écrit, et donc donner par exemple les lignes financières nécessaires au CIAS (qui s'occupe du maintien à domicile et de la livraison des repas) et bien que voit-on : que la subvention est figée ! Aucune augmentation !

Parce que le territoire que notre Président et ses amis de la majorité dessinent à travers ce SRADDET ne correspond pas à ce que je crois bon pour Annecy et surtout les Annéciens, tous les Annéciens, qu'il ne répond pas aux enjeux actuels (pollution de l'air, logement, lutte contre les inégalités et l'exclusion sociale, accompagnement de l'économie, protection de notre environnement, désenclavement, etc...) mais poursuit dans la même voie que depuis 50 ans, j'ai voté contre ce SRADDET.

jeudi 8 février 2018

Echec de la candidature d'Annecy aux JO 2018 : se souvenir pour ne pas oublier



A partir de demain s'ouvre à Pyeongchang en Corée les Jeux Olympiques d'hiver.

Je souhaite à tous nos champions locaux "bonne chance" et "plein de bonheur" pour cette olympiade.

Ces JO nous ramènent forcément à la candidature d'Annecy qui voulait les organiser. Chacun sait la débâcle et la sanction sans appel qu'infligea le CIO à la candidature d'Annecy.

Certains y voient encore un motif de satisfaction parmi les promoteurs de cette candidature et en particulier notre maire. Je trouve regrettable ce manque de lucidité et de claire-voyance, l'incapacité d'affronter en face la dure réalité de cet échec. Et surtout le fait qu'ils n'en aient jamais tiré aucune leçon.

Jamais le bilan de cette candidature calamiteuse n'a été tiré. Malgré mes nombreuses relances nous ne savons toujours pas combien cette candidature a couté au contribuable. Mais certains se réjouissent d'une telle aventure si opaque et anti-démocratique...

Pour ma part, cet épisode est un motif de grande fierté et de grande satisfaction. Engagé très tôt contre ce projet mal ficelé, qui tenait la population à l'écart, écologiquement catastrophique, et ruineux, je me souviens surtout de cet élan, de ce mouvement contre ce projet qui réunissait des gens de sensibilités très différentes, pas toujours d'accord sur tout, mais unis pour Annecy, pour lutter contre la démesure et le saccage (de notre Semnoz, de notre Paquier en particulier).

Il y eut les combattants de la première heure, ceux qui ont crée le Comité Anti-Olympique (CAO) et qui ont fait un travail formidable d'analyse du dossier, d'information de la population, de mobilisation. Nous étions une poignée au départ. Et les combattants de la 25e heure, on les oubliera vite. Et puis l'histoire est devenue ce que chacun sait : des manifestations, des rendez-vous festifs, des réunions publiques... Dans la diversité de nos opinions, de nos convictions, une chose nous a rassemblé, un objectif nous a mis en mouvement et nous avons, contre vents et marées, pu renverser la donne. Une belle aventure humaine !

La morale de cette histoire, elle est double :
- 1) Ensemble, en sachant s'écouter et se respecter, même si nous ne sommes pas toujours d'accord, nous pouvons faire de grandes choses.
- 2) On ne mène jamais à bien un projet sans associer la population, en le portant contre elle.

Cette aventure m'a offert de nombreuses amitiés que je garde précieusement. Elle m'a valu aussi de nombreuses inimitiés, et nul doute que si l'ancien Président de la Région n'a pas souhaité ma présence sur la liste des dernières régionales, mon combat contre la candidature n'y était pas pour rien.
Elle m'a surtout forgé un caractère et une réputation : celle d'incorruptible, de travailleur des dossiers et de courage dans ses convictions. Une conviction aussi : on ne fait de grandes choses que pour et donc avec la population.

Certainement pas le bon profil pour faire une carrière politique classique me direz-vous. Je m'en fiche. Ma meilleure récompense ce sont ces balades au bord du lac à admirer les eaux depuis le Paquier en se disant que j'ai un peu, modestement, mais avec beaucoup d'autres, participer à préserver ce patrimoine et cette beauté.

Je suis d'une éducation où les valeurs et les convictions ont un sens et du poids. Les Annéciens ne m'en ont que très rarement témoigné une reconnaissance. C'est ainsi. Mais je sais que ceux qui ont été du CAO, de ses aventures ont été le ferment d'une vox populi qui aujourd'hui encore raisonne sur de nombreux autres dossiers.

Nous n'avons pas réussi à faire prendre le gout du débat à nos élus, et, il faut le reconnaitre à ces Annéciens qui ont réélu M. Rigaut. Mais ca valait le coup. Et si c'était à refaire, je le referais ! Et je ne perds pas espoir de convaincre qu'une autre manière d'exercer le pouvoir, plus démocratique, est possible. Après des années d'autoritarisme, qui endort les consciences dans le duvet de la facilité, se mettre au débat citoyen demande un effort, un apprentissage et l'implication de tous. C'est fatiguant, mais ô combien enrichissant.

Parce que nous avons bien mérité de nous retrouver pour feter cette victoire et nous souvenir de cette aventure humaine formidable, le CAO organise ce samedi 10 février à 15 h sur le Paquier une petite fete pour trinquer à la victoire. Chacun est invité à amener friandises et boissons.

Retenu professionnellement je ne pourrai y etre physiquement, mais j'y serai avec tout mon coeur plein de reconnaissance pour chacun, et je vous invite tous à y aller juste pour se retrouver et ne pas oublier. Le passé doit éclairer l'avenir.

lundi 5 février 2018

Notre vote sur les subventions aux associations


Ce lundi soir 05 février aura lieu le conseil municipal où seront présentées puis votées les montants des subventions aux associations de notre ville.

Comme beaucoup, je me réjouis du dynamisme de nos associations et de leur diversité : sport, culture, loisirs, petite enfance, sénior, social, militante, etc... toutes ont un intérêt pour la ville et ses habitants. Elles sont le ciment de notre cohésion, de notre vivre ensemble. Elles doivent être choyées car il ne faut jamais oublier que 90% des actions menées par les associations le sont à titre bénévole, gratuitement.

La ville verse des subventions aux associations pour deux raisons : 1) parce que ces associations font des "travaux" qui normalement devraient être assumées directement par la ville (on peut penser par exemple aux crèches associatives, ou aux MJC), 2) pour permettre un dynamisme de rayonnement, d'animations, de vivre ensemble.

Voila un peu plus d'un an, les 6 communes ont fusionné donnant naissance à une des communes les plus riches de France. On s'attendait à ce que cette bonne santé financière profite aux habitants et aux associations. Il n'en sera rien. Ce lundi soir, la majorité proposera que le "gros lot" ou le "pactole" (pour reprendre une expression utilisée dans la presse qui de mon point de vue n'a aucun sens) en stagnation par rapport à l'année dernière. Pas un centime de plus !

Pourtant,
côté recettes (entrées d'argent pour la ville) : on estime que la hausse des montants des impôts payés par les contribuables en 2018 sera de +5.5%. Avec la croissance économique qui est là, l'argent (droits de mutation, contribution genevoise, etc...) sera au rendez-vous. De son côté, pour la première fois depuis bien longtemps, l'Etat ne réduira pas ses dotations cette année.

côté dépenses (pour les associations) : l'inflation (qui mesure la hausse des prix) est estimée à 1.5% pour cette année. Cela signifie que la ramette de papier, les stylos, etc... risquent fort de voir leurs prix augmenter. Je ne parle même pas des associations qui se payent leurs fluides (eau, chauffage, électricité). Ne pas augmenter les subventions, c'est réduire de fait le pouvoir d'achat et donc d'action des associations. 
Quant aux associations qui ont du personnel, elles sont soumises à des obligations salariales de diverses natures (ancienneté, déroulé de carrières, etc...) dont le coût annuel est estimé (d'après les principaux intéressés)  en hausse entre +2.7% et +3%. Comment vont faire ces associations pour faire face à ces hausses "subies" ? Celles qui ont encore (elles sont très très rares) un petit peu d'économies vont tenter de survivre en attendant un changement de majorité. Pour les autres, les choix sont simples : réduire leurs activités ou bien augmenter les cotisations des adhérents ou bien tenter de mettre la pression sur le personnel pour gagner en productivité.

Je crois qu'ils 'agit là d'un très mauvais signal envoyé au monde associatif et donc au dynamisme de notre ville.
Pour les crèches associatives, par exemple, cela signifie une hausse des coûts pour les parents, pour les clubs sportifs une hausse des adhésions pour les licenciés, pour les amateurs de culture une probable hausse du coût des concerts et autres spectacles.
Cette politique mène à la ségrégation sociale entre d'un côté ceux qui pourront payer et de l'autre l'immense majorité qui ne pourra pas.

Si l'on peut entendre, en bon gestionnaire, qu'il ne s'agit pas d'ouvrir grand les cordons de la bourse, il s'agit d'accompagner l'évolution d'une ville en croissance démographique, qui a le soucis de lutter contre les inégalités et d'offrir à chacun les mêmes services et les mêmes chances (de garder son emploi plutot que de rester à la maison pour garder ses enfants par exemple).
Proposer une hausse de 1.5% des subventions (permettant d'accompagner les associations avec personnel et d'offrir une petite aide à celles sans) aurait coûté à la ville 200 000 € de plus sur un budget municipal de 265.5 M€ soit un coût de 0.07%...

Pour la ville, c'est rien (face à la hausse des recettes des impôts de 5.5%). Pour les associations c'est énorme !

La politique de désengagement de la ville mise en place, de retrait des services publics, conduira à une hausse inquiétante des inégalités entre les citoyens. Je n'ai pas été élu pour ca, surtout quand on connait la santé financière de la ville. Derrière ces chiffres ce sont des difficultés réelles, des tensions, des pressions.

Je voterai donc ce lundi soir contre la proposition des subventions proposées aux associations (jusque-là nous nous abstenions) par la majorité car j'estime qu'elle porte atteinte au contrat social annécien qui lie les habitants et notre commune.

mardi 30 janvier 2018

Aucun rebondissement sur le centre des congrès


J'entends depuis quelques heures un émoi, relayé par certains média, suite à la validation du SCOT par le tribunal administratif de Grenoble, saisi par une association environnementale qui voulait le faire annuler.

Pourtant, je le dis ici, il n'y a aucun retournement dans la décision du tribunal qui reste parfaitement cohérent dans ses arrêtés. Il n'y a ici aucun rebondissement. Le centre des congrès n'est pas mieux engagé après cette décision qu'avant.

J'ai toujours eu une différence de lecture de la loi littoral avec l'avocat de cette association. Pour moi : peu importe que la presqu'île soit urbanisée (comme le dit à juste titre le tribunal) ou pas. Ce combat n'a aucun sens. La loi littoral s'applique pareillement que la zone soit urbanisée ou non. La différence est : si la zone est non urbanisée il est impossible de construire quoi que ce soit. Si elle est urbanisée (et qui pourrait prétendre que la presqu'ile ne l'est pas ?), les propriétaires peuvent reconstruire leurs immeubles du moment qu'ils restent, en terme de volumes et de surfaces, identiques (moyennant une tolérance de + 10%) à celles détruites.

La loi littoral prévoit qu'un propriétaire peut rénover son bien, l'embellir, l'isoler, bref, le garder en état. la loi littoral ne fait pas table rase des propriétés situées dans son périmètre.

Attaquer le SCOT pour empêcher la construction du centre des congrès n'était pas pour moi pertinent aux yeux de la loi littoral et c'est pour cela que je n'ai pas déposé un recours.

Le tribunal dit aujourd'hui cela : la presqu'ile est urbanisée. Ok, dont acte, mais cela on le savait déjà. Il n’empêche, même urbanisée l'agglo ne peut pas multiplier par 10 les surfaces de construction comme le prévoit le projet de centre des congrès. C'est exactement cela qu'il a dit aussi en annulant la DUP.

Je crois que la confusion, suite à ce jugement, est voulue par l'agglomération qui veut faire croire à un rebondissement et semer le trouble dans la population. Je regrette que certains média relaient cette mauvaise information.

Ce soir je suis toujours aussi serein car pour moi, rien n'a changé. Cette procédure de recours (si elle visait à faire arrêter le projet de centre des congrès) était inutile et vouée à l'échec. Je regrette que la lecture (que je ne partage pas) d'un avocat de la loi littoral offre ainsi le flanc à l'agglomération pour dérouler sa désinformation.

Le projet de centre des congrès à Albigny ne se fera pas parce qu'il est trop grand, pas parce qu'il serait interdit de construire quoi que ce soit sur la presqu'île. 

Nous sommes sur le bon chemin. Le tribunal est cohérent et dit le droit. J'y vois une parfaite fluidité. Nous pouvons continuer à être très optimiste sur le dénouement de cette affaire et l'abandon prochain de ce projet. La validation du SCOT ne dit absolument rien du projet de centre des congrès.