jeudi 13 juillet 2017

Petit retour sur ma nouvelle vie profesionnelle

Chers amis, il y a un an, je vous annonçais que je m'étais lancé dans un nouveau défi professionnel en créant les Jardins de Lornay (www.jardins-lornay.com). Je voulais produire des plantes (bambous et graminées) à vendre aux particuliers et aux professionnels, tout en créant un jardin à visiter.

Depuis maintenant 1 an, l'activité de pépinière fonctionne et je suis très heureux car de nombreux haut-savoyards sont déjà venus acheter leurs plantes chez moi. J'y vois une reconnaissance pour le travail et les choix que j'ai fait, notamment de cultiver des plantes adaptées à nos climats, d'être spécialisé sur quelques plantes pour apporter le meilleur conseil, et de n'utiliser aucun produit chimique.

Ce contact avec la clientèle me plait beaucoup. C'est un contact simple, sympathique.

Le 3 juin dernier, en présence de Madame la Maire et de membres du conseil municipal de Lornay, ainsi que Madame et Monsieur les conseillers départementaux, de représentants des Offices du tourisme et de nombreuses personnes,  nous avons inauguré le parc et lancé la saison des visites. Dorénavant je me transforme régulièrement en guide pour expliquer la beauté des bambous... C'est une facette du métier qui me plait aussi beaucoup.

J'avoue ne jamais m'ennuyer et l'été s'annonce très prometteur ! Cette semaine j'ai accueilli des enfants d'un centre de loisirs, je vais accueillir prochainement des personnes âgées d'EHPAD, des associations... et bien sûr touristes et habitants locaux qui souhaitent venir déambuler dans les jardins.

J'ai aussi créé une saison culturelle aux jardins pour cet été, avec au programme : veillées contées, pièce de théâtre, peinture. Des choses simples et vraies.

Je voulais partager cette joie avec vous car certains s'étonnent de me voir un peu moins souvent à certaines réceptions en mairie (même si je continue à être très présent). Mais il est vrai que toujours jouer les potiches, les "opposants" comme dit M. le Maire, ne m'intéresse plus beaucoup. J'aime créer et relever des défis. Je pensais pouvoir mettre cette énergie au profit de notre ville mais le maire verrouille tout et ne prends jamais le temps de nous écouter. Alors je crée dans mon entreprise.

Parti de rien ou presque, sur une friche horticole de 3 ans, nous avons créé un espace de convivialité, de culture et de beauté. Oh, tout n'est pas fini, il reste encore beaucoup de travail. Mais j'ai la satisfaction des cris des enfants, des remerciements de nos visiteurs, et du retour de nos acheteurs.

Pouvoir vivre dans le positif, dans les projets pour demain, procure une satisfaction immense, à mille lieux des désillusions de la politique. Ici chacun reconnait le travail qui a été fait. Ici chacun voit l'énergie et la passion qui est mise à transmettre à tous un peu de bonheur, un peu de savoir. Ici personne ne s'invente des titres, des ambitions ou des légitimités. La seule réalité c'est celle des saisons qui passent.

Je ne regrette pas un instant mon choix d'avoir quitté l'enseignement (que j'aimais beaucoup) car mes visites guidées, l'accueil de groupes, les conseils aux potentiels acheteurs mobilisent mes compétences de pédagogie et d'empathie.

J'ai aussi trouvé en Albanais un territoire où chacun réfléchit à s'aider mutuellement, à grandir ensemble, à progresser sans rien renier. Dans le monde agricole, j'ai trouvé un milieu humainement très riche.

Aux jardins de Lornay, l'écologie ce n'est pas qu'un mot, l'entraide pas qu'un slogan. Ici, par exemple, on sue ensemble, on cherche des solutions naturelles pour moins désherber, on écoute et on conseille.

Je reste attaché à la politique et à mon mandat que je mène de front comme depuis toujours car je sais qu'Annecy a de grands potentiels sous-employés. J'aime cette ville et ses habitants. Mais le recul m'a fait comprendre que face à un mur, il vaut mieux utiliser son énergie à autre chose. Continuer à représenter dignement les gens qui ont voté pour moi, voire préparer l'alternance. Mais ne plus s'évertuer à vouloir être de la partie quand la majorité vous rejette. Et croire, un peu fièrement c'est vrai, qu'au regard de ce que j'arrive à faire ailleurs, il est bien dommage qu'on nous écoute pas ici. Se dire enfin que l'on n'est pas responsable de la gestion calamiteuse de la ville. Après tout, les Annéciens ont voulu Rigaut, ils l'ont... Peut-être le début de la sagesse ? Allez savoir...

La politique est ingrate. Elle se réinvente chaque jour pour mieux ne rien changer. C'est désespérant. Avec la nature, il n'est jamais possible de tricher. Et cela apporte une sérénité et une harmonie indescriptibles.





mardi 11 juillet 2017

Pôle métropolitain : attention danger !


Je lis dans le compte-rendu très succinct du bureau de l'agglomération du 23 juin que la question de la création d'un pôle métropolitain englobant Chambéry, Aix-les-Bains et Annecy a été de nouveau abordée.

On sait que c'est une marotte de notre maire. Il semblerait que Chambéry soit d'accord.

Le pôle métropolitain est une nouvelle couche dans le mille-feuille administratif, plus grand que les communautés de communes, et en même temps en décalage par rapport aux départements (il peut d'ailleurs être discontinu territorialement). Rigaut vend cela comme la solution miracle pour la gestion des transports, le développement économique, etc... comme d'ailleurs il avait vendu l'agrandissement de la C2A pour devenir le Grand Annecy avec les mêmes arguments... avec les résultats qu'on connait puisque les transports sur le pays d'Alby ou les rives du lac vont encore attendre longtemps...

Créer une nouvelle couche administrative pour donner plus de pouvoirs à des personnels politiques comme M. Rigaut (quand on sait la vision du territoire qui est la sienne...) j'adhère déjà franchement pas trop.

Donner un empire plus grand à notre roitelet : bof bof.

Mais le rêve secret de M. Rigaut, c'est qu'une fois créé (il avance la date du 01 janvier 2018) en toute opacité (puisqu'aucun débat n'a jamais eu lieu en conseil sur cette question et que tout se passe de nouveau sans les élus et sans la population), ce pole métropolitain absorbe les compétences du département et finisse par l'évincer (à l'image de Lyon Métropole). Ainsi M. Rigaut nouvel empereur du pôle métropolitain aurait les manettes de maire, de président du Grand Annecy et de duc du pole métropolitain. Plus rien ne pourrait arrêter son égo et son ambition personnelle.

On sait que les relations entre M. Rigaut et le conseil départemental (notamment son président) ne sont pas très bonne, notamment depuis les JO2018. Le pôle métropolitain est une bonne occasion pour reléguer un "adversaire" loin de son pré-carré.

Au final, la philosophie du pôle métropolitain est claire. Unissons les espaces urbains situés à l'ouest des deux départements (on nous dira de nouveau pour peser face à Lyon, dans une vision quasi-guerrière de la guerre des autres contre nous) pour garder notre argent. Ne partageons surtout pas. Notamment avec les culs terreux des vallées de l'Est des départements... qui en plus on l'outrecuidance de ne voter que pour des gens de droite... (Ainsi M. Rigaut pourra certainement trouver quelques socialistes, voire des marcheurs, pour appuyer son projet).

Bref au pole métropolitain les richesses des villes. Aux départements la gestion des espaces de l'arrière-cour, montagneux et bouseux.

Evidemment moi qui suis né en Haute Savoie, et non pas à Meaux, je ne partage pas cette vision de la dissection de notre pays de Savoie. La Savoie est depuis plus de 1000 ans un espace commun, cohérent qui marche sur ses deux pieds : les villes et leurs industries;  les vallées et leur tourisme. Chacun vient renforcer l'autre et c'est la globalité du territoire qui fait sens. Vouloir découper les choses c'est se couper une jambe.

C'est évidemment faire preuve d'une vision égoïste, loin d'une forme de solidarité territoriale.

Il existe un projet alternatif, porteur d'avenir et équilibré. Malheureusement, il ressemble trop souvent à un serpent de mer : c'est la fusion des deux départements en un seul ! Je crois à ce projet porteur de complémentarités et de dynamisme, de solidarité et de prospérité.

M. Rigaut va de nouveau essayé de nous enfumer en disant que le pole métropolitain n'est pas incompatible avec la fusion des départements. Pourtant ce sont bien deux projets concurrents, porteurs de deux visions concurrentes. Nul doute, avec les promesses de campagne du candidat Macron que le législateur va bientôt offrir la possibilité (tant attendue) d'expérimentations locales dans des domaines divers. Il faut se tenir prêt à les saisir.

J'exhorte donc, face à la volonté de M. Rigaut de prendre tout le monde de court avec son pôle métropolitain, les deux présidents des conseils départementaux à franchir enfin le pas de la fusion, rapidement. Ils doivent le faire pour sauver l'unité de nos pays de Savoie, leur dynamisme et garantir une place aux territoires ruraux. Je leur demande de nous prouver qu'ils sont à la hauteur de l'Histoire qui s'écrit. 

Le temps presse. Certains rêvent de concentrer les richesses et les pouvoirs. Je sais que d'autres travaillent pour leurs territoires. A eux de comprendre l'enjeu qui se joue et de réagir vite ! Dans 6 mois, il sera peut-être trop tard...

mardi 4 juillet 2017

Parking de Bonlieu, en rire ou en pleurer ?

La ville, propriétaire et gestionnaire du parking souterrain de Bonlieu, a décidé de rénover cet espace.

Les peintures, notamment, ont été refaites. Mais elles s'effritent et partent en lambeaux. Mais de nombreux témoignages me remontent sur la dangerosité de ce revêtement : les voitures sont difficilement contrôlables, on glisse dès que l'humidité est là...

La ville et l'entreprise se renvoient la balle... Chacun dit c'est la faute de l'autre.

https://www.francebleu.fr/infos/societe/jean-luc-rigaut-s-accroche-son-centre-des-congres-1498806904

Je vous invite à écouter cet entretien, la dernière question surtout... On entend que M. Rigaut, plus préoccupé par son pouvoir à la commune nouvelle et le Grand Annecy, ne maîtrise pas le sujet et s'en f...

A-t-on encore un maire à Annecy qui s'intéresse aux questions quotidiennes des Annéciens ? Qui commande à la ville ? Pourquoi ne tape-t-il pas du poing sur la table ? "On m'a dit..."

M. Rigaut ferait mieux d'abandonner ses rêves de monuments grandioses en bord de lac et de s'atteler pour de vrai aux préoccupations réelles des Annéciens.

Pour finir, les réponses de M. Rigaut sur le centre des congrès sont pour beaucoup complètes erronées (dire qu'une seule juridiction s'est prononcée sur les rives du lac est un mensonge), ou franchement manipulatoires (dire que quand il existe un SCOT - établi et voté par M. Rigaut et ses amis, le serpent qui se mord la queue... - la loi littoral ne s'appliquerait pas). Mais cela on le savait déjà !

vendredi 30 juin 2017

Le tribunal de Grenoble annule la DUP sur le centre des congrès

Vous trouverez ci-dessous mon intervention d'hier soir en conseil d'agglomération concernant la décision du tribunal administratif de Grenoble annulant la DUP du centre des congrès. Je regrette que M. Rigaut ait décidé de s'entêter en faisant appel de cette décision devant la cour d'appel. Cela va encore couter cher au contribuable de l'agglomération !

Je rêve d'un jour où les élus, à l'instar des citoyens ou des entrepreneurs, seront redevables sur leurs deniers personnels de ce genre de décision. Il est bien facile de payer des cabinets d'avocats et des boites de communication avec l'argent des autres. En tous cas, je regrette que pendant ce temps, par la faute de l'agglomération, rien ne bouge pour aider le secteur touristique du tourisme d'affaire à Annecy, les cafetiers et hôteliers du bassin. Mais Rigaut a choisi l'affrontement jusqu'au bout. C'est son choix. Pour ma part je reste fidèle à mes convictions et nous continuerons donc à nous battre, plus forts demain qu'hier.

Lien vers la vidéo: cliquez ici

Chers collègues,

Le tribunal administratif de Grenoble , saisi par les Amis de la Terre, la Frapna et Lac d'Annecy Environnement, a rendu ce mardi son jugement concernant la DUP du projet de centre des congrès à Albigny. Son jugement est clair et limpide : le projet de centre des congrès n'est pas d'utilité publique car il ne respecte pas la loi littoral qui limite les extensions d'urbanisation dans les espaces proches du rivage.

Il annule donc la DUP qu'il avait déjà suspendu en référé, comme il avait déjà annulé une partie du PLU d'Annecy-le-Vieux pour ces mêmes motifs.

Vous comprendrez ma joie et celle de très nombreux annéciens à l'énoncé de ce verdict. Mardi, c'était la fête du lac avant l'heure !

Pour autant cette décision du tribunal n'est pas, pour ceux qui ont travaillé le dossier sérieusement, une surprise. Cela fait bientôt 7 ans depuis 2010, qu'à cette tribune j'explique que le projet porté par l'agglomération ne respecte pas la loi littoral. Cela fait 7 ans que ceux que vous qualifiez "d'opposants" vous disent, monsieur le Président, que ce projet ne pourra pas se faire car il contrevient à la notion d'extension limitée d'urbanisation contenue dans la loi littoral. Que de quolibets, de mépris, de  sermonage nous avons subi depuis tout ce temps.

Pourtant nous n'avons jamais cessé notre combat pour une certaine vision d'Annecy et du respect de son environnement, fidèle en cela à l'histoire d'Annecy et de ses maires précédents. Dans ce combat à armes inégales, nous n'avons cessé de tendre la main pour sortir de l'ornière car cette perte de temps, d'argent et d'énergie n'était bénéfique à personne. J'ai par exemple suggéré que l'on interroge le tribunal sur les possibilités de construction sur la presqu'île avant les travaux, refusé. J'ai proposé d'autres lieux d'implantations, tous refusés. J'ai demandé l'année dernière ici au conseil de la C2A suite aux conclusions de l'enquête publique que l'on arrête les frais et que cesse le mépris. Vous vous êtes entêtés avec la complicité d'un préfet qui voyait en vous les continuateurs d'un ancien monde politique fait d'arrangements entre copains, à l'aune croyait-il alors d'un basculement à droite du futur gouvernement et à la promotion qu'il pourrait en attendre.

Aujourd'hui il n'est plus temps de discuter, la justice est passée. Elle rejette votre projet. Il est temps d'en prendre acte et d'en tirer toutes les conclusions en renonçant définitivement à ce projet.

Quand on est élu, dans un état de droit comme l'est la France, on ne fait pas ce qu'on veut. On doit d'abord écouter la population au service de laquelle nous sommes tous ici réunis. Elle s'est largement exprimée lors de l'enquête publique et vous l'avez méprisée. On doit aussi respecter les lois de la République. Nous ne somme plus sous l'ancien régime où des barons, marquis et autres roitelets de province, faisaient selon "leur bon plaisir". La révolution de 1789 est passée par là et il semble que les Français aient dernièrement choisi de rappeler à leurs élus qui commandait en démocratie, en renvoyant toute une ancienne garde à sa chère retraite.

Il y a un an, suite à l'enquête publique j'avais parlé concernant MM. Accoyer et Rigaut d'incompétence. Cela avait paru à certains exagéré. Je laisse les mêmes observateurs se faire de nouveau une opinion sur cet adjectif, que je maintiens, à l'aune de ce jugement et surtout à l'aune des dizaines d'articles parus dans la presse ou sur les supports institutionnels aux frais du contribuable dans lesquels ces mêmes élus juraient que le projet était conforme à la loi littoral.

Nous avons tenus bon. Et je veux ce soir remercier du fond du cœur les associations, au collectif citoyen et leurs militants qui depuis tout ce temps ne se sont pas découragés. Ils ont tenu bon même quand certains, à la région notamment, leur coupe les vivres alors que l'on sait tous le cout de telles démarches juridiques. Je veux aussi rendre aux Annéciens et habitants de l'agglo ce qui leur revient : cette décision nous la leur devons. Ils se sont déplacés nombreux lors de l'enquête publique, ils ont toujours été au rendez-vous des actions de protection de leur lac. C'est grâce à eux, d'abord et avant tout que ce projet ne verra pas le jour car leur mobilisation a rendu possible ce que certains nous disaient impossible. Ils ont su, sinon renverser la montagne, tout au moins changer le cours de l'Histoire.

En cette soirée j'ai également une pensée émue pour Bernard Bosson. Il me disait toujours : "le lac c'est l'âme d'Annecy. Ne vous inquiétez pas les Annéciens seront toujours au rendez-vous quand certains voudront s'attaquer à leur lac". Il avait raison. Je sais que ce jugement il l'attendait avec sérénité et joie.

Il est à présent temps de tourner cette page. Deux points restent alors à discuter collectivement, en toute transparence. Premier point : l'avenir du tourisme d'affaire à Annecy. Faut-il oui ou non un nouveau centre des congrès alors que je rappelle que les études de 2006 montraient qu'il fallait simplement une salle d'exposition supplémentaire ? Ces études ont à présent plus de 10 ans. Depuis le marché des congrès a beaucoup changé. Il faut donc les actualiser et regarder leurs résultats avec objectivité et sans s'en emparer pour des desseins personnels de grandeur. Je demande à ce qu'on puisse actualiser les études à la lumière des dernières données en matière de tourisme d'affaire et ainsi que l'on puisse répondre collectivement à la nécessité ou pas de construire un nouveau centre des congrès quelque part à Annecy dans un lieu qui respecte la loi, et notre lac. Car comme vous le savez, notre combat contre l'implantation d'un centre des congrès à Albigny n'a jamais été, contrairement à ce que l'exécutif a voulu faire croire, un combat contre tout centre des congrès, contre l'économie, contre l'emploi et contre le tourisme d'affaire. C'était un combat pour la protection du lac et le respect du droit. C'était un combat pour qu'à Annecy, cadre de vie et économie continue à aller de paire.

Le second point a traité est celui du devenir de la presqu'île. Dans cette affaire, le contribuable de l'agglo aura dépensé plus de 15 millions d'euros. D'abord en études et frais divers qui sont malheureusement perdus et qui ont eu de cesse d'augmenter au fur et à mesure de l'entêtement de nos dirigeants. Ensuite en acquisitions foncières. Que vont-elles devenir ? Les Annéciens ont largement manifesté leur volonté de voir ces biens immobiliers détruits pour ceux qui n'ont aucune valeur patrimoniale et remplacé par un parc public en continuité du parc Charles Bosson. L'avenir de la maison "Le Sud" devra aussi être abordé en concertation avec la population et les associations pour lui trouver une destination digne de ce lieu.

En conclusion, il y a chez moi la volonté de tourner cette page sans aucun ressentiment. Les habitants de l'agglo auront, le moment venu à demander des comptes à leurs élus. Mais ce moment n'est pas venu. A mi-mandat, il est encore temps de nous tourner vers l'avenir. Et surtout de changer vos pratiques d'élus. Dorénavant il n'est plus possible de faire sans la société civile, les associations, les collectifs citoyens et les habitants. Cette leçon de démocratie ne doit plus nous quitter !

Une page peu glorieuse de notre histoire locale doit se tourner sans attendre pour que vive le lac !





mardi 27 juin 2017

Les freins à l'embauche pour les entreprises


A l'heure où l'on s'interroge beaucoup sur la simplification du code du travail et où beaucoup de politiciens et d'énarques (qui, pour beaucoup d'entre eux, n'ont jamais travaillé dans le privé) ont des idées toutes faites sur ce qu'il conviendrait de faire, l'INSEE vient de publier une note intitulée : Que nous disent les entreprises sur les barrières à l'embauche.

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2871900?sommaire=2872027

En voici le résumé :

"Que nous disent les entreprises sur les barrières à l’embauche ?

Depuis de nombreuses années, l’Insee interroge les entreprises sur les évolutions passées et futures de leur effectif, l’existence de difficultés de recrutement et de contraintes de production dues à un personnel insuffisant. Depuis janvier 2017, ces informations sont complétées grâce à de nouvelles questions permettant de révéler la présence de barrières à l’embauche ressenties par les entreprises et de préciser leur type. Il s’avère que la moitié des entreprises sont confrontées à des barrières au moment d’embaucher des travailleurs en CDI ou CDD de longue durée, un tiers n’en rencontrent pas et les autres ne se sentent pas concernées, probablement parce qu’elles n’ont pas récemment recruté de nouveaux employés. Les embauches sont freinées par l’incertitude sur la situation économique (barrière citée par 28 % des entreprises), la difficulté à trouver de la main-d’œuvre compétente (27 % des entreprises), un coût de l’emploi jugé trop élevé (23 % des entreprises) et par la règlementation du marché de l’emploi (18 % des entreprises)."

Sans surprise, pour un économiste de la demande, keynésien comme moi, le premier frein à l'embauche c'est l'absence de carnet de commande bien rempli. C'est l'incertitude sur l'avenir. Car les chefs d'entreprise n'embauchent que s'ils ont du travail. Et puis, ils n'embauchent pas pour licencier derrière...

Pour lever ce frein à l'embauche, il faut que la conjoncture économique s'éclaircisse et que la croissance économique soit au rendez-vous. Ce facteur est bien entendu influencé, dans une économie mondialisée, par le dynamisme économique mondial. Mais la France doit tout faire pour tirer son épingle du jeu.

Le deuxième frein à l'embauche c'est l'absence de main d'oeuvre qualifiée. De nombreux secteurs (industrie, automobile, restauration, etc...) peinent à trouver des profils qui aient les compétences requises. Le remède est bien connu : c'est la formation tout au long de la vie pour permettre aux salariés de changer de métier et de se reconvertir. C'est un enjeu majeur pour faire baisser le chômage, à condition que ces reconversions ne soient pas "forcées" car un salarié non motivé n'est pas un atout pour une entreprise. Il s'agit aussi de revaloriser certains métiers.

Le troisième frein est le coût du travail. Le CICE et les allègements de charge liés au pacte de compétitivité ont largement permis de rétablir une compétitivité de l'économie française en matière de coûts de la main d'oeuvre. Nous sommes aujourd'hui moins chers que les allemands. Si la course au moins disant salarial ne peut être un objectif en soi (nous serons toujours trop cher par rapport à un ouvrier chinois), ce rééquilibrage était nécessaire. Il va produire ses effets. Faut-il aller plus loin ? J'en doute. Il faut aussi le temps que les stéréotypes des chefs d'entreprises changent et que l'idée du coût du travail trop cher en France (qui était vraie avant) finisse par s'éteindre aux vues des réalités actuelles.

Enfin, en quatrième position, vient la question de la réglementation du travail donc du code du travail. Si les économistes libéraux font de ce combat un totem, on voit que les chefs d'entreprises, ceux qui ont des mains dans le cambouis, ne font pas de ces réformes une priorité. Personnellement je suis convaincu qu'il y a des choses à simplifier dans le code du travail pour qu'il s'adapte mieux aux réalités actuelles et contrairement à certains conservateurs de gauche je ne fais pas de cette réflexion un épouvantail absolu. Sommes-nous finalement mieux protégés comme salariés en France qu'ailleurs en Europe ? Pas certain. Il y a donc des choses à changer c'est sûr. Mais je remarque aussi que les idéologues qui font de la casse du code du travail un préalable à tout et un remède au chômage se trompent largement.

L'économie est une science. Comme toute science elle a pour objectif d'expliquer et de comprendre le monde dans lequel nous vivons, le plus objectivement possible. Elle offre au politique dans éclairages pour leurs prises de décisions. Même si l'idéologie fait naturellement partie de la politique, c'est normal, l'économie peut parfois rétablir quelques vérités et orienter différemment certains discours.

Tout ce qui peut avoir un effet bénéfique sur la baisse du chômage doit être mis en oeuvre. Mais ne nous trompons pas de levier, au risque de passer à côté...

samedi 24 juin 2017

Publicité : une nouvelle taxation qui me va


Avec la fusion des communes, la TLPE (Taxe Locale sur le Publicité Extérieure) qui s'applique à tous les dispositifs publicitaires notamment des commerçants, va se mettre en place sur les 6 communes déléguées.

Elle était déjà en place à Annecy depuis de nombreuses années. L'objectif de cette taxe, dans l'esprit annécien, n'est pas tant de rapporter de l'argent. Il est surtout de limiter la pollution visuelle liée à une surcharge de publicités, enseignes, banderoles, kakemonos, etc... C'est un outil de "dissuasion" face à l'étalement trop important de messages publicitaires.

L'harmonisation des tarifs va conduire à une baisse des prix pour les commerces d'Annecy, notamment avec l'instauration d'une gratuité jusqu'à 7 m² (alors que jusqu'à présent la publicité était taxée dès le premier m²).

Nous sommes une ville touristique où l'information du public, des clients est importante. En même temps, il faut toujours garder à l'esprit que la pollution visuelle si elle augmentait de façon inconsidérée deviendrait un handicap pour notre attrait touristique. Les touristes viennent visiter un cadre exceptionnel qu'il ne faut pas défigurer avec un étalage disproportionné de publicité. Ne scions pas la branche sur laquelle nous sommes assis !

La vieille ville est, de part l'application d'une réglementation stricte (l'AVAP notamment), relativement protégée de ces potentielles dérives. Mais nous devons aussi penser à nos quartiers.

Je suis confiant en nos commerçants pour qu'il sache faire la part des choses. La gratuité des premiers mètres carrés n'est pas une incitation à l'augmentation des surfaces de publicité ! Ils doivent la prendre comme une mesure d'allègement fiscal. J'ai confiance.

Mais n'étant pas tout à fait naïf (dans chaque groupe humain quel qu'il soit il existe toujours des canards boiteux), nous avons demandé qu'un suivi des surfaces publicitaires soit mis en place, à la fois sur la base du déclaratif des commerçants, mais aussi avec des contrôles directs par nos services. Cela afin de contrôler qu'on n'assiste pas à une hausse des surfaces publicitaires.

Je souhaite que des moyens humains soient mis en place pour ce contrôle. 

Je crois au gagnant-gagnant dans cette opération. Je fais confiance au bon sens. Sinon il nous restera toujours la possibilité de rectifier le tir en réinstaurant une taxation dès le premier mètre carré...

mercredi 21 juin 2017

Hausse des tarifs du périscolaire


Dans le cadre de la fusion des 6 communes, une harmonisation des tarifs du périscolaire et de la cantine scolaire doit être mise en place pour la rentrée de septembre.

La proposition de nouveaux tarifs nous a été présentée lundi soir en conseil communal. Cette délibération a donné lieu à un échange riche et constructif (était-ce lié à l'absence de l'Empereur Rigaut ?). Il ressort des simulations que les familles modestes et moyennes vont voir le tarif de la cantine scolaire diminuer, ce qui est une bonne nouvelle. Par contre le périscolaire, pour les Annéciens historiques va augmenter, parfois de manière significative, comme je l'avais annoncé il y a plusieurs mois. Il est vrai que la politique tarifaire de la ville était avantageuse (15€/trimestre pour le 1er enfant, moitié prix pour le deuxième et gratuit à partir du troisième). C'était un choix politique. Là les choses vont être très différentes.

Voici dans les grandes lignes ce que j'ai dit lors de ce débat en mon nom et en celui d'Evelyne et Claire.

Quelques éléments de contexte.

1) A l'aune des discussions que j'ai pu avoir (souvent de manière informelle puisque nous n'avons pas été associés aux discussions officielles sur ce chantier), il ressort deux visions, de mon point de vue assez éloignées de ce que doit être le périscolaire.

Il y a les élus qui pensent que le périscolaire est d'abord un service municipal de garde d'enfants. Pour eux, c'est d'abord aux usagers (parents) à payer ce service qui les arrange bien.

D'un autre côté, il y a les élus, dont je suis et dont je crois l'ensemble des élus d'Annecy historique sont, qui pensent que le périscolaire est d'abord un service public d'éducation, complémentaire à l'école. Il est là, dans le droit fil de la réforme des rythmes scolaires, pour offrir des activités d'épanouissement, d'ouverture, de découverte (artistique, sportive, éducatives, récréatives...) aux enfants. Cette logique est inscrite dans notre PEDT (Plan Educatif de Territoire). Dans ce cas, le coût de ce service doit naturellement être pris en charge par la collectivité, le contribuable. Ainsi à Annecy historique, la règle a toujours été la gratuité pour ces activités. le forfait modique de 15€/trimestre était une obligation de la CAF pour toucher des subventions.
Dans ce cadre, ce qui importe vraiment de surveiller, ce n'est pas le coût, mais le taux de participation des enfants à ces activités. L'idée étant qu'une très grande majorité des enfants (sinon tous) participent à ces temps périscolaires qui doivent être de qualité et financièrement accessibles.
Cela ne nous choque pas, dans ce cadre, que 95% du coût réel du périscolaire soit pris en charge par la ville (donc le contribuable) et seulement 5% par les familles. C'est un choix politique comme l'armement de la police municipale (qui aura lui aussi un coût certain) est un choix politique. Faire communauté ensemble, c'est accepter pour ceux qui n'ont pas d'enfants, qui sont à la retraite, cette solidarité intergénérationnelle et entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n'en ont pas. C'est croire que nos enfants, s'ils sont bien éduqués sont une richesse pour tous.

2) La ville d'Annecy historique vient de boucler ses comtes pour 2016. Il ressort des chiffres que nous avons réalisé un excédent de fonctionnement de plus de 6 millions d'euros en 2016. Sur la commune nouvelle (agrégation des 6 communes) ce chiffre monte à 25 millions d'euros. Annecy est une ville riche qui, jusqu'à présent pouvait se payer une politique éducative ambitieuse. Pourquoi, alors qu'on nous promettait des jours meilleurs avec la fusion des communes, à partir de septembre cette politique devrait-elle être remise en cause ? Financièrement rien ne justifie ce changement de politique. C'est donc un choix politique. Je suis d'autant plus à l'aise sur cette question, qu'il y a quelques semaines, quand la question de l'harmonisation des taux de fiscalité avait été débattue (conduisant à une légère baisse des taxes foncières et d'habitation sur Annecy historique), j'avais voté contre la baisse des impôts.

Je crois à la vertu des impôts, raisonnables bien sûr, pour faire société ensemble. Je préfère, n'ayant pas d'enfants et donc potentiellement si je suis égoïste plutôt gagnant avec le nouveau système, payer des impôts en plus pour que les enfants d'Annecy ait un périscolaire accessible à tous et de qualité.

Notre vote

Face à cette proposition de nouveaux tarifs du périscolaire, nous avons voté contre. L'augmentation de 8.16€/mois pour les familles aux revenus les (vraiment) plus modestes, ainsi que les hausses pour les familles moyennes, n'est pas acceptable. Annecy a les moyens financiers d'une politique éducatives accessible à tous et de qualité. La politique, c'est faire des choix, mettre des priorités. Les politiques éducatives resteront toujours pour moi des politiques prioritaires, qu'il ne faut pas soumettre uniquement au regard des comptables et des calculatrices !

Les potentielles conséquences

En changeant ainsi de pied, après plus de 50 ans de politique éducative volontariste, la commune nouvelle prend un vrai virage d'inspiration libérale, droitière. Au moment où notre maire, s’appropriant honteusement une partie de la victoire d'>En Marche en Haute Savoie, proclame le retour du centrisme, c'est un bien curieux message qui est envoyé... Les actes, et les paroles...

On me dit que la baisse du prix des repas à la cantine compense en partie la hausse des tarifs du périscolaire et que dès lors peu de  familles seront impactées. C'est bien mal connaitre les familles modestes de notre ville qui en sont à compter chaque euro dépensé. Vont-elles continuer à mettre leurs enfants au périscolaire malgré les 8€ de plus par mois ? Cela fait sourire certains élus, mais je sais que pour certaines familles c'est une vraie question, un véritable dilemme. Plusieurs m'ont déjà fait remonter leur désarroi : je veux le meilleur pour mon enfant mais je n'ai plus les moyens.

Dès lors le risque est grand, quoiqu'en disent certains de voir la fréquentation du périscolaire diminuer créant ainsi deux catégories d'Annéciens : ceux qui peuvent se le payer et les autres. Le risque c'est que ces enfants, en fin d'après-midi plutôt que de s'éveiller à de nouvelles activités, se retrouvent devant la télé à la maison. Le risque c'est que certains, aux beaux jours, se retrouvent à errer dans nos quartiers. Certes, la politique d'intégration et de cohésion sociale ne repose par uniquement sur les tarifs du périscolaire, c'est une ensemble de mesures. Mais l'édifice est toujours fragile. Remettre en cause une des mesures peut fragiliser l'ensemble du dispositif. Le pragmatisme et la raison conduisent à conserver ce qui fonctionne plutôt que le remettre en cause pour des raisons idéologiques. Les conséquences peuvent être importantes (et coûteuses) à long terme...

L' "équité" inéquitable du taux d'effort

Pour calculer le prix à payer de la cantine et du périscolaire, il a été décidé par la majorité de mettre en place un "taux d'effort" unique. C'est le taux que l'on va appliquer à vos revenus fiscaux pour calculer le prix d'un repas à la cantine ou d'une présence (matin ou soir) ou périscolaire.

Le prix d'un repas sera ainsi égal à votre revenu fiscal par part fiscale multiplié par 0.35€. Le prix d'une présence au périscolaire (matin ou soir) sera égal à votre revenu fiscal par part fiscale multiplié par 0.05€.

On nous présente cela comme une mesure d'équité. Mais je ne dois pas avoir la même définition de l'équité.

Le taux d'effort proposé s'apparente à une taxe unique sur le revenu. (On appelle cela en économie une flat tax). La Russie par exemple a ce genre de taxe : l'impot sur le revenu est de 6% pour tous, quelque soit le revenu. En France on connait cela avec la TVA qui est le même taux pour tous. Tous ces impôts à taux unique sont par définition injustes puisque les pauvres sont taxés au même taux que les riches.

Certes, avec ce système, pas de seuils. Mais faire croire que c'est la même chose de vivre avec 1400€ de revenu par part fiscal (donc payer son repas 1.01€) ou avec 3000€ (soit 5€/repas)n'est pas vrai.
Avec 1400€/mois, après payement du loyer, de l'électricité, des impôts, etc... le reste à vivre est très faible. Or c'est bien sur ce reste à vivre qu'il faut discuter. Au contraire à 3000€/part fiscale, le reste à vivre permet de faire des choix.

Les taux progressifs impliquent certes des seuils qui ne sont jamais agréables. Mais ils permettent aussi une plus grande équité. En tous cas, c'est pour cela qu'en France l’impôt sur le revenu est progressif... Mais visiblement je n'ai pas la même définition de l'équité...

Au total cette délibération a été approuvée avec 19 POUR (majorité), 14 abstentions (majorité + FN + Bexon) et 6 CONTRE (divers gauche et écologistes).