mercredi 13 septembre 2017

Logement social : on régresse


A la lecture du Dauphiné du jour et de l'interview du président de la fédération des promoteurs immobiliers des Alpes, on apprend que les ventes immobilières aux bailleurs sociaux ont représenté 9% des transactions au premier semestre 2017.

Par ailleurs, les professionnels pointent une baisse d'activité dans la construction.

Depuis plusieurs années, et encore lors du dernier budget de l'agglomération, je me bats pour que l'enveloppe des subventions accordées aux bailleurs sociaux pour construire du logement social, abordable pour tous, augmente.

Depuis des années, cette enveloppe est gelée et souvent pas utilisée en totalité.

Cela démontre une volonté politique manifeste de ne pas faire de logement social, logement dont pourtant, 75% des Annéciens (de la commune historique, 64% des Annéciens de la commune nouvelle) ont droit. Plus de 5000 personnes sont sur liste d'attente. Car le logement social n'est pas un logement pour pauvres. C'est un logement dont le prix est adapté aux capacités financières de chacun, que l'on soit de la classe populaire ou de la classe moyenne.

Sur Annecy, la loi nous oblige (et c'est tant mieux) à avoir 25% de logements sociaux en 2025. Nous sommes actuellement à moins de 20%.
Le Plan Local de l'Habitat (PLH) voté l'année dernière (j'ai voté contre) prévoit qu'on atteigne un taux de 21% en 2025, c'est-à-dire que l'on se place dans l'illégalité et que l'on paye donc les amendes prévues par la loi (ce qui est une aberration quand on sait qu'on manque de logements abordables).

Mais, ce que nous apprend cette interview c'est qu'en ne faisant que 9% de logements sociaux sur les nouvelles construction, non seulement on ne rattrape pas notre retard, non seulement on  ne réalise pas les objectifs peu ambitieux fixés par les élus eux-mêmes dans le PLH, mais en plus on va réduire le pourcentage de logements sociaux... 

On régresse !

Il est plus que temps que cette politique idéologique anti-logement social menée à Annecy change et qu'enfin on mette les moyens nécessaires aux vrais problèmes rencontrés par les Annéciens.

Les moyens financiers existent, on le voit avec les millions d'euros qu'on gaspille avec un projet de centre des congrès ridicule. Plus de 6 millions d'euros budgétés l'année dernière contre moins de 2 millions pour le logement social. On voit où sont les priorités. J'avais proposé l'année dernière qu'on annule ces 6 millions d'euros et qu'on les répartisse pour moitié en subventions nouvelles pour le logement social (l'article du Dauphiné aurait été tout différent !) et à moitié pour la réduction de la dette.

Pourtant, pour ma part, j'ai souvent des chefs d'entreprise qui m'alertent sur la difficulté qui est la leur de se développer car ils ne peuvent loger leurs employés. Certains décident même de ne pas s'installer ici pour cela... J'ai encore jamais entendu un chef d'entreprise me dire que son problème numéro 1 c'était la présence d'un centre des congrès prétendument trop petit...

Voilà aussi un moyen, en ces temps de ralentissement de la construction neuve de soutenir un secteur économique, le bâtiment, essentiel dans notre bassin de vie !

mardi 12 septembre 2017

Lyon-Turin : un arrêt préjudiciable à notre bassin


Le gouvernement a décidé de mettre en pause un certain nombre de grands travaux, en particulier la liaison ferroviaire Lyon-Turin, en attendant une future loi d'orientation générale sur les transports...

Cette décision est insensée et porte un préjudice énorme aux deux Savoie et donc à notre bassin de vie.

Je rappelle que ce projet est co-financé par: l'Etat français (25%), l'Etat italien (35%) et l'Europe (40%). Les financements ont été trouvés. La France s'est engagée, a donné sa parole. Les travaux ont déjà largement commencé côté francais.

Arrêter ce projet serait une erreur à la fois économique, écologique et sociale. Perdre du temps est incohérent avec la volonté de relance économique et de lutte contre la pollution atmosphérique.

Pour notre économie locale, le Lyon-Turin c'est d'abord une amélioration de la voie ferrée entre Chambéry et Saint-Exupéry, donc une amélioration des temps de parcours pour Paris, Marseille, le Sud-Ouest de l'Europe et le Nord. C'est un désenclavement ferroviaire nécessaire pour rester connecté au monde.

C'est aussi la possibilité d'une plus grande ouverture économie, culturelle, touristique vers l'Italie et au-delà l'Europe de l'Est grâce à un tunnel à grande vitesse. Tout ce qui peut rapprocher les gens, et notamment les Européens en ces périodes de replis identitaires est, pour moi, une bonne idée. Pour une fois que l'Europe fait quelque chose au service des peuples !

Le Lyon-Turin représente aussi un barreau essentiel dans une grande liaison de fret Est-Ouest (Kiev/Lisbonne) pour enfin mettre des camions sur des trains et limiter ainsi l'impact environnemental des camions.

L'Europe doit connecter les peuples (des peuples qui se connaissent , qui se côtoient, qui se parlent ne se font pas la guerre). Elle doit aussi participer de la reprise économique en investissant, créant ainsi des milliers d'emplois.

J'ai vu passer, il y a quelques jours, une lettre ouverte de plusieurs grands élus (tous de droite malheureusement) pour rappeler leur soutien à ce projet. Notre maire, président d'agglomération, en était et c'est très bien. J'y joins ma voix. 

Face à cette mise en pause, j'aurais souhaité entendre un peu plus les députés En Marche du département, connaitre leur position à ce sujet.

Pour ma part, j'interviendrai donc au prochain conseil communautaire du Grand Annecy, qui avait voté il y a quelques années une résolution à l'unanimité pour dire son soutien à ce projet, pour que notre assemblée rappelle qu'elle souhaite fortement la réussite de ce projet et sa mise en oeuvre rapide pour le bien de nos échanges économiques mais aussi humains et touristiques.

lundi 4 septembre 2017

Réforme du code du travail


Avant de m'exprimer sur ce sujet, j'ai pris le temps de m'informer un peu même si j'avoue ne pas être spécialiste du droit du travail.

Franchement, l'ensemble du texte ne me heurte pas, il est conforme aux engagements pris par le candidat Macron pendant la campagne électorale, engagements que j'ai soutenus.

Initialement une chose m'inquiétait beaucoup : le renversement de la hiérarchie des normes qu'avait prôné le candidat Macron mais que l'on ne retrouve pas dans les ordonnances. C'est tant mieux ! J'étais farouchement opposé à ce qu'un accord d'entreprise puisse dérogé aux règles communes contenues dans la loi. J'en avais déjà fait état en réunions publiques, en prenant la parole sur ce sujet. Si cette inversion avait été contenue dans le texte, personnellement je ne l'aurais pas voté. Mais elle n'y est pas et j'aurais donc soutenu ce texte.

Oui, je vois bien l'emballement qui se fait sur le point du plafonnement (sans que jamais personne ne parle d'ailleurs des planchers institués) des indemnités de licenciement. Franchement, je connais le risque : celui de provisionner ces indemnités comptablement pour mieux pouvoir licencier. C'est déjà ce que faisaient certaines grosses entreprises qui en avaient les moyens. Au final, le risque prud’homal touchait principalement les PME (qui ne licencient pas pour des convenances personnelles). Ce barème me semble de nature à fluidifier les rapports et à simplifier la vie des entreprises sans pour autant porter une atteinte "extraordinaire" aux droits des salariés.

Sur la fusion des instances représentatives du personnel, c'est tout simplement le bon sens qui l'emporte.

Reste la question, que certains syndicats semblent découvrir (eux qui s'intéressent souvent d'abord aux salariés des grandes entreprises), de la négociation collective dans les petites entreprises puisque les ordonnances ouvriront la possibilité pour un chef d'entreprise de négocier directement avec ses salariés non syndiqués. Il existe là un risque, pour moi faible mais qui devra certainement être étudié, suivi et potentiellement corrigé dans les mois qui viennent s'il s'avérait : des abus de certains patrons qui, faisant du chantage au licenciement ou à la dégradation des conditions de travail, voudraient faire pression sur leurs salariés pour signer n'importe quoi (même si ce n'importe quoi reste encadré par la loi!). Le risque existe. Mais s'il était avéré cela serait plus l'expression d'un malaise déjà grand dans l'entreprise où le collectif de travail ne fonctionne déjà pas très bien. Bref des entreprises qui vont mal et où les salariés ne sont pas respectés. La réalité pour ces entreprises c'est que si le patron est con, il est con. Peu importe les ordonnances ou pas... les salariés y sont déjà malheureux.
Mais pour la très grande majorité des petites entreprises, cette possibilité de négocier directement sur certains points peut être très bénéfique pour mettre en place un dialogue social (qui existe souvent déjà de manière informelle) y compris pour améliorer l'existant, et parfois pour permettre, c'est vrai, dans un esprit constructif et compréhensif, de passer des périodes plus difficiles en négociant des accords temporaires.

Si ce point peut interroger et devra être surveillé (et potentiellement corrigé) je crois que certains font avec cette mesure plus de la philosophie et de la théorie que du pragmatisme et du réalisme.

Oui, c'est vrai j'entends que ces ordonnances mettent plutôt l'accent sur la libéralisation du marché du travail et pas suffisamment sur la protection des salariés. Je crois qu'on peut dire que c'est vrai. Mais ampute-t-on tant que ça, comme certains cherchent à le faire croire, les droits des salariés ? Je ne le crois pas. Et je suis convaincu que ces nouvelles mesures vont aussi permettre aux acteurs de s'adapter et finalement d'en tirer profit, y compris pour les salariés (dont par exemple les délais de traitement de leurs contentieux aux prud’hommes sont ramenés de 24 mois à 12).

Je pense aussi que la contrepartie "protection des salariés" n'est pas à chercher dans ces ordonnances mais viendra avec la réforme de la formation professionnelle et celle des indemnisations chômage ouvertes aux démissions et chefs d'entreprises.

Si l'on réforme correctement la formation professionnelle et l'indemnisation chômage dans le sens d'une sécurisation des parcours professionnels personnels (et non une sécurisation des emplois dans des postes parfois subis par les salariés) alors nous aurons le pendant à cette flexibilisation du marché du travail.

Sécuriser les personnes dans leur vie professionnelle plutôt que les postes dans les entreprises, c'est, je le crois, l'avenir qu'il faut suivre et qui est engagé avec cette réforme (comme la précédente contre laquelle je n'ai jamais manifesté).

Je regrette que certains aient des discours caricaturaux, allant jusqu'à appeler à manifester avant même de connaitre le contenu des ordonnances, ou à organiser des manifestations anti-Macron (s'attaquer aux personnes n'a jamais fait partie de mes principes politiques).

Oui, il y a des choses à critiquer sur ce début de mandat Macron : la baisse aveugle, bête et méchante des APL alors qu'on nous avait parlé d'une réforme globale des aides au logement ; la suppression brutale et sans concertation des emplois aidés jamais annoncée et mise en oeuvre en dépit du bon sens et des réalités du terrain ; la forte baisse des dotations aux collectivités là encore jamais annoncée durant la campagne électorale ; la modification de l'assiette de l'ISF qui elle fut bien annoncée mais que j'ai dénoncé dès le début y compris en réunion publique En marche...

Les sujets de mécontentement ne manquent pas, à commencer par l'exercice du pouvoir qu'on nous annonçait plus démocratique, plus transparent, plus à l'écoute et qui s'avère plus fermé et opaque que jamais. Les citoyens ne sont pas mieux considérés sous Macron que sous Hollande ou Sarkozy. L'assemblée nationale est godillotte et beaucoup de militants En marche sincères se sont transformés en militants traditionnels de partis politiques incapables de la moindre auto-critique.

Mais je ne crois pas que vouloir faire croire aux Français que les ordonnances sur le code du travail (largement expliquées et connues des Francais au moment de l'élection présidentielle) seraient l'apocalypse soit de nature à leur redonner confiance dans les corps intermédiaires.

La gauche devrait comprendre que la notion même de travail et la relation des citoyens/salariés au travail a beaucoup changé en 150 ans. Je ne suis pas un adepte des libéralisations dogmatiques. Mais l'adaptation aux réalités contemporaines doit passer par une réflexion plus poussée sur la protection des citoyens/salariés dans leur vie professionnelle plutôt que sur la protection des postes (parfois devenus obsolètes ou dangereux pour la santé des salariés) dans les entreprises.

mercredi 30 août 2017

Centre des congrès : la République en marche... arrière

J'apprends ce matin dans le Dauphiné que le gouvernement a décidé lui aussi de faire appel de la décision du tribunal administratif de Grenoble d'annuler la DUP du centre des congrès, s'alignant ainsi totalement sur la position de l'agglomération.

C'est une décision que je déplore mais qui n'entame en rien notre détermination à faire respecter la loi et à continuer le combat pour défendre notre lac (et notre argent de contribuables !).

Lors de la campagne des législatives en Juin dernier, les candidates de la République en Marche avaient refusé de prendre position sur ce dossier, préférant faire l'autruche sur un sujet aussi important.
Par derrière, chacune répondait selon l'interlocuteur auquel elle s'adressait tantôt qu'elle était pour, tantôt qu'elle était contre.

Cette absence de convictions m'avait amené à prendre publiquement mes distances avec ces candidates et à annoncer que je voterai blanc.

Aujourd'hui, à l'aune de cette décision du gouvernement (qui n'a pas pu se faire sans prise de contact local, ou alors c'est encore plus la dictature parisienne qu'avant...) je ne regrette pas mon choix.

Mme Lardet, députée de la 2e circonscription, avait promis deux choses :
- qu'elle organiserait une concertation, une grande table ronde pour écouter tous les points de vue avant de se prononcer... On voit le résultat : le gouvernement se prononce sans qu'aucune concertation n'ait été organisée. Ou alors uniquement une concertation avec le président de l'agglo ? De deux choses l'une, sur ce dossier, soit Mme Lardet ne sert à rien puisque son avis n'est pas entendu à Paris, soit elle s'est rangée du côté de l'UDI local qui a tant fait pour m'évincer et la mettre députée, sachant qu'elle serait facilement manipulable...

- qu'elle se rangerait à l'avis de la justice. Or la justice est passée : elle a annulé la DUP. Visiblement en moins de 3 mois, les promesses d'hier sont vites oubliées puisque aujourd'hui le gouvernement fait appel c'est-à-dire conteste la décision de la justice.

Finalement ce choix de la République en Marche et du gouvernement de soutenir un projet débile ne me surprend pas. Cela fait des années que M. Leconte, conseiller communautaire de Meythet, membre d'En marche depuis le début, soutient sans réserves ce projet.

Ce qui me surprend plus c'est le gouffre qui semble de plus en plus s'installer entre les électeurs du renouveau (dont je suis notamment pour la présidentielle) qui ont cru que les choses allaient changer et qu'on aurait enfin de la démocratie participative; et les actes des nouveaux élus qui semblent prendre un malin plaisir à honorer ceux qui, au premier tour de la Présidentielle ont soutenu Fillon, en oubliant ceux qui ont fait le succès d'Emmanuel Macron.


Il y a comme un sentiment de manipulation. Et tous cas, aujourd'hui les choses sont claires sur cette question du centre des congrès : les parisiens et autres lyonnais, y compris débarqués à Annecy n'ont rien compris au sujet. Ce qui les importe c'est de faire du fric et de pouvoir venir faire leurs gueuletons tranquilles sur les bords du lac.

Mais, coucou, on est là ! Nous c'est la population qui, quelque soit le nom de nos opposants,leurs habits vieux ou neufs, continuera à protéger son lac de projets pharaoniques.

lundi 28 août 2017

Interrogations estivales

Conseiller municipal, avec la fusion des communes, je ne suis plus au courant de rien.

M. le Maire a bien fini par évincer son opposition. Alors je lis la presse et j'apprends parfois des choses que j'ignore. Je m'interroge souvent.

Voici l'état de mes interrogations à la lecture du dernier "Essor savoyard".

Gratuité de la cour du chateau

On apprend que la ville aurait enfin décidé de rendre la cour du château gratuite. C'est une bonne nouvelle pour nous qui demandons cette gratuité depuis 2008... C'est une véritable aberration de devoir payer pour entrer dans cette cour. Je pense qu'il n'y a qu'à Annecy où on avait cela.
Cependant dans l'article il est écrit : "cet accès est lié à un projet de construction d'un lieu d'accueil des visiteurs assorti d'une boutique et situés, justement, dans cette cour".

Euh... moi pas bien comprendre... Le château n'est-il pas un monument historique classé avec sa cour ? Qu'est-ce que c'est que ce projet qui sort du chapeau et dont on n'a jamais entendu parlé de construction nouvelle DANS la cour ? Le bétonnage d'Annecy n'a-t-il aucune limite, quitte à massacrer un monument historique ? Pourrait-on, en tant qu'élus, mandataires des Annéciens, avoir un tout petit, mais tout petit peu d'informations sur ce genre de projet ?

On nous sort cela comme ça, dans la presse, sans discussion, sans présentation, sans rien. C'est hallucinant.

Nouvelles rues bientot payantes

Si l'idée d'étendre les zones de stationnement aérien payante ne me heurte pas, au contraire, la manière dont est mené ce chantier est là aussi abracadabrantesque. Ca tombe comme ca, entre juin et septembre, entre la poire et le dessert... La place des Romains va devenir payante : qui en a discuté ? (le maire jurait que ca n'arriverait jamais il y a encore quelques mois..) Quand cela a-t-il été abordé avec la population ?

Mais en plus que vont devenir les quartiers périphériques où le stationnement restera gratuit ? Où va-t-on se garer pour rentrer chez soi ?

Non, ces projets sont présentés comme des évidences, des choses acquises et personne ne s'interroge sur leurs conséquences et leurs bien-fondés.

Vague artificielle sur le Thiou

Comment aborder ce sujet? D'abord jamais entendu parlé et on nous dit : c'est en bonne voie ! Ah bon ? Qui décide ? On nous dit que c'est en bonne voie mais on ne sait pas qui va payer ? Quel est l'impact sur l'environnement ? Quel coût de fonctionnement ? Bref on nous dit rien mais ca fait bien, c'est fun et c'est branché de dire oui avant d'avoir étudié la question.

Si je ne suis pas fermé à ce genre d'idées, j'avoue que j'aimerais qu'on nous l'expose avant de dire oui. J'avoue que j'ai quelques questions à poser aux concepteurs de ce genre de projets (dont certains si mes informations sont exactes, sont quand même très proches du maire). Et puis j'avoue que je pensais aussi qu'Annecy avait d'autres problèmes bien plus important que de savoir si on allait faire une vague de surf pour quelques privilégiés alors que des milliers d'Annéciens n'arrivent pas à boucler leurs fins de mois avec un coût de la vie exorbitant et des loyers pharaoniques...

Mais bon je crois que plus ca va, plus je décroche. Ou, plus exactement, plus je ne vis pas dans la même réalité que M. le maire...

Je suis, par exemple, abasourdi de voir que la commission de municipalité s'est octroyée 1 mois et demi de vacances cet été alors que nous sommes à peine à 6 mois d'une fusion, que les services sont à bout de nerfs et que des dizaines de questions restent à trancher... Même à Annecy historique, il me semble que la municipalité prenait que 3 semaines de vacances en été...

Enfin avec 10 000 euros par mois, on peut à la fois faire du surf sur le Thiou, partir en vacances pendant des semaines et se payer un parking privé pour garer son 4x4...

mardi 15 août 2017

Le silence est d'or


Voilà plus d'un mois que je n'ai pas écrit sur ce blog.

Cela aura fait des vacances au maire et à son cabinet. Ils devaient être heureux.

C'est la première fois depuis 10 ans que je fais une cure de silence aussi longue. Deux raisons à cela :

1) Puisque je suis le seul homme politique local à essayer d'informer les citoyens régulièrement, je me suis dit : "on va voir ce que cela fait quand on ne leur dit plus rien". Vont-ils en redemander ?

La réponse est assez cruelle.

Je veux quand même épargner les quelques citoyens qui m'ont écrit pour demander des nouvelles face à ce silence et les assurer de ma reconnaissance.

2) L'absence de nouvelles très intéressantes. La majorité municipale bleue-rose-verte a noyauté l'information et mis en place une chape de plomb. Plus aucune information ne sort. Si j'en crois les derniers comptes rendus officiels, il n'y a rien qui se passe.

En réalité, car je me suis pas bête au point de ne me fier qu'aux comptes-rendus officiels, des décisions sont prises... et font grincer des dents. Cet été j'ai notamment pu m’entretenir avec plusieurs employés municipaux. J'ai ainsi pu saisir leur désarroi, leur lassitude, parfois leur colère et en tous cas leur découragement. 

La précipitation de cette fusion de communes (que j'avais dénoncée) a conduit à un grand n'importe-quoi qui pèse lourdement sur le moral des agents. Je veux leur dire toute ma sympathie, mais aussi toute la reconnaissance qui est la mienne pour le travail qu'ils font en direction de la population dans des conditions parfois difficiles. 

Si les Annéciens et les touristes peuvent faire "bronzette" sur les bords du lac, vagabonder dans les rues de la ville, profiter d'événements culturels et sportifs, etc, c'est d'abord grâce à vous qui chaque jour, sans médailles ni décorations, balayez les rues, installez des chaises, protégez, etc...

Ah si, j'ai quand même rédigé avec mes deux collègues, notre prochaine tribune municipale pour le prochain bulletin. Grâce aux arrangements gauche-droite pour liquider les oppositions, nous avons droit à 350 signes... espaces compris ! Pour vous donner une idée cela donne 4,5 lignes d'expression municipale pour une liste qui avait réuni plus de 4200 électeurs au second tour de l'élection municipale...

On passera donc de 2/3 de page à 5 lignes. Merci. Un grand merci spécial pour nos collègues verts écologistes qui ont décidé de se fondre dans la majorité en rejoignant le groupe majoritaire... Bizarrement ils ne s'en sont pas vantés dans la presse... Il faut croire que la politique menée leur plait.

Je me suis engagé en politique avec des valeurs. Informer les citoyens faisait partie de ces valeurs, travailler mes dossiers aussi. Quand on n'a plus de dossiers à travailler, qu'est-ce qu'on fait ? Et quand on a 4200 électeurs qui laissent leurs représentants être peu à peu muselés et écartés de la politique, que fait-on ?

Les appels à manifester ou à pétitionner contre telle ou telle dérive autoritaire à l'autre bout du monde sont légion... Voir la paille dans l’œil du voisin plutôt que la poutre qui est dans le sien... Ici on étouffe les minorités sans que cela ne suscite la moindre réaction. Tout va bien puisqu'ils ont dit qu'on était en démocratie.

Bon été à tous. A bientôt.

jeudi 13 juillet 2017

Petit retour sur ma nouvelle vie profesionnelle

Chers amis, il y a un an, je vous annonçais que je m'étais lancé dans un nouveau défi professionnel en créant les Jardins de Lornay (www.jardins-lornay.com). Je voulais produire des plantes (bambous et graminées) à vendre aux particuliers et aux professionnels, tout en créant un jardin à visiter.

Depuis maintenant 1 an, l'activité de pépinière fonctionne et je suis très heureux car de nombreux haut-savoyards sont déjà venus acheter leurs plantes chez moi. J'y vois une reconnaissance pour le travail et les choix que j'ai fait, notamment de cultiver des plantes adaptées à nos climats, d'être spécialisé sur quelques plantes pour apporter le meilleur conseil, et de n'utiliser aucun produit chimique.

Ce contact avec la clientèle me plait beaucoup. C'est un contact simple, sympathique.

Le 3 juin dernier, en présence de Madame la Maire et de membres du conseil municipal de Lornay, ainsi que Madame et Monsieur les conseillers départementaux, de représentants des Offices du tourisme et de nombreuses personnes,  nous avons inauguré le parc et lancé la saison des visites. Dorénavant je me transforme régulièrement en guide pour expliquer la beauté des bambous... C'est une facette du métier qui me plait aussi beaucoup.

J'avoue ne jamais m'ennuyer et l'été s'annonce très prometteur ! Cette semaine j'ai accueilli des enfants d'un centre de loisirs, je vais accueillir prochainement des personnes âgées d'EHPAD, des associations... et bien sûr touristes et habitants locaux qui souhaitent venir déambuler dans les jardins.

J'ai aussi créé une saison culturelle aux jardins pour cet été, avec au programme : veillées contées, pièce de théâtre, peinture. Des choses simples et vraies.

Je voulais partager cette joie avec vous car certains s'étonnent de me voir un peu moins souvent à certaines réceptions en mairie (même si je continue à être très présent). Mais il est vrai que toujours jouer les potiches, les "opposants" comme dit M. le Maire, ne m'intéresse plus beaucoup. J'aime créer et relever des défis. Je pensais pouvoir mettre cette énergie au profit de notre ville mais le maire verrouille tout et ne prends jamais le temps de nous écouter. Alors je crée dans mon entreprise.

Parti de rien ou presque, sur une friche horticole de 3 ans, nous avons créé un espace de convivialité, de culture et de beauté. Oh, tout n'est pas fini, il reste encore beaucoup de travail. Mais j'ai la satisfaction des cris des enfants, des remerciements de nos visiteurs, et du retour de nos acheteurs.

Pouvoir vivre dans le positif, dans les projets pour demain, procure une satisfaction immense, à mille lieux des désillusions de la politique. Ici chacun reconnait le travail qui a été fait. Ici chacun voit l'énergie et la passion qui est mise à transmettre à tous un peu de bonheur, un peu de savoir. Ici personne ne s'invente des titres, des ambitions ou des légitimités. La seule réalité c'est celle des saisons qui passent.

Je ne regrette pas un instant mon choix d'avoir quitté l'enseignement (que j'aimais beaucoup) car mes visites guidées, l'accueil de groupes, les conseils aux potentiels acheteurs mobilisent mes compétences de pédagogie et d'empathie.

J'ai aussi trouvé en Albanais un territoire où chacun réfléchit à s'aider mutuellement, à grandir ensemble, à progresser sans rien renier. Dans le monde agricole, j'ai trouvé un milieu humainement très riche.

Aux jardins de Lornay, l'écologie ce n'est pas qu'un mot, l'entraide pas qu'un slogan. Ici, par exemple, on sue ensemble, on cherche des solutions naturelles pour moins désherber, on écoute et on conseille.

Je reste attaché à la politique et à mon mandat que je mène de front comme depuis toujours car je sais qu'Annecy a de grands potentiels sous-employés. J'aime cette ville et ses habitants. Mais le recul m'a fait comprendre que face à un mur, il vaut mieux utiliser son énergie à autre chose. Continuer à représenter dignement les gens qui ont voté pour moi, voire préparer l'alternance. Mais ne plus s'évertuer à vouloir être de la partie quand la majorité vous rejette. Et croire, un peu fièrement c'est vrai, qu'au regard de ce que j'arrive à faire ailleurs, il est bien dommage qu'on nous écoute pas ici. Se dire enfin que l'on n'est pas responsable de la gestion calamiteuse de la ville. Après tout, les Annéciens ont voulu Rigaut, ils l'ont... Peut-être le début de la sagesse ? Allez savoir...

La politique est ingrate. Elle se réinvente chaque jour pour mieux ne rien changer. C'est désespérant. Avec la nature, il n'est jamais possible de tricher. Et cela apporte une sérénité et une harmonie indescriptibles.